ETAM : Ces lacs étaient autrefois reliées à la Mer Rouge. Ligne de remontée vers la Palestine. Peu-être certaines tribus l'ont-elles empruntées au sortir d'Egypte.

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LA BIBLE DES RÉFORMATEURS

 

 

Première section

 

PRÉFACE

La Bible - Histoire du Livre

Bref historique des versions françaises

Les premières traductions en français

Quelques traduction modernes

Les problèmes de la traduction

Les manuscrits de la Mer Morte

Copistes de l'Ancien Testament

 

Deuxième section

 

POURQUOI NOUS UTILISONS LA BIBLE DES RÉFORMATEURS

Comment est née l'idée de traduire la Sainte Bible en français

Comment Pierre-Robert Olivétan se mit au travail à la fin de l'année 1533

La première Bible française traduite sur les textes originaux imprimée en 1535

Quelques réflexions sur la valeur de cette traduction

L'influence que la Bible d'Olivétan exerça sur les autres traductions

Tableau Comparatif

Plusieurs questions se posent !

Les Instruments de l'Amputation

Deuxième type "d'opération" par Les "docteurs" de la critique textuelle

L'infiltration dans le travail sur la Bible

La Transmission des Textes Saints

Conclusion de ce dossier 

 


 

PRÉFACE

La Bible est un best-seller. Traduite, en tout ou en partie, en plus de 1500 langues et dialectes, elles est le livre le plus vendu au monde et possiblement le moins lu. Un livre unique en son genre. A la différence de tous les autres, elle ne se présente pas seulement comme un ouvrage écrit par un certain nombre d'hommes, maïs affirme aussi être la Parole de Dieu, donc avoir Dieu pour auteur. Ce double aspect de l'Écriture Sainte peut paraître étrange; il repose cependant sur son clair enseignement. Avant d'interroger la Bible, de lui demander: "Que dis-tu de toi-même? Qui prétends-tu être?", il est bon de l'observer, de la feuilleter pour voir comment elle se présente à nous. Ce faisant, on est tout d'abord frappé par son aspect humain. La Bible a tout d'un ouvrage humain: elle a été écrite par des hommes, en plusieurs langues humaines, hébreu, araméen, grec, latin, et pour des hommes, pour finalement être traduite en nôtre langue. Elle a été écrite par des hommes vivant à des époques diverses et provenant d'horizons différents. Mais en même temps on découvre en elle, par-delà cette diversité, une grande harmonie. Le contenu de ses livres varie selon les différentes époques auxquelles ils ont été écrits et les lecteurs auxquels ils sont destinés. Paul n'écrit pas pour ses fidèles comme Moïse a écrit pour Israël ! Cependant l'unité est manifeste et merveilleuse, et elle s'étend sur près de quinze siècles. C'est l'histoire d'un Dieu qui ne s'est pas retranché dans le silence, lorsque le monde sombra dans la désobéissance et le péché, mais qui décida d'exécuter un plan de salut qu'il avait prévu de toute éternité. Pour ce faire, il choisit dans l'humanité un individu, Abraham, dont il fit l'ancêtre du peuple avec lequel il conclut une alliance et à qui il promit un Rédempteur, et celui-ci était pour être Dieu lui-même manifesté dans la chair comme Fils unique. D'innombrables prophéties proclament la venue, l'œuvre et le règne de ce Sauveur; des hommes le préfigurent dans sa mission (Melchisédech, David, Salomon, Ezéchias); des gestes, des rites (sacrifices, notamment) annoncent son oeuvre rédemptrice. Et tout cela trouve son accomplissement en la personne de Jésus de Nazareth. Tout cela indique que la Bible n'est pas simplement parole d'hommes, mais qu'elle a, d'une façon que nous devrons encore définir, Dieu pour auteur.

 

Notre Bible est venue du fond des âges et a traversé bien des épreuves pour nous parvenir. Dieu a pourvu à chaque époque des moyens techniques et humains, et même surnaturels pour que cela soit possible. Ces derniers se voient surtout dans la préservation providentielle  et l'inspiration perpétuelle du Texte Authentique, ses copies, traductions et versions fidèles qui respirent tous de l'Esprit de Dieu. C’est en fait une longue suite de miracles. A partir du Texte Sacré, le Seigneur a permis que des voies parallèles, des copies et traductions indépendantes, fassent leur chemin au cours des siècles pour aboutir au bout du compte à une confirmation du Texte Original lui-même qui se retrouve dans le Texte Massorétique Hébreu et le Texte Reçu Grec, ainsi que dans leurs traductions et versions qui pour nous débutent officiellement avec la Bible d'Olivetan et ses révisions: la Bible de l'Épée, la Bible de Genève, la Bible Martin, et la Bible Ostervald.

 

La Bible - Histoire du Livre

De tout temps, l'homme a voulu qu'un support fixe garde le souvenir de ses expériences. Les grottes ornées de peintures rupestres en sont le premier exemple. Mais si les hommes des cavernes nous cachent encore bien des mystères, les hiéroglyphes égyptiens en revanche n'ont plus de secrets pour nous, grâce à la ténacité de Champollion et de ses successeurs. Nous pouvons aujourd'hui suivre la progression de l'écriture à travers les âges protohistoriques. Des recherchistes ont pu dater de 1500 avant Jésus-Christ le passage à l'écriture alphabétique, base de presque toutes les écritures modernes. Néanmoins des évidences archéologiques récentes indiquent la possibilité que sa source prédate celle qui fut proposée. C'est aussi précisément à cette époque que la tradition fait remonter la composition de la première partie de la Bible, la Torah, par le prophète Moïse. L'histoire du Livre commence, en même temps que celle de l'alphabet hébraïque, pardon, de l'alephbeth...

 

La naissance de la religion hébraïque, symbolisé par le passage de la Mer des Joncs, a coïncidé avec le passage de l'écriture symbolique à l'écriture syllabique. Et, tout au long de l'histoire humaine, l'évolution de la religion est étroitement liée à celle de l'écrit. Témoins entre autres le passage du rouleau au codex, dont le christianisme naissant a favorisé l'essor, et les débuts de l'imprimerie en occident puisque le premier livre imprimé a été une Bible, puis de là à l'informatique qui ouvre de nouveaux horizons. Comme quoi, religion et culture ne sont pas antinomiques, loin s'en faut ! Notre époque n'est d'ailleurs pas en reste et la religion aborde sans complexes la dernière mutation de l'écrit: le passage au numérique.

