TOUT SAVOIR SUR LE PARLER EN LANGUES
par F.Legrand
«Mise en page par Jean leDuc»

«D'une manière lucide, précise et solidement biblique, F. Legrand nous expose la source et les dangers du parler en langues actuel et du baptême des esprits qui empoisonnent le christianisme. Dans nos temps de ténèbres et de tiédeur spirituelle où nous voyons l'hérésie du Pentecôtisme faire des ravages à l'échelle mondiale, ce livre luit comme une lumière dans les ténèbres. Nous le recommandons fortement à tous chrétiens sérieux qui combattent pour la vérité. De crainte que ce document précieux ne soit perdu et ne puisse être retrouvé sur l'Internet, nous avons trouvé bon de le sauvegarder et de le maintenir en-ligne pour que son instruction indispensable demeure accessible à tous... Jean leDuc»
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7. S’édifier soi-même ?
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12. Les expériences
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14. La relation de cause à effet (La dérive morale)
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15. La relation de cause à effet (La Dérive Doctrinale)
Tout savoir sur le parler en langues
Écrire un livre sur le sujet si controversé du parler en langues, n’est assurément pas le meilleur moyen de se faire des amis. C’est au contraire la façon la plus sûre d’en perdre quelques-uns. Pour la défense de la vérité, l’apôtre Paul prenait le risque de déplaire. Il disait en Galates 1.10 : " Est-ce la faveur des hommes que je désire ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ ". Toutefois, que Dieu nous garde de cultiver l’art de déplaire. Comme le disait Alexandre Vinet, il faut de la charité pour les personnes et non pour les idées. Mais l’esprit de certains est ainsi tourné que c’est la vérité elle-même qui les dérange. Quand Ralph Shallis a écrit son livre Le don de parler diverses langues, il l’a fait avec tant d’amour qu’il n’a pas pris moins de dix pages pour s’excuser des vérités qu’il allait développer. Personne n’a, pour les dire, mis autant de gants. Certains n’y ont cependant vu que des gants de boxe. Un adage populaire ne prétend-il pas qu’il n’y a que la vérité qui blesse ? Mais la Bible dit que les blessures d’un ami prouvent sa fidélité (Prov. 27.6). Il serait illusoire de croire que l’attitude la plus fraternelle puisse prévenir certaines ruptures. Mes exposés antérieurs sur le sujet m’ont valu de solides et durables inimitiés. Paul, comme il le dit en Galates 4.16, " se faisait des ennemis en disant la vérité ", et cela parmi ceux qui lui étaient les plus proches, qu’il avait amenés au salut et qui étaient ses enfants spirituels.
L’éventail des positions sur cette question est tel qu’il faudrait écrire non pas un livre mais plusieurs car les nuances sont nombreuses. Chez ceux qui sont tout acquis à la cause, on trouve, en dégradé, ceux pour qui le parler en langues est :
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1. La condition sine qua non du salut.
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2. Le signe nécessaire ou évident du baptême de l’Esprit.
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3. Un charisme qu’ils n’exercent qu’en privé.
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4. Un moindre don.
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5. Une pratique qu’ils jugent parfois abusive et contrefaite.
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6. Un don qu’ils ne recherchent pas pour eux-mêmes tout en admettant son exercice dans l’Église.
Au bord opposé, on trouve, aussi en decrescendo, ceux pour qui le parler en langues actuel est :
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1. Une contrefaçon qu’ils dénoncent.
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2. Une pratique qu’ils condamnent avec plus de parti-pris que de connaissance biblique.
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3. Un sujet d’intérêt spirituel mais circonscrit à une période de l’histoire comme la Nativité et la Crucifixion.
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4. Une " possibilité " d’ordre tout à fait secondaire dont ils se méfient.
Ces deux tableaux peuvent paraître incomplets, mais ils sont révélateurs de multiples sensibilités. Ne classer les protagonistes qu’en deux camps, les uns pour et les autres contre, peut sembler simpliste, mais il faut s’y résoudre si on veut que le lecteur s’y retrouve.
Pour donner plus de poids à cette étude, je me suis attaché à citer en priorité les écrits d’auteurs pentecôtistes en vue, et à en faire témoigner d’autres qui ont quitté le mouvement pour des raisons de doctrine. Parmi eux, je donne une place de choix à mon ami Albert Busono qui a fait un travail considérable de recherche et de compilation au niveau de la littérature pentecôtiste anglo-saxonne. Mais en premier lieu, ce qui forme la trame de cet ouvrage, c’est mon cheminement personnel et celui de ma chère épouse à qui je dédie ce livre.
Par déférence pour mes frères pentecôtistes modérés qui, sur l’essentiel, croient comme moi à toutes les vérités fondamentales de l’Évangile, j’ai évité (citations d’auteurs exceptées) de nommer leurs Églises par leurs appellations particulières. Pour désigner ceux qui, à des degrés divers, adhèrent au parler en langues, je me suis rangé à l’expression la plus répandue : le pentecôtisme, expression à laquelle je ne prête aucun sens péjoratif. Jusqu’au chapitre 13 je fais la distinction entre eux et les charismatiques catholiques : plusieurs pentecôtistes conservateurs seraient en effet choqués d’être confondus avec ces charismatiques dont ils se démarquent énergiquement.
Certains demanderont : pourquoi un tel livre ? Parce que beaucoup ont souhaité posséder un ouvrage de référence fouillé sans être touffu, avec une ligne directrice et des sujets bien compartimentés permettant de s’y retrouver facilement afin de savoir, selon l’exhortation de Colossiens 4.6, " comment il faut répondre à chacun ".
Ma prière à Dieu pour mes lecteurs est qu’ils soient animés de l’esprit des Juifs de la ville grecque de Bérée : " Ces Juifs avaient des sentiments plus nobles... ils sondaient chaque jour les Ecritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact " (Actes 17.11). F.Legrand
Chapitre 1
L’analyse du renouveau charismatique
Le Renouveau Charismatique au sein de l’Église Catholique, était sous la plume de D. Cormier, le titre d’une plaquette éditée au Canada vers la fin des années 70. Elle recouvrait la position du pentecôtisme classique de l’époque. Nous allons la résumer ici sans trahir ni tronquer la pensée de l’auteur en la rapportant.
Si, par endroit, le langage paraît excessif à certains, ce n’est pas le nôtre; rien n’est de nous, sauf les liaisons entre les paragraphes.
Ce livre décrit le désarroi des catholiques sincères devant la sécheresse de leur Église, leur soif d’une authentique vie spirituelle et leur recherche sincère de la vie de l’Esprit, à partir de contacts avec divers pasteurs pentecôtistes, de la lecture du livre La Croix et le Poignard de David Wilkerson, et d’un autre livre pentecôtiste Ils parlent en d’autres langues de J.L. Sherrill.
Ils persévérèrent pendant plus d’un an, priant chaque jour en disant : Viens Saint-Esprit... Cela se passait à l’université Duquesne en Pennsylvanie. A South Bend en Indiana la même recherche, la même attente se faisait avec des professeurs de théologie du collège Sainte-Marie. Là, ils firent appel au frère Ray Bullard, diacre d’une Église pentecôtiste voisine et président local du groupe des Hommes d’Affaires du Plein Evangile. Cet homme était estimé pour sa grande expérience des dons spirituels, et était décrit comme un homme humble qui ne cherchait qu’à être utilisé par le Seigneur. Il devint en quelque sorte le parrain spirituel de la communauté charismatique qui se formait à Notre-Dame. Pendant plusieurs mois ils se réunirent chez Ray Bullard, où se tenaient déjà des réunions pentecôtistes et où plusieurs pasteurs pentecôtistes furent invités régulièrement pour donner des exposés et répondre aux questions des nouveaux venus.
Puis ce fut l’explosion; un week-end, de nombreux étudiants catholiques furent baptisés dans le Saint-Esprit. Cela se répandit comme une traînée de poudre. Lors d’une de ces rencontres chez Ray Bullard, un ancien missionnaire pentecôtiste posa la question : Maintenant que vous avez reçu le Saint-Esprit, quand comptez-vous quitter l’Église catholique ? Etonnés, ils répondirent : Mais nous n’avons nullement l’intention de quitter l’Église ! Le sentiment unanime des pentecôtistes classiques de l’époque, était que l’Esprit Saint allait tôt ou tard ouvrir les yeux des catholiques. Mais à mesure que le temps passait, il devenait évident qu’ils étaient bien décidés à rester catholiques et que la hiérarchie récupérait le mouvement au profit de l’Église romaine. Cinq hypothèses furent alors émises pour expliquer l’attitude de ces catholiques qui continuaient à suivre les enseignements et les pratiques de leur Église tout en affirmant avoir reçu le Saint-Esprit :
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1. Ce mouvement n’est encore qu’à ses débuts; les catholiques qui en font partie changeront plus tard.
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2. Ce mouvement vient de l’Esprit, mais la hiérarchie catholique a su le canaliser à son profit.
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3. Ce mouvement est l’accomplissement de la prophétie : " Je répandrai mon Esprit sur toute chair ", et démontre que l’Esprit Saint est au-dessus de nos préjugés religieux et peut sauver quiconque indépendamment de sa doctrine.
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4. Ce mouvement n’est qu’une mise en scène pour attirer les protestants dans le piège de l’œcuménisme.
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5. Ce mouvement est une contrefaçon du diable et prépare la venue de l’antéchrist.
L’auteur développe la position qu’adopte encore, en Europe en tout cas, une partie du pentecôtisme historique et qui est résumée par ces cinq hypothèses :
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1. Ce mouvement n’est encore qu’à ses débuts; les catholiques qui en font partie changeront plus tard.
Il constate que, contrairement à l’attente générale, la caractéristique principale du mouvement charismatique ramenait au catholicisme ceux qui s’en étaient éloignés et ranimait leurs dévotions idolâtres.
Les professions de foi charismatiques s’exprimaient ainsi :
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- Les dévotions mariales se sont chargées pour nous de sanctifications.
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- La vie sacramentelle de l’Église est devenue plus riche de sens.
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- J’en suis arrivé à une compréhension plus profonde de l’eucharistie en tant que sacrifice, et je suis revenu aux confessions fréquentes.
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- Je me suis alors découvert une profonde dévotion à Marie.
Citant alors le Père O’Connor, il nous livre une profession de foi charismatique à faire frémir n’importe quel pentecôtiste, évangélique ou réformé :
" Les premiers effets furent une plus grande dévotion envers l’eucharistie. L’effet le plus frappant, pour un bénédictin, après son baptême dans l’Esprit, a été de chanter la messe. Le culte à Marie a été renforcé par le mouvement pentecôtiste dans tout le pays. En résumé, l’effet du mouvement pentecôtiste a été de sauver des personnes pour l’Église, pour la prêtrise et pour la vie religieuse ".
Le changement attendu n’ayant pas eu lieu, cette première hypothèse ne pouvait pas être retenue.
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2. Ce mouvement vient de l’Esprit, mais la hiérarchie catholique a su le canaliser à son profit.
L’explication sur ce point est moins précise. Sont cités les noms des Pères Regimbald, O’ Connor et du cardinal Suenens qui introduisirent le mouvement charismatique auprès des laïcs. Le retour aux dévotions traditionnelles n’est pas le résultat de pressions de la part de la hiérarchie, mais l’effet même de l’expérience charismatique. Le Père Mc Donnel est cité en ces mots : " Les pentecôtistes catholiques sont portés à reprendre et à cultiver des formes de contact avec Dieu qu’ils avaient abandonnées. Cela ne tient pas à une théologie conservatrice mais plutôt à l’effet transformant de leur expérience ".
Si la hiérarchie romaine est bien pour quelque chose dans un retour à ce paganisme à verni chrétien, la cause déterminante (nous ne faisons que citer) c’est l’expérience " pentecôtiste ".
Cette deuxième hypothèse n’est pas retenue.
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3. Ce mouvement est l’accomplissement de la prophétie : " Je répandrai mon Esprit sur toute chair " et démontre que l’Esprit Saint est au-dessus de nos préjugés religieux et peut sauver quiconque indépendamment de sa doctrine.
La question qui est ensuite posée est très lourde de conséquence : l’esprit qui agit dans l’Église romaine est-il le Saint-Esprit ? En parlant de l’Esprit Saint, Jésus a dit : " Il vous conduira dans toute la vérité ". C’est le propre du Saint-Esprit. Le propre de l’esprit mauvais est de conduire dans une partie seulement de la vérité. Or, un des effets les plus frappants du charismatisme, c’est de conduire ses adeptes dans une partie de la vérité et une partie d’erreur comme par exemple : la prière spontanée ET le chapelet; l’adoration du Christ ET du saint-sacrement; la lecture de la Bible ET le culte de Marie.
Suivent quelques témoignages de gens qui ont été baptisés du Saint-Esprit, l’un en finissant de réciter son chapelet, l’autre pendant qu’il chantait une hymne à la messe, une autre encore pendant qu’elle était agenouillée et priait la sainte Vierge. Ces témoignages suffisent nettement à démontrer que l’esprit qui baptise ces gens est en contradiction avec les Écritures et ne peut aucunement être le Saint-Esprit. Ce n’est pas mettre en doute l’œuvre du Saint-Esprit mais bien lui attribuer une telle horreur et une telle idolâtrie qui constitue un blasphème contre sa divine personne. (L'auteur touche ici l'essence primordiale de l'hérésie du Pentecôtisme et du Charismatisme, à savoir que le baptême du Saint Esprit dans ces deux mouvements est un baptême des esprits ou plus précisément «un baptême de démons». Cette pratique néfaste est nul autre qu'un blasphème contre le Saint Esprit, le péché impardonnable... Jean leDuc).
S’accordant au pentecôtisme biblique de l’époque, l’auteur tire une conclusion très réfléchie dont nous nous servirons plus loin : Nous vivons dans un monde marqué par le relativisme... où l’on ne croit plus en une vérité absolue mais en des vérités relatives subordonnées à l’expérience humaine. L’accent est ainsi davantage mis sur l’expérience que sur la doctrine. Le fait de parler en langues ou de ressentir une certaine paix intérieure... l’amour pour Dieu, Marie et les saints est plus important que de connaître la saine doctrine. Citant Charles Foster il dit : Quand l’expérience de l’Esprit passe avant la doctrine et le salut, la séduction est certaine...
La troisième hypothèse ne pouvait être retenue.
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4. Ce mouvement n’est qu’une mise en scène pour attirer les protestants dans le piège de l’œcuménisme.
Tout en reconnaissant que sans la contribution pentecôtiste le mouvement charismatique n’aurait jamais pu se développer au sein de l’Église catholique, il admet le danger et ajoute : Il est malheureux de constater que quelques chrétiens évangéliques ainsi que de nombreux protestants n’ont pas reconnu ce piège. Des preuves abondantes démontrent que le charismatisme sert les intérêts de Rome et de l’œcuménisme, mais nous devons rejeter l’hypothèse que ce ne serait qu’une mise en scène pour attirer les protestants dans le piège de la débauche œcuménique. Les guérisons, prophéties, miracles opérés dans le mouvement charismatique nous interdisent de n’y voir qu’une mise en scène humaine... Si le Saint-Esprit ne peut être derrière ce mouvement c’est bel et bien un esprit réel et agissant... ce sont des événements surnaturels qui ont amené ce mouvement à se développer avec tant de rapidité et de vigueur.
N’étant donc pas le résultat direct d’un calcul humain, mais l’émanation d’un esprit étranger, cette quatrième hypothèse ne pouvait pas être retenue. Restait la cinquième.
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5. Ce mouvement est une contrefaçon du diable et prépare la venue de l’antéchrist.
On ne peut reproduire le texte in extenso mais ce raccourci en donnera les idées principales.
A l’université Duquesne, après le baptême du Saint-Esprit d’une trentaine d’étudiants, plusieurs guérisons publiques et surnaturelles suivirent bientôt. Parmi celles qui impressionnèrent le plus les observateurs, ce furent les manifestations prophétiques en langues et leur interprétation. K. et D. Ranafhan racontent dans leur livre Le retour de l’Esprit : Lors d’une réunion de prière à South Bend, un prêtre qui y assistait pour la première fois, demanda à l’homme qui se trouvait près de lui, où il avait appris le grec. -- Quel grec ? Le prêtre dit alors au groupe qu’il avait distinctement entendu son voisin répéter les premières phrases du " Je vous salue Marie " en grec. Le Père O’Connor ajoute dans son livre : Avant cette rencontre, il n’y avait que très peu de trace de dévotion mariale dans le groupe... à partir de là il y eut un élan de piété mariale. Pour eux, les divers miracles et manifestations mariales sont les preuves infaillibles de la présence de Dieu dans leur Église.
D. Cormier rétorque que la Bible nous met cependant en garde contre des signes miraculeux et mensongers (2 Thess. 2.9-12).
L’analyse ne pouvait dès lors aller que dans le sens de la dernière hypothèse. La condamnation du réveil dit charismatique est nette et sans appel. C’est, dit-il, le croisement du pentecôtisme protestant et de l’idolâtrie catholique. Rappelons que rien n’est de nous dans cette analyse. C’est pourquoi nous avons pris soin de mettre le texte original en italique.
Cette analyse et ces conclusions sont-elles les nôtres ? Permettez-nous, en un premier temps, de réserver notre réponse, car aussi abrupte qu’elle paraisse, cette conclusion est encore celle d’une partie du pentecôtisme conservateur européen. Souvenons-nous que c’est du don du parler en langues et du signe dont il est porteur que nous devons débattre. Si nous avons condensé cet article percutant sur les charismatiques, c’est parce qu’on trouve chez eux comme chez les pentecôtistes, la triple notion des langues, du signe et du baptême du Saint-Esprit. Toutefois, comme le fait clairement ressortir cette analyse, les pentecôtistes (encore) classiques, nient qu’elle ait la même origine. S’ils en sont si sûrs, pourquoi s’affligent-ils d’être les initiateurs de cette erreur qu’ils qualifient de diabolique ?
