Les Témoins de Jéhovah

et la divinité de Jésus

par Jean leDuc

«Compilation et adaptation des textes de

Lumony Mulongo BANGOY et de Randall Watters»

 

 

 

 

 

 

 

TABLE DES MATIÈRES

 

INTRODUCTION

SUR LA DIVINITÉ DE JÉSUS

Premier argument des Témoins de Jéhovah

Deuxième argument des Témoins de Jéhovah

Troisième argument des Témoins de Jéhovah

Quatrième argument des Témoins de Jéhovah

Jésus dérobé de la gloire de son adoration !

" Jésus est ‘ un dieu ’, dune nature différente de celle du vrai Dieu " ?

CONCLUSION

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

Dans un de mes livres «La Bible Authentique: Quelle Version ?» j’ai cherché à établir les preuves de l’entière inspiration perpétuelle des Écritures et de sa préservation providentielle. C’est pour l’âme un grand soulagement et un profond, repos, de savoir qu’elle possède dans la Bible la Parole de Dieu, toute sa Parole, et rien que sa Parole. Elle y trouve une autorité infaillible, un rocher inébranlable pour appuyer sa foi.

 

Or il y a, dans ces Écritures de vérité, un Objet qui domine et remplit tout, c’est la Personne de Christ, le seul Fils engendré de Dieu. Il est le centre des pensées, des affections et des mystères de Dieu; sur Lui repose l’accomplissement de tous ses desseins. Tout, dans la Parole de Dieu, converge vers Lui. Sans Lui, elle est un livre scellé dont on ne peut pénétrer le sens; avec Lui, toutes les pages de l’Écriture deviennent. brillantes de clarté. Le connaître est pour l’âme, non seulement le salut, mais une source intarissable de délices, car lui seul répond aux besoins profonds d’un coeur créé pour Dieu. En même temps, le connaître est une sauvegarde contre les séductions du monde, les égarements du coeur naturel, et les erreurs où l’esprit risque de se laisser entraîner. Son amour et ses compassions nous donnent le repos, et nous attirent après Lui dans les sentiers de la sainteté. En Lui, nous avons la vie éternelle, et une espérance bienheureuse et assurée pour l’avenir, au delà du temps, dans l’éternité.

 

Mais ce qui est la source et la garantie de toutes les bénédictions que nous avons en Christ, c’est la divinité de sa Personne, la gloire divine qu’il possède de toute éternité. Or c’est là ce qui est attaqué et battu en brèche de nos jours, et, — chose bien propre à remplir à la fois d’étonnement et de douleur — par des hommes qui se disent chrétiens. Quantité d’âmes simples sont ainsi ébranlées par des affirmations — ou plutôt des négations — apportées au nom de la raison ou de la science contre cette vérité vitale ; bien des coeurs sont troublés, parce qu’on veut leur ravir leur Seigneur. C’est donc un devoir d’élever la voix et de montrer, par la Parole de Dieu qui ne peut mentir, que Christ, le Rocher des siècles, le même hier et aujourd’hui éternellement, est vrai Dieu de toute éternité. Sur cette vérité essentielle repose tout le christianisme authentique. Elle en est la vie. C’est d’elle que je désire discuter dans ce document aujourd’hui.

 

Jésus demandait un jour à ses disciples: «Qui disent les hommes que je suis, moi, le fils de l’homme ?» (Matth. 16:13-17). Après avoir entendu leur réponse témoignant des incertitudes et des idées flottantes de l’intelligence humaine, incapable par elle-même de comprendre et d’apprécier sa Personne, Jésus leur dit : «Et nous, qui dites-vous que je suis ?» Question capitale pour eux, car de la réponse dépendait leur position comme disciples. Étaient-ils un homme, fût-ce du plus excellent, du plus saint et du plus sage des hommes, semblable ou même supérieur au plus éminent des hommes de Dieu ou des prophètes: à un Abraham ou à un Moïse ? Ou bien étaient-ils le Fils de Dieu, dans le sens suprême et unique où les Juifs eux-même entendaient ce titre ? (voir Jean 5:18 ; 10:33 ; Matth. 26:63-65). La réponse de Pierre : «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant», nous dit quelle était sa foi et celle de ses compagnons, foi formée et fondée en eux, non par des raisonnements, mais par la révélation de Dieu même, de Celui qui habite en Jésus et qui Lui est indissosciable, Celui qu’on appelle le Père et de qui Il est l’enveloppe visible dans la chair: «Personne n'a jamais vu Dieu; le seul Fils engendré, qui est l'enveloppe visible du Père invisible, est celui qui l'a manifesté dans la chair.» (Jean 1: 18 ; Bible de l’Épée. Voir aussi Col. 1: 15; 1 Tim. 3: 16).