 

Au début de la Genèse, Dieu agit par le son de sa voix: " Dieu dit: Que la lumière brille. Et la lumière brille (Genèse 1:3) ". Mais, dès l'Exode, Dieu passe de la Parole dite à la Parole écrite: " L’Éternel dit à Moïse: monte vers moi sur la montagne, et reste là; je te donnerai sur des tables de pierre, la loi et les ordonnances que j’ai écrites pour leur instruction (Exode 24:12) ". " Telles sont les paroles que prononça l’Éternel à haute voix sur la montagne, du milieu du feu, des nuées et de l’obscurité, et qu’il adressa à toute votre assemblée, sans rien ajouter. Il les écrivit sur deux tables de pierre, qu’il me donna (Deutéronome 5:22) ". " Moïse retourna et descendit de la montagne, les deux tables du témoignage dans sa main; les tables étaient écrites des deux côtés, elles étaient écrites de l’un et de l’autre côté (Exode 32:15) ". Dieu invite aussi Moïse à en faire autant et il en donne la raison: " L’Éternel dit à Moïse: Écris cela dans un livre, pour que le souvenir s’en conserve (Exode 17:14) ". Depuis, la Bible mentionne continuellement ce passage de l'oral à l'écrit et ce n'est pas pour rien que le peuple hébreu est le premier à avoir été appelé " Peuple du Livre ". Mais cette mise par écrit des paroles de Dieu proférées par ses messagers ne va pas sans poser plusieurs problèmes; nous ne ferons que les survoler:

 

- problème de la transmission de l'écrit " de la main à la main " sans erreur,
- problème de la transmission du sens de génération en génération,
- problème de la transmission du sens dans d'autres cultures: traduction, etc.

 

Et ce travail, commencé il y a 3500 ans, nous avons, nous aussi, à le continuer au début de ce dernier millénaire.

 

Bref historique des versions françaises

 

La préhistoire du texte:

 

  • - 1500 avant JC: Parution de l'écriture alphabétique au Moyen Orient: alphabet hébraïque.

  • - 1500 avant JC: Moïse écrit la Torah.

  • - 300 avant JC: Esdras fixe le canon des principaux livres du Tanach.

  • - 35: Persécution des premiers chrétiens à Jérusalem. Plusieurs s'enfuient dans d'autres régions et pays, répandant l'Évangile et formant des églises de maison. Il est rapporté qu'à ce temps, Joseph d'Arimathée, Lazare et sa sœur Marie de Magdalène, ainsi qu'un disciple du nom de Maxime, furent laissé à la dérive sur la Méditerranée et accostèrent à Marseille en France. De là ils se rendirent à Lyon puis en Grande-Bretagne prêchant l'Évangile du sang royal de Jésus-Christ, ce qui donna source aux légendes du San-Graal (sang royal), la coupe mythique qui reçut le sang de Christ.

  • - 52: Début de l'écriture des codex de la Bessorah (écrits évangéliques): malgré que plusieurs se sont tournés vers une traduction grecque adultérée, la Septante, retrouvée dans l'Hexaple ou Bible à six colonnes, et rédigées par des apostasiés comme Origène d'Alexandrie, Aquilla, Symmachus, et Théodote, qui cherchaient à diminuer si non anéantir la doctrine de la divinité de Christ. Néanmoins le christianisme authentique ne fut pas un seul moment sans le texte hébreu qui fut préservé par les premiers disciples et les apôtres comme Paul de Tarse. Il faut considérer que les chrétiens primitifs étaient tous des juifs pour la grande part, et que ceux-ci étaient fidèles au texte hébreu de l'Ancien Testament et non à sa traduction dans le grec. Le texte hébreu, étant considéré comme inspiré, tout départ de ce texte aurait été regardé comme un blasphème et une trahison. Même que ce fut graduellement que les textes grecs du Nouveau Testament, rédigés par les apôtres, furent accepté comme Sainte-Écriture et ajouté au texte hébreu de  l'Ancien Testament pour former le corpus de la Bible. Il y a même certains indices que quelques-uns des Évangiles et des Épîtres furent premièrement rédigé en hébreu puis traduit en grec par la suite.

Hexaple d'Origène d'Alexandrie

  • - 62: Dispersion de la première communauté chrétienne d'Israël dans toutes les villes du Moyen Orient.

  • - 70: Destruction de Jérusalem et du temple par les armées romaines, marquant ainsi la fin d'Israël et le début du temps des nations. Tous les livres du Nouveau Testament sans exception furent écrit avant cette période. L'hypothèse que certains d'entre-eux auraient été écrit par après est sans fondement valide.

  • - 90: Le concile de Jamnia établit le canon hébreu de l'Ancien Testament.

  • - 100-200: Évangélisation de la Gaule (débutée par Irénée de Lyon). Le celte cède la place au bas latin comme langue populaire; la langue savante reste le grec pour la jeune église. Mais on sait qu'il existait déjà dès cette époque des traductions latines et égyptiennes (coptes) des textes du Nouveau Testament. La Vieille Latine ou Vestus Itala était la Bible fidèle de cette période, elle avait été traduite par l'Église Italique (Vaudoise) vers l'an 160 à partir des Originaux en provenance de l'Église d'Antioche et fut utilisée surtout dans le nord de l'Afrique. La Peshitta syriaque, nommée aussi la juste et la fidèle, fut la première traduction officielle des Textes Originaux d'Antioche vers l'an 150.

  • - 313: L'empereur romain Constantin proclame le christianisme comme religion d'état, ce qui entraîne la prépondérance du latin. Le christianisme proclamé par Constantin était d'une forme bâtardise, un mélange de philosophie païenne et de Mithraïsme qui fut l'embryon du Catholicisme.

  • - 350: Date des plus anciens manuscrits grecs de la Bible conservés (ce sont des manuscrits "onciaux" c'est à dire tout en majuscules sans espaces entre les mots). Les plus connus sont le codex Sinaïticus et le codex Vaticanus, qui contiennent le texte de la Septante. Ces Codex firent parti des 50 Bibles Oecuménique que Constantin ordonna à Eusèbe de Césarée de préparer pour son empire. Ils furent rédigé à partir de la cinquième colonne de l'Hexaples d'Origène qui contenait la Septante originale composé par ce grand érudit qui a été condamné comme hérétiques.

  • - 380 - 405: Traduction latine de Jérôme -on l'a appelée la Vulgate (commune), à partir d'une ancienne traduction, connue sous le nom de " Vieille Latine " ou Vestus Itala. Sous l'ordre de Damase 1, pape de 366 à 384, Jérôme altéra subtilement le texte de la Vieille Latine avec des lectures provenant des texte de la Septante d'Origène dans le but de produire une nouvelle version plus acceptable à l'église Catholique. Heureusement sa tentative ne fut pas couronnée de succès et plusieurs passages de la Vieille Latine sont demeuré intact dans la Vulgate de Jérôme. Le latin a désormais entièrement pris la place du grec comme langue liturgique et le restera chez les catholiques jusqu'à Vatican II (pendant près de 1500 ans).

  • - 470: L'évêque Rémy baptise Clovis le roi des Francs.

