Au cours des siècles, les conflits autour
de la Bible n'ont pas manqué. Le phénomène est particulièrement
sensible dans notre génération. Ce rappel préliminaire ramène aussitôt
nos pensées à la Réforme et aux huguenots qui, en France, en ont été
les tenants. Si l'on avait permis aux huguenots d'exercer leur
influence, la France aurait aujourd'hui, sans aucun doute, un autre
visage, car partout où la Réforme a prévalu, non seulement des
milliers d'individus ont connu la vie nouvelle en Christ, mais
l'Église dite Réformée a eu des effets bénéfiques sur la culture.
Conséquemment, si tel aurait été le cas de la France, le Canada serait
aussi aujourd'hui une nation complètement francophone et de foi
chrétienne Réformée puisque les fondateurs de la Nouvelle France, le
Québec, étaient tous des huguenots pour la grande part (voir:
Le Patrimoine Spirituel des Québécois, par Jean
leDuc).
La Réforme a mis tout l'accent sur
l'Écriture. Chacun connaît son mot d'ordre: " Sola Scriptura ".
Ce n'était pas l'Église et l'Écriture, ou l'État et l'Écriture, mais
l'Écriture
uniquement. Il
s'agissait là d'un changement radical, cette affirmation faisant très
clairement de la Bible, et d'elle seule, le centre et le fondement de
l'autorité souveraine. Une autorité assez forte pour servir de base
tout à la fois au salut individuel et à l'édification de la culture,
terme qui, pour nous, évoque tous les aspects de la vie personnelle et
nationale.
En effet, les protestants traditionnels et
les sectes dites évangéliques soulignent que seule l'Écriture
a autorité en matière de foi,
mais déclarent-ils vraiment la vérité sur cela où s'illusionnent-ils
simplement dans les prétentions chimériques de leurs conjectures
bibliques? Au seizième
siècle, contre les catholiques, les protestants ne cessent d'opposer l'autorité
à la Bible à celle des textes ecclésiastiques; ils critiquent les
enseignements, les doctrines et les pratiques de l'Église Romaine au
nom de l'Écriture. L'adjectif sola dans l'expression sola scriptura
entend nier tout caractère absolu et normatif aux textes
ecclésiastiques comme les Symboles ou Confessions de Foi. D'où le
problème. En adoptant des confessions de foi, comme textes de
références, auxquels on demande adhésion, les Réformés et autres
bestioles à prétentions évangéliques ne réintroduisent-ils pas une
interprétation obligatoire ? N'interposent-ils pas, eux aussi, une
tradition entre la Bible et les fidèles ? Ne restituent-ils pas à
leurs instances ecclésiastiques le rôle qu'ils ont refusé à celles du
catholicisme ? La réponse à toutes ces questions est un OUI résonnant.
Ce problème surgit très tôt, dans les
années 1537-1545, au cours d'une dispute qui oppose Calvin à Caroli.
Caroli, un curieux personnage, assez changeant et versatile, occupe,
en 1537, un poste de pasteur à Lausanne. Il accuse Farel et Calvin de
ne pas beaucoup tenir au dogme de la Trinité, les soupçonne d'être
enclins à l'abandonner et à le rejeter. Il les somme de signer les
symboles d'Athanase et de Nicée-Constantinople, qui au quatrième et au
cinquième siècle de notre ère ont défini et formulé ce dogme.
Calvin s'y refuse. Non pas qu'il se sente en désaccord avec ces
symboles, encore qu'il se montre sévère pour celui de
Nicée-Constantinople. Il parle de bavardages inutiles, de charabia, et
écrit que ce symbole est "un poème fait pour être chanté plus qu'une
formule de confession" (autrement dit qu'il peut avoir un usage
liturgique, relever de la première catégorie de confession de foi,
mais pas de la seconde, car il manque de précision et d'exactitude
théologiques). Bien que d'accord sur le fond (mais réservé sur la
forme), Calvin n'accepte pas qu'on exige qu'il donne à un texte
ecclésiastique l'assentiment que seule l'Écriture a le droit de
réclamer.Il ne faut pas, écrit-il, "introduire
dans l'Église cet exemple de tyrannie: que soit tenu pour hérétique
quiconque n'aurait pas répété les formules établies par un autre".
Dans la demande de Caroli, Calvin voit donc une atteinte à l'autorité
de la seule Écriture et à la liberté chrétienne, bien qu'il soit
responsable lui-même de la mort de Michel Servet pour avoir attaqué le
mystère de la Trinité Ontologique du catholicisme qui provient de ces
anciens symboles. Dans son livre, la Restitution Chrétienne, il est dit
correctement que la trinité n'a pas de
fondement biblique. Par conséquent, Servet acceptait l'autorité de
l'Écriture, en tant que source de la foi malgré ses autres écarts
doctrinaux. Il est évident qu'il y a définitivement une contradiction
entre la pensée de Calvin et sa manière d'agir, mais il ne veut pas se
lier aux textes de la tradition, même quand ils exposent des dogmes
qui lui paraissent justes.
Je n’ajouterai qu’un mot sur la Trinité; c’est que nous avons une
décision de Calvin sur ce mystère. La voici:
« En cas que quelqu’un soit hétérodoxe, et
qu’il se fasse scrupule de se servir des mots Trinité et Personne,
nous ne croyons pas que ce soit une raison pour rejeter cet homme;
nous devons le supporter sans le chasser de l’Église, et sans
l’exposer à aucune censure comme un hérétique.
»
Que les églises modernes sont loin de sa
pensée, elles ne sont toutefois pas loin de ses agissements, elles se sont
fourvoyées dans le labyrinthe de leur intellectualisme pour en venir à
imposer avec véhémence ces anciennes formules spéculatives et
hérésiarques, et condamnent sans hésitation tous les chrétiens qui s'y
opposeraient. De nos jours, il y a définitivement atteinte à
l'autorité des Écritures et à la liberté chrétienne par la tyrannie
d'un christianisme apostat, qu'il soit traditionnel ou évangélique. Si
nous serions encore au temps de l'inquisition et des bûchers, ceux qui
refusent de reconnaître l'autorité des symboles de Nicée et d'Athanase
serviraient de flambeaux pour éclairer la voie pernicieuse qui mène
aux portes de ces prétendues églises.
Une attitude analogue à celle de Calvin se
rencontre beaucoup plus tard chez plusieurs protestants libéraux au
dix-neuvième siècle. Aux orthodoxes qui les pressent de souscrire à
une confession de foi, ils rétorquent que seule fait autorité pour eux
l'Écriture. Ils rejettent catégoriquement l'impérialisme d'une église
qui imposerait la signature d'un formulaire et qui, se faisant,
prétendrait, à l'instar du catholicisme, régenter les consciences et
la foi. Au synode de 1872, plusieurs libéraux se déclarent d'accord
avec le contenu d'une confession de foi rédigée par Charles Bois, mais
ils ne la votent cependant pas parce qu'ils rejettent le principe d'un
texte que l'Église imposerait aux fidèles. Ils ne veulent pas
reconnaître d'autre autorité que celle de la Bible.