 

Note: Nous ne souscrivons point au terme JÉHOVAH pour décrire Dieu, mais à celui de YAHWEH ou l’Éternel. Il est employé dans ce texte parce qu’il est utilisé par les Témoins de Jéhovah, et pour défaire leur erreur sur la divinité de Christ.

 

SUR LA DIVINITÉ DE JÉSUS

 

La question adressée aux disciples se pose, aussi de nos jours, et s’impose impérieusement là à chacun. Il s’agit de savoir ce que cous pensons du Christ. On sait les opinions diverses qui ont cours à son sujet parmi ceux qui n’acceptent pas le christianisme. Mais nous tous qui nous réclamons du nom de Christ, et qui nous disons ses disciples, quelle sera notre réponse ? Qu’est-il pour nous ? Sommes-nous les disciples d’un homme, ou bien les disciples de Celui qui, bien qu’un homme ici-bas, — le fils de l’homme, — était et est «sur toutes choses Dieu béni éternellement ?» (Rom. 9:5). Il est de toute importance d’être au clair sur ce point. Le christianisme tout entier en dépend. Mais qui décidera ? Comme Jésus le disait à Pierre, ce n’est pas «la chair et le sang», la science, la raison ou la conscience de l’homme, mais Dieu seul, et Dieu dans sa Parole inspirée.

 

La divinité du Christ demeure la question doctrinale la plus cruciale dans le rapport entre les Témoins de Jéhovah et certaines communautés chrétiennes aujourd’hui. Les observations même les plus élémentaires montrent avec beaucoup d’éloquence que, tout compte fait, les Témoins de Jéhovah nient ostensiblement la divinité de Jésus-Christ. Cela a pour conséquence logique le refus, par eux, de vouer un culte quelconque au Christ qu’ils reconnaissent seulement comme un petit dieu, un être créé au début des temps.

 

Au-delà du concept de la trinité, concept pour ou contre lequel différentes écoles théologiques s’affrontent perpétuellement, j’aimerais dire que cette question de la divinité de Jésus est parmi celles que la Bible affirme de façon nette et claire. En effet, la prophétie sur la conception de Jésus l’affirme clairement: « Voici que la vierge concevra et enfantera un fils auquel on donnera le nom d’Emmanuel, ce qui se traduit par Dieu avec nous. » (Matthieu 1 : 23); et même la réponse de Thomas l’affirme lorsque Jésus apparaît à ses disciples après sa résurrection: «Mon Seigneur et mon Dieu» (Jean 20: 28).

 

Ma démarche, ici, consistera tout simplement à confronter les affirmations des Témoins de Jéhovah avec les Écritures Saintes au sujet de la divinité du Christ. Le but recherché étant de montrer clairement que non seulement les Témoins de Jéhovah nient, effectivement, cette divinité, mais aussi les arguments avancés pour justifier ce refus n’ont aucun fondement biblique.

 

Premier argument des Témoins de Jéhovah:

 

Jésus ne peut pas être Dieu puisque la Bible affirme que seul son père est le vrai Dieu.

Dans un article datant de 1981, on peut lire le commentaire suivant: « Plus récemment encore, les Églises protestantes on fait connaître la nécessité de confesser que Jésus « est Dieu », comme « condition » pour devenir membre du Conseil œcuménique des Églises. Il ressort de tout cela que depuis ses origines jusqu’à nos jours, on a beaucoup surestimé l’attachement doctrinal du protestantisme à la Bible. Voir Jean 17: 3 ; 1Corinthiens 8: 6… où la Bible énonce clairement que le « seul vrai Dieu » n’est pas Jésus, mais son père… » (Réveillez-vous # 11, du 8 juin 1981, p.9).