  • - vers 500: Fixation des traductions de parties du Tanach en araméen (targum) dont le plus célèbre est leTargum d'Onkelos (targum de la Torah). Le mot " targum " n'est pas hébraïque, ni même sémitique. D'origine hittite, il signifie " annoncer ", " expliquer ", " traduire ".

  • - 724: Traduction de la Bible en arabe.

  • - vers 800: Traduction de la Bible en slave par Cyrille et Méthode. Ils inventent pour l'écrire un alphabet qui, en leur honneur, s'appellera " alphabet cyrillique ".

  • - 950: Les Massorètes fixent les voyelles du texte hébreu du Tanach.

 

Les premières traductions en français

 


Les différentes versions sont notées:
(P) = version Protestante
(C) = version Catholique
(I) = version Israélite
(O) = version Oecuménique
(L) = version Littéraire

  • Notons qu'il n'y a aucune différence entre une Bible Catholique et une Bible Oecuménique, elles sont tous basées sur les mêmes textes corrompus des Codex Vaticanus et Sinaïticus, même que certaines Bibles dites Protestantes, Segond, Darby, Synodale, et autres, suivent la même voie tortueuse et sont en réalité des Bibles Catholique. On enlève simplement les livres Deutérocanoniques de certaines Bibles afin de séduire les chrétiens et les présenter comme des Bibles Oecuménique ou Protestante.

 

  • 1000: Le français commence à exister en tant que langue à part entière.

  • 1250: Traduction française partielle de Jean Le Bon de l'Université de Paris.

  • 1370: Traduction de Raoul de Presles dédiée au roi Charles V.

  • 1455: Invention de l'imprimerie par Gutenberg en Allemagne: premier livre imprimé: la Bible (la Bible en latin ( Vulgate).

  • 1472: Première impression de la Bible en français, publiée à Lyon par l'imprimeur Barthélemy Buyer.

  • 1515: Autre révolution: la Réforme: un moine allemand, Martin Luther, rejette certains enseignements catholiques sur le culte des saints, le trafic des indulgences et l'autorité des papes. Il proclame l'assurance du salut par la Foi en Christ. Il est excommunié. Le mouvement s'étend (Calvin, etc.), mais demeure dans le giron du catholicisme par son adhésion aux Symboles Oecuméniques: le Symbole dit des Apôtres, le Symbole de Nicée, et le Symbole dit d'Athanase, et aussi par son formalisme et son ritualisme.

  • 1520: (P) Bible de Luther (première Bible traduite en allemand).Fruit de la Réforme Protestante. Le Nouveau Testament de cette Bible fut basé sur la première édition du Texte Reçu d'Érasme de Rotterdam.

  • 1528: (C) Nouveau puis Ancien Testament de Jacques Lefebvre d'Étaples: première Bible compète en langue française à partir de la Vulgate Latine corrigée par celui-ci.

  • 1535: (P) Bible d'Olivétan (cousin de Jean Calvin): première Bible selon les originaux ayant pour base le Texte Massorétique Hébreu et le Texte Reçu Grec.

  • 1540: (P) Bible de l'Épée; révision de la Bible d'Olivetan par Jean Calvin.

  • 1559: (P) Bible en latin et français de Sébastien Castellion (condamnée par Calvin pour ses audaces de traduction).

  • 1588: (P) Révision de la Bible de Genève par Théodore de Bèze.

  • 1611: (P) Bible KJV: King James Version (monument littéraire anglais, cette Bible est la colonne d'appui de la vérité et un modèle exceptionnel pour toutes les autres traductions et versions).

  • 1667: (C) Nouveau Testament de Lemaistre de Sacy.

  • 1669: (P) Bible de Genève (révision de la traduction d'Olivétan).

  • 1727: (P) Bible Martin (révision de la traduction d'Olivétan).

  • 1744: (P) Bible d'Ostervald (révision de la traduction d'Olivétan).

 

Quelques traduction modernes

  • 1880: (P?) " Bible Segond " : la page de garde est explicite: " la Sainte Bible, qui comprend l'Ancien et le Nouveau Testament, traduits sur les textes originaux hébreu et grec, par Louis Segond, docteur en théologie ". Le Nouveau Testament de cette Bible est basé sur les Codex corrompus du Sinaïticus et du Vaticanus que les réprouvés considèrent être «les textes originaux». Quoiqu'elle est classée comme une Bible Protestante, elle est plus précisément une Bible Oecuménique du fait que ses manuscrits de base sont les même que ceux employé par l'église Catholique.

  • 1885: (P?) " Bible Darby " (en anglais puis de l'anglais en français). Même principe de base pour le Nouveau Testament que la Segond. Le faux prophète, J.N. Darby, un prêtre ex-Anglican, a trahi le Texte Reçu Grec et s'est prostitué au Texte Critique des apostasiés, ce qui plut énormément à l'église Catholique. Certaines allégations furent portées contre Darby en ce qu'il aurait entretenu des relations avec les Jésuites et qu'il aurait été membre de la Franc-Maçonnerie. Ces allégations ne peuvent être confirmées, mais le fait qu'il a délaissé le Texte Reçu Grec des Réformateurs en faveur d'un texte Catholique semble indiquer qu'il y avait quelque chose de suspecte derrière sa trahison, surtout du fait qu'il se moque des Réformateurs dans la Préface de sa Bible.

  • 1899: (I) " Bible du Rabbinat français " (par le Grand Rabbin Zadok Kahn).

  • 1904: (C) " Bible du chanoine Crampon ".

  • 1910: (P?) " Bible Segond " : révision de l'original de 1880.

  • 1910: (P?) " Bible Synodale ". Révision du texte de la Bible Ostervald pour le rendre conforme au Texte Critique pollué.

  • 1918: (P) " Bible du Centenaire " (... de la Société Biblique) par Alfred Lods et Maurice Goguel.

  • 1952: (C) " Bible des moines de Maredsous ".

  • 1955: (C) " Bible de Jérusalem ": traduction des textes sous la direction de l'École Biblique de Jérusalem (P De Vaux).

  • 1970: (O) " Bible en français courant ", la pire perversion des Écritures qui puisse exister.

  • 1971: (L) " Bible de la Pléiade ".

  • 1973: (C) " Bible du chanoine Osty ".

  • 1975: (O) " TOB " : traduction œcuménique de la Bible.

  • 1975: (P?) " Nouvelle Édition de Genève " (révision de la Bible Segond). Version subtile qui met entre [crochet] plusieurs mots et passages, donnant la fausse impression qu'ils ne se trouvent point dans les Originaux.

  • 1977: (I) " Bible de Chouraqui " (avec le Nouveau Testament).

  • 1978: (P?) " Bible à la Colombe " (révision de la Bible Segond). Plusieurs passages furent corrigés selon le Texte Reçu dans cette version, mais sa révision demeure insuffisante.

  • 1992: (P?) " Bible du Semeur ". Bible atrophiée, cette version est condamnée par plusieurs au sein du Protestantisme.