Mais subtilement le protestantisme a
résolu ce problème en donnant à ses confessions de foi une autorité
subordonnée et une valeur contextuelle. Or une Confession de Foi doit
servir uniquement à présenter les points doctrinaux primaires et
secondaires d'un individuel ou d'un groupe, elle ne s'impose pas mais
les identifie par rapport à d'autres qui sont de foi opposée sans
qu'elle ne détienne aucune autorité, dominante, subordonnée ou autre.
Son rôle est purement consultatif et elle devient de plus en plus
nécessaire en ce monde de ténèbres où tous se disent chrétiens bible à
la main.
“ Cette Parole est la règle de
toute vérité et contient tout ce qui est nécessaire au service de Dieu
et à notre salut ; il n’est donc pas permis aux hommes , ni même aux
anges, d’y rien ajouter, retrancher ou changer. ” (Confession
de La Rochelle, article 5)
La Bible
étant achevée, celle-ci est dès lors suffisante comme révélation de
Dieu aux hommes. Elle est le moyen de grâce par excellence par lequel
Dieu édifie l’Église et rien ne saurait s’y opposer ou s’y ajouter.
Malheureusement tel n'est pas le cas au sein du christianisme moderne
où on y voit ajouter des rituels, des hypothèses, des règles de
discipline, ou des pratiques extatiques de tous genres. On y voit
aussi des dénominations qui imposent des interprétations particulières
à leurs membres, et ceux qui les refusent se voient rapidement exclus
de leur communauté dite chrétienne. Il est de plus en plus évident que
la Bible n'est plus suffisante au christianisme Laodicéen des derniers
temps (Apoc. 3:14-17).
Dire que la Bible (révélation spéciale)est
suffisante ne signifie pas pour autant que celle-ci dise tout sur
tout. Elle nous fournit cependant les clés pour sa propre
interprétation et pour analyser la réalité qui nous entoure
(révélation générale).La révélation
générale et la révélation spéciale sont reliées l’une à l’autre de
façon complémentaire et organique, de sorte que s’il est exact que ce
n’est qu’à travers les “ lunettes ” de l’Écriture qu’on peut lire le
message de la révélation générale, il n’en est pas moins vrai qu’une
juste connaissance du monde et de l'histoire sous la direction de
l'Esprit va nous aider à comprendre et à appliquer
avec intelligence le message biblique.
“ Tout dans l’Écriture n’est pas également évident, ni également
clair pour tous. Cependant, ce qu’il faut nécessairement connaître,
croire et observer en vue du salut est si clairement exposé… que la
personne peu instruite, et pas seulement la personne cultivée, peut,
sans difficulté, en acquérir une compréhension suffisante. ” (Confession
de Westminster, I.7)
Les Réformateurs ont souligné la
clarté (perspicuitas) de la Bible en contraste avec les
théologiens catholiques de leurs temps, pour lesquels l’Écriture était
considérée comme étant trop obscure et difficile pour pouvoir être
remise entre toutes les mains.
Étant accommodée à notre capacité, la
Bible est suffisamment claire pour tout ce qui a trait aux fondements
de la foi, de telle sorte que même les moins instruits peuvent y
trouver tout ce qui leur est nécessaire pour leur salut.
Les
ministères d’enseignement donnés par Dieu au sacerdoce universel de
tous les croyants (1 Pi. 2:9) sont néanmoins
utiles à l’unité et à l’édification de l'Église (Eph 4.11-14), mais
ces ministères ne détiennent aucune autorité et ne peuvent imposer un
enseignement quelconque à aucun chrétien. C'est l'Esprit qui instruit
et donne la conviction et non les hommes (1 Jean 2:27) qui lui servent
de véhicule. Un enseignant peut conseiller un chrétien mais ne peut
lui imposer quoi que ce soit et doit faire confiance à la direction de
l'Esprit de Christ. Les résultats ne sont pas entre ses mains, mais
entre celles du Dieu souverain et Tout-Puissant.
L’illuminisme:
Nier la spécificité de l’inspiration conduit à l'illuminisme, où
chacun –ou bien tel ou tel “ maître à penser ”– se prétend “ inspiré ”
au même titre que les apôtres. Dans cette perspective, la Bible n’est
plus considérée comme la seule norme (Sola Scriptura). Quand
d’autres instances ou révélations extra-bibliques viennent s’ajouter,
voire s’opposer à la Parole de Dieu, il y a menace de dérive sectaire.
L'évidence la plus frappante se trouve au sein des groupes à tendances
extatiques comme les Pentecôtistes où nous trouvons de multiples faux
prophètes qui se réclament d'un message divin.
Le rationalisme:
Nier le caractère d’infaillibilité à la Bible conduit à placer une
autorité humaine à côté de l’Écriture pour déterminer le vrai du faux,
le divin de l’humain. La raison humaine prend alors le pas sur l’Écriture,
et devient le critère déterminant pour définir ce qu’il convient de
croire ou ne pas croire. C’est ainsi que le protestantisme libéral
rejette la naissance virginale de Jésus-Christ (sa divinité), la
portée sacrificielle de la croix, la résurrection corporelle, la
nécessité de la foi pour être sauvé, etc. Le risque est ici de prêcher
“ un autre Évangile ” (Gal 1.6) !
Mais il y a plus, car nier l'infaillibilité et l'inspiration actuelle
de la Bible conduit les spécialistes de la Critique Textuel à
déterminer pour nous qu'elles sont les vrais paroles du texte
authentique sous prétention de restituer l'original, et dominent ainsi
sur notre foi par les versions modernes et adultérées qu'ils
produisent comme des approximations de la Parole de Dieu. Le
rationalisme est aussi la plus grande faille du christianisme Réformé
qui a remplacé le Saint Esprit par son raisonnement abusif des
Écritures, et plusieurs soi-disant chrétiens sont tombés dans ce piège
diabolique.
Le relativisme:
Refuser à la Bible le statut de Parole de Dieu et d’infaillibilité
conduit inexorablement à donner à la vérité et à l’éthique une
définition essentiellement subjective, et à relativiser le caractère
absolu des doctrines chrétiennes.
L’autorité de
la Bible étant de ce fait relativisée, il n’existe plus, à proprement
parler, de normes permettant de déterminer de façon sûre ce qui et
bien et ce qui est mal, ce qui est vrai et ce qui est faux.
Mais avec l'éthique nous sommes véritablement de nos jours dans une
zone grise, car nous voyons souvent dans notre société moderne
dépravée que ce qui est bien est considéré mal et ce qui est mal est
considéré bien. Il est mal pour qui que ce soit de voler, d'extorquer
ou d'exploiter une autre personne, mais il est bien pour un
gouvernement de le faire et les politiciens ne manquent pas de
s'enrichir sur le dos des pauvres, et cela avec l'approbation d'un
peuple aveugle qui les a élus en pouvoir. Il est bien pour un homme de
nourrir sa famille, mais s'il a été dérobé de toute subsistance par un
gouvernement crapuleux, est-il mal pour lui de s'accaparer
illégitimement de la nourriture pour sa survie et celle de sa famille,
ou doit-il laisser périr de faim sa femme et ses enfants? Tels sont
les dilemmes de l'éthique en ce dernier millénaire.