 

Les affirmations qui précèdent semblent littéralement occulter les écritures saintes. En effet dans le chapitre 17 de l’Évangile selon Jean qu’ils citent, il est dit, au verset 10 : « Tout ce qui est à moi est à toi comme tout ce qui est à toi est à moi ». Dans le langage mathématique, on dit que deux ensembles A et B sont égaux si tous les éléments de l’ensemble A appartiennent à l’ensemble B, et réciproquement. Ce verset exprime donc une égalité parfaite entre Jésus et son Père. Cette même égalité se voit aussi dans la conjonction «et» du verset 3. Dans le grec cette conjonction est «KAI» et porte les nuances de «même, comme, certes, assurément, égal, conforme, identique». On peut ainsi traduire le verset 3: «Et c’est ici la vie éternelle: qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, conforme à celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.» Ce verset confirme que Jésus est l’image du Dieu invisible (Jean 1: 18; Col. 1: 15), qu’il est Dieu manifesté dans la chair (Jean 1: 14; 1 Tim. 3: 16). Les versets 5 et 24 de ce même chapitre affirment que Jésus est antérieur à la création. Par ailleurs, dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 8, verset 6 citée par les Témoins de Jéhovah pour étayer leur affirmation, Jésus y est présenté comme antérieur à la création, mais surtout comme auteur de cette création (voir aussi Colossiens 1 : 15-20). Mais ils ont trébuchés sur l’expression «premier-né» dans le verset 15 qui signifie nulle autre que «origine», comme nous voyons dans la Bible de l’Épée: «C'est lui qui est l'image visible du Dieu invisible, l'origine de toute la création.» (Col. 1: 15).

 

Par ailleurs, la première épître de Jean affirme, au chapitre 5, verset 20 et 21, que Jésus est le vrai Dieu : «Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et il nous a donné l'intelligence pour connaître le Véritable; et nous sommes en ce Véritable, en son Fils Jésus-Christ. C'est lui JÉSUS qui est le Dieu véritable, et la vie éternelle. Petits enfants, gardez-vous des fausses représentations de Christ! Amen.» (1 Jean 5: 20, 21; Bible de l’Épée).

 

Paul renchérit dans l’épître aux Romains, chapitre 9, verset 5 : «…Qui descendent des pères, et de qui est sorti, selon la chair, CHRIST, qui est DIEU au-dessus de toutes choses, béni éternellement. Amen!» (Rom. 9: 5; Bible Martin et Bible de l’Épée).

 

De même Jude, le frère de Jésus, déclare: «Car, par inattention, il s'est glissé parmi vous certains hommes, dont la condamnation est écrite depuis longtemps; des imposteurs, qui changent la grâce de notre Dieu en libertinage, et qui renient le seul Souverain, JÉSUS-CHRIST, notre Dieu et Seigneur.» (Jude 4; Bible Martin et Bible de l’Épée).

 

Deuxième argument des Témoins de Jéhovah:

 

Jéhovah est omniscient, Jésus ne l’est pas.

Le bimensuel Tour de Garde # 9 du 1er mai 1984, pp. 5-7 contient ce qui suit :

« En Marc 13: 32, Jésus déclare: ‘Ce jour ou cette heure (ceux de l’exécution du jugement divin), nul ne le connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, personne sinon le Père.’… Pourtant, si le Père et le Fils sont coégaux, comment celui-ci peut-il ignorer ce que celui-là connaît…
Plus de 20 ans après la mort de Jésus et son ascension au ciel, l’apôtre Paul écrira: ‘Qui connaît la pensée du Seigneur (le Père)… Mais nous, nous avons la pensée du Christ’ (1Cor. 2: 16). Comment peut-on posséder « la pensée du Christ » et néanmoins ignorer la « pensée du Seigneur » si le Père et le Fils sont réellement coégaux ? »

 

Les propos qui précèdent paraissent très éloquents; cependant leur portée biblique est plus que douteuse. La Bible parle explicitement de l’omniscience de Jésus. Dans Jean 1: 47-48, Nathanaël s’étonne que Jésus l’ait connu avant de l’avoir rencontré. Dans Jean 4: 16-19 ; 29, Jésus dit tout de la Samaritaine qu’il n’avait pourtant pas rencontrée auparavant. Simon Pierre l’affirme dans Jean 21: 17 : «… Seigneur, tu sais toutes choses… ». Dans Colossiens 2: 3, Paul dit qu’en Jésus sont cachés « tous les trésors de la sagesse et de la connaissance ». Dans Jean 5: 19, il est dit : « … tout ce que le Père fait, le Fils le fait également… »

 

Quant au verset de 1 Corinthiens 2: 16 cité pour appuyer ce deuxième argument, il est évident qu’il est tout simplement sorti de son contexte. De ce fait il semble mal interprété. A partir du verset 7 de ce même chapitre, Paul dit en l’occurrence que «Nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée… Aucun des princes de ce siècle ne l’a connue… A nous, Dieu nous l’a révélé par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu…Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu… En effet: qui a connu la pensée du Seigneur pour l’instruire ? Or nous, nous avons la pensée du Christ.»