  • 1998: (C) Révision de la " Bible de Jérusalem ".

  • 2001: (L) Bible " Bayard " (traduction par des écrivains renommés). Probablement la pire révision jamais faite de la Segond, cette version porte une traduction tendancieuse avec plusieurs passages atténués.

  • 2002: (O) " Bible Parole de Vie " en français fondamental (écrite avec seulement 3000 mots français)..

  • 2002: (P) Nouvelle Bible Segond (dernière révision en date de la Bible Segond).

  • 2005: (P) Bible de l'Épée, édition TULIPE, adaptation leDuc. Bible sur ordinateur, première traduction étymologique jamais réalisée dont plusieurs termes translitérés furent traduit pour la première fois. Cette version enlève plusieurs conjonctions, articles et prépositions qui furent ajouté par les traducteurs et qui ne se trouvent point dans les Originaux. Cette précision du texte est un vent rafraîchiisant par rapport aux traductions stéréotypés, mais de ce fait elle n'est pas appréciée par ceux qui suivent dans les principes de l'orthodoxie du Catholicisme.

  • 2005: (P) Nouvelle Segond 21. Retour au Texte Reçu Grec pour le Nouveau Testament. Cette version n'a pas encore été évaluée proprement du au fait que le travail de révision n'est pas encore terminé.

  • 2006: (P) La Bible de Genève 1669 trouve place sur l'Internet et est imprimée de nouveau.

  • 2006: (P) La Bible King James Française. Une traduction française de la célèbre King James est complétée et révisée puis rendue disponible en format électronique sur l'Internet.

 

Et la liste est loin d'être limitative: à ce jour, les Écritures ont été publiées, en tout ou en partie, en plus de 2 000 langues. Si on s’en tient à la diffusion linguistique, cela signifie qu’environ 97 % de la population mondiale peut avoir accès dans sa langue à une partie au moins de la Bible.

 

Depuis environ 1980, il existe aussi des Bibles sur ordinateur, avec toutes sortes de possibilités de recherches sur les mots et les phrases (super-concordance), de comparaison de versions en toutes langues, de dictionnaire hébreu et grec (numéros Strong), de récupération du texte dans un traitement de texte quelconque. En plus, le texte biblique n'a pas été seulement offert à la lecture comme un livre normal. Nous avons des manuscrits multilingues, avec les différentes versions côte à côte, nous avons des versions interlinéaires, où les textes sont les uns en dessous des autres, etc. Tout ceci témoigne de la volonté constante des copistes puis des éditeurs de fournir des textes intelligibles avec un profond respect de leur origine.

 

Les problèmes de la traduction

Il existe un proverbe qui dit que " traduire, c'est trahir ". Pour ne pas être une trahison complète du texte original, toute traduction doit résoudre plusieurs problèmes. Nous allons survoler les principaux.

 

Problèmes de langue: Pratiquement tous les écrivains bibliques écrivent en hébreu. Sauf ceux du Nouveau Testament me direz-vous ! En fait ce qu'on connaît de l'original grec du Nouveau testament semble bien montrer qu'il est probablement une traduction d'un document ou d'une série de documents hébreux. Ceci semble être confirmé par certains Pères de l'Église comme Eusèbe de Césarée qui déclare que l'Évangile de Matthieu fut premièrement rédigé en hébreu. Cette constatation permet de mieux comprendre certains passages; ainsi, quand Matthieu rapporte les paroles de Jean-Baptiste "Des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham !" (Matthieu 3/9), on ne sait pas trop au vu du texte grec ce qu'il veut dire. Si en revanche on suppose qu'il est en face d'un texte hébreu rapportant les paroles du Baptiste, tout s'éclaire: il fait allusion à un jeu de mots de leur auteur car en hébreu " des enfants " se dit " banim " et " des pierres " se dit " ébanim ". En grec on a " lithon " et " techna ", et le jeu de mots disparaît; en français ça ne marche pas non plus. Mais une fois le texte compris, comment rendre dans une autre langue cette vigueur et cette truculence du discours de Jean-Baptiste ? Et je pourrais ajouter que tout le Premier Testament est lui aussi truffé de jeux de mots: les noms de personnes et de lieux ont double voire triple sens. Et tout cela s'accorde avec le récit. Un exemple typique est donné par la Genèse, quand elle relate tout ce qui se rapporte à Isaac, le second patriarche, dont le nom signifie " il rit ". Relisez ces textes, et vous vous le découvrirez (si je puis me permettre !).

 

Problèmes de compréhension: Pour lever les difficultés dues aux jeux de mots ou autres incompréhensions de langage, on imagine qu'il suffit de comprendre le texte original et d'en donner une transcription. Mais, au grand désespoir de l'exégète, il y a au moins deux catégories de jeux de mots: les jeux de mots traduisibles et ceux qui ne le sont pas. Je vous en donne deux exemples. Voici un jeu de mots intraduisible qui faisait beaucoup rire nos parents: " La lune est blanche parce qu'on ne peut pas l'atteindre " en jouant sur " l'atteindre " pour " la toucher ", et " la teindre " pour " la peindre ". Ce jeu de mots est intraduisible et il a même complètement perdu sa capacité à faire rire depuis les exploits de la conquête spatiale en 1969 ! Mais en voici un traduisible: " Qu'est-ce que le capitalisme ? C'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Et le communisme ? C'est exactement le contraire ! ". Cela marche dans toutes les langues. Dans la même catégorie, on peut ranger le célèbre jeu de mots de Jésus " Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu " qui est en même temps un jeu de situation (il fait intervenir la pièce de monnaie). Comment traduire un texte en donnant aussi une idée des jeux de mots qu'il véhicule ? L'étymologie contextuel historique semble être le seul moyen de parvenir à une juste compréhension du texte de la Bible, surtout en des passages difficiles qui demandent une interprétation figurative.

 

Problèmes de culture: Si je dis: " un verre ça va, trois verres… " tous les français rajouteront " ... bonjour les dégâts ". Qu'est-ce que cette phrase donnera dans 2000 ans ? Ceci est une petite illustration des difficultés rencontrées dans la compréhension d'un texte né dans un environnement qui est mal connu. Jésus, ses disciples et les rédacteurs des Évangiles étaient plongés dans la culture juive du premier siècle de notre ère et il est difficile de rendre certaines allusions des textes en français. Il existe un remède: il faut approfondir notre culture judaïque et, ce faisant, nous approfondirons ainsi notre culture évangélique.