Nous citons à nouveau : " Ray Bullard, diacre d’une Église pentecôtiste, possédant une grande expérience des dons spirituels... et plusieurs pasteurs pentecôtistes... ". Ce sont eux qui ont enseigné, prié et imposé les mains pour que ces catholiques reçoivent le Saint-Esprit. Et ce serait des mains des pentecôtistes à la saine doctrine qu’ils auraient reçu un esprit malsain ?! Il y a là de quoi être bouleversé surtout quand ils sont obligés d’avouer : " SI CE N’EUT ETE DE RAY BULLARD, LE DIACRE PENTECOTISTE... JAMAIS CE MOUVEMENT N’AURAIT VU LE JOUR " (Page 15).
Or, derrière les anciens qui ont imposé les mains à Timothée, il n’y avait rien d’autre que ce que ce jeune serviteur a reçu : le don de Dieu (2 Tim. 1.6). Et derrière les mains d’Ananias qui les a imposées à Saul de Tarse, il n’y avait rien d’autre que le Saint-Esprit. Et quand ce même Saul de Tarse, devenu l’apôtre Paul, a imposé les mains aux disciples de Jean à Éphèse, ils n’ont reçu d’autre Esprit que le vrai. Si donc c’est un esprit diabolique qu’ont reçu ces catholiques sincères, des mains de ces spécialistes chevronnés que sont Ray Bullard et les pasteurs pentecôtistes qui lui sont associés, c’est que derrière leurs mains et leurs prières, il y avait ce qu’ils ont déploré par la suite, c’est à dire tout autre chose que le Saint-Esprit. Jésus l’a dit d’une façon telle qu’il est impossible de s’y méprendre : " Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre de bons fruits " (Mat. 7.18). Si le fruit est par eux-mêmes déclaré mauvais, c’est que leur arbre était de la même nature.
C’est ce qui semble échapper à nos amis pentecôtistes. Quand on leur fait remarquer les bizarreries dont leurs milieux sont affligés; que c’est tout autre chose que le Saint-Esprit qui produit des dérapages verbaux incontrôlables et des excentricités de comportement, leur invariable réponse est la parole de Jésus : " Quel est le Père parmi vous qui donnera une pierre à son fils s’il lui demande du pain ? Ou s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d’un poisson ? Ou s’il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion ? Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ? " (Luc 11.11-13).
Mais n’est-ce pas là un argument-boomerang ? Car en s’adressant à Ray Bullard et aux pasteurs pentecôtistes, ces catholiques n’ont demandé ni une pierre, ni un serpent, ni un scorpion; c’est pourtant ce qu’ils ont reçu. Maintenant ces amis se mordent les doigts d’avoir prié et imposé les mains à des catholiques qui ont dès lors reçu un mauvais esprit, selon ce qu’ils en témoignent. Ce qui devrait par-dessus tout les inquiéter, ce n’est pas tellement ce que ces catholiques ont reçu mais bien plutôt ce qu’ils leur ont transmis. Ne serait-ce pas le comble de l’aberration d’entendre un mari se plaindre ou s’indigner d’un sida que sa femme aurait eu de lui. Son analyse de la maladie de son épouse serait peut-être juste, mais l’accuser d’avoir contracté un mauvais sida, tout en soutenant que le sien est bon, c’est une affaire sérieuse qui exige que l’on s’y attarde. J’abonde entièrement dans le sens des amis pentecôtistes quand ils disent que le virus attrapé par les charismatiques est mauvais parce qu’il est anti-biblique, mais quand on sait, d’après leur propre aveu, où ils l’ont attrapé et de qui ils le tiennent, ils devraient être les premiers à se poser ces questions : Et si c’était le même " baptême de l’Esprit " ? Et si c’était le même " parler en langues " ?!
Chapitre 2
Nous allons nous en tenir, tout au long de cette étude, à cet excellent principe énoncé au chapitre 1 par D. Cormier : " L’esprit qui est en contradiction avec les Écritures, ne peut être le Saint-Esprit ". Il a permis aux pentecôtistes conservateurs de débusquer les graves erreurs de leurs semblables charismatiques et d’en conclure :
" Les manifestations surnaturelles (chez les charismatiques) sont un signe leur disant qu’ils n’ont rien à craindre, qu’ils sont dans la bonne voie alors qu’ils marchent dans l’erreur... Ces manifestations elles-mêmes reproduisent plus ou moins fidèlement celles que l’on trouve dans le Nouveau Testament. C’est pour cela que l’on peut parler avec raison de contrefaçon " (Analyse du renouveau charismatique, Page 15).
On ne peut qu’applaudir à cette clairvoyance biblique pour autant qu’on ne l’applique pas qu’aux autres. Car, s’ils scrutaient leur propre doctrine avec la moitié moins de rigueur qu’ils ne l’ont fait envers les charismatiques, ils verraient que, comme ils le disent si bien : " Croire qu’on est dans la bonne voie grâce aux signes, aux miracles, au parler en langues ", c’est aussi l’essentiel de ce qui fait leur foi, leur force et leur sentiment de sécurité. Par exemple, quand la croissance rapide du mouvement qu’ils condamnent est attribuée aux manifestations spirituelles, n’est-ce pas précisément d’elles qu’ils se vantent ou se réclament pour expliquer et justifier leur croissance plus rapide que celle des évangéliques ? Mais nous sommes bibliques, nous ! entendons-nous dire. Nos pratiques sont conformes au modèle scripturaire !
Un Modèle Scripturaire ?
C’est ce que nous allons commencer par examiner dans ce deuxième chapitre. Que lit-on dans la Bible à propos de l’exercice véritable du parler en langues ? : " Celui qui parle en langues ne parle pas aux hommes mais à Dieu " (1 Cor. 14.2). C’est ce que, de façon péremptoire, Paul, le plus grand docteur de l’Église et de surcroît conduit par l’Esprit, enseignait aux Corinthiens : " ... il ne parle pas aux hommes... ". Ce texte à lui tout seul fait vaciller toute la caractéristique pentecôtiste et lézarde son système jusque dans ses fondements. Le Saint-Esprit lui-même, auquel on ne résiste pas sans risque, précise que ce n’était pas à des hommes que les paroles dites en langues, étaient adressées mais à Dieu. A l’instar des Béréens (Actes 17.11) qui sondaient chaque jour les Écritures pour savoir si ce qu’on leur disait était exact, rien n’est plus facile que de les examiner pour savoir si ce qui se dit dans le mouvement de Pentecôte, sur ce point précis, est exact. Après plus de trente années de contacts étroits avec eux et après avoir épousé certaines de leurs idées, j’ai bien été forcé d’admettre qu’il y avait sur ce point un désaccord flagrant avec ce que dit la Parole de Dieu. Je me suis d’abord incliné devant son autorité, puis je suis passé à une vérification plus poussée sur le terrain. A des frères bien ancrés dans leur conviction, j’ai plusieurs fois posé la question : Quand, dans votre Église, un parler en langue est interprété, de quoi s’agit-il ? Je ne posais pas la question parce que je ne connaissais pas la réponse, mais pour avoir, de leur propre bouche, une réponse nette qui ne laissait aucune place à l’ambiguïté. Sans aucune exception, les réponses allaient dans le sens de ce que j’avais toujours constaté : c’est une parole d’encouragement, ou une prophétie, ou une exhortation, ou même une évangélisation. Cela s’adressait forcément aux auditeurs présents, aux hommes, et c’était, par voie de conséquence, en totale contradiction avec le Saint-Esprit qui a dit au contraire : " Celui qui parle en langues, ne parle pas aux hommes ". En bref, l’exercice d’un don qui n’est pas conforme à l’Écriture ne peut pas venir de l’Esprit de Dieu mais plutôt, comme ils le disent si justement à propos de leurs frères charismatiques, d’un esprit étranger. Après avoir reçu les réponses que je viens de rapporter, je faisais voir à mes interlocuteurs ce qu’en disait la Bible. Certains étaient comme effondrés devant ces paroles limpides qu’ils n’avaient jamais vues ou qu’on leur avait toujours cachées. Les plus intelligents mesuraient en un instant l’ampleur du désastre doctrinal qui les atteignait : un vrai Waterloo.
Empêché de Voir
____________________ Proposition de report des pages 19 à 21 faite au chapitre 12 (page 126)
Chez beaucoup d’autres, par contre, je constatais comme une incapacité à saisir le sens de ces paroles pourtant claires : " ... il ne parle pas aux hommes ". Il y avait comme un voile mis sur leur intelligence. Ils disaient : Mais bien sûr que c’est comme ça ! tout en étant incapables de voir que leur " comme ça " , ce n’était pas du tout ça, c’était même le contraire. Au départ, il n’y avait chez eux aucun esprit de dérobade mais un empêchement de voir. Ils lisaient bien " il ne parle pas aux hommes " mais ils semblaient comprendre à l’envers, répondant que Dieu devait bien parler à son Église par ce moyen-là, certains allant jusqu’à dire : Comment Dieu nous parlerait-il si ce n’est par ce moyen-là ?
Mon plus récent entretien sur le sujet est révélateur de cet aveuglement. Je me suis aperçu que citer le texte verbalement était insuffisant. Mon interlocuteur suivait son idée et restait imperméable à la Parole de Dieu. Je me suis assis à côté de lui, Bible ouverte, et je lui ai fait lire le texte à haute voix. Rien n’y faisait. Je m’y suis repris plus de dix fois. Tout à coup, le déclic s’est fait. Il a compris de quoi il s’agissait. C’est alors que son vrai problème a débuté. Il commençait à mesurer la portée de cette vérité qui enfonçait sa position comme l’iceberg dans le flanc du Titanic avant de l’envoyer par le fond. Pauvre ami, qui heurtait de front une Bible qui disait le contraire de ce qu’il croyait tellement bien connaître. Pour se sortir de ce mauvais pas, il ne lui restait d’autre issue que de m’opposer le sable mouvant de ses expériences. Dans mon premier ouvrage sur les langues, j’ai rapporté la confrontation qui eut lieu entre un frère à l’œuvre des Assemblées dites darbystes et mon voisin, pasteur de la Pentecôte. Ce dernier ne fit vraiment pas le poids. Acculé à reconnaître que son opposant avait raison, il ferma sa Bible, la poussa de côté et dit : " Bibliquement vous avez raison, mais je ne peux pas renier une expérience ! ". Tout était là, dans le geste et dans la parole. La Bible mise de côté et l’expérience mise en avant. Trente ans plus tard, rien n’a changé. Comme le dit D. Cormier déjà cité plus haut :
" Nous vivons dans un monde où l’on ne croit plus à la vérité absolue, mais à des vérités relatives subordonnées à l’expérience humaine où l’accent est davantage mis sur l’expérience que sur la doctrine. Parler en langues, ressentir une paix intérieure est plus important que de connaître la saine doctrine ".
Le dernier entretien auquel je fais allusion s’est terminé de la même façon que le premier. Après avoir, une fois de plus, fait remarquer à mon interlocuteur que son expérience personnelle et son observation du parler en langues dans son Église s’adressait bien à des hommes, à l’inverse de ce que dit la Bible, je lui ai demandé : " Qu’allez-vous mettre de côté, la Parole de Dieu ou votre expérience; vous devez faire un choix entre les deux; quel est-il ? ". Sans hésitation et deux fois de suite, la réponse a été : " Je choisis l’expérience ! ". Compréhensible mais malheureuse obstination qui s’explique par ce terrible aveu d’un pasteur à propos de cet enseignement biblique sur ce point particulier du parler en langues : " Quand cette parole de Paul a commencé à circuler dans nos Assemblées, ça a fait l’effet d’une bombe. L’idée n’a pas été retenue car il aurait fallu admettre que TOUT CE QUI S’ÉTAIT FAIT JUSQU’ICI ÉTAIT FAUX ! ".
C’est faux, bien sûr, mais on fait en sorte que ça ne se sache pas ou que ça ne le paraisse pas. Comment s’y prend-on ? Il y a quatre moyens d’y arriver.
1. En mettant démesurément l’accent sur les expériences. Par exemple :
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- une prophétie dite en langue et me concernant s’est accomplie,
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- une exhortation en langue convenait à l’état de l’Église,
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- une guérison annoncée en langue s’est réalisée,
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- le traducteur ayant fait faux-bond, le prédicateur a continué dans la langue locale qu’il ne connaissait pas (anecdote usée jusqu’à la corde et toujours invérifiable),
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- un besoin pressant a été révélé en langue et une délivrance adéquate y a répondu, etc.
La source est intarissable. De tels témoignages, rapportés avec aplomb, conditionnent les auditeurs, les néophytes surtout, au point de les prémunir contre toute découverte ultérieure de la vérité. Nous développerons plus longuement le sujet des expériences au chapitre 9.
2. Le deuxième moyen c’est d’escamoter le texte, comme l’a dit ce pasteur, en ne retenant pas cette pensée trop dérangeante. C’est ce que faisaient les rabbins avec le chapitre 53 d’Esaïe lors de la lecture méthodique de la loi et des prophètes dans les synagogues. Quand ils arrivaient à la fin d’Esaïe 52, ils sautaient à Esaïe 54 ! J’atteste qu’en plus de trente ans de contacts, d’entretiens, de débats, d’échanges fraternels et de collaboration avec les milieux concernés, ce texte a toujours été soigneusement évité. Dans son livre en anglais " Vingt et une raisons pour parler en langues ", Godron Lindsay (à ne pas confondre avec Hal Lindsay), à sa onzième bonne raison dit que c’est pour parler à Dieu, et élude sans autre le gênant " ne parle pas aux hommes ". Ce " silence " accrédite l’idée que l’un et l’autre sont également bons.
3. Le troisième moyen, c’est de hausser les épaules et de traiter la chose comme quantité négligeable, avec une largeur de vue qui transforme le Saint-Esprit en girouette : " Bien sûr que la Bible dit cela, mais qui peut sonder les desseins de Dieu; n’est-Il pas souverain; ne peut-Il pas se servir de ses dons et les employer comme Il le veut ? ". On voit où cela peut conduire. A toutes les hérésies du monde, à redonner la parole au Perfide et à sa première suggestion : " Dieu a-t-Il réellement dit ? ". Tous les maux de l’humanité ont commencé là ! Je me méfie d’une certaine largeur de vue sur la Souveraineté de Dieu qui enlèverait toute souveraineté à sa Parole. Car si les insondables richesses de son amour et de sa sagesse peuvent donner un parler en langues qui s’adresse aux hommes, elles peuvent aussi nous avoir donné une reine du ciel, une co-rédemptrice, un ciel à mériter et une kyrielle de saints à invoquer.
4. Le quatrième moyen, c’est de trouver une parade à tout prix; de plonger dans la Bible à la recherche d’un mot, d’une allusion qui mette le Saint-Esprit en conflit avec lui-même, afin de respirer plus à l’aise. Chacun sait qu’à ce jeu-là, on peut faire dire à la Bible tout ce qu’on veut. En fait, presque toutes les hérésies ont trouvé leur origine dans la Bible. Au risque d’exposer son âme à la ruine en tordant le sens des Écritures comme le dit 2 Pierre 3.16, à quel texte va-t-on se raccrocher pour tenter de faire dire à la Parole le contraire de ce qu’elle dit ? Certains croient l’avoir trouvé en 1 Corinthiens 14.21 : " C’est par des hommes d’une autre langue que je parlerai à ce peuple ". Si Dieu parle à ce peuple par le moyen du parler en langues, c’est donc qu’Il s’en sert pour parler aux hommes. Remarquons d’abord que si tel était le sens à donner à ces paroles, la contradiction entre les deux textes serait totale. Il suffit de se rappeler que tous les signes, quels qu’ils soient, parlent aux hommes. C’est selon Hébreux 1.1, une des " plusieurs manières " dont Dieu se sert pour nous parler C'est ce qu'il a fait en Jean 17, où nous trouvons ce qui a été appelé à juste titre, la prière sacerdotale. Au premier degré, c'est exclusivement à son Père seul que Jésus s'adressait. Mais au second degré, sans nous adresser un seul mot, c'est à nous qu'il parle Cette prière à son Père nous parle de ses requêtes, de ses sentiments intimes, de son caractère personnel, de son intercession pour nous, et par-dessus tout de notre grand Souverain Sacrificateur. Ainsi en était-il de ces langues étrangères. Par elles, ceux qui les parlaient s'adressaient à Dieu, mais cela était très " parlant " pour ce peuple, en le renseignant dès le départ sur cette notion toute neuve qu'était le baptême de toute langue (ou toute chair) dans un même Esprit. De cette adoration en langues étrangères, Dieu, comme il le précise au verset 21 de 1 Corinthiens 14, allait s’en servir comme signe (ou pour faire signe) à CE PEUPLE qui justement demandait des signes et des miracles (1 Cor. 1.22). De quoi ce signe leur parlait-il ? Puisque c’était un signe constitué avec des langues, le plus logiquement du monde, cela leur parlait d’une affaire de langues; de langues qualifiées d’étrangères dans le même verset. Pour Dieu, il s’agissait simplement de dire à CE PEUPLE, son peuple d’Israël, que les étrangers et les langues dont ils étaient porteurs, avaient désormais le même accès qu’eux au Dieu d’Israël au point de pouvoir Lui parler comme eux le faisaient. Voilà de quoi ce signe leur parlait sans toutefois jamais s’adresser à eux verbalement. C’est ce qu’explique magistralement Pierre dans son mémorable discours du jour de la Pentecôte. A leur question : Ça veut dire quoi de parler dans ces langues étrangères ? Il donna la réponse de Dieu : " Je répandrai de mon esprit sur TOUTE CHAIR ", comprenez sur toutes langues, tous peuples, toutes tribus et toutes nations. Ce signe allait devenir très " parlant " pour ces Juifs qui n’avaient pas encore saisi la vocation des païens, ces gens aux langues étrangères.
