LA CHRISTRINITÉ

-Traité de Christologie-

«La controverse sur l’unité de Dieu en la Personne unique de Christ»

par Jean leDuc

- Ce livre est une réponse à celui de David K. Bernard, J.D.

«The Oneness of God»

 

Pour but de clarification, la Christrinité s'oppose au Trinitairianisme dont l'enseignement dit qu'il existe trois Personnes en Dieu. La Christrinité déclare plutôt qu'il existe trois Caractères en une seule Personne qui est Dieu, à savoir: le Seigneur Jésus-Christ.


Toutes les citations de la Bible dans ce document proviennent soit de la Bible Ostervald (B.O.), de la Bible Martin (B.M.), ou de la Bible de l’Épée (B.É.) et seront ainsi indiquées dans les passages principaux.

 


 

TABLE DES MATIÈRES

 

 

 

 

PRÉFACE DE L'AUTEUR

 

Chapitre 1 – LE MONOTHÉISME CHRÉTIEN

Définition du Monothéisme; Christothéisme et Christrianisme; le Modalisme et le Sabellianisme : le Modalisme Abstrait ou Palaio-Modalisme des Unicitairiens, l’Endogènisme Substantif ou Monarchisme Réfractif des Christriniens; l’Ancien Testament proclame qu’il n’y a qu’un seul Dieu; le Nouveau testament proclame qu’il n’y a qu’un seul Dieu; Conclusion.

Chapitre 2 – LA NATURE DE DIEU

Dieu est un Esprit; Dieu est invisible; Dieu a-t-il un corps ? Dieu est Omniscient (il connaît tout); Dieu est Omnipotent (il est Tout-Puissant); Dieu est Éternel; Dieu est Immuable (il ne peut changer); Dieu a une Individualité, une Personnalité, une Rationalité; Dieu est Amour; les attributs moraux de Dieu; les Théophanies; l’Ange de l’Éternel; Melchisédec; Le quatrième Homme dans le feu; Voyons-nous des Théophanies dans le Nouveau Testament ?; L’Existence des anges; Conclusion

Chapitre 3 – LES NOMS ET LES TITRES DE DIEU

La signification d’un Nom; Noms et Titres de Dieu dans l’Ancien Testament; Le Nom de Élohim; Le Nom de YaHWeH; Noms composés de Jéhovah; La Révélation Progressive du Nom; Le Nom de Jésus

Chapitre 4 - JÉSUS EST DIEU

L’Ancien Testament atteste que Jésus est Dieu; le Nouveau Testament affirme que Jésus est Dieu; Dieu fut manifesté dans la chair comme Jésus; la Parole; Jésus était Dieu depuis sa naissance dans la chair et même avant; le Mystère de la piété (divinité?); Jésus est le Père; Jésus est Jéhovah; les Juifs comprirent très bien que Jésus affirmait être Dieu; Jésus est Celui qui est sur le Trône; la Révélation de Jésus-Christ; Jésus a toutes les attributs et les prérogatives de Dieu; Conclusion

 

«Dix autres chapitres à suivre»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PRÉFACE DE L’AUTEUR

 

* Pour différencier les partisans du mouvement «Oneness» Pentecôtistes et Branhamistes de ceux du mouvement «Unitarien», il m’a fallu inventer le terme «Unicitairien» pour désigner les premiers. Cela aussi pour ne pas confondre dans ce texte le terme «Christrinien» avec ceux-ci, puisque celui-ci détient une différente signification qui transcende leurs exégèses.


 

Ce livre est le résultat d’une série d’étude théologique sur le sujet de la doctrine de la Trinité au niveau des Saintes-Écritures et de l’Histoire de l’Église. Il existe de nos jours un besoin réel pour une étude compréhensive des explications sur les vérités fondamentales de la Bible que nous maintenons précieusement, et ce document fut désigné pour remplir ce manque évident de discernement sur un des sujets les plus importants et controversés dans le christianisme moderne. Le présent volume cherche à rassembler en un tout la discussion sur la Divinité. Il affirme l’unité de Dieu en la personne unique de Jésus-Christ, ainsi que sa Divinité et sa Royauté absolue. Son contenu se rapporte à un de mes livres précédents: «La Subversion de la Trinité Ontologique» que j’ai écrit il y a déjà environ une vingtaine d’années.

 

Le but de ce livre n’est pas d’enseigner des dogmes traditionnels ni des doctrines conventionnelles issues des dénominations, mais d’enseigner la Parole de Dieu. Sa position sur la «Christrinité», malgré quelques similarités historiques avec certains mouvements, ne se rapporte à aucune religion, ni détient-elle des liens avec l’enseignement des «Unicitariens» modalistes ou des «Unitariens» monothéistes. C’est l’espérance de l’auteur que chaque personne puisse étudier le sujet avec diligence et avec prières ferventes, comparant ce qui est présenté avec le Texte Sacré de la Parole de Dieu sous la direction de l’Esprit. Plusieurs références scripturaires sont données dans le texte pour aider le lecteur dans ses recherches. En même temps, l’auteur reconnaît que nous devons tous demander au Seigneur d’ouvrir notre cœur et notre esprit à la lumière de Sa Parole pour que nous puissions obtenir une compréhension juste et précise de la révélation qu’il nous accorde dans la connaissance de Sa Personne. «La lettre tue, mais l’Esprit vivifie» (II Corinthiens 3:6). L’Esprit de Dieu nous enseignera et nous dirigera dans toute la vérité sur ce sujet (Jean 14:26; 16:13; 1 Jean 2 : 27). Conséquemment, notre Dieu, selon sa volonté souveraine et selon son bon plaisir, nous accordera la révélation sur l’identité réelle du Seigneur Jésus-Christ (Matthieu 11:27).

 

L’Unité de Dieu dans la conscience éternelle d’une triple existence de la Personne Unique de Jésus-Christ, ce que nous nommons «la Christrinité», est basée sur plusieurs années d’études et de recherches dans les Écritures, la Théologie Systématique, l’Histoire de l’Église, et sur l’expérience personnelle de l’auteur. Je suis reconnaissant envers plusieurs durant cette période de ma vie, particulièrement envers ma femme Irène qui me témoigna d’une grande patience et qui contribua à ce sujet par plusieurs discussions que nous avons entretenues. Aussi je dois nommer mon frère en Christ, Jean-Pierre Pothier qui m’a encouragé et supporté dans les pires des épreuves que j’ai traversées.

 

Le but de ce livre est de contribuer à l’établissement des vérités de la Parole de Dieu dans notre génération, d’affirmer le monothéisme chrétien sous la désignation plus explicite d’un terme nouveau, celui de «Christothéisme», terme qui représente l’essence même de la «Christrinité». En faisant ainsi, mon désir est d’élever Christ au-dessus de toutes choses, car je crois fermement que le Seigneur Jésus est Dieu manifesté dans la chair, et qu’en Lui réside toute la plénitude de la Divinité (1 Timothée 3 : 16; Colossiens 2:9-10).

 

Jean leDuc

 

Chapitre 1. LE MONOTHÉISME CHRÉTIEN


"Écoute, Israël: L’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel" (Deutéronome 6:4; B.M.).


"Dieu est son seul {médiateur}" (Galates 3:20; B.É.).

Il y a un seul Dieu, un seul vrai Éternel. Cette doctrine est centrale au message de la Bible. L’Ancien et le Nouveau Testament l’enseigne clairement et d’une manière emphatique. Malgré la simplicité de ce message et le fait que la Bible le présente clairement, plusieurs de ceux qui croient en l’existence de Dieu ne l’ont pas compris. Même au sein du Christianisme plusieurs personnes, incluant les Théologiens, n’ont pas saisi la simplicité de ce message essentiel. Notre but est d’adresser ce problème, d’affirmer et expliquer la doctrine biblique de l’Unité de Dieu, de montrer sans ambivalence que le Seigneur Jésus-Christ est le seul vrai Dieu qui est révélé dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, et que son existence est substantielle et éternelle.

 

Définition du Monothéisme

La croyance en un seul vrai Dieu porte la désignation de monothéisme, terme qui vient de deux mots grecs: monos, signifiant seul, unique, un; et theos, signifiant Dieu, le Tout-Puissant. Tous ceux qui n’acceptent pas le monothéisme peuvent être classifiés des désignations suivantes: un athée, celui qui renie l’existence de Dieu; un agnostique, celui qui affirme que Dieu est inconnu et ne peut l’être; un panthéiste, celui qui identifie Dieu à la nature ou aux puissances de l’univers; ou un polythéiste, celui qui croit dans l’existence de plusieurs dieux. Le Dithéisme, la croyance en deux dieux, est une forme de polythéisme, ainsi est le trithéisme, la croyance en trois dieux. D’entre toutes les religions du monde, trois seulement sont considéré comme étant monothéistique: le Judaïsme, l’Islam, et le Christianisme traditionnel. Il faut réaliser que cette considération est générale seulement, car le monothéisme moderne de ces religions ne peut être estimé comme étant authentique du fait que ces religions ne reconnaissent point le Seigneur Jésus-Christ comme étant le seul vrai Dieu, la seule et unique Personne dans la Divinité.