 

Problèmes de fidélité: Nous ne parlons point ici des différences de traductions qui sont nécessaires pour éclaircir le texte du à la flexibilité de la langue. Celles-ci sont légitimes, car un mot dans l’original porte généralement plusieurs significations comme il est ainsi dans notre langue. Par exemple, le mot «hypocrisie» peut être traduit dans différents contextes par des termes connexes comme «Affectation, déloyauté, dissimulation, duplicité, fausseté, fourberie, tromperie», chacun d’eux représentant fidèlement le terme original. La traduction n’affecte aucunement l’inspiration, elle donne simplement aux termes originaux des expressions plus précises en utilisant des mots variés qui se basent tous sur le sens original dans ses différentes applications. Puisqu’un mot peut avoir différentes significations, une traduction est inspirée dans la mesure que ces mots représentent la vérité dans un contexte donné. Ainsi un traducteur peut traduire un mot d’une telle façon dans une Bible et un autre traducteur peut traduire le même mot d’une différente façon dans une autre Bible. Les deux sont la traduction d’un même mot original et peuvent ainsi représenter différents aspects d’une même vérité et donner différentes profondeurs au sens original. Les deux sont inspiré dans la mesure de leur exactitude au sens réel et original. Qu’une personne soit d’accord ou non avec les termes utilisés par un traducteur n’enlève rien à leur inspiration, car ce n’est point le rédacteur ni le traducteur qui sont inspirés mais les lettres (2 Tim. 3 :15,16). L’Esprit de Christ habite dans les lettres qui forment des mots, dans des mots qui forment des concepts, et dans des concepts qui forment des doctrines. La Bible est le Temple de Dieu, un temple construit de mots en lequel habite l’Esprit de sa Sainte-Présence. Ceux qui refusent de reconnaître l’inspiration d’une traduction ou qui disent qu’aucune traduction est parfaite, n’ont aucune notion de l’inspiration ni de la perfection ou manquent d’en comprendre la profondeur de la signification. Selon eux rien n’est parfait en ce monde et ainsi la Bible même serait imparfaite, et de cela Christ lui-même serait imparfait. Ils négligent que Dieu n’est pas limité par les défauts du langage humain ni par les faiblesses d’un traducteur, et que sa Parole demeure inspirée ou vivante dans les différentes expressions utilisées pour la formuler. Le mot «perfection» n’implique pas nécessairement un état d’être d’une pureté et sainteté sublime et inaccessible en ce monde, car il porte la notion aussi de «ce qui est complet ou intégral», comme dit le Dictionnaire Larousse : «de ce qui représente toutes les caractéristiques propres à sa catégorie, à son espèce». En ce sens réel, une traduction de la Bible est parfaite dans la mesure de son intégralité et de sa fidèlité aux Textes Originaux. Il ne faut pas oublier que dans la traduction il existe toujours deux facteurs, divin et humain, et qu’un traducteur est dirigé dans la sélection des termes appropriés selon son arrière plan théologique et social, selon le contexte historique, et selon la flexibilité du langage. Comme exemple, la traduction d'un Baptiste va être teintée de ses principes théologiques, de même pour celle d'un Pentecôtiste, d'un Anglicain, d'un Luthérien, ou d'un Réformé. L'idéal est d'avoir un traducteur libre des idéologies dénominationnelles. Mais ces choses n’enlèvent rien à l’inspiration et à la perfection des Saintes-Écritures, plutôt elles affirment que la Parole de Dieu est vivante et qu’elle s’adapte au langage humain afin d’être comprise des hommes dans leurs contextes culturels. Néanmoins celui qui est libre des influences dénominationnelles va donner une traduction plus précise et plus fidèle, car sa confiance repose en Christ seulement. Il n'a aucune église à défendre et n'a pas à rendre compte à personne de sa foi sauf à Christ lui-même qui le dirige par son Esprit Saint dans le travail à lequel il est appellé. Là où l’inspiration est sérieusement affectée est dans les divergences qui se trouvent entre le Texte Reçu et le Texte Néologique de la Critique Textuelle.

 

Problème de foi: Celui-ci est de loin la plus grande difficulté au niveau des traductions, car la grande majorité des traducteurs sont soit des chrétiens apostasiés ou des chrétiens nominatifs, en d'autres mots on trouve très peu de chrétiens réels dans ce milieu. Ils ne font aucune confiance au Saint-Esprit pour être dirigé dans leur travail, et cela nous donne des traductions douteuses et parfois pernicieuses qui sont une menace réelle à la foi du peuple de Dieu. L'inspiration du texte n'est plus considéré, et si on lui donne quelque affinité c'est pour en renverser le sens et attribué l'inspiration aux rédacteurs plutôt qu'au texte lui-même comme le déclare les Saintes Écritures dans 2 Tim. 3:16. Ils échaffaudent hypothèse sur hypothèse dans leur tentative de discréditer l'inspiration en affirmant que seulement les textes originaux écrits directement de la main des apôtres furent inspiré. Ceci est une attaque directe à la foi, car selon les Écritures la foi provient de la Parole, et si cette Parole est enlevé sa puissance vivante par les traducteurs et les théologiens modernes, que reste-t-il de la foi ? Il en reste seulement qu'une illusion basée sur une Bible fantôme qui n'existe plus. Malheureusement l'intellectualisme moderne a tendance à rationnaliser les Écritures à l'extrême et a perdu toute notion de la providence divine. Le résultat est qu'ils présentent au monde qu'une approximation de la Parole de Dieu. Mieux vaut un ignorant qui traduit les Écritures en se confiant en l'Esprit Saint qu'un savant qui se confie dans son intellect et ses hypothèses.

 

Vous vous demandez peut-être maintenant: Est ce que les textes de la Bible que nous avons aujourd'hui sont fidèles à ce que les auteurs originaux ont écrits? Cette question n'est pas répondue si facilement que cela. Ce qui suit est pour démontrer que la science de la Critique Textuelle n'est pas hors de tout soupçon. Nous n'avons pas besoin ici d'établir le fait que la Bible est la Parole de Dieu perpétuellement (actuellement) inspirée et providentiellement (factuellement) préservée, car cela est évident dans ceux qui ont l'Esprit de Christ, mais simplement de montrer quelques erreurs magistrales des savants de la Critique Textuelle qui prétendent rétablir le texte du Nouveau Testament à partir de la masse des manuscrits existants, tout en admettant qu'ils n'ont aucune notion quel est réellement ce texte qu'ils considèrent perdu à jamais. Le fourvoiement se fait sur la base de considérer que la Bible est une œuvre historiquement et bibliographiquement fiable. Ce que nous vous proposons donc ici est l'examen d'un exercice que l'on appelle le test bibliographique; un test basé sur des critères de la Critique Textuelle par lesquels sont jugées toute les œuvre littéraire que nous ayons. Le test bibliographique est un examen de la transmission textuel par laquelle un document nous parvient. En d'autres mots, comme nous n'avons pas accès au documents originaux des œuvres littéraires de l'antiquité, les spécialistes astucieux de cette science testent la fiabilité d'une œuvre particulière en dénombrant d'abord le nombre de manuscrits que nous possédons de l'œuvre, puis en calculant l'intervalle entre l'époque où l'œuvre a été originalement écrite et la plus ancienne copie de l'œuvre que les archéologues ont en leur possession. C'est de cette façon que les Codex Vaticanus et Sinaïticus, manuscrits en provenance d'Alexandrie les plus corrompus qui existent, ont été évalué comme étant les plus fiable, les plus crédible que ceux de la famille des manuscrits Byzantins sur lesquels le Texte Reçu Grec fut compilé, tout simplement parce qu'ils sont considéré les plus anciens et plus proche des Originaux. Allégation compromettante subtile et hasardeuse, elle a conduit des milliers dans la mésinterprétation des faits réels. L'antiquité d'un manuscrit ou d'un codex n'est pas suffisante à soi-même pour déterminer quel sont les Originaux. Un manuscrit récent qui a été recopié à maintes reprise à travers les âges portent souvent un texte plus pur que les plus anciens. Et cela est le cas la grande majorité du temps. Mais ce qui est le plus important est que les spécialistes de la Critique Textuelle n'ont aucune considération pour la providence de Dieu dans tout cela. C'est comme si Dieu aurait besoin d'une légion de savants pour nous préserver sa Parole. Le fait que ces gens travaillent à nous rétablir le texte du Nouveau Testament est l'évidence la plus frappante qu'ils s'élèvent maîtres au-dessus de la Parole de Dieu et de notre foi. Qui va déterminer qu'elle est la Parole de Dieu pour nous, les spécialistes ou l'Esprit de Dieu? Répondre à cette question est répondre à votre foi.