 

En citant Esaïe 40: 13, Paul semble dire que cette « pensée » du Seigneur est restée longtemps inconnue jusqu’aux temps fixés par Dieu pour nous la faire connaître par Jésus-Christ. Ayant donc désormais la pensée du Christ, nous avons aussi la pensée du Seigneur.

 

En ce qui concerne Marc 13: 32, l’heure de la fin des temps ne pouvait être révélée dans la chair à ce moment. Le verbe «connaître» dans ce verset est en grec «ÊIDÔ» et porte non seulement le sens de «voir et de savoir», mais aussi le sens de «dire, annoncer, articuler, déclarer, dévoiler». Or ce n’est point que Jésus ne connaissais pas cette heure, mais que le temps n’était pas propice à cette révélation qu’Il donna plus tard dans l’Apocalypse après sa résurrection et sa glorification (Apoc. 1: 1). Il est évident que s’il ne pouvait l’annoncer, que personne d’autre ne le pouvait aussi, pas même les anges: «Pour ce qui est de ce jour et de l'heure, personne ne peut l'annoncer, ni les anges qui sont dans le ciel, ni le Fils; mais seulement le Père.» (Marc 13: 32; Bible de l’Épée).

 

Troisième argument des Témoins de Jéhovah:

 

Jésus appelle son Père « mon Dieu » et non l’inverse.

A ce sujet ils écrivent: « A maintes reprises, Jésus appela son Père « mon Dieu » et ce, même après sa résurrection et sa glorification au ciel (Mathieu 27: 46 ; Jean 20: 17 ; Apocalypse 3: 2 ; 12). Or on ne considère quelqu’un comme « son Dieu » que lorsqu’on lui est inférieur et qu’on se compte parmi ses adorateurs. D’ailleurs pourquoi le Père n’a-t-il pas employé une seule fois les mots « mon Dieu » en s’adressant à son fils ? » (Tour de Garde # 9 du 1er mai 1984. pp. 5-7)

 

L’objection à cette argumentation se trouve en Hébreux 1: 8-9; notamment quand Paul écrit: «… mais au Fils il (Dieu) dit: Ton trône, ô Dieu, est éternel… C’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu, t’a oint… ».
Il va de soi que ce genre de versets sont plutôt embarrassants pour les Témoins de Jéhovah, car ils prouvent le contraire de leur affirmation. D’ailleurs, dans la Bible de la Traduction du Monde Nouveau qui est leur référence, ils utilisent curieusement des minuscules à « ô Dieu » et à « Ton trône, Dieu. » On comprend aisément l’objectif d’une telle astuce.

 

Il est par ailleurs à noter que les Témoins de Jéhovah utilisent le terme « dieu » avec une minuscule non seulement quand il s’agit de Jésus, mais aussi pour se référer à Satan qu’ils nomment volontiers « dieu imitateur » (cf. Tour de Garde # 15 du 1er août 1981, p. 16). Ne font-il pas de Jésus et de Satan une seule et même personne par cette pratique ?

 

Quatrième argument des Témoins de Jéhovah:

 

Jésus n’a jamais dit qu’il était Dieu, ses disciples non plus.

Voici ce qu’ils écrivent à ce sujet: « Au début, ils (les disciples) voyaient sans doute en leur maître un homme comme un autre (voir Marc 6: 3). Supposons maintenant qu’à un moment donné celui-ci leur ait appris qu’il était Dieu. Comment auraient-ils réagi ? Comment réagirez-vous vous-mêmes si vous compreniez soudain que vous vous trouvez devant Dieu en personne ?… pourquoi ne rencontre-t-on toujours aucune trace de leur surprise dans les lettres du « Nouveau Testament » ? » (Tour de Garde # 9 du 1er mai 1984, p. 5).

 

Remarquons d’emblée que Marc 6: 3 ne rapporte pas les propos des disciples de Jésus, mais plutôt ceux des « nombreux auditeurs incrédules» qui l’avaient vu grandir.