 

D’entre les rangs de ceux qui se nomment chrétiens, il existe toutefois différentes positions en ce qui concerne la nature de la Divinité. Une de ces positions qui est en provenance de l’Orthodoxie Nicéenne et qui a pour nom le Trinitairianisme, affirme qu’il y a trois personnes distinctes dans la Divinité – Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu le Saint-Esprit – mais toutefois un seul Dieu. D’entre les Trinitairiens, on peut remarquer deux tendances extrêmes. D’une manière, certains Trinitairiens mettrent l’emphase sur l’unité de Dieu sans avoir une compréhension juste du sujet, sans s’informer en quoi consiste l’implication d’affirmer l’existence de trois personnes en Dieu. Tandis que d’autres Trinitairiens mettrent l’emphase sur la tripartie de la Trinité au point qu’ils croient dans trois êtres conscients, ce qui fait que leur position est essentiellement trithéiste du fait qu’ils ont divisé le Dieu indivisible en trois personnes qui deviennent trois dieux. Non seulement cette forme d’idolâtrie fait de Jésus un dieu de deuxième classe, mais elle affirme aussi qu’il est né deux fois «engendré du Père» et «né de la vierge Marie», et pousse son audace jusqu’à dire qu’il est absolument nécessaire de croire en une telle Trinité pour être sauvé.

 

En plus du trinitairianisme, il existe la doctrine du Binitairianisme, enseignement qui ne reconnaît pas le Saint-Esprit comme étant une personne, et dont la croyance affirme qu’il n’y a que deux personnes en Dieu. Les Monothéistes et Christothéistes ont démontré clairement que le Trinitairianisme et le Binitairianisme affaiblissent le monothéisme enseigné dans les Saintes-Écritures. Ils insistent que la Divinité ne peut être divisée en personnes distinctes et que Dieu est absolument UN.

 

Christothéisme et Christrianisme

Le Christrianisme spécifie surtout que Dieu est une seule Personne qui possède la conscience éternelle d’une triple existencedans une seule essence. C'est à dire que Christ est conscientéternellement d'être Père, Fils et Saint-Esprit en même temps.  Nous voyons ainsi une triple existence qui existe par soi-même en une seule personne, et non pas trois existences séparées individuellement qui existeraient par eux-mêmes. La Christrinité explique ce fait en faisant une comparaison avec un homme qui est chef de famille. Dans cette optique, il est facile de comprendre qu’un homme est le père de son fils, le fils de son père, et le conseiller de sa famille. Tout en étant une seule personne, cet homme est conscient d’une triple existence. Sa vie est caractérisée par les trois rôles de son existence unique de père, de fils, et de conseiller. Aussi, il faut remarquer que les trois distinctions, rôles, dignités, ou caractéristiques d’une telle existence sont permanent dans la vie de la personne, c’est à dire que cet homme ne cesse d’être père quand il est fils, ne cesse d’être fils quand il est père, et ne cesse d’être père et fils quand il est conseiller, ni ne cesse d’être conseiller quand il est père et fils. Ce qui est intéressant à remarquer est que le mot «rôle» correspond au Latin «Persona» d’où nous avons le mot «personne» qui devrait être plus proprement «personnalité». L’équivalent Grec du mot «Persona» est «Charaktèr» d’où nous avons le mot «caractère». Il est évident que l’homme dont nous parlons n’est pas trois personnes distinctes, mais qu’il incarne trois différents caractères ou qualificatifs dans l’essence (du Grec : upostaseos) de son existence. Ainsi est-il dit du Seigneur Jésus : «et qui étant la splendeur de sa gloire et l’empreinte (charaktèr) de sa personne (upostaseos)… (Hébreux 1 : 3). Dans ce contexte, il est clair que la Divinité ne peut être divisée en trois personnes distinctes, chacune ayant sa propre conscience d’existence. Dieu est absolument UN, un seul Dieu, une seule Personne, un seul Seigneur (Éphésiens 4 : 4-7). Nous touchons ici une nouvelle forme d’expression du monothéisme qui porte une désignation plus précise, à savoir celle de «Christothéisme». Comme nous allons voir dans le corps de notre étude, ce nouveau terme, qui correspond plus à la vérité des Saintes-Écritures, n’a que certaines similarités théologiques et historiques avec le premier du fait qu’il affirme l’unité de Dieu, mais de là il surpasse de loin son exégèse. Étant ancré dans la transcendance de Christ qui est l’essence même de la Parole de Dieu, le Christothéisme enseigne trois qualificatifs d’existences qui sont éternels en une seule Personne.

 

Les croyants du strict monothéisme se retrouvent dans deux catégories. La première affirme qu’il y a un seul Dieu, mais d’une manière ou d’une autre, par leur attestation, ils dénient la pleine divinité du Seigneur Jésus-Christ. Cette position fut représentée dans l’histoire de l’Église primitive par le «Subordinationisme» de certaines personnes comme Paul de Samosate, et par les Ariens, dirigés par Arius d’Alexandrie. Ces groupes reléguèrent le Seigneur Jésus à la position d’un dieu créé, un dieu subordonné, un petit dieu, ou un demi-dieu. Ils niaient la divinité de Jésus et la personnalité du Saint-Esprit.

 

Le Modalisme et le Sabellianisme

La deuxième catégorie, qui représente une forme de monothéistes qui se veut plus dans le sens des Saintes-Écritures, affirme la foi en un seul Dieu, tout en mettant l’emphase que la plénitude de la Divinité est manifesté en Jésus-Christ. Ils croient que le Père, le Fils, et le Saint-Esprit sont des manifestations, des modes par lesquels le seul Dieu se dévoila aux hommes. Les anciens historiens de l’Église utilisèrent les termes Modalisme Patripassien et Modalisme Monarchique pour décrire cette position qui fut maintenue par Noët, Praxéas, et Sabellius. Ce dernier maintenait une variante regrettable du Modalisme qui annula la Divinité du Fils. Il substitua au Modalisme imprécis de Noët et Praxéas un Modalisme Abstrait et progressif de modes intérimaires ou de rôles transitoires. Son concept d’un Modalisme Progressif, nommé le Sabellianisme, contribua à discréditer tout le Modalisme en entier et dressa la voie pour la subversion de l’Orthodoxie Nicéenne de la Trinité Ontologique qui fit du Seigneur Jésus un dieu de seconde classe. Ainsi dit le Dr. H.R. MacKingtosh:  "Les points de vues extrêmes de Sabellius ne doivent pas être imposés à tous les Modalistes". Toutefois, quoique le Modalisme a certains aspects bibliques qui méritent d’être considérés, il est loin de représenter avec précision la vérité sur la révélation de la triple existence de Dieu.

 