Le littéralisme – ou
“ fondamentalisme ” – : La dérive consiste
ici à négliger l’humanité de l’Écriture, au point de court-circuiter
tout travail légitime d’interprétation et d’exégèse sérieuse du texte
biblique (herméneutique). En ne tenant pas compte des genres
littéraires et des contextes (historiques, culturels), on peut se
méprendre sur le sens de certains passages.
Mais l'inverse est aussi vrai. L'herméneutique, science réservée
aux spécialistes bibliques et non au commun des fidèles, de ces
pauvres petits chrétiens minables et ignorants qui doivent plier le
genoux devant les maîtres d'une telle érudition, a une forte tendance
à rejeter l'aspect divin de l'Écriture et à refuser le ministère
d'enseignement du Saint Esprit qui instruit chaque enfant de Dieu dans
la connaissance nécessaire de l'Écriture. Le danger réel ici est que
l'herméneutique est une branche de l'intellectualisme qui est
l'idolâtrie la plus subtile qui puisse exister.
Le Laxisme: Considérée comme
l'infection spirituelle la plus virulente de l'ère moderne qui a
contaminée presque tout le christianisme, nous voyons qu'un grand
nombre de ceux qui se disent chrétien ont subis son intoxication. Le
Laxisme se trouve à tous les niveaux et particulièrement dans les
églises de maison qui ont dégénérées en club social à tendances
chrétienne sans maturité et sans discernement, et où la Bible n'est
plus le centre de leurs réunions. Ses ravages consistes à une
tolérance excessive selon laquelle ont peut suivre une opinion du
moment qui réduit l'autorité des Écritures à un simple sentiment et
qui plus que souvent l'annule complètement. Les opinions de tous et
chacun sont estimées au-dessus de la Parole de Dieu, surtout chez ceux
où nous voyons régner une indolence répugnante dans des discussions
libres qui n'ont aucun rapports avec les Saintes Écritures et qui
monopolisent toutes les situations.
Toute la qualité de la marche chrétienne dépend de la reconnaissance
de l'autorité - et donc de l'inspiration - de la Bible.(Hé 4:12; 2 Ti
3:16-17; Jn 8:31-32).
1. La source de l'autorité de la bible.
L'autorité de la Bible procède de Celui dont elle émane, le Dieu
Tout Puissant: Père, Fils et Saint-Esprit qui s'est manifesté dans la
chair. Elle n'est pas un livre humain
mais la Parole de Dieu (1 Th 2.13) Elle est la vérité pour tous les
hommes de tous les temps (Jn 17.17; Mt 24.35)
Dieu est à l'origine de toutes choses; il est souverain et exerce
l'autorité (Rm 11.36; Ac 17.24)
Christ est au-dessus de tout nom (Ep 1:20-21) il est Seigneur et
Maître (Col 2:10; Jn 13:13). Sa position lui confère une autorité
absolue (Mt 28:18)
l'Esprit est souverain. Il a inspiré les écrivains sacrés (2 Pi 1:21;
Jn 16:13-15).
Pour l'incroyant, elle détermine le jugement (Jn 12:47-48; 5:45; Deut
18:19)
Pour le croyant qui en reconnaît l'autorité par la foi et elle lui
apporte le salut et constitue la norme de son comportement.(Jn 5.24;
Ps 119.105) a) Par le peuple d'Israël
C'est la révélation de la volonté divine (Ex 24:4,7; 2 R 22:8,13; Né
8:1-3,5-6);
C'est la règle divine pour la foi et le comportement des croyants (Jo
1:8;1 R 2:3).
Ces écrits devaient être connus (Dt 31:9-13) et pratiqués (Dt 27:26).
Ils étaient crus (Za 1:3-6; Da 9:2). b) Par Jésus-Christ, le fils de Dieu
Il citait fréquemment les Écritures (Luc 4:16-21; Mt 21:42; 22:31; Luc
24:27 etc.)
Il répondait au diable par : "il est écrit..." (Mt 4:1-10; cf Deut
8:3; 6:16,13);
Il opposait l'Écriture aux traditions humaines (Mt 15:3-6);.
Il sanctionnait par avance les écrits du Nouveau Testament (Jn 14:26;
16:13-14);
Il affirmait que "I'Écriture ne peut être anéantie". (Jn 10:35). c) Par l'Église primitive.
Les apôtres et les croyants de l'Église primitive reconnaissaient
l'autorité de l'Ancien Testament (Act 1:16; 4:25; 15:15-18) et
établissent l'autorité du Nouveau Testament.
Les paroles d'Ésaïe étaient considérées comme des ordres donnés par le
Seigneur (Act 13:47);
Paul établissait la doctrine chrétienne "d'après les Écritures" (Ac
17:2-3; 28:23; Ga 3:8; Rm 4:3).
C'est par les Écritures que l'on contrôlait si l'enseignement apporté
était exact (cf Act 17:11). P Les écrits des apôtres sont considérés
comme "les autres Écritures"(2 Pi 3:15-16). Leur prédication, reçue
comme parole de Dieu, (1 Th 2:13) ne devait pas être remise en
question (Ga 1:8).
Les écrits des apôtres devaient être portés à la connaissance de tous
les frères et des Églises (1 Th 5:27; Col 4:16). Paul dit que les
prophètes du Nouveau Testament révèlent le mystère de Christ (Rm
16:26).
3. Les conséquences de l'autorité de la Bible pour le croyant.
Affirmer que la Bible est l'autorité suprême ne suffit pas. Son
autorité est réellement reconnue lorsque ses affirmations sont mises
en pratique et que la vie du croyant est conforme à ses exigences (Jc
1:22-25; Ez 33.30-32). Il en découle alors la bénédiction comme on
peut le voir, par exemple, dans la vie du roi Josias (2 R 22.8, 10-11,
13, 19-20; 23.1-3, 24;2 Ch 34.33). VA-T-EN SATAN CAR IL EST
ÉCRIT
Matthieu 4.10.
Nous utilisons ici le mot autorité dans le
sens de règle, critère ou guide, apte à déterminer ce qui est bon ou
mauvais, vrai ou faux, en matière de foi.
Ainsi pour déterminer la longueur exacte
d'un objet, les hommes font appel à l'autorité finale en la matière:
la règle. Quel est la longueur de ce segment ? _____ L'un dira 2,2cm, l'autre l'évaluera à
2,8cm, mais lorsque la règle lit 2,5cm vous vous inclinez devant sa
décision qu'elle qu'ait pu être votre opinion préalable.