 

Par ailleurs, Jésus déclare à plusieurs reprises qu’il est Dieu. D’abord aux Juifs (Jean 5: 17-18; 8: 58; 10: 30-38) ; ensuite à ses disciples (Jean 14: 9-11). Les disciples eux-mêmes l’ont déclaré. Pierre dit en l’occurrence « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matthieu 16 : 16). Thomas s’exclame: « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». Si Thomas s’était réellement trompé, on pense bien que Jésus n’aurait pas laissé passer une telle erreur !
Il est assez curieux que les Témoins de Jéhovah utilisent ici un « Dieu » avec majuscule alors que d’habitude ils emploient le « dieu » avec une minuscule dans de tels cas. Sans doute estiment-ils, comme certains commentateurs de la Bible, qu’ici Thomas dit « Mon Seigneur » en regardant Jésus et « Mon Dieu » en regardant au ciel. Ce qui me paraît assez farfelu comme argument.
Paul et Timothée affirment aussi nettement la divinité de Jésus dans leur lettre aux Philippiens 2: 6.

 

Plusieurs autres arguments sont souvent avancés par les Témoins de Jéhovah pour réfuter, non sans quelque simplification, la divinité de Jésus. C’est entre autres le cas des versets «Le père est plus grand que moi» (Jean 14: 28); «Dieu est le Chef de Christ.» (1Corinthiens 11 : 3); « Il n’y a de bon que Dieu seul. » (Luc 18: 19) ; «Personne n’a jamais vu Dieu.» (Jean 1: 18)…

 

Il serait très laborieux de discuter de chacun des passages qui précèdent. Il faut simplement retenir que dans chacun de ces cas, une lecture attentive de la Bible apporte toujours une lumière et une réponse sans ambiguïté sur la question. Pour citer que Jean 14: 28, ce verset est loin d’indiquer que Jésus n’est pas Dieu; il indique plutôt une différence d’excellence entre la chair et l’Esprit, la manifestation de Dieu en la chair étant moins illustre que son existence comme Esprit: «…Je vais au Père; car mon Père est plus illustre que moi.» (Jean 14: 28; Bible de l’Épée).

 

Jésus dérobé de la gloire de son adoration !

 

Les Témoins de Jéhovah n’adorent pas Jésus. Cela est une conséquence logique de leur attitude négative vis-à-vis de la question de sa divinité. « Si Jésus n’est pas Dieu, » disent-ils, « pourquoi donc l’adorer ? N’est-il pas écrit : « Le Seigneur ton Dieu tu adoreras et c’est à lui seul que tu rendras un culte. » (Matthieu 4 : 10) ?

 

C’est encore une fois dans leur bimensuel Réveillez-vous qu’ils expriment ouvertement leur point de vue sur la question :

« Si Jésus n’est pas Dieu et que pourtant nous l’adorions comme tel, pensez à ce que cela signifie. Nous adorerions quelqu’un d’autre que le Dieu Tout-Puissant, ce qui déplairait sûrement au créateur. Cependant, les Églises persistent à enseigner que Jésus est Dieu et elles sèment ainsi la confusion dans des millions d’esprits. Mais ce qui est pire, c’est qu’à cause de leur enseignement, elles entraînent les gens dans la voie de la fausse adoration, puisqu’ils adorent quelqu’un d’autre que le Dieu Tout-Puissant. » (Réveillez-vous du 22 juillet 1972. pp. 5-8 cité par B. Clark dans La Bible dénonce les erreurs des Témoins de Jéhovah. Ed. Viens et Vois, Craponne (69), France, 106 p.).

 

Pour contredire et empêcher l’adoration du Seigneur Jésus, les Témoins de Jéhovah ont changés le mot «adorer» dans leur version de la Bible pour celui de «rendre hommage» quand les passages se rapportent directement à Jésus, mais ils ont gardés «adorer» quand les passages se rapportent à Dieu. La réalité de l’affaire est que ces deux mots ont le même mot grec à leur base, à savoir «PRÔSKUNÉÔ», mot commun toujours employé dans le grec pour désigner l’adoration d’une divinité. Les nuances variées de ce mot n’enlève rien à son sens primaire et essentiel qui est celui «d’adorer». Ainsi, désirant voler la gloire de l’adoration qui appartient à Jésus, les Témoins de Jéhovah lui «rendre hommage» malgré eux et se prostèrnent devant sa divinité sans s’en rendre compte. Mais ils encoureront les tourments éternels d’un enfer réel pour leur traîtrise, et même cela s’ils refusent d’y croire. En réalité Jésus ne s’est jamais opposé au principe de son adoration. Au cours de son ministère sur terre, il fut adoré par nombre de personnes issues de milieux différents. Les évangiles en parlent largement, et en voici quelques exemples:

 

Les mages d’Orient (Matthieu 2: 2); le lépreux (Matthieu 8: 2); Jaïrus (Matthieu 9: 18); la Cananéenne (Matthieu 15: 25); Marie-Madeleine et Marie (Matthieu 28: 9)… Les disciples l’adorèrent également (Matthieu 28: 9; Luc 5: 8; 24: 52). Les premiers chrétiens l’ont aussi adoré. Rappelons-nous l’ultime prière d’Etienne: «Seigneur Jésus, reçoit mon esprit!» (Actes 7: 59). Les premières congrégations «invoquaient… le nom de notre Seigneur Jésus-Christ.» (1Corinthiens 1 : 2).