Le Modalisme Abstrait ou Palaio-Modalisme des Unicitairiens

La Modalisme refit surface dans nos temps modernes. Au vingtième siècle, ceux qui disent croire dans l’unité indivisible de Dieu et dans la pleine Divinité du Seigneur Jésus-Christ, utilisent le terme «Unicitaire» (de l’anglais Oneness) pour décrire leur croyance. Ils utilisent aussi les expressions «Un Seul Dieu» et «Nom de Jésus» comme des adjectifs pour se désigner aux yeux du monde. Mais ceux qui les opposent utilisent plus que souvent des qualificatifs dérogatoires et trompeurs comme «Jésus Seul» et «Nouvelle Source». (L’appellation «Jésus Seul» semble trompeur car pour les Trinitairiens il implique un rejet du Père et du Saint-Esprit. Néanmoins, les Unicitairiens ne dénient point le Père et l’Esprit, mais plutôt les voient comme les différents rôles du seul Dieu qui est l’Esprit de Jésus.) Cette forme de Modalisme est extrinsèque, c’est à dire que les trois modes ou rôles sont extérieurs à l’essence de Dieu. L’Unicitairianisme moderne est ce qu’on peut nommer du «Palaio-Modalisme» (Palaio : mot grec qui signifie – ancien, antique, archaïque, désuet), c’est à dire qu’il maintient encore une ancienne forme de Modalisme fortement teintée du Sabellianisme. Un regard diligent sur leur position nous indique qu’ils affirment eux aussi un Modalisme Progressif abstrait. Cela se voit dans le fait que leur exégèse présente un développement provisoire qui rend compte des rôles, modes ou manifestations de Dieu d’une manière qui annule explicitement les trois modes d’existence divine qu’ils proclament, qui pour eux ce sont des manifestations temporaires. Malgré leur affirmation que le Seigneur Jésus est pleinement Dieu, ils renient sa Divinité en attestant que le rôle du Fils est temporaire et non éternel, selon eux le rôle de Fils a eu un début et une fin. Il devient ainsi évident que les Unicitairiens ont emprunté la voie dangereuse du Sabellianisme. L’élément le plus marquant dans leur position est qu’elle ne présente aucune considération pour une Trinité endogène substantive dont les qualificatifs de l’existence de Dieu sont intrinsèques et transcendants. Aussi, quoique cette position dise que Dieu a une personnalité, elle ne trouve aucune place pour le mot «Personne» dans son affirmation que le Père, le Fils, et le Saint-Esprit sont Un seul Dieu qui selon eux est «l’Esprit de Jésus». En fait, cette position affirme clairement qu’il n’y a aucune personne en Dieu. Que Dieu ne soit pas une Personne mais seulement un Esprit néglige d’accréditer pleinement la présence du Seigneur Jésus au ciel dans son corps glorifié comme le Nouvel Homme et Dieu Tout-Puissant. Il est évident que Dieu est Esprit, mais nous savons qu’Il possède tous les traits et caractéristiques d’une personnalité et dans cette optique nous ne pouvons négliger le fait que Dieu est aussi Une Personne. Ceci devient encore plus évident lorsque nous considérons que Dieu créa l’homme à son image et que l’homme est une personne. Grosso Modo, cette doctrine démontre un manque considérable de compréhension sur la révélation de la Personne de Christ et sur l’essence de Dieu et doit être condamnée comme une doctrine dangereuse et anti-chrétienne.

 

L’Endogènisme Substantif ou Monarchisme Réfractif des Christriniens

Le Christothéisme de la doctrine de la Christrinité présente une triple existence intrinsèque dans l’essence de Dieu qui se nomme l’Endogènisme. Cette doctrine a quelques affinités avec le Modalisme, mais les similarités ne sont que superficielles. Quoique les deux positions affirment l’unité de Dieu et la Divinité du Seigneur Jésus-Christ, le Modalisme est purement extrinsèque et temporel, tandis que l’Endogènisme est purement intrinsèque et éternel. L’Endogènisme n’a aucun rapport ni affiliation avec le Modalisme, les deux sont entièrement opposé dans leur concept de la Divinité. Contrairement au Palaio-Modalisme des Unicitairiens, les Christriniens affirment d’une manière claire et précise que le Seigneur Jésus est le Père, le Fils, et le Saint-Esprit éternellement. Cette position déclare qu’il y a qu’une seule Personne en Dieu, à savoir le Seigneur Jésus-Christ, qui se révèle à nous à travers les pages de l’Écriture dans les trois dignités ou qualificatifs réfractifs de son existence. Loin du concept progressif du Sabellianisme qui déclare que Dieu se révéla comme Père, puis cessa d’être Père quand il se révéla comme Fils, et cessa d’être Fils quand il se révéla comme Saint-Esprit, le Christrianisme débute avec le Seigneur Jésus et affirme que Jésus est conscient éternellement d’être Père, Fils, et Saint-Esprit. C’est à dire que notre Dieu, le Seigneur Jésus, ne cesse d’être Père quand il se révèle comme Fils, et ne cesse d’être Fils quand il se révèle comme Saint-Esprit, et ne cesse d'être Saint-Esprit quand il se révèle commePère et Fils. Cette position présente une Trinité endogène dont les qualificatifs, dignités ou désignations d’existences sont intrinsèques et interactionnelles éternellement en Christ. C’est à dire que la conscience de Dieu maintient éternellement une triple diversité d’orientation réfractive des qualifications de son essence qui passe continuellement d’une fonction à l’autre. Elle est réflexive dans le sens qu’elle se prend elle-même pour l’objet de son existence, faisant que ses désignations sont en relation continuelle avec elle-même dans l’essence unique de la seule Personne en Dieu, à savoir Jésus-Christ. Cette position se nomme aussi le Monarchisme Réfractif du fait qu’elle affirme que le Seigneur Jésus-Christ est le seul Monarque absolu dont la Monarchie est une triple dignité interne et interactionnelle dans l’essence de son existence. Cette Monarchie maintient éternellement la dignité de Père, la dignité de Fils, et la dignité de Saint-Esprit, dans une seule conscience éternelle dont le nom est JE SUIS (YaHWeH), Celui qui est l’Autosuffisant et l’Exalté. Comme seul Monarque, Il est la Tête du Corps du Conseil de Dieu qui rassemble tous les éléments de son ensemble et dont le nom est Élohim. YaHWeH est la Téte et Élohim est le Corps de son existence. Un seul Dieu, une seule Personne, un seul Corps dont le nom est JÉSUS-CHRIST en qui nous sommes et par qui nous sommes.

 

En sommaire, le Christianisme produisit cinq positions différentes sur la Divinité : (1) le Trinitairianisme subversif de l’Orthodoxie Nicéenne (Catholiques, Protestants), (2) le Binitairianisme dont Origène et Arius d’Alexandrie en furent les propagateurs (Témoins de Jéhovah, Disciples de Christ, Église de Dieu Universelle), (3) le Monothéisme strict qui ne reconnaît point la Divinité de Christ (Judaïsme, Islam, Unitairien), (4) le Modalisme Abstrait des Unicitairien qui rejète l’existence éternelle du rôle du Fils, annulant ainsi non seulement la Divinité du Fils, mais aussi inconsciemment (?) celle du Père et du Saint-Esprit (Pentecôtistes Unitaires et Branhamistes), (5) l’Endogènisme Substantif ou Monarchisme Réfractif du Christrianisme qui affirme la Divinité du Seigneur Jésus-Christ dans sa conscience éternelle d’une triple existence endogène qualificative (Calvinisme Marginal). Ayant donné une courte évaluation des croyances sur la Divinité, regardons maintenant ce que la Parole de Dieu, la Bible, nous dit sur ce sujet.

 

L’Ancien Testament enseigne qu’il y a qu’un seul Dieu

L’expression classique de la doctrine d’un seul Dieu se trouve en Deutéronome 6:4. "Écoute, Israël, L’Éternel notre Dieu, est le seul Éternel" (B.M.) Ce verset de l’Écriture est devenu l’affirmation de la foi la plus distinctive et la plus importante pour les Juifs. Ils nomment cette citation biblique «le Shêma», d’après les premiers mots dans la phrase en Hébreu,  et le cite souvent en notre langue comme : «Écoute, O Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un". Selon la tradition, un Juif dévoué, cherche toujours à faire cette confession juste avant sa mort.

 

Dans Deutéronome 6:5, Dieu fait suivre ce message par un commandement qui demande une foi et un amour total pour lui-même comme le seul Dieu unique: "Tu aimeras donc l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces." Il nous importe de remarquer l’importance que Dieu attache à ces deux versets. Il commande que ces versets soient placé dans nos cœurs (v.6), enseigné à nos enfants (v.7), lié sur nos mains et notre front (v.8), et écrit sur les poteaux et sur les portes de notre maison (v.9).

 

Plusieurs autres passages de l’Ancien Testament affirment fortement le strict monothéisme. Les dix Commandements débutent avec "Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face" (Exode 20:3; Deutéronome 5:7). Dieu souligne ce commandement en déclarant qu’il est un Dieu jaloux (Exode 20:5). Dans Deutéronome 32:39, Dieu dit qu’il n’y a aucun autre dieu avec lui. Il n’y a point de tel que toi, et il n’y a point d’autre Dieu que toi (2 Samuel 7:22; I Chroniques 17:20). Tu es Dieu, toi seul (Psalm 86:10). Le même sujet est fortement souligné dans Ésaie.


"Il n’y a point eu de Dieu formé avant moi, il n’y en aura point après moi. C’est moi, c’est moi qui suis l’Éternel, et il n’y a point de Sauveur que moi" (Ésaie 43:10-11; B.O.).


"Je suis le premier et je suis le dernier, et il n’y a point d’autre Dieu que moi" (Ésaie 44:6).

"Y a-t-il un autre Dieu que moi? Il n’y a point d’autre rocher; je n’en connais point" (Ésaie 44:8).

"Ainsi dit l’Éternel, ton Rédempteur, qui t’a formé dès le sein maternel: C’est moi, l’Éternel, qui ai fait toutes choses, qui seul ai déployé les cieux et qui, par moi-même étendis la terre" (Ésaie 44:24).

"Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre" (Ésaie 45:6).

"Et il n’y a point d’autre Dieu que moi. Il n’y a point de Dieu juste et sauveur, que moi. Regardez vers moi et soyez sauvés, vous tous les bouts de la terre! Car je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre" (Ésaie 45:21-22).