Vérification Biblique
Il ne nous reste maintenant plus qu’à vérifier ce que 1’Ecriture dit de chaque occasion où un parler en langues nous est rapporté. Nous allons faire appel aux meilleurs auteurs pentecôtistes pour démontrer, à l’aide de leurs écrits, qu’en aucun cas il n’y eut jamais une seule parole adressée aux hommes bien que le signe fut donné à leur intention.
Donald Gee écrit : " Notre information, en ce qui concerne la manifestation donnée aux croyants lorsqu’ils sont baptisés de l’Esprit, se limite strictement aux cas relevés dans les Actes " (Glossolalia, Page 101). Cela veut dire qu’il ne veut prendre en considération aucune expérience autre que celles contenues dans la Parole de Dieu.
I. En Actes 2, il est dit qu’en de multiples langues réelles et contemporaines, on les entendaient " parler des merveilles de Dieu ". Beaucoup ont cru, à tort, qu’il s’agissait là de la prédication de l’évangile qui a amené trois mille personnes au salut. Un examen, même rapide, de ce chapitre montre que le parler en langues de ce jour-là n’a fait que soulever des questions; c’est la prédication de Pierre, non pas en langue, qui a amené cette foule au salut. Donald Gee est indiscutablement le maître à penser des pentecôtistes. Il a tenté de mettre un peu d’ordre dans le mouvement au niveau des idées et de lui donner une doctrine tant soit peu cohérente. Pour la fraction modérée, il fut l’homme le plus écouté de sa génération. Dans son livre Les dons spirituels, voici ce qu’il dit du parler en langues de la Pentecôte : " Le jour de la Pentecôte, ils parlaient tous en langues avant que la foule se rassemble. Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut. Il surprirent leur propre dialecte dans la bouche des disciples qui annonçaient les merveilles de Dieu. Il est clair que cette foule entendit des paroles QUI NE LUI ÉTAIENT PAS ADRESSÉES. Quand le moment de prêcher fut venu, ce fut Pierre seul qui s’adressa à la foule pendant que les onze se tenaient avec lui. Il usa du langage commun à tous afin que tous puissent le comprendre... Ainsi est contredite l’assertion erronée et séculaire du don pour la prédication de l’évangile aux païens ".
Dennis Bennett est un homme renommé par ses écrits dans le pentecôtisme. Voici ce qu’il dit sur le même sujet : " Il est surprenant de constater combien de chrétiens, même fondés, pensent que les langues parlées à la Pentecôte l’étaient pour proclamer l’évangile dans les langues de ces gens qui écoutaient parce qu’ils venaient " de toutes les nations qui sont sous les cieux ". Mais ce que dit ce passage, c’est " qu’il y avait en séjour à Jérusalem DES JUIFS de toutes les nations... ". C’était simplement des Juifs qui vivaient dans d’autres pays et qui étaient montés à Jérusalem pour la fête. Ils n’avaient pas besoin qu’on leur parle des langues étrangères. Ce qu’ils ont entendu n’était pas une proclamation de l’évangile, mais ils entendirent ces premiers chrétiens, LOUANT ET GLORIFIANT Dieu pour les merveilles qu’Il avait faites (v. 11) ".
Venant d’hommes aussi considérés ces témoignages sur ce point précis sont déterminants et nous marquons notre accord avec eux. Ce qui s’est dit en langues ne s’adressait pas aux hommes mais à Dieu.
II. La seconde relation apparaît à la conversion du centenier Corneille et de ceux de sa maison (Actes 10). La nature de cette glossolalie est identique à la première puisque Pierre nous y renvoie en disant aux apôtres à Jérusalem : " ... le Saint-Esprit descendit sur eux comme sur nous au commencement ", et il ajoute cette précision : " Dieu leur a accordé le même don qu’à nous qui avons cru au Seigneur Jésus " (Actes 11.15-17).
III. La troisième et dernière mention du parler en langues en Actes 19.6 (la conversion des douze disciples de Jean-Baptiste) ne nous dit rien de plus.
IV. La quatrième preuve se trouve dans les textes qui servent de base à cette étude, le chapitre 14 de la première lettre aux Corinthiens. Comment Paul voit-il la chose ? Il n’y voit que prier, chanter et rendre grâce en langues (versets 15 et 16). Rien d’autre que la prière et la louange n’apparaît dans son enseignement sur les langues. Sans contredit possible, la prière et la louange ne s’adressent qu’à Dieu. On ne peut donc jamais y trouver un message destiné à des hommes.
V. La cinquième preuve est dans le verset-clé de ce chapitre. Il porte avec lui sa propre conclusion : " Celui qui parle en langues ne parle pas aux hommes mais à Dieu " (1 Cor. 14.2). Sur un point aussi capital, la pratique pentecôtiste de ce don est déjà en complet porte-à-faux. C’est au moins aussi faux que la glossolalie de leurs jumeaux charismatiques. Nous l’avons lu : Une expérience, le " baptême du Saint-Esprit " qui entraîne les âmes à pratiquer le contraire de ce que dit l’Écriture, n’est pas du Saint-Esprit. Comme le descellement de la clé de voûte d’une ogive surbaissée entraîne ispo-facto la dislocation de tout l’ouvrage, cette première erreur sur le sujet des langues, fait aussi s’écrouler tout le système ( 1) d’un seul coup. " Comme une partie crevassée qui menace ruine et fait saillie dans un mur élevé, dont l’écroulement arrive tout à coup, en un instant : il se brise comme se brise un vase de terre, que l’on casse sans ménagement, et dont les débris ne laissent pas un morceau pour prendre du feu au foyer, ou pour puiser de l’eau à la citerne " (Es. 30.13-14).
( 1) Par " système " il ne faut entendre ici que ce qui, chez les frères pentecôtistes, se rapporte au don des langues. Aucun jugement n’est porté sur leur position fondamentaliste que d’ailleurs nous partageons. Nous ne contestons pas leur prédication de l’évangile souvent très biblique, ni la sincérité d’un grand nombre d’entre eux, ni leur zèle, ni leur qualité d’enfants de Dieu. (Il est à noté que les Pentecôtistes sont tous des Arminiens sans exceptions et qu'ils proclament tous le faux évangile du libre-choix qui s'oppose à la Souveraineté de Dieu. Nous ne pouvons donc les reconnaître comme des enfants de Dieu mais comme des enfants du malin. S'ils sont sincère, c'est qu'ils sont sincèrement dans l'erreur... Jean leDuc).
Il n’est pas superflu de rappeler cette réflexion citée plus haut : " Quand cette parole de Paul (... pas aux hommes, 1 Cor. 14.2) a commencé à circuler dans nos Assemblées, ça a fait l’effet d’une bombe. Elle n’a pas été retenue car il aurait fallu admettre que TOUT CE QUI S’ÉTAIT FAIT JUSQUE-LA ÉTAIT FAUX ! ".
Si pour nos amis pentecôtistes conservateurs, le don qu’ils ont passé aux autres sent le soufre, nous débouchons aussi sur l’incontournable évidence que leur glossolalie est aussi anti-scripturaire et de la même nature que celle qu’ils ont communiquée aux charismatiques catholiques par l’imposition de leurs mains.
Tentative de replâtrage
Le parler en langues - adoration ou prière ?
Avant de passer à l’erreur suivante, on ne peut pas ne pas dire un mot sur les Églises pentecôtistes qui ont fait volte-face sur ce point. Dans leurs réunions la pratique du parler en langues se continue mais, sur commande, l’interprétation s’est transformée en louange ou en prière. Que faut-il en penser ? S’agit-il d’un courageux retour à plus de vérité ? A ce stade peu avancé de notre étude, la réponse ne serait que partielle au point d’en paraître partiale. Les chapitres suivants nous montreront d’autres aspects volontairement méconnus sur le sujet et nous permettrons de donner un avis définitif. Mais déjà on est obligé de constater que là où il y a eu rectification, rien n’est changé que l’interprétation. Le parler en langues, lui, est resté pareil à ce qu’il était avant : ce sont les mêmes gens, les mêmes articulations bizarres, les mêmes intonations et surtout, nous y reviendrons, les mêmes décalages chronologiques inacceptables entre l’énoncé en langue et le temps de son interprétation. En fait, c’est comme une chaîne de montage d’automobiles ayant des vices de fabrication et où, sans remédier aux défauts, on aurait décidé que le dernier coup de pistolet serait différent. Vernie de la sorte, cette " nouvelle " génération de parler en langues paraît plus biblique en bout de chaîne, mais reste aussi éloignée de la Bible et aussi défectueuse que l’autre quant au fond. L’esprit qui l’anime est le même. Son interprétation finale ( 1), soumise comme l’autre à tout l’enseignement apostolique sur le sujet, ou à une simple observation impartiale et objective, démontrera à suffisance dans quelle catégorie il faut la classer.
C'est justement dans une Église de ce type que, récemment encore, j'ai été invité à faire une campagne d'évangélisation. Quelques années auparavant ils s'étaient séparés des Assemblées de Dieu sur la base d'une mondanité grandissante et d'excès de toutes sortes dans l'exercice des dons spirituels. Ils avaient compris que, selon 1 Cor.14:2, le don d'interprétation qui contenait un message aux hommes (( était presque toujours le cas) n'était pas du Saint-Esprit. Ce type d'interprétation fut abandonné, même condamné et obligatoirement remplacé par des paroles de prière ou de louange à Dieu. Ils s'étaient rapprochés des non-charismatique et quelque peu assagis dans leurs réunions. Ce dimanche matin, au culte, une femme partit en langue, sur un mode plaintif au début, puis sur un tempo de plus en plus accéléré pour se terminer par des cris aigus. Elle répétât " Ding-ding-dou " vingt, trente fois ou plus. Cela fut suivi d'une interprétation qui était une très commune exhortation à l'Assemblée à se préparer à la Sainte-Cène.
Après la réunion, ma femme et moi, dès le premier regard, et sans nous concerter nous avons éclaté de rire (nous aurions plutôt dû pleurer) et nous nous sommes exclamés en même temps : " Les Cloches de Corneville ! " où le chœur reprend et répète l'air célèbre du "Ding-Ding-Dong". Quelques instants après, le pasteur nous rejoignit, visiblement contrarié, non pas à cause du fantaisiste parler en langue mais du miracle de l'interprétation qui s'était transformé en message aux hommes au lieu d'être une parole adressée à Dieu comme l'enseigne l'Écriture. Il nous dit: " Il faut excuser ce frère, il vient de quitter les Assemblées de Dieu et il n'est pas encore au courant de la bonne façon de faire ". Où était donc le Saint-Esprit dans tout cela ? N'était-ce pas plutôt un autre " esprit " qui animait ces deux personnes, esprit qui, lui, n'était pas au courant de la bonne façon de s'y prendre ? Je lui en fit la remarque, et cela ne fit que l'accabler davantage. Où était le vrai Saint-Esprit dans tout cela ?. Ce soir-là, nous nous sommes quittés, apparemment en bons termes, mais il ne m'a plus jamais invité dans son église.
( 1) Sujet traité au chapitre 6.
Chapitre 3
Nous avons vu dans le chapitre précédent que si le signe du parler en langues interpellait des hommes, le contenu verbal, lui, ne s’adressait pas à des hommes mais à Dieu seul. D’où la limitation de ce don à la louange ou à la prière.
Nous aborderons maintenant un autre aspect pratique, largement répandu dans le pentecôtisme, que nous confronterons avec l’Écriture. Ma longue expérience de presque tout l’éventail pentecôtiste me permet de parler en connaissance de cause.
Il ne faut pas perdre de vue que le parler en langues EST UN SIGNE. A qui, aujourd’hui, ce signe est-il destiné ? La première et invariable réponse est toujours celle-ci : " C’est le signe indiscutable ou évident du baptême du Saint-Esprit; c’est la preuve que le croyant est entré dans une deuxième expérience de la vie chrétienne qui lui donne accès aux dons de l’Esprit, en commençant par le moindre, celui des langues ". Ce signe va donc lui confirmer ainsi qu’à sa congrégation qu’il a maintenant un " plus " dans sa vie chrétienne. Donc, vu sous cet angle, c’est un signe pour les croyants. Mais ce n’est pas tout, ce signe va lui servir pour d’autres occasions.
EXEMPLE I. Cet homme encore jeune et converti, entra dans cette seconde expérience spirituelle. Sous la pression de circonstances familiales très difficiles, il se refroidit quant à son premier amour pour le Seigneur (Apoc. 2.4) et perdit tout contact avec sa communauté. Il était hanté intérieurement par la crainte d’être rejeté par Dieu. Il s’essayait de temps en temps à la glossolalie et comme cela marchait, il en éprouvait un grand apaisement. Il en déduisait que Dieu ne l’avait pas abandonné. (Déjà on voit que son parler en langue prenait la place de la foi qui est seule " l’assurance des choses que l’on espère et la démonstration de celles qu’on ne voit pas " (Héb. 11.1). Selon lui, ce don l’aurait gardé du suicide. Ce signe lui montrait que lui, le croyant, était encore dans la foi. En fait il se servait de son don pour se faire signe à lui-même. C’était donc un signe pour le croyant qu’il était.
EXEMPLE II. Les épreuves ne manquaient pas à ce chrétien : ennuis de santé, contretemps et assauts dans la famille. Sa foi était fortement prise à partie. Ce qui l’a tenu debout c’est, selon ses dires, sa prière quotidienne en langue. Comment ne pas voir qu’ici aussi, c’est le signe qui remplace la foi car, " ce qui triomphe du monde, c’est notre foi " (1 Jn 5.4). Une fois encore, le signe s’adressait à un croyant.
EXEMPLE III. Le péché s’est installé à demeure dans la vie de cet homme. Il en est conscient mais il fait bon ménage avec lui. Il se juge au moyen du parler en langues et dit avec soulagement : " Si l’Esprit continue à s’exprimer par moi, c’est qu’Il ne me désapprouve pas, pas assez en tout cas pour ôter ses paroles de ma bouche ". Ce qui frappe ici, c’est que le jugement de soi à la lumière de la Parole de Dieu (1 Cor. 11.28, 31) est remplacé par un signe qui accrédite auprès d’un croyant ce que la Bible condamne.
Ces trois exemples ne sont qu’un échantillonnage démontrant que presque tout l’enseignement et la pratique des frères pentecôtistes pivote autour d’un signe que Dieu aurait donné pour les croyants et leur usage personnel. Qu’en dit l’Écriture ? Elle enseigne précisément le contraire : LES LANGUES SONT UN SIGNE NON POUR LES CROYANTS MAIS POUR LES NON-CROYANTS (1 Cor. 14.22). La contradiction est totale et le dérapage qui s’ensuit ne l’est pas moins, car c’est la doctrine elle-même qui est ici prise en défaut. Que de fois des croyants ne se sont-ils pas réjouis avec d’autres croyants du signe qu’ils avaient reçu. Que de fois ne m’a-t-on pas dit et redit (et jamais rien d’autre ne m’a été dit sur ce point) que le parler en langues était pour le croyant le signe initial ou évident du baptême du Saint-Esprit. Or, le Saint-Esprit Lui-même s’en défend énergiquement quand Il nous dit que c’était " UN SIGNE POUR LES NON-CROYANTS ".
Un quatrième exemple viendra compléter les trois premiers. Le frère Untel exerce son don des langues en privé, sujet sur lequel nous nous étendrons plus longuement au chapitre 6. Le bien qu’il dit en retirer pour lui-même, n’annule en rien l’obligation qui a été imposée par le Saint-Esprit, celle de mener l’usage de ce don à terme, à savoir : servir de signe aux INCROYANTS. Mais où sont les incroyants quand il n’exerce ce signe que devant lui-même et devant Dieu ? Si un évangéliste, lui aussi détenteur d’un charisme destiné à d’autres incroyants, exerçait son don en privé, n’ayant que lui seul pour auditeur, au moment de l’appel au salut il ne ferait signe qu’au croyant qu’il est et manquerait la cible. De même, dans le cas du charisme des langues, le Saint-Esprit s’explique on ne peut plus clairement : la cible à atteindre, ce n’est pas les croyants mais les incrédules (J.N. Darby).
Que l’on nous comprenne bien; nous ne mettons pas en doute le baptême du Saint-Esprit ni la réalité historique du parler en langues. Nous posons simplement une double question : 1) Quel esprit anime ceux qui attribuent au signe dont nous venons de parler, une fonction que le vrai Saint-Esprit dément de la façon la plus formelle ? 2) De quel esprit peuvent bien avoir été baptisés ceux qui mettent sous le boisseau cette vérité si lumineuse de 1 Corinthiens 14.22 ?
Pourquoi se sentent-ils gênés aux entournures dès qu’on leur en fait la remarque ? Encore heureux si vous ne tombez pas sur un extrémiste qui, fâché de ce que vous croyiez à ce qu’a dit le Saint-Esprit, vous accusera de pécher contre Lui.
Nous mettrons notre conclusion en image : un pont aurait-il dix piliers, qu’il serait impraticable si deux seulement venaient à manquer. Or, nous venons d’assister à l’effondrement de deux d’entre eux : a) la parole en langues aux hommes et b) le signe pour les croyants.
Identification Des Non-Croyants
Après avoir découvert que, contrairement à la croyance et à la pratique quasi-générale, le signe des langues ne s’adressait pas aux croyants mais aux non-croyants, il reste à découvrir l’identité exacte de ces " incroyants ". Voyons dans quels cadres le signe s’est exercé afin d’y découvrir nos " incrédules " (J.N. Darby).
I. En Actes 2, à la Pentecôte à Jérusalem, qui rencontrons-nous ? Une foule de " Juifs, hommes pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel ". On ne peut pas taxer d’athées des gens que la piété et la ferveur spirituelle poussaient à un long, pénible et coûteux voyage qui les faisait monter de leurs pays respectifs jusqu’à Jérusalem pour la grande fête religieuse. S’ils étaient incrédules, ce n’était certainement pas dans le sens de l’athéisme, du scepticisme ou de l’indifférence. Ce n’est pas de ce côté-là qu’il faut rechercher leur incrédulité.