S'il n'y avait pas de règle de mesure, on
ne parviendrait jamais à trancher justement les questions de mesure.
Dans ce domaine, comme dans tous les autres, il faut une autorité
suprême et définitive. Tout le monde est d'accord là-dessus.
Dans le domaine de la religion, le
principe est le même. L'homme a besoin d'une autorité, d'une règle qui
puisse l'aider à différencier le bien du mal, la vérité de l'erreur.
Le croyant peut constater autour de lui, non sans une certaine
perplexité, la présence de diverses Églises dont les doctrines
respectives se contredisent souvent les unes les autres, tout en
affirmant chacune être dans le vrai. Lorsqu'on prend conscience de cette
division et de cette confusion, le croyant conçoit plus que jamais la
nécessité d'une autorité suprême à laquelle tous devraient se rallier
et se soumettre. Mais choisira-t-on n'importe quelle autorité?
Individuellement le croyant se pose cette
question logique: "Qui est autorisé à être mon guide suprême en
matière de foi chrétienne?"
Jésus est la seule personne ayant les
qualités requises pour être l'autorité suprême de l'homme. N'a-t-il
pas dit: "Toute autorité m'a été donnée dans le ciel st sur la terre"
(Matthieu 28:18).
Dieu lui-même lui a rendu témoignage dans
ce sens, lorsqu'il dit: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai
mis toute mon affection (ou qui a toute ma faveur), écoutez-le"
(Matthieu 17:5). Dès lors, quand Jésus parle, ses paroles doivent être
entendues comme les paroles de Dieu même (Jean 3:34; 7:17; 14:10) car
elles le sont.
En matière de foi chrétienne, l'homme ne doit
s'appuyer sur d'autres autorité que celle du Christ, car Lui et Lui
seul détient toute autorité dans les cieux et sur la terre. Cependant, une question se pose encore:
"Comment l'homme peut-il connaître la volonté de Dieu?"
Après sa résurrection et son ascension
comment pouvait-on prendre connaissance de ses enseignements?
C'est par l'autorité dont il était investi
que le Christ a envoyé ses apôtres en mission de par le monde, pour
enseigner toutes les nations "leur apprenant à observer tout ce que je
vous ai prescrit" (Matthieu 28:20).
C'est donc par la bouche des apôtres que
ces nations devaient apprendre à connaître les commandements du
Christ. Pour les garantir contre toute erreur, Jésus leur promit
l'assistance spéciale du Saint-Esprit qui les guiderait dans toute la
vérité, leur enseignant toutes choses et leur rappelant tout ce qu'il
leur avait enseigné (Jean 14:26; 16:13). Ainsi c'est sous l'impulsion et la
direction de l'Esprit que les apôtres se mirent à enseigner (I
Corinthiens 2:12-13). C'est pourquoi l'Église des premiers chrétiens
reçut leur enseignement non pas comme la parole des hommes, mais ainsi
qu'elle est véritablement, comme la parole de Dieu (I Thessaloniciens
2:13). Les apôtres étaient le Christ continué. Leur message avait
autant d'autorité que les propres paroles du Christ.
Sachons en outre que les apôtres ont
révélé le message complet du Christ. Selon la promesse, ils étaient
guidés "dans toute la vérité" (Jean 16;13). Paul dira plus tard "Car
je vous ai annoncé en son entier le conseil de Dieu, sans rien en
cacher" (Actes 20:27; voir aussi 2 Pierre 1:3).
Les apôtres étaient conscients de l'autorité
dont ils étaient investis. Ils déclarent que rejeter leur parole
équivaut à rejeter Dieu (I Thessaloniciens 4:8), et que même un ange
serait maudit s'il s'avisait de les contredire (Galates 1:6-9). Si l'homme d'aujourd'hui pouvait avoir
accès à cet enseignement des apôtres, il connaîtrait toute la volonté
du Christ à son égard. Mais où se trouve consigné l'enseignement des
apôtres?
S'il est vrai que l'Évangile fut d'abord
parlé, les apôtres et les autres hommes éclairés ont heureusement
couché par écrit la substance de leur enseignement pour les
générations futures. Par exemple, l'apôtre Pierre déclare qu'il agit
de telle sorte qu'après sa mort l'Église puisse toujours se souvenir
de ses enseignements (II Pierre 1:12-15).
Luc écrit son Évangile afin que ses
lecteurs puissent "reconnaître la certitude" des enseignements qu'ils
ont reçus de vive voix. Jean déclare que ce qu'il vient d'écrire a
été composé afin que les hommes puissent croire au Christ et trouver
en Lui la vie (Jean 20:30-31). "Je vous écris [dit-il encore] afin que
vous ne péchiez point" (I Jean 2:1). De même l'apôtre Paul dit qu'en
lisant les choses qu'il a écrites "vous pouvez vous représenter
l'intelligence que j'ai des mystères du Christ" (Éphésiens 3:3-4). Il
n'est donc pas étonnant que ces hommes éclairés de Dieu aient exigé
"que l'on reconnaisse leurs écrits comme un commandement du Seigneur"
(I Corinthiens 14:37).
Les hommes éclairés ont donc pris soin de
préserver par des écrits l'autorité du Christ, écrits dont l'ensemble
forme le Nouveau Testament. Une question se pose à ce point qui peut
avoir valeur d'objection. Sachant que ces hommes n'ont pas pu
transmettre par écrit absolument tout ce que le Christ a pu dire ou
faire (Jean 20:30), comment pouvons-nous savoir si oui ou non les
Écritures contiennent néanmoins toute l'autorité du Christ?
Avant même que le Nouveau Testament ne
soit complet, Paul écrivait: "Toute Écriture est inspirée de Dieu, et
utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire
dans la justice, afin que l'homme de dieu soit accompli et propre à
toute bonne œuvre" (II Timothée 3:16-17). Il importe de remarquer
que Paul attribue ici l'inspiration aux écrits de l'Ancien Testament
et que ces écrits étaient des copies des originaux. Nous avons ainsi
l'évidence par ces paroles de Paul que l'inspiration des Écritures
n'est pas statique mais dynamique, qu'elle n'est pas limitée aux
originaux mais qu'elle s'étend dans les copies, et conséquemment dans
les traductions et versions fidèles. C'est en effet l'inspiration
dynamique, nommée aussi inspiration perpétuelle et inspiration
actuelle, qui donne l'autorité aux Écritures. Si les copies des
originaux ne seraient plus inspirées, comme le prétend les réprouvés,
la Bible actuelle n'aurait aucune autorité ni infaillibilité, et c'est
cela que désire les ennemis de la vérité.
Si les Écritures sont capables de réaliser
l'accomplissement d'un homme et de l'équiper spirituellement "pour
toute bonne œuvre", elles sont donc à la fois nécessaires et
suffisantes au salut de cet homme. Aucun autre enseignement, aucune
autre source de connaissance ne peut prétendre compléter les Écritures
en se superposant à elles. Il est important de spécifier cela face aux
vaines tentatives d'hommes pervertis qui cherchent à lui superposer
d'autres écrits comme le livre de Mormon, le livre de l'Agneau, et
plusieurs autres fables insensées.