"Rappelez-vous les premières choses, celles des temps anciens; car je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre; je suis Dieu, et il n’y en a point comme moi" (Ésaie 46:9).

"Je ne donnerai pas ma gloire à un autre" (Ésaie 48:11; voir aussi Ésaie 42:8).

"Éternel des armées, Dieu d’Israël, qui sièges entre les chérubins! Toi seul, tu es le Dieu de tous les royaumes de la terre; c’est toi qui a fait les cieux et la terre" (Ésaie 37:16).

 

Il n’y a aucun doute que l’Ancien Testament nous indique que Dieu est UN. La remarque la plus commune des Trinitairiens à propos de la doctrine de l’Ancien Testament sur le fait que Dieu est UN, est que Dieu voulait simplement mettre l’emphase sur son unité face aux divinités païennes, mais qu’il existait toujours comme une pluralité de Personnes. Or, si cette conjecture est vraie, pourquoi Dieu ne l’a-t-il jamais indiqué clairement? Pourquoi est ce que les Juifs n’y virent point une théologie de Personnes mais plutôt insistèrent sur le monothéisme absolu? Le Texte Sacré ne porte à aucune autre conclusion. Il exclut emphatiquement la pluralité de Personnes dans la Divinité en utilisant une terminologie puissante de mots clairs et précis qui transmettent le message du monothéisme : «aucun, aucun autre, aucun comme moi, aucun à part de moi, aucun avec moi, seul, par moi-même, un». Dieu ne peut nous rendre le sujet plus clair qu’il n’existe aucune pluralité de Personnes dans la Divinité. Bref, l’Ancien Testament affirme sans équivoque que Dieu est absolument UN en nombre, non pas deux, ni trois Personnes.

 

Le Nouveau Testament enseigne qu’il existe un seul Dieu

Dans son enseignement, le Seigneur Jésus souligna vigoureusement le passage de Deutéronome 6:4, le nommant le premier de tous les Commandements (Marc 12:29-30). Or, le Nouveau Testament présuppose l’enseignement de l’Ancien de Un seul Dieu et reprend ce message essentiel à plusieurs reprises.


"Car il y a un seul Dieu, qui justifiera…" (Romains 3:30; B.O.).


"il n’y a qu’un seul Dieu." (I Corinthiens 8:4).

"Toutefois, nous n’avons qu’un seul Dieu, le Père… et (c’est à dire) un seul Seigneur, Jésus-Christ…" (I Corinthiens 8:6).

"mais Dieu est un seul" (Galates 3:20).

"Un seul Dieu et Père de tous…" (Éphésiens 4:6).

"Car il y a un seul Dieu…" (I Timothée 2:5).

"…il y a un seul Dieu…" (Jacques 2:19).

 

Encore une fois nous voyons que la Bible appelle Dieu celui qui est «Saint» (I Jean 2:20). Aussi il n’y a qu’un seul trône au ciel et un seul y est assis (Apocalypse 4:2).

 

Dans les chapitres qui vont suives, nous explorerons plus en profondeur le Monothéisme ou Christothéisme du Nouveau Testament, mais les versets que nous avons déjà cités plus haut sont suffisant pour établir que cet enseignement s’y trouve ancré solidement.

 

Conclusion

Comme nous avons vu, la Bible en entier enseigne le monothéisme ou plus précisément le Christothéisme. Le peuple de Dieu fut toujours identifié par le message d’un seul Dieu. Dieu choisit Abraham à cause de son désir de délaisser les dieux de sa nation et de son père pour adorer le seul vrai Dieu (Genèse 12:1-8). Dieu châtia Israël chaque fois qu’il tomba dans l’adoration d’autres dieux. Le polythéisme fut une des raisons principales pour laquelle Dieu l’envoya en captivité (Actes 7:43). Ce fut en Israël et dans une religion monothéiste purgée du polythéisme que le Sauveur vint en ce monde. Ils furent complètement monothéistes mais ne purent en saisir la profondeur car la vérité de son essence se trouve en Christ seul.

 

Aujourd’hui Dieu demande encore une adoration monothéiste basée sur Christ seul qui se nomme le Christothéisme. En tant que chrétien nous sommes les héritiers d’Abraham par la foi, et cette position exaltée demande que nous ayons la même foi Christothéiste dans le Dieu d’Abraham (Romans 4:13-17). Comme chrétien dans le monde, nous ne devons jamais cesser de déclarer le même message qu’il n’y a qu’un seul vrai Dieu, à savoir le Seigneur Jésus-Christ.

 

Chapitre 2. LA NATURE DE DIEU


"Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité" (Jean 4:24; B.O.).


Pour continuer notre étude du Christothéisme de l’unité de Dieu, il est essentiel que nous apprenions davantage sur la nature même de Dieu. Évidemment notre petite intelligence ne peut découvrir ni comprendre tout de Dieu, mais la Bible nous décrit plusieurs caractéristique et attributs importants que Dieu possède. Dans ce chapitre nous discuterons de quelques-uns de ces attributs qui font parti essentielle de la nature de Dieu. Nous allons regarder aussi quelques-unes des manières par lesquelles Dieu révéla sa nature à l’humanité, particulièrement ses manifestations visibles.

 

Dieu est Un Esprit

Le Seigneur Jésus a proclamé cette vérité dans Jean 4:24. Elle est révélée du commencement de la Bible à la fin, de Genèse 1:2 ("…et l’Esprit de Dieu se mouvait sur les eaux") à l’Apocalypse 22:17 ("L’Esprit et l’Épouse dissent: Viens"). Hébreux 12:9 appelle Dieu «le Père des esprits».

 

Un esprit c’est quoi? Le Dictionnaire Quillet nous dit : "lat. spiritus, souffle – Substance incorporelle et consciente d’elle-même. – Se dit de Dieu, des anges, de l’âme humaine, etc.» Le Dictionnaire Larousse mentionne : «Principe immatériel vital, substance incorporelle; âme (par opp. à corps». Le mot Hébreu traduit par esprit est «ruwach», et il peut signifier le vent, le respire, la vie, ou l’intellect. Le même mot en Grec est «pneuma», et ses significations sont variées, un courant d’air, le vent, le respire, l’âme, principe vital, ange, démon, ou Dieu. Toutes ces définitions mettent l’emphase sur le fait qu’un esprit n’a ni chair ni os (Luc 24:39). Pareillement, Jésus indique que l’Esprit de Dieu n’a ni chair ni sang (Matthieu 16:17). Conséquemment, lorsque la Bible nous dit que Dieu est un Esprit, elle signifie qu’il ne peut être vu ou touché physiquement par un être humain. Comme Esprit il est un être surnaturel intelligent qui n’a pas de corps physique comme nous avons. Mais cela ne signifie pas qu’il n’a pas de corps car nous savons que Christ est entré au ciel avec un corps glorifié, le corps du Nouvel Homme, c’est à dire un corps qui n’est pas limité par la matière ou substance de l’univers, un corps spirituel qui opère selon un différent système de loi que nous ne connaissons point et duquel tous les élus seront vêtus.

 

Dieu est Invisible

Puisque Dieu est un Esprit, Il est invisible à moins qu’Il choisisse de se manifester à l’homme dans une forme visible. Dieu dit à Moïse, "Tu ne pourras pas voir ma face; car l’homme ne peut me voir, et vivre" (Exode 33:20; B.O.). "Personne n’a jamais vu Dieu" (Jean 1:18; I Jean 4:12). Non seulement aucun homme n’a jamais vu Dieu, mais personne ne peut le voir (I Timothée 6:16). A plusieurs reprises la Bible décrit Dieu comme étant invisible (Colossiens 1:15; I Timothée 1:17, Hébreux 11:27). Quoique l’homme puisse voir Dieu lorsqu’il apparaît sous différentes formes, il en advient qu’aucun homme ne peut voir directement l’Esprit invisible de Dieu. Le seul homme qui a vu Dieu est celui qui vient de Dieu, à savoir le Seigneur Jésus-Christ qui est l’enveloppe visible du Dieu invisible : «Personne n'a jamais vu Dieu; le seul Fils engendré, qui est l'enveloppe visible du Père invisible, est celui qui l'a manifesté dans la chair» (Jean 1 : 18; Col. 1: 15; 1 Tim. 3 : 16; Hébr. 1 : 3; B.É.).

 

Dieu est Omniprésent (Présent partout)

Étant un Esprit, Dieu peut être présent partout en même-temps. Il est le seul Esprit à être vraiment omniprésent, car tous les autres esprits, tells que les anges, sont limités à l’existence qui leur fut octroyée. (Ésaie 6 : 1-3; Ézéchiel 1 : 12; 2 Thessaloniciens 1 : 7; Jude 6; Apocalypse 5 : 11).