 

Depuis son ascension au ciel, et dès lors que les anges, les autorités et les puissances lui ont été soumis (1Pierre 3: 22), il faut, à plus forte raison, qu’en son nom tout genou fléchisse dans les cieux, sur le terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est l’Éternel (YAHWEH), à la gloire de Dieu le Père (Philippiens 2: 10-11). Voilà pourquoi les anges et l’armée céleste l’adorent (Hébreux 1: 6 ; Apocalypse 5: 11-13).

 

Au-delà de cette brève esquisse de débat contradictoire, une seule vérité demeure incontournable: la Bible reconnaît explicitement la divinité de Jésus, et la reconnaissance de cette divinité implique l’acceptation du culte qu’il attend de tout croyant sauvé. Le culte rendu à Dieu le Père est synonyme de culte rendu au Fils; les deux font un. « Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. » (Jean 5: 23). Croire en Christ, c’est croire en Dieu (Actes 16: 31-34), et renier le Christ c’est aussi renier Dieu (Luc 10: 16; 1 Jean 2: 23).

 

Notre attitude à l’égard de Jésus ne peut donc être qu’une attitude d’adoration, d’humilité, d’étonnement, et de reconnaissance: « Mon Seigneur et mon Dieu ! » comme s’était si bien étonné Thomas.

 

Les TJ : " Jésus est ‘ un dieu ’, dune nature différente de celle du vrai Dieu "

De temps en temps, les Témoins de Jéhovah et les Mormons citeront 1 Corinthiens 8: 5, où il est dit: « et de fait il y a beaucoup de dieux et beaucoup de seigneurs », espérant prouver ainsi quil y a plus dun seul vrai dieu (les Témoins de Jéhovah disent que Jésus est un dieu). Mais on remarque au verset quatre de ce chapitre que Paul aborde le sujet des idoles. Lapôtre commence par montrer que les idoles nont pas de réelle existence en tant que divinités, «et quil ny a quun seul Dieu» (v. 4). Il continue:

 

«Car, quoiquil y ait ce quon appelle des dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, et de fait il y a beaucoup de dieux et beaucoup de seigneurs, néanmoins pour nous, il ny a quun seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses, et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. » (v. 5, 6)

 

Pour prouver que même des humains peuvent être appelés ‘ dieux ’ et quil est donc normal de dire que Jésus est un dieu, les Témoins de Jéhovah citent également Jean 10: 34. Voici ce que disent les versets 33 à 38:

 

«Les Juifs lui répondirent: Ce nest pas pour une œuvre bonne que nous te lapidons, mais pour un blasphème, et parce que toi, qui es un homme, tu te fais Dieu.

Jésus leur répondit: Nest-il pas écrit dans votre loi: Jai dit: Vous êtes des dieux ? Si elle a appelé dieux ceux à qui la Parole de Dieu a été adressée et lÉcriture ne peut être abolie à celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde, vous dites: Tu blasphèmes ! parce que jai dit: Je suis le Fils de Dieu ! Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas ! Mais si je les fais, quand même vous ne me croiriez pas, croyez à ces œuvres, afin de savoir et de reconnaître que le Père est en moi, et moi dans le Père.»

 

Jésus cite le Psaume 82: 1-6, où Jéhovah appelle les juges des «dieux». Que voulait-il dire ?

 

Cest là lune des deux ou trois occasions dans toute la Bible où des serviteurs de Jéhovah sont appelés «dieux» par Dieu lui-même. Les deux autres passages sont Exode 4: 16 et 7: 1. Ceci représente un tiers des cas limités où le terme dieu est appliqué à des personnes humaines. La Bible nous propose donc trois définitions possibles du mot «dieu». Il y a dabord le vrai Dieu, Jéhovah ou plutôt YAHWEH ou l’Éternel, qui seul possède la nature même de lÊtre Suprême. Celui-ci doit être omnipotent, omniprésent, omniscient, et doit exister de toute éternité et à jamais. Dans le cas contraire, le titre de Dieu ne lui conviendrait pas. En Ésaïe 43: 10, Jéhovah dit quavant lui il na pas été formé de Dieu, et quaprès lui il ny en aura pas. Il veut évidemment dire par là que personne possédant la véritable nature de Dieu nexistera jamais auprès de lui.