En outre, les Écritures ne constituaient
pas qu'un "germe" appelé à se développer au cours des siècles vers une
prétendue maturité, car elles contenaient déjà, et contiennent encore
tout ce qui est nécessaire et suffisant au salut de l'homme. C'est
pourquoi selon la recommandation même des apôtres, l'Église ne devait
pas aller au-delà de ce qui est écrit pour autorité (I Corinthiens
4:6). Elle devait se retirer de celui qui refusait d'obéir "à ce que
nous disons par cette lettre" (II Thessaloniciens 3:14). L'Apocalypse
avertit en outre "quiconque entend les paroles de la prophétie de ce
livre", c'est-à-dire si quelqu'un ajoute ou retranche quelque chose,
le châtiment tombera sur lui (Apocalypse 22:18-19).
Ce principe est évidemment valable, non
seulement pour l'Apocalypse, mais pour toutes les parties de
l'Écriture. Tous ces textes nous apprennent clairement que 1) ce que
les apôtres avaient "lié" par leur parole écrite, devait être retenu
"tel que je vous l'ai annoncé, autrement votre foi serait vaine" (I
Corinthiens 15:1-2); 2) que ni les hommes ni les anges n'étaient
autorisés à y changer quoi que ce soit (Galates 1:8-9).
Le caractère complet de la Bible et l'autorité
qu'elle représente en font la règle suprême en matière de foi et de
démarche chrétienne,
c'est-à-dire que tout acte, toute doctrine, dans le domaine de la
foi, doivent trouver dans la Bible leur raison d'être. C'est la
seule manière de savoir si telle doctrine vient de Dieu ou des hommes.
Mais il faut se garder des subtilités raffinées des réprouvés qui
introduisent à la Bible des conjectures sophistiquées qu'ils
prétendent être des vérités absolues comme nous voyons avec plusieurs
doctrines comme celle de la Trinité ontologique, et celles des
ordonnances du baptême et de la Cène.
Mais peut-on comprendre la Bible?
N'est-elle pas sujette à de multiples interprétations? N'est-elle pas,
en fin de compte, un livre hermétique accessible à une minorité de
spécialistes?
Certaines tentatives ont été faites pour
prouver que la Bible n'est pas un livre accessible à l'esprit moyen.
On ne manque pas alors de citer un texte où Pierre dit que les écrits
de Paul contiennent "des points difficiles à comprendre" (II Pierre
3:15-16). Cependant loin de prouver que toute
l'Écriture est "difficile à comprendre" ce texte ne signale que
"quelques points obscurs" dans les lettres de Paul, expliquant par là
que le reste est parfaitement compréhensible.
En outre, si ces points sont "difficiles à
comprendre" cela ne signifie pas qu'il est impossible de les
comprendre. Ils peuvent être compris sauf précisément par les
personnes "ignorantes et mal affermies" que Dieu condamne parce
qu'elles "tordent le sens" de ces passages difficiles "comme
d'ailleurs celui des autres Écritures, pour leur propre ruine". En fait, les 17 et 18 clôturent le
chapitre en encourageant le lecteur à grandir dans sa connaissance du
Christ et de sa Parole. La raison d'être même des Écritures prouve
qu'elles peuvent être comprises. En effet elles sont là: 1) pour être
lues et obéies, 2) pour éclairer le monde!
A. Les Écritures sont là pour être lues et
obéies par tous. Jean écrivit à l'intention des incroyants (Jean
20:30-31). Paul adressa ses épîtres à chaque membre de l'Église
(Romains 1:7; II Corinthiens 1:1-2; Philippiens 1:1). Il donna des
instructions pour que ses épîtres soient lues "à tous les frères" (I
Thessaloniciens 5:27), et aux Églises (Colossiens 4:16).
La lecture des Écritures avait donc pour
but d'inciter à l'obéissance (Deutéronome 31:12; II Thessaloniciens
3:14). Ainsi, nous voyons que les Écritures sont là pour tous comme
autorité, afin que tous puissent lire et obéir. Quelle serait leur
valeur si personne ne pouvait les comprendre? Si Dieu nous communique
sa volonté par ce moyen, c'est que ce moyen de le connaître est
parfaitement accessible et compréhensible à chacun de nous.
B. Les Écritures ont pour but d'éclairer
les hommes, non pas de les plonger dans la confusion. Jean écrivit son
Évangile pour que ses lecteurs croient, non pour alimenter leur
incrédulité (Jean 20:30-31). Paul dit clairement aux Éphésiens qu'en
lisant ses lettres "vous pouvez représenter l'intelligence que j'ai du
mystère du Christ" (Éphésiens 3:4).
Les Écritures servaient parfois à
clarifier ou à confirmer un enseignement oral. Par exemple, Luc
écrivit son Évangile afin que son lecteur puisse reconnaître la
certitude des enseignements qu'il avait reçus oralement (Luc 1:4). Les
Béréens (en Macédoine) lisaient les Écritures pour vérifier
l'enseignement oral que l'apôtre Paul leur donnait (Actes 17:11). Ce
dernier écrivit aux Thessaloniciens en partie pour clarifier un
enseignement qu'il avait préalablement donné oralement sur le sujet de
l'apostasie de l'Église (II Thessaloniciens 2:1-5).
Un enseignement prodigué par écrit peut
être lu, étudié, approfondi. C'est pourquoi il est souvent mieux
compris et assimilé qu'un enseignement oral. Il ressort donc
clairement de ces remarques que l'objectif des Écritures est
d'éclairer et que chacun peut les comprendre. Tout homme capable de
lire ou d'entendre la Bible est à même de connaître toute la volonté
du Christ. La Bible est vraiment une autorité complète et suffisante.
Premièrement: En ce qui concerne beaucoup
de personnes, c'est d'abord une question d'attitude. Certains n'ont
pas en eux l'amour de la vérité (II Thessaloniciens 2:10-12), et par
conséquent refusent de se soumettre à ses exigences (II Timothée 3:8).
D'autres prennent des passages difficiles qu'ils interprètent à leur
manière dans un sens qui contredit les textes les plus simples (II
Pierre 3:16), et d'autres le font malicieusement en manipulant les
textes et les consciences pour détourner les gens de la vérité ou pour
obtenir une gloire personnelle.
Deuxièmement: Il arrive que l'on comprenne mal la Bible
si l'on n'a pas compris la distinction fondamentale qui existe entre
les deux "Testaments". Nous avons souvent souligné que le chrétien
n'est plus sous la loi de l'Ancien Testament mais sous la loi du
Nouveau Testament (Hébreux 8:6-13; 9:15; Colossiens 2:14-16), et cela
est d'une importance capitale pour obtenir le sens réels de plusieurs
passages dans les Écritures.