 

Quoique Dieu soit omniprésent, nous ne pouvons pas l’identifier avec les forces de l’âme, la nature ou les puissances de l’univers, ce qui serait du panthéisme et de l’animisme, car Dieu possède l’individualité, la personnalité, et l’intelligence.

 

Salomon reconnaissait l’omniprésence de Dieu dans sa prière lors de la dédicace du Temple, disant, "…Voici, les cieux, même les cieux, ne peuvent te contenir; combien moins cette maison que j’ai bâtie" (I Rois 8:27; voir 2 Chroniques 2:6; 6:18). Dieu même déclare son omniprésence en disant, "Le ciel est mon trône, et la terre mon marchepied" (Ésaie 66:1; voir aussi Actes 7:49). Paul prêcha que le Seigneur n’est "pas loin de chacun de nous: Car en Lui nous avons la vie, le mouvement et l’être…" (Actes 17:27-28). La plus belle description de l’omniprésence de Dieu se trouve dans les Psaumes 139:7-13: "Où irais-je loin de ton Esprit, et où fuirais-je loin de ta face? Si je monte aux cieux, tu y es; si je me couche au Sépulcre, t’y voilà. Si je prends les ailles de l’aube du jour, et que j’aille habiter au bout de la mer, Là même, ta main me conduira, et ta droite me saisira. Si je dis : Au moins les ténèbres me couvriront; la nuit devient lumière autour de moi; Les ténèbres mêmes ne sont pas obscures pour toi, et la nuit resplendit comme le jour; les ténèbres sont comme la lumière. Car c’est toi qui as formé mes reins, qui m’a façonné dans le sein de ma mère."

 

Pourquoi la Bible décrit-elle Dieu comme étant au ciel si Il est omniprésent? Voici quelques réponses. (1) Le ciel n’est pas une localité mais un état d’être. Il représente l’immensité et la majesté de Dieu et nous enseigne que Dieu est transcendant. En d’autres mots, Dieu est hors la portée de la compréhension humaine et n’est pas limité à cette terre. (2) Le ciel se réfère au centre du raisonnement et de l’activité de Dieu, sa base d’opérations si vous le voulez. (3) Le ciel se réfère à la présence immédiate de Dieu, la plénitude de sa gloire et de sa puissance qu’aucun homme mortel ne peut voir et vivre (Exode 33:20). (4) Aussi, le ciel se réfère à la manifestation visible de Dieu parmi les anges et les saints. En aucune manière le Seigneur notre Dieu n’est omniprésent, il n’est limité à aucune place ni à la densité d’un corps matériel.

 

Similairement, lorsque la Bible dit que Dieu vint sur la terre ou apparu à un homme, cela n’annule pas son omniprésence. Simplement cela veut dire que Dieu modifia le point de concentration de son activité pour répondre à certains besoins face à un individuel ou à une situation. Lorsque Dieu vient sur la terre, le ciel n’est pas vide, car là où Dieu est, le ciel est, puisque le ciel est la présence de Dieu même. Il agit dans les sphères spirituelles et terrestres, même en plusieurs locations en même temps. Il est très important pour nous de reconnaître la magnitude de l’omniprésence de Dieu et de ne pas le limité par notre expérience humaine.

 

Dieu a-t-il un Corps?

Nous avons déjà répondu en partie à cette question. Puisque Dieu est un Esprit invisible et qu’il est omniprésent, il n’est aucunement limité à un corps comme nous l’entendons. Il n’a pas assumé plusieurs formes et manifestations dans l’Ancien Testament pour que l’homme puisse le voir et saisir sa présence. (Voir la section sur les théophanies plus loin dans ce chapitre.) La Bible n’a aucun registre d’une manifestation permanente de Dieu avant la naissance miraculeuse du Seigneur Jésus-Christ. Évidemment, en Christ, Dieu a eu un corps humain qu’il a glorifié et qui est immortel, et même éternel.

 

Or, le corps glorifié du Seigneur Jésus-Christ est le Corps de Dieu, car Christ est Dieu manifesté dans la chair (Jean 1 : 14; 1 Timothée 3 : 16). C’est un Corps immortel du fait de sa nature humaine parfaite et sans péché. Toutefois, comme corps humain, il fut né dans le temps lorsqu’il fut formé dans le sein de la vierge Marie. Mais c’est aussi un corps éternel, du fait qu’il fut glorifié et que le Seigneur traversa avec ce corps le voile du temps pour habiter l’éternité, car dans l’éternité le temps n’existe pas, il n’y a ni commencement ni fin. Pour mieux comprendre ce paradoxe entre le temps et l’éternité, il est important pour nous de saisir le fait que Dieu est Tout-Puissant et que son nom est l’Éternel, ses desseins furent déjà arrivés au moment même qu’il les pensa en existence. Aux yeux de Dieu tout est déjà terminé, tout fut accompli dans l’éternité. Pour nous, nous commençons qu’en saisir le sens car nous habitons dans le temps et nous sommes que de simples créatures dont le raisonnement est teinté par le péché. Le Seigneur notre Dieu nous accorde sa révélation selon son bon plaisir et au moment où il choisit de le faire. En d’autres mots, le fait que Dieu pensa de se manifesté dans la chair comme Fils ne signifie pas que le corps du Fils a un commencement limité au temps, car ce que Dieu pense, il le pense éternellement. Dans ce contexte de l’éternité, Dieu a déterminé d’avance l’existence éternelle de certaines choses et l’existence temporelle de d’autres. Aussi, c’est dans ce décret éternel que nous retrouvons l’élection des élus et la réprobation des réprouvés. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet mystérieux et intrigant.

 

Cela voudrait-il dire que les références corporelles par rapport à Dieu comme les yeux, les mains, les doigts, les bras, les pieds, le cœur, doivent être compris littéralement? Aucunement. Ce sont plutôt des termes figuratifs, des anthropomorphismes (désignation qui attribue des termes humains à des significations spirituelles pour qu’elles soit comprises par notre intelligence limitée).

 

Comme exemple, le cœur de Dieu signifie son intellect et ses émotions, et non un organe qui pompe le sang dans les veines d’un corps (Genèse 6:6; 8:21). Lorsque Dieu dit que le ciel est son trône et que la terre est son marchepied, il décrit son omniprésence et non des pieds qui se tiennent littéralement sur notre globe terrestre (Ésaie 66:1). Lorsque Dieu dit que sa main droite a étendu les cieux, il décrit la majesté de sa puissance souveraine et non une main gigantesque qui s’étend à travers notre atmosphère (Ésaie 48:13). "Les yeux de l’Éternel sont en tous lieux" ne signifie pas que Dieu a des yeux physique partout, mais indique son omniprésence et son omniscience (Proverbes 15:3). Lorsque Jésus chassa les démons par le doigt de Dieu, il ne fit pas descendre du ciel un doigt énorme, mais cela signifie qu’il exerça la puissance de Dieu dont il fut le détenteur absolu (Luc 11:20). En fait, une interprétation littérale des visions et descriptions physiques de Dieu nous porterait à croire que Dieu a des ailes (Psaumes 91:4). Bref, comme Esprit ou Être Spirituel, Dieu n’a pas de corps physique comme nous, à moins qu’il choisisse de se manifester dans une forme corporelle comme il le fit en Jésus. Dieu s’est révélé pleinement en Jésus (Colossiens 2 : 9). Il est complètement impossible de séparer Dieu du Seigneur Jésus car il est l’enveloppe visible du Dieu invisible. Hors de Christ il n’y a point de Dieu, ni aucune autre Personne en Dieu, car il est la gloire unique du Père manifesté comme Fils (Jean 1 : 14; Philippiens 2 : 11; 1 Jean 5 : 20, 21; B.É.).

 

Dieu est Omniscient (Il connaît tout)

Les Psaumes 139:1-6 nous enseignent clairement que Dieu connaît toutes choses, incluant nos gestes, nos pensées, nos voies, et nos paroles. Job confessa, "Je sais que tu peux tout, et qu’on ne te saurait empêcher de faire ce que tu penses" (Job 42:2). Dieu a une complète connaissance de tout, même du futur (Actes 2:23). Comme l’omniprésence, l’omniscience est un attribut qui appartient à Dieu seul. Il est le seul qui soit sage" (I Timothée 1:17). La Bible n’identifie aucune autre créature qui connaisse toutes les pensées de l’homme, incluant le futur et toutes autres choses.