II. En Actes 8, dans le récit de la conversion des Samaritains, quoique le parler en langues ne soit pas mentionné, certains pensent qu’il y est sous-entendu. On chercherait en vain les athées, ou même les inconvertis, puisqu’ils avaient cru au Seigneur Jésus. Il y a donc quelque part une incrédulité sous-jacente qui justifiait l’apparition du signe.
III. En Actes 10, les premiers païens de la maison de Corneille se convertissent. Là aussi le signe apparaît, mais où sont les incrédules ? Il y a bien Pierre, l’apôtre, qui est témoin du phénomène, mais c’est un croyant, lui. A moins qu’il n’ait gardé dans son cœur un coin pour y loger une non-foi. Laquelle ? Une incrédulité latente se rencontre souvent, tapie dans la vie des croyants, sans que pour autant cela les classe parmi les perdus. C’est au croyant Thomas que le Seigneur a reproché une incrédulité d’un type particulier (Jn 20.27). N'est-ce pas tout un peuple de croyants qui n’est pas entré dans la terre promise à cause d’une certaine forme d’incrédulité ? (Héb. 3.19).
En Marc 9.17, Jésus doit encore dire à ses disciples : " O génération incrédule, jusque à quand serai-je avec vous, jusque à quand vous supporterai-je ? ". Et qui d’entre nous n’a, plus d’une fois dans sa vie, pris à son compte les paroles du père de l’enfant que les disciples, en cette occasion, n’avaient pas pu délivrer : " Je crois Seigneur, viens au secours de mon incrédulité ! " (v. 24).
IV. En Actes 11, le signe de la maison de Corneille est rapporté par Pierre aux apôtres de Jérusalem qui, de toute évidence ne sont pas des non-croyants, à moins que chez eux aussi il ne traîne un relent d’incrédulité qui reste à déterminer.
V. En Actes 19, des Juifs, disciples de Jean-Baptiste se convertissent au Christ et le signe apparaît à nouveau. Pas plus qu’ailleurs on n’y trouve d’incrédulité visible, en tous cas pas dans le sens où on l’entend de nos jours. Pourtant, dans tous ces cas, il se loge une incroyance de taille puisque le Saint-Esprit lui oppose le signe adéquat. Il ne faut pas aller chercher bien loin pour la débusquer. 1 Corinthiens 14.21 nous donne la réponse : " ... je parlerai à CE PEUPLE ". On constate que partout où le signe se manifeste on est en présence des JUIFS, et que là où on ne les trouve pas comme à Athènes, à Rome ou à Malte, le signe n’apparaît pas non plus.
Il suffit donc de découvrir la nature de l’incrédulité qui leur était commune à tous. Nul n’est besoin de faire appel à Sherlock Holmes, à Maigret ou à Colombo. Pour autant que l’on connaisse l’esprit qui animait les Juifs, tant convertis qu’inconvertis, on tient le fil d’Ariane qui va nous conduire tout droit à la solution. C’EST DANS LA NATURE MÊME DU SIGNE QUE L’ON DÉCOUVRE LA NATURE DE LEUR INCRÉDULITÉ. Le signe, comme c’est écrit, se rapportait aux langues étrangères, c’est-à-dire aux étrangers par rapport aux Juifs, ou aux dialectes étrangers par rapport à l’idiome araméen. Le signe dénonçait ou corrigeait leur non-foi envers ceux qui parlaient des langues étrangères à la leur, c’est-à-dire les païens. Le signe des langues était approprié à cet extraordinaire événement de la Pentecôte qui était l’entrée des gens aux langues étrangères dans l’Église qui naquit ce jour-là. Le parler en langues était la proclamation mise en signe de cette grande vérité. Dieu a inauguré ce jour-là un nouveau peuple, un nouveau corps composé de gens qui parlaient l’hébreu et de gens qui parlaient les langues étrangères à l’hébreu, à savoir des Juifs et des païens auxquels Il va donner une nouvelle identité spirituelle : l’Église, corps de Christ, dans lequel on ne compte plus en termes de Juifs ou Grecs, Scythes ou Barbares, circoncis ou incirconcis (Col. 3.11). Or, c’est précisément à cela que les Juifs ne voulaient pas croire. Non seulement ils étaient " ... ennemis de tous les hommes, empêchant de parler aux païens pour qu’ils soient sauvés " (1 Thess. 2.16), mais il y avait plus encore. Comme le dit C.I. Scofield dans sa Bible à référence (Page 1343) : " L’intention divine était de faire des non-Juifs une entité nouvelle : l’Église constituant le corps de Christ formée par le baptême du Saint-Esprit qui fait disparaître toute distinction entre Juifs et non-Juifs... ". L’idée de ne plus être qu’un avec des étrangers, c’était plus qu’ils n’en pouvaient supporter. Tout leur atavisme hébraïque se révulsait rien que d’y penser. C’était pourtant cela qu’ils devaient d’abord comprendre et ensuite admettre. Dieu va leur donner le signe le mieux à même de leur faire comprendre ce qu’ils ne pouvaient pas ou ne voulaient pas croire : Il fait miraculeusement parler les Juifs dans les langues de ces étrangers. Dieu a ainsi mis dans ces langues païennes l’adoration des Juifs.
L'Analogie de la Foi
Si, arrivée à ce point, la démonstration parait encore bibliquement maigre à certains, il suffira de lui adjoindre ce que Calvin appelait " l’analogie de la foi ", c’est-à-dire une vue d’ensemble de la Parole de Dieu. Il est dangereux de ne connaître une doctrine que par bribes, par ouï-dire ou au travers d’expériences qui prétendent s’y rapporter. J’ai plus d’une fois constaté que des textes, et mêmes des paragraphes entiers, écrits noir sur blanc depuis deux mille ans et plus, peuvent nous échapper. Une lecture simple mais attentive de la Bible fait se dérouler devant nous le film de la féroce opposition des Juifs à tout ce qui n’était pas eux-mêmes. On voit Jonas qui déteste les Ninivites au point de désobéir à Dieu. Il fuira à Tarsis plutôt que de leur apporter la parole du salut. Il contestera avec Dieu et souhaitera ouvertement la destruction de l’immense métropole assyrienne. Pour lui, l’Éternel était le Dieu d’Israël et de personne d’autre, en tout cas pas de cette nation à la langue étrangère. Il ira, dans son dépit, jusqu’à appeler la mort contre lui-même : " Si Ninive vit, que Jonas meure ! ". Il reprochera à Dieu ce qui fait sa gloire : être le Sauveur des hommes de toutes langues, tribus, peuples et nations. Cet esprit d’opposition et d’incrédulité ne fera que se renforcer au cours des siècles. Eux sont à Yahvé et Yahvé est à eux; le cercle intégriste est fermé : les autres sont des maudits. Toute tentative de fraternisation ou de tolérance envers les gens d’une autre langue, les hérissera en des haines qui atteindront des sommets effroyables. Mort aux autres langues et aux peuples qui les parlent ! Oser suggérer que des gens d’une autre langue que la leur soient bénéficiaires des bontés de Dieu, c’était risquer sa vie. Ils conduisirent le Seigneur Jésus jusqu’au sommet de la montagne pour le précipiter en bas, quand Il leur dit : " Il y avait plusieurs veuves en Israël au temps d’Elie... il ne fut envoyé vers aucune d’elles, si ce n’est vers une femme veuve à Sarepta de Sidon ". Jésus ajouta pour leur plus grande colère : " Il y avait plusieurs lépreux en Israël du temps d’Elisée... aucun d’eux ne fut guéri si ce n’est Naaman le Syrien ". C’était, à leurs yeux, plus qu’il n’en fallait pour mériter la mort.
Le Complexe de Supériorité
Même les Samaritains, pourtant leurs proches parents, n’échappaient pas à leur opposition raciste, à tel point qu’un jour, parce qu’ils n’avaient pas été reçus dans un de leurs villages, ses propres disciples lui ont demandé : " Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume ? ". Jésus dut leur répondre : " Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes animés ". L’une des pires injures que l’on pouvait faire à un Juif, c’était de le traiter de Samaritain. Quand ils avaient dit cela, ils avaient tout dit et ils crachaient par terre. Quand plus tard, ils retourneront vers ces mêmes Samaritains, ils demanderont pour eux, non plus un baptême de feu, mais le baptême de l’Esprit. Cette antipathie farouche pour les païens leur venait de loin. C’était l’accomplissement littéral de la parole prophétisée 1500 ans plus tôt : " J’exciterai votre jalousie par ce qui n’est point une nation, je provoquerai votre colère par une nation sans intelligence " (Deut. 32.21). Peuple choisi et élu, certes, ils l’étaient, mais ils en avaient perverti le sens voulu par Dieu. Toute leur histoire devait être celle d’un peuple témoin, mis à part et séparé des autres peuples. Mais cette séparation d’avec le mal, les abominations et l’idolâtrie de ces peuples, ne voulait pas dire haine, mépris, orgueil et complexes de supériorité. Ils étaient devenus plus royalistes que le roi, allant jusqu’à exclure tout ce qui n’était pas eux-mêmes et à emprisonner leur Yahvé au lieu de le révéler aux autres. Aussi, quand Dieu se révélera aux païens, la prophétie s’accomplira à la lettre et leur jalousie éclatera au grand jour. A Thessalonique, " les Juifs jaloux prirent avec eux des méchants hommes de la populace, provoquèrent des attroupements et répandirent l’agitation dans la ville " (Actes 17.5). A Antioche, " quand les Juifs virent la foule des païens qui écoutaient et recevaient la Parole de Dieu, ils furent remplis de jalousie et s’opposèrent à ce que disait Paul en l’insultant et en l’injuriant " (Actes 13.45). Quand ils entendirent Paul et Barnabas dire : " Je t’ai établi pour être la lumière des nations et porter le salut jusqu’aux extrémités de la terre ", ils provoquèrent une persécution contre Paul et Barnabas et les chassèrent de leur ville (Actes 13.50).
Sur les Marches de la Forteresse
Les choses repartent de plus belle à Jérusalem où Paul est revenu. Quel récit que celui d’Actes 22 ! Paul, prisonnier, debout sur les marches de la forteresse fait signe de la main et demande la parole. Il parle en hébreu et un grand silence se fait. Tous retiennent leur respiration pour mieux entendre. Paul raconte sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas. Ils sont suspendus à ses lèvres et personne ne l’interrompt. Sans sourciller ils l’écoutent parler de son passé, de ses titres, de ses activités, de son zèle pour la cause juive. Ils leur parle de l’apparition de Jésus et ils ne bronchent pas. Il leur parle du baptême et ils ne bronchent toujours pas. Mais au moment précis où il commence sa phrase : " Le Seigneur m’a dit, je t’enverrai au loin vers les nations... ", la phrase reste suspendue. Ils l’écoutèrent jusqu'à cette parole : les nations. Ils poussèrent des cris, jetèrent leurs vêtements et lancèrent de la poussière en l’air en disant : " Ôte de la terre un pareil homme. Il n’est pas digne de vivre ". Qu’est-ce qui les a fait exploser ? L’idée que Dieu serait aussi le Dieu de tout homme de toute langue. Il devient facile de comprendre pourquoi le parler en langues est le signe de cette grande vérité et que pour " ce peuple ", c’était le moyen d’accès à cette vérité. C’est cette incrédulité qui les poussera à se lier par serment et à jurer contre eux-mêmes qu’ils ne prendraient plus aucune nourriture, tant qu’ils n’auraient pas tué l’apôtre des nations, celui qui ,plus que tous , oeuvrait à faire connaître l'Évangile aux langues étrangères à la sienne.(Actes 23.12). Jonas a fait pareil. Il a boudé le Seigneur et s’est assis à l’orient de la ville, s’attendant à ce qu’elle soit détruite. Et là, sous son ricin, il s’est lamenté parce que le châtiment tardait à venir, tout occupé qu’il était de ses affreuses espérances, souhaitant la mort d’un peuple que Dieu voulait sauver.
Même les Apôtres
Jonas, qui fait le reproche à Dieu d’épargner Ninive, est en quelque sorte, le père spirituel des apôtres incrédules qui firent des reproches à Pierre parce qu’il avait annoncé l’Évangile aux païens (Actes 11.1-3). Stupéfiant ! Spirituellement parlant ils étaient durs d’oreille et Pierre l’était aussi. Bien qu’il eût vécu cet événement extraordinaire de la Pentecôte et qu’il eût parlé en langues ce jour-là, pour aller vers les gens d’autres langues, ce à quoi il rechignait, il dut avoir la vision de la nappe pleine d’animaux qu’il estimait impurs. Trois fois, le Seigneur dut lui redire : " Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé ! " avant qu’il ne se décide à aller et à reconnaître que " Dieu ne fait pas de favoritisme mais qu’en toute nation, celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable " (Actes 10.9-16, 34-35). Ce n’est d’ailleurs qu’après cela qu’il prononcera le fameux mot " quiconque ", au sein d’une phrase-clé d’un des tous grands moments de l’histoire : " Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui, reçoit par son nom le pardon des péchés " (Actes 10.43). Ce mot quiconque permet de parler d’un aspect très important de Jean 3.16. Ce verset que des millions de chrétiens connaissent par cœur contient une vérité doctrinale qui échappe à beaucoup. Jésus a dit à Nicodème : Car Dieu a tant aimé... Qui ? LE MONDE. Jamais un Juif n’aurait dit cela : ni Jonas, ni Pierre, ni les autres. Ils auraient tous dit : Car Dieu a tant aimé ISRAËL ! Déjà si tôt dans l’Évangile, le Seigneur annonce l’étendue de son amour et de son salut : le monde entier composé de nations, de peuples, de tribus et de langues. Sur la Croix, le motif de sa condamnation était écrit en trois langues : en latin, la langue judiciaire; en grec, la langue commerciale, en hébreu, la langue religieuse. A leur insu, les auteurs de cet écriteau proclamaient le côté universel de l’Évangile. Ce panneau portait en embryon le grand commandement qui allait retentir quelques jours plus tard : " Allez, faites des disciples de toutes les nations... ". Mais cette vérité qui leur était entrée dans une oreille, était immédiatement ressortie par l’autre.
L'Enseignement des Epîtres
Voyons maintenant l’enseignement des épîtres. Quand Jean écrivit sa première, il inséra cette phrase qui va si naturellement de soi qu’elle en apparaît superflue : " ... il est mort non pour nos péchés seulement mais pour ceux du monde entier " (1 Jn 2.2). Bien sûr ! Mais cela n’était pas aussi évident pour les Juifs. Jean, apôtre de la circoncision, c’est-à-dire des Juifs, exerçait son apostolat en priorité parmi eux. Il devait sans cesse leur rappeler que le pardon de Dieu, acquis par la mort de Christ sur la croix, n’était pas pour eux seuls mais pour tous les gens de toutes les langues dans le monde entier. Jusque dans l’Apocalypse, soixante ans après la Pentecôte, Jean reviendra à la charge plusieurs fois. A maintes reprises il parlera d’un " cantique nouveau " qui contraste avec le cantique de Moïse. Quel était le thème du cantique de Moïse ? Les relations de l’Éternel avec le peuple élu et racheté. Il ne déborde guère ce cadre. C’est le cantique de l’ancienne alliance avec Israël. Que dit maintenant le cantique nouveau de la nouvelle alliance ? " Tu as racheté par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation... ". Le cantique d’Israël n’allait pas jusque-là. Cette dimension mondiale leur échappait. Pour la saisir, ils avaient besoin de l’enseignement apostolique, de l’illumination intérieure du Saint-Esprit et d’un signe extérieur correspondant, le parler en langues étrangères.
Un Mystère?
Paul, le docteur de l’Église explique, dans sa lettre aux Éphésiens, que les païens et les Juifs forment un seul corps et participent à une même promesse (Eph. 3.6). Ceci n’a pour nous aujourd’hui rien de mystérieux, mais Paul l’appellera un mystère. Car pour les Juifs, partager les mêmes promesses avec les païens, c’était une vérité cachée (Eph. 3.9) qu’ils ne pouvaient commencer à comprendre qu’avec l’aide du signe des langues car les Juifs demandent des signes (1 Cor. 1.22). A l’exemple de Jonas, ils voulaient bien que des hommes soient sauvés, mais pas tous, surtout pas les étrangers, tandis que Dieu, Lui, veut que de tous les hommes il y ait des sauvés (1 Tim. 2.4). Cette nouveauté (pour les Juifs), Paul la redira sous une autre forme à Tite. Il lui rappellera de dire et d’enseigner que la grâce de Dieu est une source de salut pour tous les hommes (Tite 2.11). Cela n’allait pas de soi pour les nouveaux Jonas du Nouveau Testament. Il a fallu un surdoué, un homme de l’envergure de Paul pour saisir cette vérité rapidement, et de sa trempe pour leur tenir tête à tous, même à Pierre (Gal.2.5). Il faudra que Paul emploie le pistolet à répétition pour les convaincre. Entre eux et les étrangers, ils avaient élevé une sorte de mur de Berlin. Paul abat ce mur de la honte surmonté de miradors théologiques, d’abord en parlant devant eux et par le Saint-Esprit les langues de ceux qui étaient de l’autre côté du mur, mais encore en leur enseignant que Christ est la paix pour ceux qui sont des deux côtés du mur. Il leur dit que des deux, Il n’en a fait qu’un et qu’Il a renversé le mur de séparation, l’inimitié; qu’Il s’est créé en Lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en les réconciliant avec Dieu l’un et l’autre en un seul corps, par la croix et en détruisant par elle l’inimitié; qu’il est venu annoncer la paix à ceux qui étaient loin (les païens) et la paix à ceux qui étaient près (les Juifs), car par Lui les uns et les autres ont accès au Père dans un même Esprit (Eph. 2.11-17). Alléluia ! Avec extase Paul s’écrie : " C’est à moi, le moindre de tous, que cette grâce a été accordée d’annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ... " (Eph. 3.8). Tous, hélas ne partageaient pas cette glorieuse conviction. Leur irréductible opposition allait les exposer au terrible baptême de feu : " ... eux, qui sont les ennemis de tous les hommes, qui empêchent de parler aux païens pour qu ils soient sauvés, en sorte qu’ils ne cessent de mettre le comble à leurs péchés. Mais la colère de Dieu (qu’ils ont souhaitée aux autres) a fini par les atteindre " (1 Thess. 2.15-16). Ces langues étrangères, annonciatrices d’un si grand Évangile, signe d’une alliance nouvelle et mondiale, allaient devenir pour eux des langues porteuses de jugement. La colère de Dieu allait les embraser comme la paille que l’on brûle au feu (Mat. 3.12).