 

Il est intéressant de savoir que nous avons à ce jour plus de 6000 manuscrits du Nouveau Testament en grec dans son entier, plus de 10000 en latin, au moins 9300 en d'autres langues, sans compter les quelques 24000 copies manuscrites de certaines portion du Nouveau Testament. Il n'y a aucun document de l'antiquité qui approche ces nombres. En comparaison, la deuxième œuvre la mieux documentée après le Nouveau Testament, l'Iliade de Homer, ne compte que 643 manuscrits qui confirment les textes originaux. Les écrits d'Aristote sont confirmés par 49 manuscrits, ceux de César par 10, et ceux de Platon par seulement 7. John Warwick Montgomery, dans son livre History and Christianity publié par Inter-Varsity Press, écrivait à ce sujet: " Être sceptique des textes résultants des livres du Nouveau Testament c'est de permettre à toute l'antiquité classique de sombrer dans l'obscurité, puisqu'il n'y a aucun document de cette période ancienne qui sont mieux attestés bibliographiquement que les écrits du Nouveau Testament." Il a aussi une différence tout aussi impressionnante entre les autres œuvres de l'antiquité et les livres de la Bible; c'est la courte période de plus ou moins 30 ans qui sépare l'époque où l'on croit que les évangiles furent écrits, et le plus ancien manuscrit que nous avons en notre possession. En comparaison au 30 ans du Nouveau Testament, la période d'écart entre les écrits originaux et l'âge du plus ancien manuscrit est de 1000 ans pour les écrits de César, 1200 ans pour les écrits de Platon, et 1400 ans pour ceux d'Aristote! Frederic G. Kenyon, un des spécialistes desquels nous parlions plus haut, dans son livre The Bible and Archeology publié par Harper & Row écrit: " L'intervalle entre la date de la composition originale et la plus ancienne copie manuscrite que nous possédons est en fait si petite qu'elle est tout simplement négligeable, éliminant ainsi les fondements de tout doute laissant croire que les Saintes Écritures ne nous sont pas parvenues telle qu'elles furent originalement écrites."

 

Douterions-nous de la fiabilité du texte biblique? OUI quand il se retrouve entre les mains d'un groupe de spécialistes qui détermine pour nous quelle est la Parole de Dieu d'entre la masse des manuscrits qui existent, NON quand elle se retrouve entre les mains d'un Dieu Tout-Puissant qui n'abandonne pas sa Parole aux caprices des hommes.

 

Les manuscrits de la Mer Morte

 

I. Les découvertes

 

  • Manuscrits

  • Au mois de mars de l’année 1947, un jeune Bédouin, Muhammad ed-Dib, de la tribu Ta’amireh, lance quelques cailloux dans une fente située au flanc d’une des falaises de la région rocailleuse de Quirbeth-Qumrân, au nord-ouest de la mer Morte, à 12 kilomètres au sud de Jéricho; il entend un bruit comme celui de quelque chose qui se casse.

  • Entre 1947 et 1956 – près de 300 grottes ont été explorées, dont les onze "cachettes à manuscrits".

  • 100 000 fragments de vieux textes juifs, répartis en 870 manuscrits différents, dont 220 bibliques :

  • Genèse (20 mss, 34 des 50 chapitres;

  • Exode (17 mss, 40 chapitres);

  • Lévitique (16 mss, sauf ch. 12);

  • Josué (2 mss); Chroniques (1 ms);

  • Samuel (4 mss);

  • Ésaïe (21 mss);

  • Psaumes (37 mss);

  • Esdras-Néhémie (3 fragments de 1 ms);

  • Datation : méthodes archéologiques, paléographiques, spectrométriques : IIe et Ier siècles av. J.C.

  • Qumrân : ruines d'une communauté, à 3 kilomètres de la première grotte (1951).

 

II. Origine des manuscrits ?

  • Au IIIe siècle av. J.-C., une communauté juive s'établit dans le désert de Juda. Trois siècles d'existence.

  • L'an 66 apr. J.-C. : soulèvement des Juifs contre le joug de Rome.

  • Les habitants de Qumrân ont caché les manuscrits dans des cruches allongées en terre cuite, à l'intérieur desquelles ils glissaient les rouleaux enveloppés d'une toile de lin imprégnée de bitume et de cire, selon un vieux mode de conservation (Jérémie 32:14).

  • En 68, les Romains massacrèrent les scribes de Qumrân.

  • L'an 70 : le général Titus (futur empereur) envahit la Palestine et détruit Jérusalem.

  • 1947-1957 : Découverte des manuscrits. Le travail de restauration, de collation, de traduction, de publication a été confié à des équipes de spécialistes catholiques, protestants, juifs, athées. Propriété partagée entre État (Jordanie jusqu'à 1967 et Israël) et les organismes (École biblique de Jérusalem, Musée Rockefeller, University of Chicago, etc.)

  • Plus de 40 ans de travail d'experts en secret, de controverse, de batailles d'accès et de propriété, de discorde, de rivalité, de frustration, d'impatience, d'accusations, de scandale, de promesses de publication, de retards de publication.

  • En 1991, les autorités archéologiques d'Israël décident de donner libre accès à tous les manuscrits, après la parution d'une édition pirate sur Internet. Publication : microfiches (1993), CD-Rom (1997), etc.