 

Dieu est Omnipotent (Tout-Puissant)

Dieu se nomme lui-même le Tout-Puissant à maintes reprises dans la Bible (Genèse 17:1; 35:11, etc.). Il possède toute la puissance qui puisse exister, et personne ne peut exercer aucun pouvoir sans sa permission (Romains 13:1). Seulement Dieu est omnipotent, car un seul peut détenir tout le pouvoir, Il est le Monarque absolu. Aussi, 1 Timothée 6:15 décrit notre Dieu, le Seigneur Jésus-Christ, comme "…le bienheureux et seul souverain, le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs." Et même, tous proclament dans le ciel "…Alléluia ! car il règne le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant" (Apocalypse 19:6). Dieu décrit merveilleusement son omnipotence en Job, chapitres 38 à 41.

 

Les seules limitations que Dieu puisse avoir, sont celles qu’il s’est imposé à lui-même, ou qui sont les résultats de sa nature morale. Puisqu’il est Saint et sans péché, il demeure à l’intérieur de ses propres limitations morales. Ainsi, il est impossible à Dieu de mentir ou de contredire sa propre Parole (Tite 1:2; Hébreux 6:18).

 

Puisque Dieu est Tout-Puissant, il est évident qu’il est le Souverain absolu et que rien n’échappe à sa puissance. Admettre le contraire serait renier son existence, ce qui serait la pire des folies. Or, la Souveraineté de Dieu est l’élément le plus important dans la vie du chrétien, car Dieu est Souverain sur son salut comme sur sa sanctification. Ce qui est impératif à savoir, et que plusieurs négligent, est que la Souveraineté de Dieu annule par sa désignation même le libre-arbitre de l’homme. Il ne peut exister deux souverains, l’homme et Dieu, ce qui veut dire que le libre-choix n’existe point. Dieu accorde la liberté à l’homme à l’intérieur des lois et des principes qu’il a déterminés d’avance lui-même de toute éternité, et personne ne peut y échapper. En fait, le terme «Souverain» est une désignation puissante qui exige la soumission. Dans un Royaume il y a un seul Roi qui règne en Monarque absolu, et tous ceux qui habitent ce royaume doivent lui être soumis entièrement. Nous sommes que de simples créatures et il est notre Créateur Tout-Puissant. Rien n’arrive sans sa volonté. Il nourrit les oiseaux de ciel (Matt. 6 : 26) et aucun d’eux ne tombe en terre sans sa volonté (Matt. 10 : 29). Il a même compté les cheveux de notre tête (Matt. 10 : 30; Luc 12 : 7) et nous affirme qu’il s’occupe de nous (Matt. 6 : 31-33). Jésus dit même : «Si donc vous ne pouvez pas même les plus petites choses, pourquoi vous inquiétez-vous du reste? (Luc 12 : 26). Malgré cela, un grand nombre de ceux qui se disent chrétiens persistent à dire que Dieu a créé l’homme libre, qu’il ne s’impose jamais sur notre liberté, et que nous avons le choix de croire pour être sauvé. Une telle attitude n’est que de l’arrogance et de la rébellion. Elle va à l’encontre de ce que nous avons vu, à savoir que Dieu accorda la liberté à l’homme uniquement à l’intérieure des lois vertueuses et des principes bienséants qu’il a déterminés. Cela dit, il importe de remarquer que l’homme perdu cette liberté bénéfique lors de sa rébellion à la chute lorsqu’il déclara son indépendance de Dieu. Depuis, sa capacité de choisir est esclave de la chair et du péché (Romains 7 : 18-23). Notre capacité de choisir est issue de notre volonté d’indépendance de vouloir affermir notre propre existence, d’être le maître de notre destin. Mais Jésus a dit : «…vous ne pouvez pas même les plus petites choses». On ne cesse d’affirmer aujourd’hui que le salut est une décision personnelle, mais la Parole de Dieu nous dit : «J’aurai compassion de celui de qui j’aurai compassion, et je ferai miséricorde à celui à qui je ferai miséricorde. Ce n’est donc point de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde… Il a donc compassion de celui qu’il veut et il endurcit celui qu’il veut… qui est celui qui peut résister à sa volonté? (Romains 9 : 15-19). En plus la Parole de Dieu affirme que ceux qui sont fait enfants de Dieu, «…ne sont point nés de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme; mais ils sont nés de Dieu» (Jean 1 : 12, 13). Devant de telles évidences, il est impossible de dire que l’homme a le libre choix de croire ou non. En fait, la foi même est un don gratuit (Éphésiens 2 : 8) qui est donné à ceux à qui la vie éternelle est réservée (Actes 13 : 48) selon le bon plaisir et le conseil de la volonté souveraine de Dieu (Éphésiens 1 : 4-11). Bref, même dans notre désobéissance et notre rébellion nous ne pouvons échapper à la Souveraineté de Dieu, car il est le Tout-Puissant et il a prévu et déterminé toutes les voies possibles. Personne ne peut aller en dehors des limites que Dieu a prédéterminées pour chacun de nous.

 

Une dernière note sur ce sujet. Qui dit Souveraineté de Dieu, dit aussi Royauté de Christ car les deux sont une seule et même chose, et nous avons qu’Un Seul Dieu qui est Seul Seigneur sur toutes choses. Dans ce contexte, il est important de remarquer que l’Évangile du Royaume de Dieu signifie aussi l’Évangile de la Souveraineté de Dieu, car le mot «royaume» implique par nécessité la royauté, c’est à dire «la Souveraineté». Cela nous indique que le salut est une soumission à cette vérité, du fait que le seul Dieu souverain s’est manifesté dans la chair, qu’il est mort volontairement sur la croix pour nos péchés, et qu’il est ressuscité corporellement selon sa propre puissance pour notre justification : «Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; mais celui qui n'est pas soumis au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui» (Jean 3 : 36; B.É.). Et même ceux sur qui la colère de Dieu demeure furent désignés ainsi de toute éternité (Romains 9 : 22, 23; Proverbes 16 : 4; Jude 4). Rien n’échappe à la souveraineté de notre Dieu Tout-Puissant. Il est le Maître de la vie, mais aussi de la mort (Apocalypse 1 : 18). «Car notre Dieu est aussi un feu dévorant» (Hébreux 12 : 29); «Et quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie, fut jeté dans l’étang de feu» (Apocalypse 20 : 15).

 

Dieu est Éternel

Aucun enseignement n’est plus clair dans les Saintes-Écritures, du fait que Dieu est Éternel, Immortel, et Infini (Deutéronome 33:27; Ésaie 9:6; I Timothée 1:17). Il est le Premier et le Dernier (Ésaie 44:6; Apocalypse 1: 8). Il n’a jamais eu aucun commencement et n’aura jamais aucune fin.  Toutes les autres créatures, incluant l’homme, ont un commencement et une fin en ce monde. Mais aussi tous sont immortels dans le fait que la continuité de leur existence est assurée par Dieu, soit à leur condamnation ou à leur salut, selon que Dieu a tout prédestiné.  Quoique les élus sont donné la vie éternelle et qu’il font partie du Conseil Divin de toute éternité avec les anges, ils ne peuvent être considéré comme éternel dans le sens qu’ils ont un début en Dieu et que leur existence dépend de la grâce de notre Dieu Souverain et seul Éternel (Jean 10 : 28; 11 : 25, 26). Mais, ils sont donné d’être un avec Lui dans l’éternité (Jean 17 : 21-24) et de ce fait, faisant partie de son Corps, ils sont au commencement comme à la fin, car le temps n’existe pas dans l’éternité, mais Dieu seul connaît le passé et le futur, et seul il a créé toutes choses et a déterminé la voie de tout ce qui existe. Dieu est le Seul Éternel.

 

Dieu est Immuable (Il ne peut changer)

Le caractère et les attributs de Dieu ne changent jamais: "…je suis l’Éternel, je ne change pas" (Malachie 3:6). Il est vrai que quelques fois Dieu s’est repenti d’agir d’une telle façon avec l’homme, mais cela fut toujours dans le contexte de sa Souveraineté après avoir rigoureusement entraîné l’homme à changé ses voies tortueuses, selon qu’il avait prévu dans son décret éternel. La nature de Dieu est constante, seulement le cours de ses actions change pour répondre aux changements de l’homme, comme il l’a prédéterminé. Comme exemple, citons la repentance de Ninive pour laquelle Dieu changea ses plans de détruire cette ville (Jonas 3:10). Un des éléments important à remarquer ici est la définition de la repentance. A première vue, la repentance peut sembler conditionnelle, mais la réalité est toute autre car c’est Dieu lui-même qui donne la repentance (2 Corinthiens 7: 10; 2 Timothée 2: 25). Aussi, la Bible parle quelques fois que Dieu s’est repenti, mais toujours dans le sens qu’il est attristé plutôt que dans le sens de changer sa décision face à une circonstance donnée (Genèse 6:6). L’éternité implique par nécessité la stabilité. Le fait que Dieu ne puisse changer est la base de la confiance qui nous est donné d’avoir en Lui. Le Seigneur est fidèle en toutes choses, car il ne peut se renier Lui-même (2 Timothée 2 : 13).