La Vision de Pierre
C’est Pierre, le croyant incrédule, qui va nous donner une preuve irréfutable et décisive que c’était bien cela la nature de la non-croyance que visait le signe des langues. Dieu va lui donner un autre signe, identique au parler en langues, et pareillement adapté à son besoin. Quoique ayant vécu la Pentecôte, expérimenté le don et donné par inspiration divine une explication dont la portée le dépassait autant que pour Caïphe les paroles prophétiques qu’il avait dites concernant la mort rédemptrice de Jésus (Jn 11.51), Pierre se dérobait encore devant cette grande vérité qu’il avait proclamée sans la comprendre tout à fait : " je répandrai de mon Esprit sur toute chair ", c’est-à-dire sur les Juifs et les non-Juifs. Le triste épisode de Galates 2.11-14, où il " s’esquiva et se tint à l’écart des païens ", est là pour nous le rappeler si c’était encore nécessaire. Pour l’envoyer chez Corneille, le centenier étranger, Dieu dut vaincre la résistance de son incrédulité car, comme il le dit si bien en Actes 10:28, " ...il est défendu à un Juif de se lier à un étranger et d'entrer chez lui ". Cela nous est rappelé longuement aux chapitres 10 et 11 du livre des Actes. Quelle était la signification de cette nappe descendant du ciel et pleine d’animaux impurs d’après la loi de Moïse et que Pierre n’aurait jamais touchés ? Cela représentait tout ce qui n’était pas Juif, c’est-à-dire tous les peuples aux langues étrangères. On ne s’imagine pas un seul instant que ce signe dut convaincre quelqu’un d’autre qu’un Juif, car eux seuls devaient être amenés à quitter cette incrédulité spécifique et à ne plus considérer comme impurs des gens et leurs langues que Dieu tenait pour purs au point de les parler par son Saint-Esprit. Le don des langues avait exactement la même signification. Pierre, à cause de son judaïsme, avait cette tendance naturelle vainement héritée de ses pères (1 Pi. 1.18), à ne pas croire à la vocation des païens, aussi avait-il besoin de cette vision-signe. De même les autres Juifs (déjà sauvés ou qui allaient entrer dans cette nouvelle alliance) avaient également besoin d’un signe qui disait la même chose. Ce signe en langues étrangères, comme la triple vision de Pierre, leur apprenait que le salut était pour " quiconque ", pour " toute chair ", pour " toute langue ". Si nous avons bien dit que la vision de Pierre et le parler en langues étaient une même chose, il faut comprendre que si la marchandise est la même, l’emballage est différent. Tenant compte de ces différences de présentation, on découvre à ces deux signes des points forcément communs, qui ne se rencontrent chez aucun des autres dons de l’Esprit.
Signes comparatifs
I. La vision a été donnée à un croyant, mais elle visait son incrédulité. Ainsi le parler en langues était exercé par des croyants et il concernait le même type d’incroyance.
II. La vision était un signe pour les apôtres du Christ (mais oui !) qui ne croyaient même pas au salut de ceux qui ne parlaient pas la même langue qu’eux. La vision de Pierre et le parler en langues des gens de la maison de Corneille, ont amené les apôtres à croire enfin que Dieu avait accordé aux étrangers le même don qu’à eux, et à s’exclamer avec étonnement : " Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens, afin qu’ils aient la vie ! " (Actes 11.18).
III. La vision ne s’est répétée qu’un nombre limité de fois puis a été retirée dans le ciel, mais sa signification nous est rappelée chaque fois que nous lisons les chapitres 10 et 11 des Actes. De même le parler en langues a été limité et la fin de son exercice a été clairement annoncé par l’Esprit-Saint en 1 Corinthiens 13.8 ( 1). Comme pour la vision de Pierre, sa signification nous est renouvelée chaque fois que nous lisons les récits qui s’y rapportent.
( 1) La fin des langues : sujet traité au chapitre 8.
IV. La vision expliquait la dimension universelle et multilinguistique de la nouvelle prédication. Ainsi en était-il du don des langues; il démontrait aux partisans du " seul Israël " que l’Évangile s’étendait aussi à " toute langue ".
V. La vision n’a trouvé sa pleine explication que dans la conversion de Corneille. De même, le parler en langues n’est pleinement compris qu’à la lumière de la conversion des peuples " au langage étrange et à la langue barbare ", c’est-à-dire les non-Juifs.
VI. La vision de Pierre serait inopportune dans une assemblée de croyants déjà acquis à l’universalité de l’offre du salut. Il en va de même pour le don des langues; il n’est pas un signe pour ces croyants-là et il serait déplacé qu’il s’exerçât en leur sein.
VII. Pierre a été personnellement édifié par sa vision, mais seulement dans le sens de ce qu’elle lui apprenait et pas au-delà. Aucune autre signification que celle-là ne pouvait être retenue ou ajoutée. Ainsi en était-il de ceux qui parlaient en langues; ils étaient édifiés dans les limites de ce que le signe voulait dire et rien de plus. Cette idée toute neuve pour eux leur disait, sous forme de signe, que l’Esprit de Dieu était répandu sur " toute chair, toute langue " et que, ô mystère, les païens faisaient désormais partie d’un même corps et partageaient les mêmes promesses (Eph. 3.6).
VIII. Si la vision s’est répétée trois fois pour Pierre, une fois le message bien compris, il était inconcevable qu’il en cultivât encore la recherche pendant le reste de son ministère. De même le parler en langues est rapporté trois fois en Actes 2, 10, 19 et jusqu’à ce que l’Église, alors apostolique et judéo-chrétienne, l’ait bien compris et pas au-delà. Car si les langues et ce qu’elles signifient doivent être encore recherchées de nos jours, le même principe doit s’appliquer à la vision d’Actes 10. Il faut les rechercher tous les deux. Mais QUI dans l’Église d’aujourd’hui, composée de peuples, de tribus, de nations et de langues, QUI a encore besoin de savoir à coups de signes répétés que l’Esprit de Dieu est répandu sur tous les peuples, nations, tribus et langues ? Ainsi, la vision des animaux impurs et le signe des langues disaient exactement la même chose à CE PEUPLE juif, en état de non-croyance par rapport à cette vérité, que l’accès au Dieu d’Israël était libre, et que surtout l’entrée dans le corps de Christ était désormais ouverte aux étrangers et aux barbares dont les langues étaient miraculeusement parlées par le Saint-Esprit.
Un Sûr Fondement
Fondés sur le roc inamovible des Écritures, nous concluons par cette parole incontournable que le Saint-Esprit a fait écrire à l’apôtre Paul : " C’est par des hommes d’une autre langue et par des lèvres d’étrangers que je parlerai à CE PEUPLE ! ". Et quel était CE PEUPLE à qui le parler en langues était destiné ? Poser la question, c’est donner la réponse. En outre, dans le Nouveau Testament, l'expression CE PEUPLE se rencontre douze fois et, sans exception, cela désigne Israël et Israël seul.
Au risque de se répéter, il faut redire que le BUT du parler en langues est lumineusement expliqué dans le récit même de la Pentecôte, et plus précisément dans ce texte déterminant : " Je répandrai de mon Esprit sur toute chair et quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé ". Quiconque... toute chair... voilà le but ! Dire à ces Juifs irréductibles venus de partout, que l’Évangile était aussi pour les gens de partout. Ceci permettra à Paul de conclure que les langues sont un signe, non pas pour les croyants mais pour les incroyants. Paul, conduit par le Saint-Esprit révèle avec exactitude l’identité de ces incroyants et il les nomme : les Juifs. " C’est par des lèvres d’étrangers que je parlerai à CE PEUPLE ".
L'Insigne de Shérif
Certains demanderont : si le signe n’était que pour les Juifs, pourquoi les païens de la maison de Corneille ont-ils aussi parlé en langues ? Dans l’Amérique d’autrefois, où il n’était pas encore de rigueur de porter l’uniforme de police, le représentant de la loi portait au moins un signe distinctif épinglé sur la poitrine, la fameuse étoile de shérif. Cet insigne accréditait auprès de la population et surtout des voyous du coin, que l’autorité dont il faisait usage n’était pas usurpée mais parfaitement légale. De même, Corneille, par un signe-insigne irréfutable, divinement " épinglé " dans son langage, accréditait à la face d’un Israël encore incrédule sur ce point capital de doctrine, que le païen qu’il était entrait de plein droit dans l’Église, au même titre que les Juifs convertis. Si Corneille a parlé en langues, c’était pour que Pierre puisse rapporter aux apôtres Juifs, qui n’accordaient pas encore ce droit aux païens, que " ... le Saint-Esprit descendit sur eux comme sur nous au commencement ". " Après avoir entendu cela ils se calmèrent ". Ce dernier verbe démontre à quel point la prédication de la grâce aux nations les avait mis en ébullition. C’était pour " ce peuple " le signe que leur Dieu acceptait les langues étrangères au même titre que les purs enfants d’Israël. Ils durent en convenir par cette exclamation, d’abord étonnée puis émerveillée : " Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens pour qu’ils aient la vie ! ". Corneille était le porteur du signe, mais le signe était pour " ce peuple ", à commencer par les apôtres eux-mêmes.
Les Douze Disciples d'Ephèse
L’épisode d’Ephèse (Actes 19.1-7) où douze hommes parlent soudainement en langues reste dans la même ligne. Ces Juifs, disciples de Jean-Baptiste et baptisés par lui du baptême de la repentance qui était pour ce peuple, étaient à Éphèse qui est la Turquie d’Asie d’aujourd’hui. Grands voyageurs devant l’Éternel comme beaucoup d’autres Juifs, ils vivaient en communautés ou en mini-colonies, gardant farouchement leur identité culturelle juive au sein des populations païennes qu’ils côtoyaient. Or, l’Évangile avait commencé de pénétrer ces masses païennes et des Églises s’y constituaient déjà. Face à leur refus naturel d’y croire, le Saint-Esprit, par son baptême unissait ces " Juifs et ces Grecs en un seul corps " (1 Cor. 12.13), tellement que les langues de ces gens s’emparaient miraculeusement de la leur pour louer le Dieu d’Israël qui devenait aussi, à leurs yeux de Juifs, le Dieu des nations. Ces douze hommes, gens de CE PEUPLE, avaient besoin du signe des langues pour être édifiés quant à la dimension mondiale que leur Yahvé donnait maintenant à son salut.
Plus d’une fois, j’ai constaté à quel point l’intelligence spirituelle de certains chrétiens était obscurcie sur ce point de doctrine. Récemment, j’ai fait l’expérience suivante : à trois amis nouvellement convertis et d’un assez bas niveau d’instruction, j’ai lu deux fois lentement le récit de la vision de Pierre. J’ai refait la même chose avec trois enfants qui avaient, l’un huit ans et les deux autres neuf ans. Je leur ai ensuite demandé ce qu’ils avaient compris. Avec quelques hésitations bien excusables, ils m’ont donné la réponse correcte ainsi résumée : " Pierre a compris qu’il pouvait aller parler du salut aux étrangers ". Or, il faut relever que dans ce récit d’Actes 10, l’expression très évocatrice de " langues d’étrangers " ne se trouve même pas, et cependant le message a été reçu cinq sur cinq par des simples. Il faut noter que dans l’expression " langues étrangères " la notion des étrangers et de leur langues se trouve écrite en toute lettre, Or, des gens, parfois des universitaires, qui se targuent d’être, plus que d'autres, conduits, éclairés et animés par l’Esprit de vérité, ces gens, dis-je, sont comme empêchés de voir dans le signe dont ils se réclament que, comme celui de Pierre, il voulait dire : à tout étranger, à toute langue, en un mot : " A toute chair ! ". Cela se lit sans loupe et se comprend sans explication. Ainsi, des petits enfants inconvertis et des nouveaux convertis à l’instruction limitée, ont compris ce que la vision signalait à Pierre, mais des " baptisés dans l’Esprit " sont incapables de saisir ce que signale si simplement le signe dont ils parlent le plus !
N’est-on pas là proche de la parole du Seigneur : " Pour eux s’accomplit cette prophétie d’Esaïe : Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez point; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple est devenu insensible; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, DE PEUR qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse " (Mat. 13.14-15).
Chapitre 4
Ce qui va maintenant nous aider à encore mieux saisir le vrai BUT du don des langues, c’est l’exemple de Jésus, notre Seigneur étant, dans sa personne, l’explication de sa doctrine. Mais ici la démonstration se fait par le vide. Expliquons-nous. Dans le Nouveau Testament, c’est Jésus qui a, le premier, annoncé ce signe : " Voici les signes... ils parleront de nouvelles langues " (Marc 16.17). Mais, fait troublant, Lui-même n’a jamais parlé en langues ! Cette simple constatation sème le désarroi dans les rangs de ceux qui, se réclamant de l’exemple d’un Maître qui reste le même hier, aujourd’hui et éternellement, sont obligés de constater que le vide est total. Comment vont-ils se sortir de ce dilemme ?
Nous livrons ici deux malheureuses explications, diamétralement opposées l’une à l’autre, et qui démontrent à quel point il est impossible d’encore lire la Bible sereinement quand on a mis le doigt dans l’engrenage de l’erreur.
Le premier faux-fuyant vient d’un pasteur de la Pentecôte qui dit ceci : " Si Jésus-Christ n’a jamais parlé en langues, c’est parce qu’il était parfait et qu’Il n’avait donc pas besoin de s’édifier ! ". L’apôtre Pierre classerait l’auteur de cette affirmation dans la catégorie des " personnes ignorantes qui tordent les Écritures pour leur propre ruine " (2 Pi. 3.16). Invoquer l’absence de don au nom de la spiritualité, c’est la triste démonstration de la plus flagrante mauvaise foi. A ce qui n’est qu’une échappatoire, nous répondons par une question bien simple : Pourquoi notre Seigneur a-t-Il exigé que Jean-Baptiste lui administre le baptême de repentance, puisqu’Il n’avait pas besoin de repentance ? Il l’a fait cependant. Et s’Il l’a fait c’était, comme Il le dit, afin d’accomplir ce qui était juste et utile que nous sachions. Si donc le divin Fils de Dieu n’a jamais parlé en langues, c’est parce qu’Il savait que, contrairement à la repentance, la quasi-totalité de son Église n’en aurait jamais besoin. La réalité historique confirme cette assertion.
La deuxième dérobade est presque pire que la première. Faisant fi du silence de l’Écriture, certains osent dire (et ils l’écrivent), à l’inverse de l’autre : " On ne peut pas imaginer un seul instant que Jésus n’ait jamais parlé en langues. Certainement qu’Il l’a fait, car tout ce que Jésus a dit et a fait n’est pas dans la Bible (Jn 21.25). Étions-nous là pour l’entendre parler en langues quand Il priait tout seul, une nuit entière, sur la montagne ? Étions-nous là quand, étant en agonie, Il priait dans le jardin de Gethsémané ? Étions-nous là quand Il présentait avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort ? (Héb. 5.7) ". Inouï ! Pauvres amis, réduits à justifier leur erreur en s’aidant de nouvelles erreurs qui portent en elles le germe de toutes les hérésies : dépasser, aller plus loin que la Parole de Dieu. Dangereuses réflexions que celles-là. Il suffirait de poursuivre : " Étions-nous là quand Il enseignait à ses disciples la co-rédemption de Marie ? Étions-nous là quand Il leur enseignait le purgatoire ? Étions-nous là quand Il parlait des indulgences ? " etc. A quels égarements ne se laisse-t-on pas aller, et à quel jugement ne s’expose-t-on pas, quand aux paroles de l’Écriture on y ajoute les nôtres ? Apocalypse 22.18 donne la réponse : être frappé des fléaux de Dieu.
Prestidigitation
Nous y ajoutons une troisième considération. La tactique la plus souvent employée, c’est d’attirer l’attention sur d’autres textes pour mieux ignorer ceux qui gênent, un peu comme le prestidigitateur qui fixe l’attention des spectateurs sur une des ses mains tandis que l’autre escamote prestement l’objet dans l’ombre. La salle n’y voit que du feu et applaudit. Voici ce qu’on lit à la page 20 de Dossier sur le parler en langues sous la plume de T. Brès : " Au nombre des objections faites le plus souvent dans les milieux chrétiens, on entend dire : Le Seigneur, notre divin modèle, n’a jamais parlé en langues, et n’a jamais rien non plus enseigné à ce sujet ". On trouve ici presque toute la dialectique du livre. L’objection est composée de DEUX propositions : 1) Jésus n’a jamais parlé en langues, 2) Jésus n’a rien enseigné à ce sujet. Chacun de nous a appris à l’école primaire qu’on ne peut additionner que des unités d’un même ordre. Un cheval plus un œuf ça ne donnera jamais qu’un œuf et un cheval. On ne peut pas disserter sur les deux comme s’il ne faisaient qu’un. Or c’est ce que fait T. Brès. Il disserte de la deuxième proposition au nom de la première, ce qui lui permet de l’ignorer superbement et de pousser l’inélégance jusqu’à ne pas lui donner un embryon de réponse. Il focalise les regards sur la deuxième proposition, et ne souffle mot de l’autre, de celle qui dit : Jésus n’a jamais parlé en langues. Il met l’une sous le projecteur tandis qu’il met l’autre en poche. Mais il y a plus grave. Tout démontre que la deuxième proposition n’existe pas. Elle a été fabriquée par lui-même pour au moins se donner l’occasion de lui tirer dessus. En effet, jamais, au grand jamais, un chrétien évangélique n’a affirmé que Jésus n’aurait rien dit du parler en langues. Il est connu et même reconnu par de nombreux pentecôtistes, que les évangéliques connaissent leur Bible mieux que quiconque. Ils savent tous que Jésus fut le premier à prophétiser le parler en langues (Marc 16.17). Cela personne parmi eux ne l’a jamais contesté. Cette objection, T. Brès, l’a inventée (ou il la tient par ouï-dire d’un propos isolé) afin de détourner l’attention de la première proposition qui elle est réelle. Cela lui permet, aux yeux du lecteur superficiel, d’esquiver cette redoutable objection soulevée non par les évangéliques, mais par le Saint-Esprit Lui-même : Jésus n’a jamais parlé en langues !