Troisièmement: Avant de tirer une
conclusion sur quelque sujet que ce soit, il faut d'abord s'assurer
qu'on en a examiné toutes les données. C'est en négligeant ce principe
que certaines personnes ont été induites en erreur. Chaque texte doit
être étudié dans son contexte littéraire et historique. Les passages
parallèles doivent être relevés. Par exemple, la grande mission
mondiale que Christ confie à ses disciples se trouve en trois endroits
différents: Matthieu 28:18-20; Marc 16:15-16 et Luc 24:46-48), et Rom.
10:18 indique que cela est un fait déjà accomplit avec le ministère
des apôtres. En négligeant ce dernier point, les églises modernes ont
érigées toute une structure d'évangélisation sous prétexte que la
recommandation de Christ à ses apôtres s'applique à elles aussi,
s'attribuant ainsi le ministère apostolique qui ne leur est pas
réservé. Or l'Écriture nous dit que tous doivent «annoncer les vertus
de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière» (1
Pi. 2:19), et cela se fait naturellement de bouche à bouche et non en
montant des organisations pour répandre l'Évangile. Christ est assez
puissant pour diriger les siens à répandre sa Parole sans l'aide sans
l'aide de telles organisations.
Aussi, si l'on prenait, par exemple, le texte
de Luc 24, l'on pourrait conclure que la foi n'est pas nécessaire au
salut puisque ce texte n'en fait pas expressément mention. Si l'on ne prenait que le texte de Marc
16:15-16, l'on pourrait conclure que la repentance n'est pas exigée
puisqu'il n'en est pas question dans le texte. En réalité, la foi, la repentance et le
baptême sont tous trois nécessaires au salut, mais il faut spécifier
que ce n'est pas le baptême d'eau qui est nécessaire au salut mais le
baptême de l'Esprit par lequel nous sommes introduit par la foi en la
mort et la résurrection de Christ. Il faut considérer ces
trois textes ensembles ainsi que tous les autres sous cette même
rubrique du salut.
Quatrièmement: La Bible est mal comprise
par ceux qui la considèrent comme un livre hermétique, mystérieux,
réservé aux seuls initiés, une œuvre qui ne livre son message profond
qu'à ceux qui possèdent la "clé".
En fait, dans ses grandes lignes, la Bible
comme beaucoup d'autres livres, est un document qui transmet des
informations et prodigue un enseignement, à la différence, évidemment,
que ce qu'il veut communiquer c'est la volonté du Créateur à l'égard
de sa créature et qu'il a été inspiré de Dieu dans ce but précis.
Dans la Bible, Dieu nous fait connaître sa
volonté de trois manières:
1) Par un commandement direct ou par une
déclaration précise. C'est ainsi que l'on conçoit le mieux la
manifestation de l'autorité.
2) L'autorité de Dieu s'impose à nous par
ce qu'il convient d'appeler la déduction logique. Par exemple, si vous receviez une lettre
vous annonçant qu'un ami arrivera à la gare de votre ville le 1er
janvier à 17h30, par déduction logique vous pourriez conclure que ce
jour-là, à cette heure-là, il sera inutile d'essayer de le joindre
chez lui car il n'y sera pas. Il ne vous l'a pas dit expressément,
mais les renseignements qu'il vous a donnés vous permettent de faire
cette déduction. Néanmoins les déductions logiques n'ont pas autorité
sur l'Écriture et il existe un danger réel de leur en donner une. Il
faut se garder de tomber dans le piège des suppositions et d'en faire
des hypothèses qui sont élevées au même niveau que la vérité révélée
dans les Écritures.
3) La Bible nous instruit, nous renseigne
et nous dirige au moyen d'exemples (voir I Corinthiens 10:6).
Ainsi le récit des "Actes des apôtres"
rapporte que les premiers chrétiens s'étaient réunis le premier jour
de la semaine (dimanche) pour prendre le repas du Seigneur ou repas de
communion (Actes 20:7). En l'absence de commandement exprès, cet
exemple suffit et il nous suffit de le suivre pour être agréable à
Dieu, mais il ne faut pas tomber dans les absurdités d'un littéralisme
extrême qui souvent contredit le sens réel et spirituel de
l'enseignement donné dans l'Écriture. Par exemple, en regardant
attentivement les textes sur le repas du Seigneur on s'aperçoit qu'il
consiste en un partage émancipé entre les fidèles, et non en une
pratique littérale de prendre un morceau de pain et une coupe de vin.
Dans plusieurs de ces cas l'enseignement spirituel s'impose sur le
littéralisme afin que les gens ne tombent pas dans des pratiques
idolâtres.
Lorsque nous étudions la Bible, nous
devons nous laisser gouverner par ce principe: parler quand la Bible
parle et se taire quand la Bible se tait (I Pierre 4:11). Toute doctrine n'est légitime que
lorsqu'elle a été autorisée par la Bible, soit par un ou plusieurs
commandements, par un ou plusieurs passages, mais jamais par déduction logique.
Il nous reste à examiner ce qui constitue
sans doute la cause principale de l'erreur et de la division, à
savoir: promotions d'autorités autres que la Bible qui viennent
s'ajouter à la Bible, la supplanter ou la dominer.
En dépit des nombreux textes de la Bible
qui soulignent avec force que les saintes Écritures constituent la
seule autorité suffisante et nécessaire en matière de foi chrétienne, de
nombreux "chrétiens pratiquants" sont soumis consciemment ou non à
d'autres autorités comme leur conscience charnelle, les traditions,
leur pasteur, ou leur dénomination particulière; il en résulte l'erreur, la confusion, la
division, mais aussi la diffamation, l'intimidation, et la
discrimination. Ces choses sont de plus en plus évidentes parmi ceux
qui se disent défenseurs d'une prétendue orthodoxie dont le but est la
domination de la foi.
Les sens ou la conscience! Tout en
prétendant rester soumises à l'autorité du Christ, de nombreuses
personnes, souvent sincères et pieuses, sont en réalité plutôt
attentives aux stimulations de leurs consciences ou aux élans
spontanés de leur cœur. Certains identifient ces sentiments avec
"le témoignage intérieur du Saint-Esprit" comme autorité. En se
laissant gouverner par ce "témoignage intérieur" qui n'est, en
définitive, que la conscience quelque peu exacerbée, il arrive souvent
que leurs activités et leurs enseignements ne soient pas en parfait
accord avec les données de l'Écriture. Néanmoins il ne faut pas
négliger qu'une conscience soumise à Christ et éclairée par son Saint
Esprit ne contredira jamais les Écritures et que l'Esprit est le seul
qui puisse nous instruire et qu'il témoigne à notre esprit de la
vérité révélée dans son contenu sacré.