 

Dieu a une Individualité, une Personnalité, et une Rationalité

Dieu est un Être intelligent avec sa propre volonté (Romains 9:19) et sa propre capacité de raisonner (Ésaie 1:18). Il possède une pensée intelligente qui nous est insondable (Romains 11:33-34). Aussi, que Dieu a des émotions, nous est indiqué par le fait qu’il créa l’homme à son image (Genèse 1:27). Il est important de ne pas mélanger l’amour avec les émotions de Dieu. L’amour ou «agapeo» est l’essence même de Dieu (1 Jean 4 : 8, 16), non une émotion, mais un principe de renoncement éternel dans lequel il se retrouve Lui-même dans la triple existence de sa conscience éternelle. L’amour de Dieu est un renoncement, le sacrifice éternel qui est l’essence même de la vie. Le renoncement à soi fut en effet l’enseignement principal du Seigneur Jésus : «Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même…» (Matthieu 16 : 24); «Car quiconque s’élèvera, sera abaissé; et quiconque s’abaissera, sera élevé» (Matthieu 23 : 12). La Bible nous dit que Dieu a plusieurs émotions : l’affection, la réjouissance, la pitié ou la compassion, la haine du péché et du pécheur, le zèle pour la justice ou la droiture (Psaumes 18:19; 103:13; Proverbes 6:16; Exode 20:5). Il est lent à la colère, mais il peut en être provoqué (Psaumes 103:8; Deutéronome 4:25). Dieu peut être attristé (Genèse 6:6) et béni (Psaumes 103:1). Évidemment, ses émotions transcendent les nôtres, et nous pouvons les expliquer seulement par des termes qui décrivent les émotions humaines.

 

Dieu est Amour

La signification centrale de l'Amour de Dieu (l’AGAPÉ) se trouve dans ces paroles de Jésus:

 

"Car Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son seul Fils engendré, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle" (Jean.3:16).

 

Le Saint Esprit nous indique par ces paroles que l'Amour est un don non mérité (1 Jean. 4: 9, 10).  Il n'y a aucun doute que l'Amour de Dieu est complètement centré sur le sacrifice de Jésus.  Ceci établie une relation importante du mot "Amour" avec celui de "sacrifice"; les deux signifierait une seule et même chose, et seraient même interchangeable: aimer c'est se sacrifier, et vice versa; car le don c'est le sacrifice et le sacrifice c'est le don.  Ceci est confirmer par ces paroles de Jésus:

 

"Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" (Jean. 15: 13).

 

Or, d'entre les synonymes de "DON", nous obtenons des mots clés qui enrichissent notre compréhension du mot "AMOUR": gratification, oblation, offrande, offrir, faveur, grâce.  Dans ceux de "SACRIFICE", nous retrouvons: offrande, don, renoncement, don de soi.  Nous sommes loin ici de l'Amour qui est désigné comme une affection, un amitié, un attachement, un attrait, une estime, une passion ou une tendresse; ceux-ci sont représenté par le mot PHILEO et non par AGAPAO. Ainsi nous pouvons dire avec l'Écriture que "Dieu est amour", mais non point que "l'amour est Dieu"; nous gardant de déifier les caractéristiques comme font les païens. 

 

L'étymologie de AGAPAO est incertaine, nous dit Gerhard Kittel (Theological Dictionary of thé New Testament): "Plus que souvent le mot signifie "satisfaire ou satisfaction", comme satisfaire quelque chose ou quelqu'un.  Selon l'attitude externe de l'expression il signifie "honorer, recevoir, saluer"; mais il est relié d'avantage à l'attitude interne de "chercher après quelque chose, désirer quelqu'un ou quelque chose", chercher à être satisfait.  Il donne la signification de "préférer, d'estimer une personne plus qu'une autre; impliquant ainsi l'Élection et la Rétribution d'après la Souveraineté de Dieu selon la doctrine de la Prédestination.  La nature spécifique de AGAPAO devient apparente à ce point.  C'est un Amour qui fait une distinction, sélectionnant et gardant précieusement son objet; un acte libre et décisif déterminé par son sujet.  C'est un amour actif et inconditionnel qui se donne pour satisfaire au besoin d'un autre dans son abaissement pour l'élever dans la gloire éternelle".

 

Or les synonymes de "satisfaire" rejoignent pleinement la signification profonde du sacrifice de Jésus: "apaiser, contenter, exaucer, accomplir, payer, acquitter de, exécuter, faire droit, compenser, réparer"; tous reliés aux différentes nuances du mot "DON" comme un sacrifice ou un renoncement:

 

"Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge jour de cette croix, et qu'il me suive" (Luc 9: 23).

 

Ce fut en effet le péché d'Adam et Ève qui refusèrent de renoncer de choisir ce qui fut bien ou mal pour eux, plutôt que de laisser ce choix à Dieu qui les avait créé et qui éprouvait leur amour pour Lui.  C'est pour cela que Christ est venu, afin de réparer la faille d'Adam, en nous enseignant et vivant le renoncement pour que nous soyons sauvé; car la chute, c'est tout simplement "le fait que chacun suit sa propre voie" (Es. 53: 6) réclamant son indépendance de Dieu.  Or celui qui renonce à lui même pour Jésus, entrera dans la gloire éternelle; mais celui qui renonce à Jésus, entrera dans le feu de la perdition éternelle. Dire que l'Amour est un sacrifice, nous indique qu'il est le "Don de soi", le renoncement volontaire et consciencieux de nos désirs, de nos pensées, de nos imaginations, de nos raisonnements, de nos actions et de nos projets; l'abandon total dans l'assurance d'une confiance certaine en Jésus.  L'Amour, en tant que principe de renoncement, est le pivot éternel de l'existence même, l'axe absolu autour duquel tourne toute l'Écriture, de la Genèse à l'Apocalypse.  C'est le seul moyen de venir à Jésus pour être sauvé et recevoir la vie éternelle (Luc 9:23); et le seul qui nous enseigne à renoncer aux choses de ce monde dans notre marche de chaque jour:

 

"Car la Grâce de Dieu, salutaire à tous les hommes, a été manifestée: nous enseignant qu'en renonçant l'impiété et aux passions mondaines, nous vivions dans ce présent siècle, sobrement, justement et religieusement; en attendant la bienheureuse espérance et la manifestation de la gloire de notre Grand Dieu et Sauveur, Jésus-Christ; qui s'est donné soi-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de nous purifier, pour lui être un peuple qui lui appartienne en propre, et qui soit zélé pour les bonnes oeuvres" (Tite 2 11-14).

 

Nous arrivons présentement à l'essence même de l'Amour sacrificiel, l'Agapé.  L'apôtre Jean nous dit que "Dieu est amour" (l Jean. 4: 16). Selon S. Samouélian (La Préexistence de Jésus-Christ), "cette définition de l'apôtre ne veut pas seulement dire que Dieu aime la race humaine, mais qu'il est amour dans son essence même.  Rien en Lui est contraire à l'amour, il ne peut être qu'amour.  Dieu est amour de toute éternité.  S'il cessait d'être amour, il cesserait d'être Dieu.  Dieu étant amour indépendamment de toute créature, son amour ne commence pas avec ce qu'il a créé, puisqu'il crée par amour (c'est à dire qu'il renonce à Lui-même pour que tout ait son existence, et se retrouve Lui-même dans son renoncement)  Sa vie intime ne se trouvant pas transformée à la suite de son oeuvre de création, puisque cette vie préside à son oeuvre".

 

Ceci indique que Dieu se sacrifie de toute éternité, qu'il est un éternel renoncement; c'est à dire que Dieu se donne éternellement à Lui-même à l'intérieur de Lui-même pour revenir à Lui-même.  Dieu est donc l'éternel "don de soi"; l'Agapé par excellence.  Il est le "JE SUIS, l'Éternel, l'Auto-Suffisant".  Si l'homme créé à l'image de Dieu est appelé à renoncer à soi même; Dieu a plus forte raison renonce à Soi-même dans un sens encore plus profond, sublime et constant.  Il ne peut demander à l'homme ce qu'il ne demande pas de Lui-même.  Le renoncement à soi-même est donc l'abaissement de l'être par lequel il est élevé dans l'essence de l'existence éternelle.  Nous trouvons donc ici la signification profonde de ces paroles de Jésus:

 

"Mais que celui qui est le plus grand entre vous, soit votre serviteur. Car quiconque s'élèvera, sera abaissé; et quiconque s'abaissera, sera élevé" (Mat.23:11,12).

 

Les Attributs de la Moralité de Dieu

Le Seigneur notre Dieu possède plusieurs attributs qui découlent de son amour. Voici un tableau, quoique imparfait et incomplet, des attributs de sa moralité divine.