Analyse Sereine
Analysons la situation objectivement et sans passion. Jésus avait la plénitude de l’Esprit et Il avait aussi tous les dons. Mais Il n’avait pas celui-là sans que pour autant cela lui manque. Il n’en parlait pas; Il ne le recherchait pas; Il ne l’exerçait pas. Si le parler en langues était tout ce à quoi on nous dit qu’il pouvait servir, Il en aurait eu bien besoin. Lui qui était parfois fatigué jusqu’à l’épuisement, pourquoi n’a-t-Il pas usé des vertus défatigantes dont s’est si souvent servi Thomas Roberts ? ( 1).
( 1) Voir pages 161 et 176.
Si ce don est à exercer chez soi, ou dans le cercle de ses amis, pourquoi ne l’a-t-Il jamais fait dans la compagnie de ses disciples ? Puisqu’Il a chanté avant de se rendre au mont des Oliviers (Marc 14.26), pourquoi n’a-t-Il pas chanté en langue à cette occasion tellement propice à la chose ? Pourquoi n’a-t-Il jamais rejoint les anges dans leur langage céleste, Lui qui les voyait monter et descendre au-dessus de Lui (Jn 1.51). Pourquoi, pour le bien de son ministère n’a-t-Il pas recherché ce signe pour l’ajouter aux autres signes ? Ceux qui avaient besoin de voir ces signes, n’avaient-ils pas besoin de voir celui-là ? Et surtout, Jésus pouvait-Il avoir la plénitude des dons sans avoir celui-là ? En 1 Corinthiens 12, on trouve la liste des neuf dons de l’Esprit que voici : SAGESSE, CONNAISSANCE, FOI, GUÉRISON, OPÉRATION DES MIRACLES, PROPHÉTIE, DISCERNEMENT DES ESPRITS, DIVERSITÉ DES LANGUES, INTERPRÉTATION. Notre bien-aimé Seigneur les avait tous et les a tous exercé, sauf le don des langues et son associé naturel : l’interprétation. Si donc Jésus n’avait pas ce don c’est qu’il n’y avait pas lieu qu’Il l’ait, mais POURQUOI ?
C’est justement l’absence de ce don dans le ministère de Jésus qui va nous confirmer l’enseignement général de la Bible sur le sujet.
Jésus, nous le savons, n’a guère franchi les frontières de la Palestine. Son Évangile, comme il l’avait dit à ses disciples, ne s’étendait qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël (Mat. 10.6). Il leur avait même défendu d’aller vers les païens et dans les villes des Samaritains (10.5), c’est-à-dire vers les langues étrangères. L’aspect multi-linguistique et mondial de son œuvre rédemptrice restait secret. Il n’était pas encore question de " peuples, tribus, nations et langues ". Rien ou presque rien dans ses paroles ne laissait voir la dimension internationale de son salut. Jusque là, rien ne pouvait hérisser les Juifs et les rendre jaloux des grâces accordées aux païens puisqu’il n’était pas encore question d’eux. Le don des langues, signe de leur intégration dans le plan de Dieu, n’avait donc pas encore sa raison d’être. Jésus ne dévoilera le parler en langues qu’une seule fois, en Marc 16.17, tout à la fin de son ministère envers Israël. Il est donc hautement significatif de voir QUAND il en parle. Dans la foulée de la phrase qui précède : " Allez par TOUT LE MONDE ". Ce qui déclenche le parler en langues, c’est le fameux : " A toutes créatures ", c’est-à-dire à toute langue, tribu, etc. Les étroites limites d’un nationalisme juif borné vont voler en éclat. Mais Jésus sait que " CE PEUPLE " va tout mettre en œuvre pour que la bonne nouvelle ne soit pas annoncée aux gens d’autres langues. Il va donc donner à ses disciples et pour CE PEUPLE, le signe approprié, le seul que, d’entre tous les autres signes Il n’avait pas eu à exercer. Ce " silence " dans la vie de Jésus, nous instruit mieux que beaucoup de paroles. Il confirme que le but du don des langues était conforme à ce qu’en ont dit Paul et Pierre, à savoir que c’était le signe pour " ce peuple " incrédule, que Dieu, selon Joël 2.28, répandait désormais de son Esprit, non pas sur Israël seulement, mais sur " toute chair " et sur " quiconque ".
Chapitre 5
Récapitulons brièvement ce que nous avons déjà découvert dans la Parole. Contrairement à la doctrine et à la pratique de la glossolalie moderne :
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I. Le don des langues ne s’adressait jamais à des hommes et ne servait pas non plus à l’évangélisation selon Donald Gee lui-même.
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II. Ce n’était pas un signe pour les croyants mais pour les incroyants.
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III. Ces incroyants étaient exclusivement les Juifs qui répugnaient à admettre leur unité avec les porteurs de langues étrangères; le Saint-Esprit confirmant dans les deux Testaments que le signe était pour " ce peuple " d’Israël (1 Cor. 14.22).
Cela fait déjà beaucoup d’erreurs, beaucoup trop. Et c’est loin d’être fini. Ce qui surprend désagréablement quand on participe à des cultes où s’exerce la glossolalie, c’est le côté toujours incompréhensible de ce qui est dit. Les sons émis sont souvent bizarres, et même quand ils ne le sont pas, ils ne ressemblent pas à une vraie langue. Se basant sur 1 Corinthiens 13:1, certains affirment que ce sont " les langues des anges ". Mais voilà, chaque fois que, dans la Bible, les anges ont parlé, c’était toujours dans des langues compréhensibles et contemporaines de l’occasion. De plus, il saute aux yeux que dans ce passage, l’Esprit conduit Paul à employer plusieurs fois le " même si " de l’hyperbole. Paul n’a pas eu connaissance de tous les mystères puisqu’il ajoute quelques versets plus loin qu’il ne connaît qu’en partie. Il n’a pas davantage donné son corps pour être brûlé. Ne possédant rien ou si peu il n’a pas non plus eu l’occasion de donner tous ses biens aux pauvres. Il ne parlait pas non plus toutes les langues des hommes et des anges. Il pouvait d’autant moins parler ces dernières qu’il fait référence à son ravissement dans le troisième ciel où il a entendu " des paroles qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer " (2 Cor. 12.4). C’est le " Si " du conditionnel qu’il a employé. Un enfant comprendrait cela. Dans le but de me convaincre, des spécialistes de la question m’ont expliqué que dans le parler en langues on se dépasse; du français on passe au sublime jusqu’à rejoindre les anges dans leur langage céleste et que, lorsqu’on se trouve à court de mots pour parler à Dieu, le Saint-Esprit vient à notre secours pour nous élever d’un ou plusieurs crans dans des transports inaccessibles à la belle langue de Voltaire.
Matto Grosso
Ayant au début émis des réserves et signalé que j’avais au contraire constaté des bruits insolites, des sons inarticulés, des syllabes constamment répétées et jusqu’à des vociférations qui n’avaient rien d’angélique, ces mêmes amis qui m’avaient expliqué la chose en se servant des anges, me l’expliquaient tout à coup en se servant des sauvages. Cela pouvait être, selon eux, un dialecte des tribus indiennes de l’Amérique du Sud, du Matto Grosso, des indigènes de Bornéo ou de l’Afrique centrale. Cela m’est apparu comme un non-sens de taille. Notre langue est parmi les plus riches et les plus complètes du monde; comment une autre langue rudimentaire, au vocabulaire cent fois plus limité, aurait-elle pu sublimer ce que le français ne pouvait faire ? Et puis, quand le Seigneur a fait parler l’ânesse de Balaam, Il ne l’a pas fait s’exprimer avec des sons confus; elle n’a pas baragouiné n’importe quoi. Balaam a très bien compris ce qu’elle disait, au point de dialoguer avec elle. Le Dieu qui a créé l’homme à son image et qui, par la conversion, l’a renouvelé dans son entendement, l’abaisserait-Il jusqu’à le faire parler moins bien qu’une bête de somme ?
Pour le savoir, il suffit de voir ce qui s’est passé à la Pentecôte où l’on trouve la norme du parler en langues. Chacun de ces Juifs, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel, " les entendait parler dans sa propre langue " (Actes 2.6), et ils dirent : " Comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle ? " (v. 8). Une troisième fois, au verset 11, après avoir énuméré quinze peuples aux dialectes différents, ils reposèrent la question : " Comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu ? ". Il s’agissait bien de langues humaines réelles, parlées et contemporaines.
Contradictions
Comment donc une autre glossolalie, où l’on n’y comprend rien, a-t-elle pu se glisser dans les esprits et s’y enraciner si fortement ? Il faut aller chercher cette contradiction d’apparence en 1 Corinthiens 14.2 où, contrairement à Actes 2, il est dit : " Celui qui parle en langues... personne ne le comprend ". Il y aurait donc deux parlers en langues, celui des Actes que l’on comprenait, et celui d’après que l’on ne comprenait plus. Il saute aux yeux que si le parler en langues de l’épître avait été une glossolalie différente de celle de la Pentecôte, cela devrait se retrouver au niveau des termes employés pour les décrire. Or il n’en est rien. Luc, auteur du livre des Actes, se sert des mêmes mots que Paul dans sa lettre aux Corinthiens. Si donc les deux parlers en langues n’étaient pas semblables, Luc l’aurait signalé, ne fut-ce que par des mots différents. On sait que les Actes ont été écrits bien après l’épître aux Corinthiens et que cette dernière circulait dans les Églises. Luc, cela va sans dire, était au courant du contenu de cette lettre, et cela d’autant plus qu’il était le compagnon de voyage de Paul. Personne mieux que lui n’était au courant de la pensée paulinienne sur le sujet. Si donc ce qu’il rapporte dans son livre était différent de ce qu’avait dit Paul dans le sien, il n’aurait pas manqué de le signaler pour éviter la confusion. Mais il n’en a rien fait; il en a parlé comme Paul en a parlé et il a employé le même mot pour parler d’une même chose. C’est la " glossa " dans un cas comme dans l’autre. Les textes grecs sont formels. Paul a en vue des langues aussi connues que celles dont parle Luc puisqu’il dit : " ... aussi nombreuses que puissent être dans le monde les diverses langues ... " (1 Cor. 14.10). Il s’agit bien dans la pensée de Paul de langues humaines. Si elles étaient de notre monde, pourquoi n’étaient-elles plus comprises des Corinthiens alors qu’elles l’étaient quelques années plus tôt à Jérusalem ? Y aurait-il contradiction ?
Retour à Jérusalem
Voyons ce qui s’est passé exactement à Jérusalem. A la venue du Saint-Esprit des langues de feu séparées se posèrent sur les disciples qui, séparément et distinctement parlèrent dans les dialectes des gens présents. Quinze pays et peuples sont cités, chacun comprenant la langue parlée dans le pays d’où il venait. Au niveau de l’audition, il n’y avait là rien de miraculeux; l’émission était surnaturelle mais la réception était naturelle puisque c’était leur langue à eux qu’ils comprenaient. Quant aux quatorze autres langues, à moins de les connaître, ils ne pouvaient les comprendre, pas plus que les Corinthiens ne pouvaient comprendre des langues qu’ils ne connaissaient pas. Nous souvenant qu’un petit croquis vaut mieux qu’un long discours nous allons mettre cet axiome en image. Supposons qu’il y ait eu des Corinthiens présents à la Pentecôte, munis de quinze magnétophones et qu’ils aient enregistré séparément ce qui y avait été dit et compris. Imaginons que, rentrés dans leur Église à Corinthe, ils y aient fait entendre ces quinze cassettes à ces chrétiens qui ne connaissaient qu’une langue, peut-être deux. L’inévitable conclusion aurait été celle de Paul : personne ne les comprend. Forcément, puisque à Corinthe, à part le grec, nul ne pouvait comprendre. Allons plus loin encore. Si ces cassettes enregistrées, traversant les siècles, étaient écoutées de nos jours dans des Assemblées de Paris, New York, Genève, Londres ou Melbourne, le résultat serait le même. Ces quinze idiomes qui étaient compris à Jérusalem, ne le seraient pas plus de notre temps qu’ils ne l’étaient à Corinthe au premier siècle. Inversement, imaginons qu’à l’aide de la machine à remonter le temps, on ait transporté en bloc l’Assemblée de Corinthe à Jérusalem. Ils auraient compris les paroles dites miraculeusement dans leur langue, le grec, mais ils n’auraient rien compris des quatorze autres langues. Forcément. Et si le grec n’avait pas été au programme du Saint-Esprit ce jour-là, ils n’auraient rien compris du tout ! C’est précisément ce qui se passait dans leurs réunions à Corinthe; c’était dans d’autres langues que le grec qu’on y parlait par l’Esprit. Personne n’y comprenait rien, non parce que c’était une autre sorte de parler en langues, ou un langage extatique ou angélique, mais tout simplement parce que ce n’était pas du grec. Ce qui s’y disait, quoique en langues aussi contemporaines qu’à la Pentecôte, leur était aussi inaccessible que de téléphoner en arabe à quelqu’un qui ne comprend que le français.
Encore à Jérusalem
En outre, et pour les mêmes raisons, on remarque qu’à la Pentecôte certains, comme à Corinthe, n’ont pas non plus compris ce qui s’y disait. Il est clair, d’après Actes 2, qu’il y avait deux groupes de Juifs présents à la fête religieuse : 1) ceux qui étaient en visite à Jérusalem (Actes 2.5), venus de quinze pays différents et qui, outre l’araméen, parlaient l’une de ces quinze langues; 2) les Juifs indigènes qui, forcément, ne parlaient ni ne comprenaient aucun de ces quinze dialectes. C’était eux " les autres " (Actes 2.13) qui se moquaient en disant : " Ils sont pleins de vin doux ". Ces Juifs autochtones qui ne connaissaient que l’araméen n’ont pas non plus compris les langues miraculeusement parlées ce jour-là. Au lieu de s’informer auprès de ceux qui avaient compris, ils ont préféré tourner la chose en dérision disant que les disciples étaient sous l’emprise de la boisson. Ce qu’il convient de retenir c’est qu’ils auraient pu dire exactement ce que Paul écrira environ vingt-cinq ans plus tard aux Corinthiens : " Personne ne comprend ". Et si personne ne comprend, Paul osera les fustiger par une expression cinglante : " ... ne dira-t-on pas que vous êtes fous ? " En résumé, qu’est-ce que cela prouve ? Que le parler en langues dont il est question à Corinthe n’était pas un verbiage extatique inintelligible ou un inaccessible langage angélique, mais des langues aussi nationales et contemporaines que celles d’Actes 2. Et si, comme le dit Paul, personne ne les comprend, c’est tout simplement parce qu’il n’y avait pas dans leur Église, contrairement à Jérusalem, les quinze oreilles pour les comprendre !
En conclusion, le " personne ne comprend " est devenu un paravent bien commode pour dissimuler cette quatrième erreur que l’on soustrait ainsi à toute possibilité de contrôle. Heureusement, le Saint-Esprit a prévu un moyen de vérification qui jettera plus d’éclairage sur l’erreur dont on vient de parler, et qui débouchera sur une cinquième de la plus extrême gravité. Ce sera le sujet du prochain chapitre.
Chapitre 6
Nous allons à présent aborder le don de l’interprétation. Au charisme des langues, le Saint-Esprit y a adjoint celui d’interpréter ces langues. A la Pentecôte, les disciples s’étant mis à parler miraculeusement dans des langues étrangères que la foule comprenait, il n’y avait pas lieu de les traduire. Quand l’apôtre Paul exerçait ce don, et il le faisait plus et mieux que n’importe qui d’autre, c’était dans des circonstances similaires. Il se défendait d’exercer ce don dans l’Église qui est un cercle composé généralement de croyants. Comme ce signe était pour les Juifs incrédules, il dit que, dans l’Église, il préfère dire cinq mots intelligents que dix mille en langues. Il est donc DEUX MILLE fois plus favorable à ce qu’on y parle le langage de tous les jours qu’à ce qu’on y parle en langues ou, si l’on préfère, il était deux mille fois plus opposé à ce qu’on y parle en langues qu’autrement. Quand Paul parlait en langues c’était non pas comme battant l’air, comme un airain qui résonne ou comme une trompette qui rend un son confus. Non, il est efficace. Il exerce ce don dans le cadre prévu à cet effet, c’est-à-dire celui de l’Israël hyper-patriotique et hyper-saint qui rejetait ces corps étrangers qu’étaient les païens. Si on le suit dans ses nombreux voyages, on le trouve partout et toujours en conflit avec les Juifs, et même avec ses frères Juifs convertis, qui étaient en désaccord avec lui sur ce point capital. Quand il rentra de son premier voyage missionnaire à l’Église d’Antioche d’où il était parti, il raconta " comment Dieu avait ouvert aux nations (les langues étrangères) la porte de la foi " (Actes 14.27). C’est vraisemblablement dans de telles occasions, qu’il exerçait ce don de louer le Dieu d’Israël dans la langue des païens.