 

Il y a, en second lieu, les faux dieux, ceux qui se présentent eux-mêmes comme des dieux et les créations humaines qui sont qualifiées de dieux. Jéhovah dit quen réalité ce ne sont pas du tout des dieux. 1 Cor. 8: 6.

 

Troisièmement, il y a les trois passages (quatre en comptant Jean 10: 34, qui cite le troisième dentre eux) où Moïse et les juges sont appelés dieux. Cependant, ni Moïse ni les juges de lancien Israël ne possédaient la nature de lÊtre Suprême. Ils navaient pas lessence ou nature de Dieu. Il ne fallait certainement pas les adorer et ils ne partageaient pas la gloire de Jéhovah. Il est dit en Ésaïe 42: 8 : " JE SUIS l’Éternel, cest là mon nom, et je ne donnerai ma gloire à un autre, ni ma louange aux images taillées. " (Bible Martin).

 

Il y a, par conséquent, trois définitions du mot " dieu ". Si lon considère Jésus Christ, demandons-nous, à la lumière de Jean 1: 1 (" la Parole était Dieu "): À quelle catégorie de Dieu appartient-il ? Dabord, il nest pas un faux dieu, sinon le Père ne lapprouverait pas. Restent les deux autres catégories. Pour que tout soit clair, considérons les faits suivants:

 

· Les hellénistes disent que lemploi du mot " Dieu " en Jean 1: 1, appliqué à Jésus, implique quil possède la nature même du Père ; autrement dit, cela signifie quil possède la divinité. Ceci est en accord avec Hébreux 1: 3, qui dit que Christ est «…la splendeur de sa gloire et l’empreinte de sa personne.»

 

· Colossiens 2: 9 appuie cette idée en disant «quen lui [Christ] habite corporellement toute la plénitude de la divinité.»

 

· Jean 5: 23 dit que nous devons honorer le Fils exactement comme nous honorons le Père. N’oublions pas que le mot «honorer» porte la même signification que «adorer».

 

· Apocalypse 5: 13, 14 dit que toutes les créatures dans les cieux se prosternent et adorent le Fils qui est l’Agneau.

 

· Jean 20: 28 identifie Jésus à Dieu (grec : ho théos), sans l’ombre d’aucun doute.

 

· Hébreux 1: 6-12 révèle que Jésus nest pas un ange, et que même le Père lappelle " Dieu " et " Seigneur " !

 

· Ésaïe 9: 6 identifie Jésus à Èl Gibbor, le Dieu puissant (expression employée comme titre pour Jéhovah en Ésaïe 10: 21). Aujourdhui encore, les Juifs nappliquent cette expression quà Jéhovah.

 

· Bien quÉsaïe 44: 6 identifie Jéhovah comme lunique Premier et Dernier dans lunivers (ainsi que comme le seul Dieu), les textes dApocalypse 1: 17 et 22: 13 disent que Jésus est le Premier et le Dernier, identifiant Jésus comme Jéhovah.

 

· Colossiens 1: 19 dit que toute la plénitude de Dieu demeure en Christ.

 

· 1 Pierre 3: 14, 15 cite le passage de lAncien Testament qui dit : «Sanctifiez l’Éternel des armérs, lui-même…» (Ésaïe 8: 13), et le réinterprète en disant: «sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur.»

 

Nous pourrions continuer, mais il a été démontré que Jésus partage le titre, la majesté et le culte rendu au Dieu Tout-Puissant. Cest donc la première définition du mot " Dieu " qui sapplique à lui.

 

Les monothéistes croient à lexistence dun seul Dieu. Si quelquun croit à lexistence de plus dun seul vrai Dieu, cette personne est polythéiste. Aucune créature, pas même Satan, nest un vrai dieu par nature. Il ny a quun seul vrai Dieu, lequel existe de toute éternité et qui est omnipotent, omniprésent, éternel, méritant ladoration de toute la création. Tous les autres sont des faux dieux, " car je suis Dieu, et il ny en a point dautre " (Ésaïe 45:22). Il ne tolère pas dautres " dieux ".