La Bible recommande, par ailleurs,
"d'éprouver les esprits pour savoir s'ils sont de Dieu" (I Jean 4:1),
et avertit en outre que "telle voie paraît droite à un homme mais son
issue est la voie de la mort" (Proverbes 14:12). Soulignons que
pour «éprouver un esprit» ce sont les paroles et l'attitude d'une
personne que nous éprouvons et non quelques démons imaginaires. Il est vrai que "L'homme ne doit pas avoir confiance dans
son propre cœur" (Proverbes 28:26), mais tout chrétien réel a
reçu un nouveau coeur, il ne faut pas avoir confiance au coeur
charnelle mais au coeur spirituel, et ce coeur ou centre de notre
existence comme enfant de Dieu est nul autre que Christ qui habite en
nous par son Saint Esprit. Si le témoignage de la conscience
correspond avec le témoignage de l'Écriture nous avons de l'assurance
d'être dans la vérité, autrement le témoignage de la conscience ne
peut être à lui seul une autorité sûre. Aussi il ne faut jamais oublier
que nous sommes seul à répondre pour notre foi à Christ, nous n'avons
à répondre à personne autre pour notre foi, non pas à un pasteur, ni à
une une église, dénomination ou groupes
quelconques et nous devons refuser de nous laisser imposer un système
de foi ou de croyances qui en proviendrai. Personne n'a l'autorité de
dominer sur notre foi, nous pouvons écouter des conseils, mais avec
prudence, nous
devons demeurer vigilant pour que notre foi individuelle demeure
solidement ancrée sur les Écritures. La responsabilité est la nôtre et
non celle des autres, elle fait partie du sacerdoce universel de tous
les croyants et chacun d'eux marche selon la loi de liberté qui est en
Christ.
Tradition de l'Église: Comme
tradition, nous signifions toutes les
doctrines enseignées par une Église et tous les rites qu'elle
pratique, qui sont étrangers à la Bible. Ces choses peuvent avoir une
apparence biblique subtile mais contredisent la grâce souveraine et la
liberté que nous avons en Christ. Depuis le premier siècle le corps de
la tradition et son autorité s'est considérablement développé,
s'accroissant de siècle en siècle de données nouvelles. De nombreuses
doctrines n'ayant aucun fondement dans les Écritures ne se justifient
que par l'autorité de tradition comme nous voyons surtout au sein du
catholicisme et même du protestantisme.
Aussi la tradition est-elle considérée
comme une autorité indispensable que l'on place au même niveau que la
Bible. L'on constate en pratique que l'autorité de la tradition est
plus souvent invoquée que celle de la Bible. C'est ce qui se passait
déjà du temps du Christ. Une tradition s'était échafaudée parmi les
Juifs qui supplantait en fait les écrits de l'Ancien Testament. L'on
se souvient avec quelle sévérité Jésus les condamna, déclarant que par
cette promotion de leur tradition, ils abandonnaient le commandement
de Dieu: "Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu pour
garder votre tradition" (Marc 7:9).
Paul prédit que l'Église s'écarterait de
la foi, c'est l'apostasie (II Thessaloniciens 2:1-12; I Timothée
4:1-3). Il mit en garde contre la possibilité qu'un homme s'arroge la
place même de Dieu dans l'Église (II Thessaloniciens 2:3- 4). On se
demande parfois si la place qu'occupe aujourd'hui la tradition (qu'on
appelle l'autorité de l'Église) ne justifie pas pleinement les
craintes de l'apôtre Paul. Aussi faut-il comprendre que l'apostasie ne
signifie pas «abandonner la foi» comme plusieurs le prétendent, mais
plus précisément «renverser la foi», c'est à dire l'inverser
subtilement en lui
donnant une autre signification que celle que lui attribue les Saintes
Écritures. L'exemple la plus frappante est que les Arminiens ou
disciples du libre choix inverse la justification par la foi avec la
justification par le choix. Parmi ceux-ci on entend souvent dire
qu'une personne a le choix de croire, qu'elle doit prendre une
décision personnelle et accepter Christ comme son Sauveur. L'emphase
est toujours placé sur l'individuel faisant ainsi de la foi une
faculté intellectuelle et du salut un salut par les oeuvres.
Ces paroles du Christ et des apôtres
doivent servir d'avertissement à tous ceux qui recherchent hors des
Écritures la justification de leurs croyances. Car seules les
Écritures nous révèlent incontestablement l'autorité de Dieu sous la
direction du Saint Esprit, et non des conjectures sur ce que dit
l'Écriture. L'intellectualisme est l'idolâtrie la plus subtile qui
existe au sein du christianisme moderne et plusieurs sont tombés dans
le piège.
Les pasteurs: Nouvelles vaches
sacrées du christianisme moderne, les pasteurs sont élevés comme des
autorités sur l'Écriture par la grande majorité des membres de leurs
dénominations qui gobent tout ce qu'ils disent sans questions demandées.
Ces gens prennent plaisir à glorifier leur érudition sur le commun de
leurs membres, et cela souvent en utilisant des techniques de
manipulations psychologiques. En regardant attentivement, on voit que la grande majorité des
pasteurs sont des faux chrétiens, des gens assoiffé de gloire
personnelle, de pouvoir et
d'argent. Un vrai pasteur n'enseigne pas pour de l'argent, il
travaille comme le commun des fidèles à gagner son pain de tous les
jours. Son
ministère consiste plutôt à soigner les brebis qui ont le coeur brisé,
et non à répandre ses influences.
Il ne domine pas sur la foi mais est le serviteur de tous, car il est
comme tous et prend place avec tous. Quoiqu'il agisse comme
conseiller, il n'a aucune autorité et ne détient aucune place spéciale
dans un groupe, ni ne doit-il être favorisé au-dessus du plus pauvre
d'entre eux.
Révélations modernes: On trouve certains
mouvements religieux qui sont fondés sur les prétendues révélations de
quelques faux docteurs et "prophètes modernes," et leur autorité. citons par
exemple, John Nelson Darby, C.I. Scofield, Joseph Smith, Ellen G. White, Hal Lindsey,
et toute une gamme de faux prophètes issus des mouvements extatiques
comme les Pentecôtistes, les Charismatiques, le Vignoble, etc. Puisque les Écritures
contiennent "toute la vérité" révélée dès le premier siècle (Jean
16:13), de nouvelles révélations ne peuvent qu'ajouter à ce qui a été
transmis "une fois pour toutes" (Jude 3), et viennent par conséquent
altérer le message de l'Évangile (II Jean 9,10; Galates 1:8-9). En
fait, l'Évangile même a tellement été altéré qu'il n'est presque plus
reconnaissable de nos jours. Ce qu'on y prêche est le faux évangile du
libre choix et non plus l'Évangile de la Souveraineté de Dieu.
Comme il fut mentionné au début de ce
document «les protestants traditionnels et les sectes dites
évangéliques soulignent que seule l'Écriture
a autorité en matière de foi,
mais déclarent-ils vraiment la vérité sur cela où s'illusionnent-ils
simplement dans les prétentions chimériques de leurs conjectures
bibliques?»