Fausse Piste
Du côté de Paul il n’y avait pas de risque de dérapage. Mais il n’était pas le seul à parler en langues. D’autres, qui avaient ce charisme, n’en faisaient pas le même usage. Oubliant à qui le signe devait faire signe, ils éprouvaient une satisfaction personnelle à se faire entendre jusque dans les réunions de l’Église, et en l’absence d’opposants Juifs, là donc où il n’y avait aucune raison de le faire, sinon occasionnellement, une fois sur DEUX MILLE par exemple (1 Cor. 14.19). Puisque c’était, à l’époque, un authentique don de l’Esprit, Paul ne voulait pas en interdire l’exercice. Mais c’était devenu chez certains comme la force herculéenne de Samson qui était aussi un don de Dieu. Tels de nouveaux Samson, ils s’en servaient à tort et à travers, sans intelligence. C’est ce que Paul leur rappelle : employer aussi leur intelligence. Ce n’était pas les dons qui manquaient aux Corinthiens, mais l’intelligence de ces dons. Paul doit leur faire le reproche d’être restés au stade de l’enfance. N’en étant encore qu’au lait, spirituellement parlant (1 Cor. 3.2), ils y allaient tous ensemble de leur petite démonstration linguistique. N’étant que des bébés sous le rapport de la foi, ils étaient tout fiers de montrer qu’ils avaient au moins " ça ". Nous allons paraphraser en tournure populaire ce que Paul doit leur dire aux versets 16 et 17 du chapitre 14 : " C’est bien beau de faire de belles prières et de belles actions de grâce en égyptien, ou en perse, ou en latin, mais il n’y a même pas un Juif intégriste venu d’Alexandrie, de Persépolis et de Rome parmi vous cette semaine. On veut bien croire que ton latin est du plus haut classique et que ça te fait plaisir et peut-être même du bien. Mais à quoi ça peut bien servir, personne ici n’y comprend goutte ? Comment veux-tu qu’on dise amen après toi puisqu’on ne sait pas ce que tu as dit ? "
Quatre choses se dégagent déjà en rapport avec la pratique corinthienne de l’interprétation :
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1) Associée au parler en langues, l’interprétation devait le compléter et atteindre le but premier qui restait de servir de signe à " ce peuple " et à son incrédulité, sujet largement débattu précédemment.
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2) A tout parler en langues il fallait nécessairement qu’une traduction l’accompagne. Pourquoi ? Afin, comme le dit Paul, que l’on comprenne ce qui avait été dit et qu’ainsi on puisse y ajouter son amen personnel et adhérer intelligemment à la prière enfin comprise. Pour traduire le parler en langues dans l’Église, Dieu avait donné à celui qui parlait (v. 13), ou à quelqu’un d’autre présent dans l’Église, le don non moins miraculeux de l’interprétation.
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3) Ce qui était dit en langues devait obligatoirement être interprété. Il ne pouvait en aucun cas s’exercer sans son complément explicatif (v. 28). De plus, il y avait obligation de s’assurer qu’il y avait un interprète dans l’assemblée AVANT de commencer à parler en langues et non après : " ... s’il n’y a pas d’interprète, qu’on se taise ". A la lumière de ces quelques précisions, on s’aperçoit que les Corinthiens eux-mêmes étaient loin du modèle divin. Aujourd’hui plus qu’alors, ces textes sont écartés avec la plus grande désinvolture.
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4) Une autre pratique, qui elle aussi était anti-biblique, c’était de prier ou de chanter tous ensemble en langues. L’interprétation, même si elle était envisagée, devenait impossible dans le brouhaha qui en résultait. C’était, encore là, une façon de faire que Dieu réprouvait par un terme fort : le désordre. Son Saint-Esprit ne pouvait pas produire le contraire de ce qu’Il ordonnait. Et qu’ordonnait-Il ? Voici la réponse :
" En est-il qui parlent en langue ? Que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour et que quelqu’un interprète " (v. 27).
Arrivés à ce point de notre étude, si on additionne les entorses faites à l’enseignement divin, on constate déjà que les pentecôtistes conservateurs sont, autant que les charismatiques qu’ils honnissent, " à côté de la plaque ". En terme d’alpinisme on dirait qu’ils ont dévissé, ou en terme de slalom spécial qu’ils ont enfourché toutes les portes.
Fantaisies
Tout ceci est déjà très grave, mais il y a plus grave encore. Dans tous les cas d’interprétation que j’ai personnellement vérifié avec le plus grand soin et un esprit ouvert, je n’ai découvert rien d’autre qu’une fabrication humaine, une tromperie délibérée. Ce qui m’avait surpris, c’était le décalage inadmissible entre la brièveté des parlers en langues et la longueur démesurée des interprétations comme, par exemple, quelques lentes syllabes d’un chant très court qui s’est transformé en une traduction fleuve. A force de questionner en procédant par recoupement, on a fini par m’avouer en haut-lieu que :
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a) celui qui parle en langue ne comprend pas ce qu’il dit,
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b) l’auditoire ne comprend pas non plus ce qui est dit,
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c) celui qui interprète ne comprend pas non plus ce qu’a dit celui qu’il traduit !
M’étant offusqué de pareilles tricheries, on m’a candidement répondu que l’interprétation n’était pas une traduction réelle, mais que c’était une traduction du cœur ! C’était donc n’importe quoi laissé à la fantaisie d’un pseudo-interprète. Ce n’est là, ni ce que la Bible dit, ni ce qu’a enseigné Donald Gee, le maître à penser du pentecôtisme qui affirme que l’interprétation était bel et bien une traduction. Un autre, pour essayer de se sortir de cette situation embarrassante, m’a dit que l’interprétation n’était pas la traduction de ce qui était dit en langue, mais la réponse du ciel à ce qui venait d’être dit ! On est ici en pleine divagation. L’Écriture est délibérément foulée aux pieds, cette Parole qui précise (v. 16), que les actions de grâces en langues devaient être interprétées de telle sorte que l’on comprenne " CE QUI EST DIT " afin que l’auditoire puisse marquer son accord et faire siennes ces actions de grâces en disant : il en est ainsi, amen !
Un autre responsable charismatique a osé me dire qu'un seul parler en langues pouvait engendrer plusieurs types différents d'interprétation ! Si je comprends bien, c'est comme un semis de froment qui, à la récolte, donnerait aussi du maïs, de l'orge et du tournesol sans que le fermier s'en étonne. Peut-on s'attendre à ce qu'une chatte donne naissance à des chiots, des chatons et de poussins ? Et personne ne s'indigne quand, dans le domaine spirituel, UN parler en langue engendre plusieurs types d'interprétation ? Existerait-il un darwinisme charismatique et assisterions-nous là à une sorte de mutation des espèces ? Devais-je accepter passivement sans crier à la fraude ?
Une Vraie Traduction
Pour se convaincre que l'interprétation dont il sagit est une vraie TRADUCTION, le terme hermenêia employé ici par Paul se retrouve ailleurs dans le Nouveau Testament. En voici quelques exemples:
- Marc 5:41 (JND) " Ayant pris la main de l'enfant, il lui dit Tabithe coumi; ce qui interprété (hermeneia) est : Jeune fille, je te le dis, lève-toi ".
- Jean 1:38 " ..Rabbi, ce qui interprété (hermeneia) signifie maître ".
- Jean 1:42 " Nous avons trouvé le Messie, ce qui, interprété (hermeneia) est Christ ".
- Jean 9:7 " Va, et lave-toi au réservoir de Siloé, ce qui est interprété (hermeneia) Envoyé ".
- Actes 9:36 " ..une femme disciple nommée Tabitha,qui, interprété (hermeneia) signifie Dorcas ".
Il suffit maintenant de poursuivre avec:
- 1Cor.12:10 " ...à un autre l'interprétation (hermeneia) des langues ".
- 1 Cor.14:26 " ...chacun de vous a ...une interprétation (hermeneia) ".
Sur ce point en tous cas, nous arrivons avec Donald Gee, l'un des grands maîtres du Pentecôtisme à l'incontournable évidence que l'interprétation (hermeneia), le terme choisi par le Saint-Esprit, ne peut rien être d'autre que TRADUCTION.
Un Colonel de l’Armée du Salut à la retraite m’a raconté à quel point il avait été consterné lors d’un culte auquel il assistait. Il avait rendu grâce en lingala, la langue vernaculaire de l’ouest africain, son champ de mission. Dans l’assemblée, un " interprète " croyant avoir a faire à un parler en langues puisqu’il n’avait rien compris, a donné une " interprétation " qui n’avait rien à voir ni de près ni de loin avec ce qui venait d’être dit.
Contrefaçon
J’ai personnellement constaté que cette contrefaçon était connue des milieux concernés. Un chrétien des îles du Cap Vert venait de prier dans sa langue; à peine avait-il dit amen, qu’un responsable plus avisé que les autres a coupé la parole d’interprétation en disant : " Notre frère vient de rendre grâce dans la langue de son pays ". Cela veut dire que, sans cette intervention, il y aurait eu le miracle d’une " interprétation ", évangélique au niveau des termes employés, mais aussi fausse dans l’esprit que les paroles de la jeune pythonisse d’Actes 16.17 qui, par le même esprit de confusion a pu dire : " Ces hommes sont les serviteurs du Dieu très-haut et ils vous annoncent la voie du salut " !
De quelle oreille attentive n’ai-je pas écouté ce parler en langues heurté, saccadé, incompréhensible comme tous les autres, au cours duquel, tout à coup a surgi trois fois, un " spiriti santi " en italien. Ayant saisi cette triple répétition, j’ai guetté l’arrivée de ces trois expressions dans l’interprétation. Je les ai attendues en vain. Le Saint-Esprit qui était sensé les avoir inspirées dans le parler en langues, les aurait-Il oubliées dans l’interprétation ? Ou bien l’Esprit de Dieu ne serait-Il pour rien dans un cas comme dans l’autre ? Mais alors, quel " esprit " a pris la relève ?
Un ami espagnol, dans une communauté pentecôtiste francophone, avait prié le " Notre Père " dans sa langue maternelle. Il s’en était suivi une interprétation qui était tout sauf le Pater Noster. Ce fut, pour lui aussi, une preuve de plus que celui qui interprétait, non seulement ne comprenait pas plus que les autres, mais qu’il trompait tout son monde sous le couvert d’une phraséologie évangélique. Profondément attristé par cette nouvelle malhonnêteté, je me suis décidé à passer à une vérification plus poussée. J’ai demandé à un ami écossais ayant un accent typique de son pays, de mettre le Notre Père, deux fois de suite sur magnétophone. Muni de cet enregistrement et de deux autres parlers en langues pris sur le vif et suivis des interprétations qui en avaient été données, je suis allé voir des amis pentecôtistes très modérés pour qui les exagérations et les dérapages ne se rencontrent que chez les autres. Personne, dans la communauté, ne mettait en doute leur conversion, ou leur sincérité, ou la réalité de leur " charisme ". Après avoir prié ensemble, je leur ai demandé d’interpréter ce pseudo et ces " vraies " langues. Cela fut fait sans objection ni réticence. Hélas, mille fois hélas, le Notre Père en anglais s’est transformé en un message d’encouragement en français. Quant au reste, c’était aussi différent de la première interprétation que le Rhône est différent du Rhin et coule dans la direction opposée. Cette aventure, rapportée à mon ami écossais, l’a laissé sans voix. Il ne pouvait que bredouiller : " Mais alors ! Mais alors !... ". En effet, peut-on encore se dire chrétien quand on s’acoquine de si près avec celui qui se déguise aussi en ange de lumière (2 Cor. 11.14) ? Pour se sortir de cette mauvaise passe, certains allègueront, sans trop y croire, qu’on ne soumet pas un don de l’Esprit à une épreuve électronique. Il faut donc faire remarquer que ce n’est pas l’épreuve qui a créé la tricherie, elle n’a fait que la confirmer et elle a de surcroît démontré que ces prétendus dons viennent d’ailleurs que d’en-haut.
Dr. Jeckill et Mr. Hyde
Ce qui va suivre ne relève pas de l’électronique; voyez pourtant. Plusieurs ont découvert que ce qui se disait en langue était orienté dans des sens opposés en fonction des courants de sympathie ou d’antipathie. J’ai personnellement été la cible de deux exhortations en langues, ayant trait à une même situation. Selon les sentiments cultivés, les paroles " divines ", étaient toutes de consolation dans un cas et toute condamnation dans l’autre ! Est-ce sérieux ? Le Saint-Esprit serait-Il selon l’humeur du moment, Dr Jeckyll et M. Hyde ? Un pasteur pentecôtiste n’y croyait pas non plus. Sa situation particulière était difficile. Dans certaines Églises, il se voyait gratifié d’une prophétie en langue trop bien documentée et orientée pour ne pas être préméditée. Il le savait. Sa conclusion était la suivante :
Je n’accepte ce qu’on dit en langue que là où on ne me connaît pas ! Il admettait donc la supercherie. Mais à ses yeux, elle n’était que d’un côté; dans le camp de ceux qui, ne le connaissant pas, ne lui décochaient aucune flèche. Or, chacun sait que si une pièce de monnaie est fausse d’un côté, elle l’est des deux : pile, face, et même tranche !
En supplément, ce qui démontre à suffisance que tout n’est qu’humain et subjectif dans l’actuel don des langues, et que le Saint-Esprit n’y est pour rien, c’est que l’interprétation est toujours le reflet de courants et de sentiments particuliers :
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- Les charismatiques y révèlent leur appartenance au catholicisme romain.
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- Les spirites y trouvent des révélations occultes.
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- Les frères pentecôtistes, étant évangéliques, prennent le langage évangélique et les tournures de phrase propres à leur milieu. Convaincus de la guérison divine, ils y projettent leur conviction. Des guérisons qui n’ont pas lieu sont prophétisées par ce moyen, démontrant selon Deutéronome 17.20-22, que l’esprit qui préside à la chose n’est pas celui de Dieu.
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- Le jour où les musulmans parleront en langues, on peut être sûr que le faux prophète Mahomet aura une place de choix dans leur vocabulaire inspiré, ce qui conférera à l’islam un label d’authenticité divine. Tout ceci pour dire qu’une fois l’incompréhensible don confronté à son interprétation, le masque tombe et son vrai visage est dévoilé.
Immunité diplomatique
J’ai aussi remarqué que mes interlocuteurs, ou mes correspondants, n’étaient jamais autant irrités que lorsque je leur parlais de vérification de ces deux dons-là. Cela les mettait hors d’eux-mêmes, certains allant jusqu’à jeter l’anathème.
Ainsi donc, seul le parler en langues ne devrait pas subir l’épreuve de la vérité ? La Bible, au contraire, nous dit d’éprouver les esprits (1 Jn 4.1-3) :
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- Le don de l’évangéliste et l’esprit qui l’anime sont mis à l’épreuve selon 1 Corinthiens 15.1-4 : " Tel que je vous l’ai annoncé, sinon vous auriez cru en vain "; ou selon Galates 1.8 : " ... un autre Évangile s’écartant de celui que nous vous avons prêché... ".
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- Le signe d’authenticité de la foi qui prouve le don de guérison est, selon Marc 16.17 et 18, que le malade à qui on a imposé les mains soit guéri.
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- Le don de prophétie devait être éprouvé selon 1 Corinthiens 14.29 : " ...que deux ou trois prophétisent et que les autres jugent "; ou, selon le v. 32 : " Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes ", ce qui veut dire qu’un don de prophétie ne peut pas contredire la prophétie générale qui le met ainsi à l’épreuve.
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- Quant au don de Paul, celui d’apôtre entre autres (Eph. 4.7-11), il peut en dire : " Les preuves de mon apostolat ont éclaté au milieu de vous par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges et des miracles (2 Cor. 12.12), etc.
Pourquoi, seuls ces deux charismes jouiraient-ils d’une sorte d’immunité diplomatique ou devraient-ils être mis au-dessus des lois de l’épreuve ? A des gens qui rechignaient à soumettre leur don au test décisif du magnétophone, au nom d’une ambiance qui ne serait pas propice à l’action de l’Esprit, j’ai rappelé :
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a) que David Wilkerson, qu’ils admirent, affirme (et beaucoup d’autres avec lui) pouvoir parler en langues à volonté, n’importe quand et n’importe où;
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b) qu’en 1986, TF1 a programmé une émission où trois pentecôtistes ont posé devant les caméras de télévision et ont engagé entre eux une conversation en langues. Le cadre d’un studio d’enregistrement s’est prêté à cette manifestation spirituelle aussi bien qu’une réunion d’Église et que, toujours dans cette même ambiance de prises de vues, une interprétation avait été enregistrée;
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c) qu’un de leurs chefs de file, Gordon Lindsay, dit dans The Gift of the Spirit, Page 147 " qu’à UN parler en langues, il pouvait y avoir PLUSIEURS DÉSIRS D’INTERPRETATION " !
A partir de ces trois prémisses pentecôtistes qu’ils ne pouvaient pas rejeter, ma proposition a été celle-ci : PRÉPARER UNE RENCONTRE OU UN DES LEURS PARLERAIT EN LANGUE ET TROIS AUTRES INTERPRÉTERAIENT ISOLEMENT SOUS ÉCOUTE MAGNÉTIQUE. LES INTERPRÉTATIONS QUI DEVRAIENT DIRE LA MÊME CHOSE A QUELQUE NUANCE PRÈS, SERAIENT ALORS COMPARÉES. Cette proposition qui est restée sans réponse, je la maintiens ici par écrit, à mon corps défendant, face à toutes les communautés charismatiques de la francophonie. Pourquoi n’y a-t-il pas eu et n’y aura-t-il jamais de réponse à cette offre pourtant loyale ?