  • Bataille de l'identité des habitants de Qumrân

III. Importance des découvertes de Qumrân

  1. Importance des manuscrits bibliques

    1) L'âge des manuscrits

    1. L'hypothèse critique: d'erreurs de transmission par des copistes qui ont modifié et altéré le texte.

    2. Les faits: les manuscrits de la mer Morte

    • Période de production : 250 av. J.-C. à 70 ap. J.-C.

    • Plus de 1000 ans plus vieux que les manuscrits de l'A.T. connus avant: ceux du IXe ou du Xe siècle: un manuscrit de la synagogue caraïte du Caire (895), et le Codex Babylonicus Petropolitanus (916). On connaît bien le travail des Massorètes de cette époque.

    • Peu de divergences malgré 10 ou 11 siècles de transcription, malgré des milliers de copistes

      • Les copistes ont transcrits les mêmes mots dans le même ordre avec les mêmes sens

      • très peu de différences d'orthographe, de grammaire

      • quelques différences de suffixes et de préfixes marquant des mots-outils (pronoms, conjonctions)

      • Les rares différences de sens ne touchent pas à la doctrine.

    1. Conclusion: se veut la preuve de la fidélité de la transmission du texte biblique au travers des siècles et preuve de l'exactitude du texte massorétique traditionnel sur lequel se base notre A. T.

    2) Importance d'Ésaïe A (manuscrit complet et en bonne condition)

    1. L'hypothèse critique: Ésaïe est l'œuvre de 3 auteurs, qui ont rédigé le livre après les événements :

    1. Chapitres 1 à 39 par Ésaïe

    2. Chapitres 40 à 55 par "le second Ésaïe" pendant l'exil

    3. Chapitres 56 à 66 par "le troisième Ésaïe" au IIIe ou au IIe siècle

    1. Les faits: Le livre d'Ésaïe est écrit sur un seul manuscrit sans aucune indication qu'il s'agissait de trois livres distincts écrits à trois époques par trois auteurs.

    2. Conclusion: Aucune raison de ne pas croire qu'Ésaïe, vivant au VIIIe siècle, avait annoncé des événements qui devaient se produire deux siècles après lui. Il s'agit de la prophétie et non de l'histoire. Nous rejetons cette hypothèse. Il y a d'autres raisons de rejeter cette hypothèse.

  1. Importance des manuscrits non bibliques et les ruines de Qumrâm

  1. Les découvertes

    1. Manuscrits non bibliques (plus de 600)

    • Commentaire du Livre d’Habakuk (un rouleau).

    • Manuel de Discipline (deux rouleaux).

    • La Guerre des fils de la lumière et des fils des ténèbres (un rouleau).

    • Recueils d’Hymnes et de Psaumes d’actions de grâces (4 rouleaux).

    1. Ruines de Qumrân (1951)

    • à 3 kilomètres de la grotte d’Ain Feshka

    • Bâtiment communautaire, un système d’approvisionnement en eau (aqueduc, citerne), un ensemble de pièces : une grande salle (scriptorium), le lieu de rédaction des manuscrits, une salle de réunion (utilisée pour les présumées ablutions rituelles ?), plusieurs chambres et un cimetière (de quelque 1100 tombes aux ossements des deux sexes et de tous âges).

  1. Quelques hypothèses

    • Les habitants de Qumrân seraient des Esséniens.

  • Secte pacifiste ascétique juive, qui fuyait la persécution, romaine ou juive.

  • Les manuscrits seraient la bibliothèque d'un monastère, les membres, scribes et copistes.

    • Les habitants de Qumrân seraient des Zélotes.

  • Secte révolutionnaire patriote juive, qui cherchaient à renverser l'autorité romaine pour rétablir la royauté à Jérusalem. Qumrân serait une forteresse.

  • Les manuscrits aurait constitué la collection sortie de Jérusalem pour la protéger.

    • L'origine du christianisme

  • Jean-Baptiste aurait été membre de la communauté.

  • Jésus serait allé s’initier auprès des Esséniens, y puiser ses enseignements.

    • En somme, le christianisme serait d'origine humaine, inspiré de la doctrine et les pratiques de la communauté de Qumrân. Négation de la spécificité de Jésus et son Évangile. enseignement.

  1. Les faits

  • Les hypothèses se reposent sur la spéculation et l'imagination.

  • Aucune preuve d’un contact quelconque entre la communauté de Qumrân et Jean-Baptiste, Jésus ou autres premiers chrétiens.

  • Les "Esséniens" ne sont pas même nommés dans les manuscrits de la mer Morte. (Il n'y a que trois mentions des Esséniens dans l'histoire, tous les trois au premier siècle de notre ère : par le philosophe Philon d’Alexandrie, le naturaliste Pline l’Ancien, et l’historien juif Flavius Josèphe.)

    • Aucune trace dans les manuscrits de Qumrân des doctrines chrétiennes comme l’incarnation, la rédemption par la mort expiatoire du Messie, la justification par la foi, etc.

  1. Conclusion : Il n'y a aucune raison de croire que le christianisme a évolué des croyances et des pratiques de la communauté de Qumrân. Nous croyons à la spécificité de la personne et de l'œuvre de Jésus-Christ et de son Évangile qui est venu de Dieu par révélation.

CONCLUSION FINALE

La preuve de la fidélité de la transmission du texte ne repose pas sur les découvertes archéologiques, mais sur la foi en Celui qui préserve sa Parole inspirée au détriment des caprices de l'homme qui désirent «voir pour croire».

 

 

Copistes de l'Ancien Testament

 

 

Vous vous demandez peut-être maintenant: Comment les manuscrits étaient-ils copiés avant l'imprimerie? Voici quelques courts extraits de textes décrivant la rigueur de trois des groupes ayant eu la responsabilité de transcrire le texte biblique:

 

Les Lévites:

Les Écritures attestent que les écrits des prophètes furent désigné par Dieu comme autoritaire (2 Pi. 1: 20, 21).  Leurs écrits furent reconnus comme les paroles de Dieu même, et ne pouvaient être altérés ni modifiés sous aucun prétexte. Joseph Flavius, historien Juif, écrivait au premier siècle: "Après un laps de tant de siècles, aucun juif n'a osé ajouter, enlever, ou transposer quoique ce soit des écrits sacrés". Depuis les temps anciens, les scribes ou copistes, endossèrent ce principe de base en faisant leurs copies soigneusement et avec précision. Jésus lui-même qui cite souvent les Écritures, n'a jamais donné la moindre indication que les copies de son temps, reconnues comme inspirées, purent contenir la moindre corruption. En effet, il nous dit lui-même que "l'Écriture ne peut être anéantie" (Jean 10: 35, version Martin). La Bible nous indique elle-même que la prêtrise juive fut assignée la responsabilité de garder et préserver le Texte Hébreu de l'Ancien Testament:

 

"Et quand Moise eut achevé d'écrire les paroles de cette loi sur un livre, sans qu'il en manque rien. Il fit ce commandement aux Lévites qui portaient l'arche de l'Alliance de l'Éternel, et leur dit: Prenez ce livre de la loi, et mettez-le à côté de l'arche de l'alliance de l'Éternel votre Dieu. Et il sera là comme témoin contre toi" (Deut. 31:24-26).