Malheureusement nous n'avons pas une bonne nouvelle à ce niveau. Après
une analyse minutieuse du sujet nous y trouvons que prétention sur
prétention, hypocrisie sur hypocrisie. Le fait réel est que malgré les
belles paroles de plusieurs églises et dénominations, dans leurs
confessions de foi, aucune d'elles ne croit réellement en
l'inspiration des Écritures et conséquemment ni à son infaillibilité
et ni à son autorité. Les membres de ces groupes ce sont fait dupés
royalement par une rhétorique subtile et raffinée qu'ils ont entendus
tellement de fois qu'elle est devenu une vérité absolue dans leur
conscience égarée. Cette grande illusion dont ils sont victimes
consiste à dire qu'ils croient que la Bible est la Parole de Dieu
et qu'elle fut inspirée
et libre d'erreurs dans les autographes.
Or il y a ici plusieurs problèmes sérieux
et même dangereux, car le verbe «être» dans cette phrase soulignée en
caractères gras se trouve au passé et non au présent. Simplement dit
cette déclaration de foi dit que la Bible fut inspirée mais
qu'elle ne l'est plus actuellement. Regardez de nouveau les
confessions de foi de vos églises et vous le verrez très bien. Avec un
verbe au passé ils vous montent un beau bateau, ils érigent une fausse
doctrine sur l'inspiration des Écritures qui contredit carrément ce
que la Bible affirme elle-même. Pour justifier cette fausse doctrine
de l'inspiration des Écritures ils déclarent que les prophètes et les
apôtres furent inspirés pour rédiger le contenu des livres sacrés, que
Dieu a soufflé dans leur esprit toutes les paroles qu'ils écrivaient.
Cela est ce qu'on appelle un trompe l'oeil digne des plus grands
illusionnistes par lequel on renverse l'autorité des Écritures
pour la transmettre à des hommes malicieux et hypocrites qui s'érigent
en maîtres sur la Parole de Dieu et sur notre foi, et ces hommes sont
vos pasteurs, vos dirigeants spirituels qui ont les accréditations de
quelques universités ou séminaires. Mais vous direz «ce sont des gens
qualifiés» et oui ils le sont, ils sont qualifiés pour vous tromper.
«Maudit soit l'homme qui se confie en l'homme...» dit la Parole de
Dieu (Jér. 17:5), et elle ajoute: «Le coeur est rusé et désespérément
malin par-dessus toutes choses; qui le connaîtra? (Jér. 17:9).
Mais revenons à nos oignons, comme on dit
souvent ici au Québec. Ces séducteurs nous disent que «l'Écriture fut
inspirée...» mais la Parole de Dieu dit clairement: «Toute l'Écriture
est divinement
inspirée...» (2 Tim. 3:16). Remarquez que le verbe «être» est au
présent et non au passé. Le mot Grec pour Écriture ici est «GRAPHÉ»
et désigne les caractères ou lettres qui forment des mots et des mots
qui forment des phrases et des concepts. En plus, le mot inspiré ou THÉOPNEUSTOS en
Grec signifie littéralement «souffle ou respire de Dieu». Nous voyons
ainsi que les lettres et les mots de l'Écriture respirent de Dieu,
qu'ils sont vivants de l'Esprit et que Dieu habite dans ses paroles.
Tout cela nous indique que Dieu habite dans un temple de mots et de
préceptes qui sont vivants de sa Sainte Présence et qui donnent la vie
à ceux qui en reçoivent la foi (Jean 6:63; Rom. 10:17). Il n'y a
absolument aucun passage dans toute la Bible qui dit que ce sont les
rédacteurs qui sont ou furent inspirés. Le texte est clair et
précis pour nous dire que ce sont les Écritures mêmes qui sont
inspirées et non les rédacteurs. On ne peut attribuer le terme
inspiration aux rédacteurs. Ceci n'est pas pour discréditer les
prophètes et les apôtres qui rédigèrent le Texte Sacré, mais nous
désirons simplement indiquer que notre temps moderne détient une
différente signification du terme inspiration qui ne s'accorde
aucunement avec celle qui fut connue des premiers chrétiens, et cela
est le piège astucieusement monté par une élite dite chrétienne
composée de pasteurs, d'exégètes et de théologiens qui se glorifient
dans leur érudition en séduisant le commun du chrétien qui les honore
au point de l'idolâtrie même. Tant qu'aux rédacteurs des textes de
l'Écriture, la Bible affirme clairement que ceux-ci ont été «poussés
par le Saint-Esprit» (2 Pi. 1:19-21) pour accomplir ce travail, ils
ont été attirés d'une manière irrésistible et ils ont répondus
joyeusement à leur appel.
Puisque le christianisme moderne ne
reconnaît pas l'inspiration actuelle de la Bible mais seulement celle
d'une Bible fantôme qui n'existe plus, les autographes, il en advient
que la Bible que vous avez entre vos mains actuellement n'est plus
inspirée ni libre d'erreurs et conséquemment elle ne détient plus
aucune autorité sauf dans les prétentions conjecturales qu'ils ont
monté pour vous jeter du sable dans les yeux. Il en advient aussi
puisque la foi vient des Écritures (Rom. 10:17) et que selon eux ces
Écritures sont les Autographes qui n'existent plus, que leur foi est
une fausse foi, une foi non existante qui a seulement l'apparence de
sa réalité intangible. La question qu'il faut
se poser maintenant est celle-ci: Allez vous croire à ce que la Bible
dit, ou allez vous croire à ce que vos pasteurs ou vos églises vous
disent de ce qu'elle dit?
Dieu a donné au Christ toute autorité dans le ciel et sur la terre. Par le moyen de l'Esprit-Saint,
Jésus révéla sa volonté aux apôtres. Ces derniers, par la puissance d'un
appel irrésistible, consignèrent par écrit l'autorité du Christ à
l'égard de tous les hommes, afin que tous puissent lire, comprendre,
obéir et recevoir la vie éternelle selon le plan d'élection de Dieu.
Insistons sur le fait que ce ne sont pas tous les hommes qui vont être
sauvé, mais que Dieu a choisi d'entre tous genres d'hommes ceux qui
sont pour être sauvé depuis avant la fondation du monde, et cela selon
sont bon plaisir et non selon quelques capacités qu'il prévoyait en
l'homme. Il est Dieu sur tout ou il n'est pas Dieu du tout.
Pour les chrétiens, il ne doit exister
d'autre règle de foi que la Bible qui est l'autorité de Jésus-Christ,
mais attention car ce ne sont pas toutes les différentes versions de
la Bible qui font autorité, mais seules celles qui sont basées sur le
Texte Massorétique Hébreu pour l'Ancien Testament et le Texte Reçu
Grec pour le Nouveau Testament. Nous trouvons celles-ci dans la Bible
Olivétan, la Bible de l'Épée, la Bible de Genève, la Bible Martin, et
la Bible Ostervald. Méfiez-vous des versions modernes de la Bible
comme la Louis Segond, la Darby, la TOB, ou autres car celles-ci
portent un texte dénaturé sur lequel est érigées un grand nombres de
fausses doctrines.