 

Arius, un évêque du IVe siècle, fut le champion de la doctrine selon laquelle Christ est une créature ayant reçu lhonneur de sasseoir à la droite du Père dans les cieux. Arius croyait que Christ était Dieu, mais dans un sens moins élevé, à savoir quil était un dieu. Arius admettait pourtant quil fallait adorer Christ, bien que celui-ci fût dans son esprit un dieu secondaire, une créature. Pour avoir défendu cette croyance, Arius fut accusé de polythéisme et sa doctrine fut rejetée.

 

Comment Jésus pouvait-il être à la fois Dieu et homme ? Comment pouvait-il être Dieu sil priait le Père, sil disait ignorer certaines choses connues uniquement du Père, appelant même le Père «son Dieu» ?

 

Ces difficultés sont résolues si lon comprend que Christ sest dépouillé lui-même de sa gloire pour devenir un être humain (Phil. 2: 7-9). Imaginons un président de société qui veut que son fils connaisse cette société suffisamment pour la diriger et lui demande de devenir, provisoirement, lhomme à tout faire de celle-ci afin de mieux la connaître. Tant quil en est lhomme à tout faire, il met de côté son futur titre de propriétaire de la société, et les employés peuvent même ne pas savoir qui il est (cela vaut mieux). Il est pleinement un homme à tout faire, tout en étant pleinement le copropriétaire de la société. Mais il met sa véritable autorité en veilleuse pendant un temps afin daccomplir une tâche spéciale. Pendant sa période dhumiliation, il sera entièrement soumis aux autres employés et pourra même être tourné en ridicule ou se faire charrier. Cependant, de par la nature même du droit quil possède de naissance, il peut anéantir lavenir de nimporte qui dans la société, sil le désire. Mais les employés trouveront cela difficile à croire, car ils ne le connaissent quen tant quhomme à tout faire.

 

Voilà une illustration un peu sommaire, quoique insuffisante, de lincarnation de Christ. Bien que possédant la divinité et portant la véritable nature et limage du Père, il laissa de côté sa position, sa puissance, etc., pour devenir pleinement homme et accomplir son œuvre de salut. Il continuait pourtant à être divin par nature; il nétait humain que par la chair, et volontairement limité.

 

Conclusion

Je ne puis que le répéter. Si Jésus n’est pas Dieu — non pas simplement un homme rempli de l’Esprit divin (bien qu’il l’ait été), et manifestant les caractères moraux de Dieu, un homme qui a atteint la gloire divine par sa sainteté — mais Dieu même; s’il n’était pas Dieu avant de paraître comme homme sur la terre, si, par conséquent, il n’est qu’une créature, ceux qui prétendent pouvoir l’adorer et lui dire : «Mon Dieu» commettent un acte d’idolâtrie. Le christianisme tout entier s’écroule, car il repose sur Christ — Dieu et homme — mystère de la piété. Sans cette vérité, la rédemption, telle que l’enseigne l’Écriture et non les docteurs humains, n’a pas de fondement. Nous n’avons plus de Sauveur. Il ne peut être en réalité notre Modèle que si nous contemplons en Lui, Celui qui, étant Dieu, s’est anéanti et est devenu l’homme obéissant jusqu’à la mort. Toutes les vérités du salut sont ainsi mortellement atteintes, si Christ n’est pas Dieu, le Dieu béni éternellement.

Mais il l’est, et tant que les Écritures subsisteront — or le ciel et là terre passeront, «mais la Parole du Seigneur demeure éternellement, l’Écriture ne peut être anéantie» (1 Pierre 1: 25 ; Jean 10: 35), — nous n’avons pas à craindre que cela devienne «un devoir de ne plus parler de la déité du Sauveur». Au contraire, c’est et ce sera toujours notre devoir, notre joie et notre gloire, d’affirmer hautement que Celui qui fut un homme sur la terre, était la Parole éternelle, le Fils unique qui est l’enveloppe du Père, Dieu béni éternellement.

 

Veuille le Dieu de toute grâce nous préserver de cet esprit d’erreur et nous affermir dans la foi au Fils de Dieu, Lui qui est le Dieu véritable et la vie éternelle. Puissent tous ceux qui se réclament du nom de Jésus-Christ, fermer l’oreille à la voix de ceux qui n’apportent pas la doctrine du Christ. «Pour vous, que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous: si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous, vous aussi vous demeurerez dans le Fils et dans le Père» (1 Jean 2: 24).

 

A Christ seul soit la gloire