 

Non seulement les Lévites avaient-ils la charge énorme de garder les Écritures de l'Ancien Testament sous la surveillance du Seigneur, ils devaient aussi en faire des copies fidèles pour le roi:

 

"Et dès qu'il sera assis sur son trône royal, il écrira pour lui dans un livre, un double de cette loi, qu'il recevra des sacrificateurs de la race de Lévi" (Deut.17:18).


Une telle pratique se répéta souvent au cours de l'histoire. Elle faisait partie des fonctions vitales du ministère des Lévites dans le temple.

 

Les Talmudistes:

Ces derniers, ennemis jurés du christianisme, surtout actifs entre le premier et le cinquième siècle de l’ère moderne, avaient eu la responsabilité de cataloguer les écrits des lois civils et canoniques de l’époque.  Ils avaient aussi développé, à l’interne, une discipline très stricte pour la reproduction des textes sacrés de la Bible. "Lorsque les Talmudistes avaient a reproduire les saintes écriture, ils devaient se conformer à des règles précises et être extrêmement minutieux. Ils devaient d’abord utiliser des peaux d’animaux purs, préparées par un des leurs exclusivement pour leur utilisation. Les peaux devaient être retenues ensembles par une ficelle provenant elle aussi d’animaux purs. Chaque peau devait contenir un certain nombre de colonnes, et ce nombre devait demeurer le même jusqu’à la fin du codex. La longueur de chaque colonne ne devait jamais passer sous les quarante-huit lignes ou encore dépasser soixante; la largeur de chaque colonne était de trente lettres. Le document dans son entier devait être aligné; et si trois mots se retrouvaient à l’extérieur des lignes, le document était déclaré sans valeur. L’encre utilisée devait être noir, pas rouge, ni verte, ou tout autre couleur, et elle devait être préparée selon une recette bien précise. Une copie authentique devait servir d’exemplaire, de laquelle le copiste ne devait absolument pas dévier. Aucun mot ou lettre, pas même un trait, ne devait être écrit de mémoire, le copiste n’ayant pas regardé le codex original avant. Entre chaque consonne devait se trouver l’espace d’un cheveux ou d’un fil; entre chaque nouveau paragraphe, ou section, il devait y avoir la largeur de neuf consonnes; et entre chaque livre, trois lignes. Le cinquième livre de la Loi devait se terminer sur une ligne; mais cette règle ne s’appliquait pas aux autres livre. En plus de ces règles, le copiste devait être paré d’un habillement spécifique, il devait laver son corps avant de commencer, ne jamais écrire le nom du Dieu avec une plume nouvellement trempée d’encre, et si un roi venait à adresser la parole au copiste alors qu’il transcrivait le nom de l’institution divine, le copiste ne devait même pas s’arrêter à la présence du monarque à ses côtés." (Samuel Davidson, Hebrew Text of the Old Testament, 2nd edition, London, Samuel Bagster & Sons)

 

Les Massorètes:

Le Canon du texte de l'Ancien Testament fut reconnu comme terminé et scellé depuis le temps de Esdras et Néhémie, et plus particulièrement depuis le Concile de Jamnia en l'an 90. Le texte de l'Ancien Testament qu'ils utilisèrent fut précisément le même qui est employé dans la Bible d'Olivetan et ses versions de la Martin et de l'Ostervald. Ce fut en effet le même texte qui fut utilisé par Jésus et ses disciples. Ce texte suivait une longue lignée de copies fidèles qui maintenaient le caractère et les mêmes mots que les autographes. La seule différence est que ce fut un texte consonnal qui n'avait aucune voyelles. Les scribes "massorètes" mot qui signifie "traditionalistes", prirent la relève des Lévites pour maintenir la pureté du texte. De l'an 500 à l'an 1,000, ils introduisirent une méthode de préservation du texte qui fut la plus ingénieuse jamais inventée. L'emphase fut sur la préservation même de la plus petite lettre dans sa forme originale et pure. "Ils inventèrent les points voyelles (Problèmes des versions françaises de la Bible, par: A. Lamorte) Œuvre admirable qui témoigne du respect apporté à un texte qui se devait de conserver, sous son aspect extérieur nouveau, tous les moyens d'une lecture conforme. Ils ont inventé également tout un système d'accents, afin de sauvegarder la lecture rythmée du texte Hébreu. Points-voyelles et accents furent placés au-dessus, ou au-dessous du texte, et non insérés dans le texte même, afin que ce dernier demeure inchangé dans son aspect consonnal. Les massorètes n'ont en rien changé ou altéré le texte original de l'Ancien Testament"

 

"Les Massorètes, étaient tout aussi disciplinés que les Talmudistes dans la façon de traiter les copies de la Bible. Ils avaient d’ailleurs développé une révérence inimaginable face aux saints textes. Ils avaient ainsi mis en place un système de mesures de protection complexe pour se protéger contre les erreurs de reproduction. Ainsi, en plus d’enregistrer une variété de lectures, de tradition, et de conjectures, ils avaient entrepris une série de calculs qui ne sont habituellement pas inclus dans la sphère de la critique textuelle. Ils contaient les strophes, les mots, et les lettres de chaque livre. Ils calculaient le mot et la lettre au milieu de chacun des textes. Ils énuméraient les versets qui contenant toutes les lettre de l’alphabet, ou un certain nombre d’entre elles; et ainsi de suite. Ces banalités, comme on serait en droit de les qualifier, avaient malgré tout l’effet de garantir une attention précise et minutieuse à la transmission du texte; elles étaient, en fait, la manifestation excessive d’un respect absolu pour les textes de la Bible, un respect qui ne mérite à mon avis rien d’autre que des louanges. Les Massorètes étaient anxieux qu’aucun trait, ou virgule, ou la moindre lettre, ou même une partie de cette lettre ne passe ou ne soit perdue." (Frederic G. Kenyon, Our Bible and the Ancient Manuscripts, New York, Harper & Broders, 1941).

 

Texte Massorétique Hébreu de Daniel Bomber 1524

 

Selon la divine providence de notre Dieu Souverain, la Texte Massorétique Hébreu, nommé aussi Texte Traditionnel, fut imprimé au 15" siècles. Les Psaumes furent imprimés en 1477 et la Bible en entier (Ancien Testament) en 1488. Ce Texte Hébreu devint la base de l'Ancien Testament de la Bible Allemande de Luther, de la Bible Française d'Olivetan, et de la Bible Anglaise de la King-James. Ainsi notre Dieu Tout-Puissant nous préserva sa