 

Tableau 1:

Les attributs de la moralité divine

1

L’amour

I Jean 4:8

2

La lumière

I Jean 1:5

3

La sainteté

I Pierre 1:16

4

La miséricorde

Psaumes 103:8

5

La gentillesse

Psaumes 18:35

6

L’intégrité

Psaumes 129:4

7

La bonté

Romains 2:4

8

La perfection

Matthieu 5:48

9

La justice

Ésaie 45:21

10

La fidélité

I Corinthiens 10:13

11

La vérité

Jean 17:17

12

La grâce

Psaumes 103:8

 

Ces attributs de la moralité divine ne sont jamais contradictoires, mais oeuvrent ensemble dans une harmonie parfaite. Comme exemple, la sainteté de Dieu demande une séparation instantanée entre Dieu et l’homme à cause du péché. Alors, l’intégrité de Dieu, ainsi que sa justice, demande la mort comme peine pour le péché, mais sa miséricorde désire le pardon du pécheur. Dieu satisfait sa justice et sa miséricorde envers ses élus par la mort de Christ sur le Calvaire, manifestant ainsi le plan du salut qu’il avait établi avant même la fondation du monde.

 

Nous récoltons les bénéfices de la miséricorde de Dieu, lorsqu’il nous est donné de recevoir l’œuvre rédemptrice du rachat particulier de Christ, qui est appliquée dans notre vie par le moyen du don de la foi (Éphésiens 2 : 8; Philippiens 1 : 29). Lorsque nous nous soumettons et recevons par le don de la foi le plan du salut, Dieu nous attribue la justice de Christ par les mérites de son sang versé pour nous sur la croix (Romains 3:21-5:21; 1 Pierre 1 : 18-21). Ainsi Dieu nous justifie et nous pardonne tous nos péchés, passé, présent, et futur (I Jean 1:9); et nous restore en pleine communion avec Lui sans violer Sa Sainteté, car Christ est mort comme notre substitut et a porté sur Lui la peine du châtiment éternel qui nous était réservé, nous libérant ainsi de la colère du jugement à venir. Qu’il soit spécifié de nouveau que cette délivrance divine s’applique uniquement à ceux que Dieu a choisis au salut avant la fondation du monde (Jean 15 : 16a; Romains 8 : 28, 29; 9 : 22, 23; Éphésiens 1 : 4, 5, 11). Quoique Christ soit le sacrifice pour les péchés du monde entier, seulement les élus d’avant la fondation du monde en reçoivent l’efficacité pour être sauvé. Par la règle de la propitiation établie par Christ, les réprouvés sont destinés à rejeter la valeur du sacrifice soit par leur incrédulité, soit par leur fausses doctrines et leur faux évangile : «C'est lui qui est la propitiation pour nos péchés; et non seulement en ce qui nous concerne, mais en ce qui concerne aussi pour régler le monde» (1 Jean 2 : 2; B.É.). Or, il est clair selon les Écritures que le salut est particulier et non universel. Christ est venu sauver seulement son peuple, c’est à dire ceux qu’il a choisis dans le Conseil de Dieu avant la fondation du monde.

 

La mort de Christ, innocent et sans péchés, ainsi que l’attribution de sa droiture envers ses élus, a satisfait pleinement la justice et la sainteté de Dieu. Ceux qui ont été destiné à rejeter le rachat particulier et non répétitif de Christ, sont laissé de côté pour faire face au jugement de Dieu. Cette condamnation des réprouvés provient du fait que Dieu a déterminé de manifester sa justice envers les enfants de colère qu’il a créé dans ce but spécifique (Proverbes 16 : 4; Romains 9 : 22, 23). Mais aussi du fait que sa sainteté demande sa séparation d’avec les hommes pécheurs, et que sa justice demande la mort éternelle pour ceux-ci. Ainsi la justice et la miséricorde sont des aspects complémentaires de la nature de Dieu, tout comme le sont sa sainteté et son amour. Lorsque nous recevons l’amour et la miséricorde de Dieu, sa justice et sa sainteté sont satisfait en nous à cause de Christ. Qu’il soit noté qu’il est impossible à un élu de rejeter l’amour et la miséricorde de Dieu, ni de perdre son salut, car ces choses ne dépendent point de nous mais de Dieu, et notre Dieu est immuable et entièrement digne de confiance pour achever l’œuvre qu’il a débuté en nous (Philippiens 1 : 6).

 

Évidemment le tableau plus haut ne peut décrire toutes les qualités de Dieu. Dieu est transcendant et aucun être humain ne peut le comprendre pleinement. "Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel. Car autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées" (Ésaie 55:8-9). "O profondeur de la richesse, et de la sagesse, et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont impénétrables, et que ses voies sont incompréhensibles ! Car qui a connu la pensée du Seigneur, ou, qui a été son conseiller ?" (Romains 11:33-34; B.O.).

 

Les Théophanies

Une des manières par laquelle Dieu se révèle à l’homme dans l’Ancien Testament est par ce qui se nomme des théophanies. Une théophanie est une manifestation visible de Dieu dont l’aspect est temporaire, soit dans une vision ou sous une forme corporelle. Comme nous avons vu, Dieu est invisible à l’homme Pour se faire connaître visiblement, il se manifeste dans une forme physique et souvent corporelle. Quoique l’homme ne puisse voir l’Esprit de Dieu, il peut voir sa représentation. Plus bas nous verrons certaines façons que Dieu employa pour se manifester aux hommes dans l’Ancien Testament.

 

Dieu apparut à Abram, nommé par après Abraham, dans une vision comme une voix audible, une fournaise fumante, une flamme de feu, et sous la forme d’un homme (Genèse 15:1; 15:17; 18:1-33). Dans ce dernier cas, Dieu et deux anges, sous la forme de trois hommes, apparurent à Abram et mangèrent avec lui la nourriture qu’il leur fit préparer (18: 1-8). Les deux anges partirent pour la ville de Sodome tandis que Dieu demeura avec Abram pour discuter avec lui (Genèse 18:22; 19:1). Une analyse soignée du contexte de cette histoire factuelle, révèle la possibilité que le mot «ange» dans le texte devrait être prit dans le sens de sa signification réelle de «messager», s’appliquant ainsi uniquement à des hommes qui sont serviteurs de l’Éternel. Ainsi, il est possible de voir dans cette visite que les deux anges auraient été Noé et son fils Sem, tandis que le Seigneur notre Dieu serait le seul sous une forme corporelle qui serait Melchisédec (Voir la section dans ce chapitre sur Melchisédec). Quoiqu’il en soit, nous avons ici l’évidence d’une théophanie par laquelle Dieu se révéla à l’homme.

 

Le Seigneur notre Dieu apparut à Jacob dans un songe, puis comme un homme (Genèse 28:12-16; 32:24-32). Jacob lutta avec cet homme, l’a vaincu, et déclara: "J’ai vu Dieu face à face et mon âme a été délivrée." Le Texte Sacré nous décrit aussi cette apparition de Dieu à Jacob comme étant un ange (Osée 12: 4, 5), plus précisément «l’Ange de l’Éternel».

 

Dieu apparut à Moïse dans une nuée de gloire et dans un feu dévorant sur le mont Sinaï, il lui parla face à face dans le Tabernacle, et lui révéla partiellement sa gloire (non sa face), permettant à Moïse de le voir seulement par-derrière (Exode 24:12-18; 33:9-11; 33:18-23). Les références à la face de Dieu sont en toute probabilité que des métaphores de la présence de Dieu, et peuvent s’appliquer à différents types de manifestations.

 

Dieu se manifesta «à la vue de tout le people» d’Israël par des tonnerres, des éclairs, une nuée, une voix, un son de trompette, la fumée, le feu, et un tremblement de terre (Exode 19:11-19; Deutéronome 5:4-5, 22-27). Il montra aussi sa gloire et envoya le feu de sa présence à la vue de tout Israël (Lévitique 9:23-24; 10:1-2).

 

Job vit Dieu dans un tourbillon (une tempête) (Job 38:1; 42:5). Plusieurs autres prophètes virent Dieu dans des visions, ce qui est un des caractéristiques principaux d’un prophète (Ésaie 6; Ézéchiel 1:26-28; 8:1-4; Daniel 7:2, 9; Amos 9:1). A Ézéchiel il apparut sous la forme d’un homme enveloppé de feu. A Daniel il apparut dans ses visions de la nuit comme l’Ancien des Jours. Plusieurs autres passages des Écritures nous disent que Dieu apparut à certaines personnes sans décrire la manière qu’il le fit. Isaac, Samuel, Aaron, Miriam, Balaam, en sont des exemples.

 

L’Ange de l’Éternel

Quelques-unes des apparitions de l’Ange de l’Éternel semblent être des théopha