Ambuscade
Voici la réponse combinée de deux d’entre eux qui, échaudés, ont pris leurs distances vis à vis d’une position doctrinale et d’une attitude morale qu’ils réprouvent :
" Prenez garde, frère, si ces gens entrent dans votre jeu, ce n’est que pour vous faire entrer dans le leur et tenter de vous abuser par la fraude. Ils n’entreront dans la vérification de leur don que s’ils sont sûrs de tricher dès le départ, c’est-à-dire se concerter par avance sur un texte court, comme par exemple le Psaume 23 qu’ils apprendront par cœur, en changeant un mot ici et là. Mais si vous exigez une interprétation spontanée avec des interprètes qui ne se connaissent pas entre eux, vous n’essuierez que leur refus. Nous aussi, nous avons cru pendant longtemps, que notre Église était le théâtre des manifestations de l’Esprit. Au culte, lors de parlers en langues interprétés, on entendait des " révélations " à caractère privé, indéniablement exactes qui touchaient presque toutes les familles de l’Église. On mettait cela sur le compte d’un don de " connaissance " qui se révélait en langues. On a quand même fini par s’en étonner puis par s’en inquiéter. Cela a duré jusqu’au jour où le pot aux roses fut découvert. L’occasion qui révéla la mascarade, fut une bisbille qui tourna à la division dans l’Église. Les langues se délièrent alors. On apprit qu’un des anciens faisait le tour des familles et s’arrangeait ensuite avec deux autres qui, le dimanche, révélaient en langue d’abord et en interprétation ensuite, des faits souvent anodins qui avaient été notés dans les contacts des jours précédents " !
Face à cette tricherie organisée, le conseil de ces amis à être sur ses gardes reste de saison, car là où la fraude est érigée en principe, on doit s’attendre au pire. Là où il n’y a plus de chrétien que le nom, tous les coups bas sont permis. Qu’il faille, telles des brebis au milieu des loups, être prudents comme des serpents et simples comme des colombes, vis à vis du monde on peut l’admettre. Mais que l’on doive appliquer ces mesures extrêmes à ceux pour qui, sincérité, droiture et loyauté devraient être la règle de vie, cela fait chavirer le cœur jusqu’à la nausée. " Le Seigneur dit : Quand ce peuple s’approche de moi, il m’honore de la bouche et des lèvres : mais son cœur est éloigné de moi, et la crainte qu’il a de moi n’est qu’un précepte de tradition humaine " (Es. 29.13).
Certes, on ne peut pas, à priori, faire un procès d’intention à tous les frères pentecôtistes en les accusant d’imposture et de mauvaise foi. La charité chrétienne commande de croire, surtout chez les modérés, à leur sincérité JUSQU’A CE QUE l’occasion leur soit offerte de prouver le bien-fondé de la confiance qu’on leur témoigne. Nous avons bien dit JUSQU’A CE QUE, et pas au-delà. Car, quand la vérification du don incriminé est refusée, l’honnêteté morale prend fin et l’erreur doctrinale devient un péché. C’est la même conclusion que Jésus a donnée au péché d’aveuglement des pharisiens lors de la guérison de l’aveugle-né de Jérusalem : " Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites : Nous voyons, c’est pourquoi votre péché subsiste " (Jn 9.40-41).
Rapport Charismatique sur l'Électronique
Obstinément, beaucoup, pour ne pas dire tous, refusent l’épreuve magnétique sous le fallacieux prétexte qu’on n’a pas le droit de soumettre un don de l’Esprit à un examen électronique. Ceux qui disent cela ont-ils à ce point peur de découvrir la vérité ? Comment admettre que pour ces mêmes charismes, on se sert tant et plus de l’audio-visuel ? Des guérisons ou des miracles dits de l’Esprit sont photographiés, filmés, reproduits, diffusés. Des parlers en langues et leur interprétation sont enregistrés puis réentendus et commentés dans des cercles privés ou élargis. Des millions de cassettes avec des messages évangéliques circulent dans le monde et sont diffusées sur les ondes, écoutées, copiées et analysées par des multitudes. Ces cassettes magnétiques sont à ce point porteuses de l’Esprit de Dieu que beaucoup sont édifiés et que d’autres naissent de nouveau par le Saint-Esprit en les écoutant.
Non, ce refus d’analyse par le moyen d’une technique neutre et impartiale n’est motivé que par la crainte de découvrir que le combiné langues-interprétation n’existe qu’à l’état de contrefaçon. Nous apportons maintenant la preuve décisive que ce refus d’analyse n’est pas le fruit d’une conviction scripturaire, mais une dérobade qui n’est autre chose que l’art très politique d’esquiver les questions embarrassantes.
La revue Expériences est incontestablement d’obédience pentecôtiste. Dans le n° 73 de 1989, il n’y est question que de l’extraordinaire découverte des stupéfiantes structures mathématiques de la Bible, au moyen des ordinateurs ultra-rapides (page 24 et autres). Les moyens humains de ces recherches sont les plus grands mathématiciens Israéliens et Américains des universités de Jérusalem, Tel Aviv, Yale et Harvard. Ces recherches sont des travaux sérieux menés par des gens sérieux (page 24). On est au bout des superlatifs pour qualifier l’entreprise et surtout les résultats. L’ordinateur démontre que la Bible est unique et contient en elle-même la signature du Créateur au-delà de ce que les hommes de Dieu les plus remplis de foi pouvaient imaginer (page 4). Et qu’est-ce qui met cette vérité en lumière ? De l’électronique. Or, la rédaction de la Bible a été un charisme que 1 Corinthiens 13 appelle le don de connaissance et de prophétie. L’Écriture est constituée de ces deux éléments. Autrement dit, tout dans la Bible est connaissance et prophétie. C’est là le contenu de la révélation écrite et c’est le charisme non pas le plus inspiré, mais le plus indubitablement inspiré de tous. " Toute l’Écriture est inspirée de Dieu " (2 Tim. 3.16) et " ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussé par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu " (2 Pi. 1.18).
Or, Expériences approuve sans réserve et avec un enthousiasme débordant (que nous partageons), l’examen électronique de ce charisme divin qui a présidé à la rédaction du canon des Écritures. Nous ne pouvons pas faire à Dieu l’injure de croire que les Paroles qu’Il est sensé mettre dans la bouche des frères pentecôtistes soient moins vérifiables que celles prononcées puis écrites par Moïse, ou par Jérémie ou par Jésus, Pierre ou Paul. Si la technique moderne ne fait que décupler notre confiance en la Parole, elle devrait en faire autant envers ces autres paroles dont on nous affirme avec force qu’elles sont de Dieu. Pourquoi toutes ces tergiversations ? Y aurait-il un doute ? Où est le problème ? La raison du problème est dans le texte de la revue précitée que nous allons reproduire intégralement (pages 6 et 7). Au lieu de " Bible ", nous y mettrons simplement " langues " qui vaudra pour les dons de parler et interpréter. Nous demandons aux lecteurs de lire et de relire avec la plus grande réflexion les lignes qui suivent.
" Nous sommes arrivés à des conclusions fantastiques. Ce sont des faits auxquels on ne peut rien changer. Un scientifique qui veut des évidences pourra vérifier les faits. Mais nous nous heurtons à un problème psychologique (moral). C’est une question essentielle qui touche la vie et la mort, et qui implique un engagement, car ou bien les langues sont vraies, ou bien tout est à jeter; ou bien ce travail apporte une découverte nouvelle, ou bien il n’y a rien. Nombreux sont ceux qui se sont intéressés à nos travaux, mais plusieurs, DES QU’ILS S’APERÇOIVENT OU CELA LES MÈNE REFUSENT D’ALLER PLUS LOIN EN DISANT : " CHACUN PEUT CROIRE CE QU’IL VEUT... ". MAIS NON ! Dans son imagination, sur le plan psychologique, chacun peut trouver ce qu’il veut, mais ici nous nous trouvons devant une structure mathématique... Deux et deux font quatre pour tout le monde. On ne peut pas croire ce qu’on veut dans ce domaine ".
Voilà la raison cachée de l’objection à aller plus loin dans l’investigation du don des langues; c’est la peur de devoir admettre que, si l’épreuve électronique confirme que la Bible est la signature de Dieu, la même épreuve ne fasse apparaître la signature de celui qui contrefait l’ange de lumière. N’importe qui peut s’assurer de la chose. La vérification est d’autant plus facile qu’elle n’exige aucun appareil coûteux ou compliqué. Qui, à l’heure qu’il est, n’a pas un enregistreur portatif chez soi ? Que l’honnête chercheur de vérité y enregistre son propre parler en langues, ou qu’il en capte un dans son Église. S’il croit que ce don est authentique, il doit obligatoirement croire que le don d’interprétation des autres ne l’est pas moins. Qu’il aille vers ceux qui sont reconnus pour avoir ce charisme. Qu’il demande à plusieurs SÉPARÉMENT, c’est-à-dire à l’insu les uns des autres, d’interpréter ce qui a été mis sur bande, qu’il compare ensuite les diverses " interprétations ". Personnellement je l’ai fait. La signature n’était pas celle du Père des lumières mais plutôt celle du père du mensonge (Jacques 1:17; Jean 8:44).
Puisque l'épreuve électronique fait bondir d'une feinte indignation ceux qui ont peur de découvrir leur erreur, je leur ai suggéré un autre type de vérification. Voici ce que, par écrit, j'ai proposé à deux des plus hautes sommités du charismatisme de France et de Suisse :
" Puisque vous croyez, soi-disant en toute bonne foi, que votre don des langues existe encore et qu'il est authentique, vous êtes tenus de croire que son inséparavlr corrollaire, le don d'interprétation existe encore lui aussi et qu'il possède les mêmes caractéristiques miraculeuses et divines. Nous prendrons chacun deux témoins et nous irons tous ensemble dans une Assemblée charismatique de mon choix où personne ne nous connaît et où l'interprétation de tout parler en langues est exigé. Pendant le culte, j'y parlerai votre charabia et vous mon baragouin. Nous constaterons alors que de ces deux " rien du tout ", du vôtre autant que du mien, vont sortir deux " interprétations " 100 % au niveau de l'énoncé, ce qui démontrera que toute l'affaire n'est rien d'autre que fabrication humaine et vulgaire contrefaçon. Ayant constaté la fraude, vous, moi et nos témoins, nous établirons sur le champ un rapport des faits que nous signerons et que nous enverrons à toutes les Églises de nos deux pays ".Le premier n'a jamais donné suite à cette proposition; l'autre a décliné l'offre dans une lettre où il m'accusait d’être à la fois un blasphémateur contre le Saint-Esprit et un faux prophète!!!
Un chrétien serait-il encore digne de ce nom s’il se montrait moins honnête que les abominables prophètes de Baal qui, eux, acceptèrent le défi d’Elie quant à l’authenticité de leur dieu ? (1 Rois 18).
Explication
En ce qui concerne les langues et leur interprétation, comment expliquer que des gens dûment ou prétendument convertis, nés de nouveau et dont la vie a été changée, parfois même en profondeur, puissent être à ce point manipulés par le père du mensonge ? Cela paraît impossible. Un vrai chrétien ne peut ni mentir ni continuer à se mentir à lui-même systématiquement. Cela mérite une explication. Il faut avoir vécu ou côtoyé largement ces milieux pour saisir l’atmosphère dans laquelle ils baignent à longueur d’années. Par exemple, on comprend mieux la vie décousue d’un Samson, quand on sait qu’il vivait à une époque ou " chacun faisait ce qu’il lui semblait bon ". Samson était un enfant du siècle conditionné par son entourage. C’est vrai pour un chrétien qui évolue dans une communauté où l’usage du tabac est admis, où des conducteurs montrent l’exemple et où l’on a bien soin de ne jamais souffler mot sur le sujet. Ce chrétien ne sera jamais délivré de l’asservissement de la plante à Nicot. Il en aura d’autant moins envie que la drogue aura passé dans son sang et dans son mode de vie sans que sa conscience en soit alertée. Pourquoi se repentirait-il d’un lien que son entourage approuve ou en tout cas ne désapprouve pas ?
Idem pour le catholique qui ne peut se séparer d’une mondanité qui lui est tellement naturelle que sa vie religieuse en est imprégnée. Du porche de l’Église il passera sans transition à la porte de la taverne d’en face, y jouera aux cartes avec les amis, pointera le tiercé ou le loto sportif, poussera la chansonnette en trinquant avec son curé qui lui confiera l’organisation du prochain bal paroissial. La mondanité ambiante qu’il partage, l’empêchera de prendre conscience de son état de perdition. Il croira de bonne foi plaire au Bon Dieu et ajouter une bonne œuvre à la fabrication de son salut. Comment ouvrirait-il la porte de la repentance ? La clé en a été enlevée par son directeur de conscience !
C’est aussi ce qui se passe dans les communautés à forte influence charismatique. L’expérience y prime la doctrine. L’exaltation mystique est appréciée. Historiettes, expériences, témoignages, visions ou prophéties y supplantent l’étude sérieuse et en profondeur de la Parole de Dieu. C’est la préparation idéale à la démission de la raison. Le manque de foi est stigmatisé à outrance. " Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir " (Marc 11.24), est le genre de vérité biblique qui s’hypertrophie à force de la pressurer à l’extrême. Chacun se fait une obligation de témoigner de ce qu’il a déjà reçu, même s’il ne l’a pas encore reçu ou qu’il ne le recevra jamais. Un pied dans la tombe, on vous affirme sans vergogne que l’on est guéri. Ce n’est pas un mensonge, c’est au contraire le triomphe de la foi. Il faut continuer à croire coûte que coûte et surtout ne pas douter.
C’est cette démesure dans la distorsion des textes qui façonne les mentalités, à telle enseigne que, quand quelqu’un interprète mal une langue dont il n’a rien saisi, il ne fraude pas, il ne ment pas, il croit tout simplement. Il honore Dieu par sa foi en l’exercice d’un don qu’il croit avoir reçu parce qu’il l’a demandé ou parce qu’on lui a fait croire qu’il l’avait. Et comme personne dans sa congrégation ne se permet de contester et de contrôler les platitudes évangéliques qu’il débite, il s’enferre toujours plus dans ce qu’il croit être vrai, même si cela heurte la vérité de front. Quand ce pasteur affirma que la grande salle où il avait prêché ce soir-là était comble, alors qu’il y avait moins de quinze personnes présentes, il ne mentait pas; il croyait tout simplement que Dieu, à qui il avait demandé avec foi de la remplir, ne pouvait qu’avoir tenu sa promesse. Puisqu’il est écrit : " ... croyez que vous l’avez reçu ", il le croyait, donc il l’avait reçu, et il pouvait le dire tout haut dans la présence de ceux qui avaient été témoins du contraire. Ce sont là des vérités devenues folles qui engendrent des états d’âme, qui deviennent vite des états d’esprit, inconnus des autres chrétiens évangéliques qui ont de la peine à croire que de tels abus puissent exister réellement.
C’est en fait une maladie spirituelle proche des religions orientales. C’est l’abandon de la volonté, la démission de l’esprit, la dévalorisation du raisonnement. L’un des leurs, G. Ramseyer, n’a-t-il pas écrit un livre (dont nous reparlerons) intitulé Vous raisonnez trop ? C’est l’annihilation du moi jusqu’à en perdre conscience, pour être rempli d’un autre esprit. Mais quel esprit ? Il est facile d’y coller le texte de 1 Cor. 14.14 : " Si je prie en langue mon esprit est en prière mais mon intelligence demeure stérile ". Séparé du verset qui suit, qui fait la rectification en recommandant aussi l’usage de l’intelligence, on en arrive à accueillir tout ce qui n’est pas de la pensée intelligente. Indirectement cela devient le mépris de ce qui distingue l’homme de l’animal, et cela conduit à la négation du premier et plus grand commandement : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute... ta pensée ", c’est-à-dire de tout ton savoir, de tout ton raisonnement, de toute ta volonté, de toute ton intelligence, de tout ton esprit. Là où le langage favori est au contraire : " Ne résistez pas, abandonnez-vous, ne raisonnez plus, donnez toute la place à l’Esprit, laissez-vous aller, faites-Lui confiance, laissez-vous envahir et subjuguer par lui, faites le vide en vous-même ", on peut être sûr que, selon Matthieu 12.44, l’ennemi, trouvant la place vide de la résistance préconisée en Jacques 4.7, s’empressera de venir la remplir sous la fausse appellation du Saint-Esprit. C’est la seule explication du " don " d’interprétation que nous venons d’analyser longuement.
En définitive, ce qui va donner plus de poids à notre enquête sur le sujet, c’est l’aveu de ceux qui ont trempé dans ce trafic de dons falsifiés et qui, une fois convertis de cette imposture, ont déclaré que leur usage de ces " dons " n’avait été que FAUX ET USAGE DE FAUX. Si cette dernière formule devait faire de la peine à quelqu’un, puisse-t-il se rappeler que c’est dans des termes plus virulents, que le pentecôtisme classique condamnait naguère ses frères charismatiques qui exercent les mêmes dons qu’il leur a par ailleurs transmis.
Un frère en Christ nous a laissé par écrit cette courageuse mais terrible confession-réquisitoire : " Avec nous, l’argumentation logique n’est pas la bonne façon de s’y prendre; nous n’y sommes sensibles que quand elle nous avantage. Nous sommes des malades; ce dont nous avons besoin, c’est d’être guéris ". Cela, il nous l’a écrit après sa guérison. Nul ne peut empêcher les faux-monnayeurs d’imprimer des " bonnes " coupures, ni de s’en servir, ni de les faire circuler. Les faux billets, comme les faux dons, procurent à leurs possesseurs de la vraie joie, des vrais biens, une vraie notoriété, une belle confiance en soi et en l’avenir jusqu’à ce qu’ils se fassent prendre. Le jour approche où tous les faussaires devront faire face à cette terrible échéance ainsi libellée :
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a) " Rends compte de ton administration... " (Luc 16.2),
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b) " ... il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement " (Héb. 9.27).
Que feront en ce jour-là ceux qui, dans le domaine du sacré, se seront servis du mensonge sous prétexte de mieux parler au Nom du Seigneur. Ils ne pourront plus l’invoquer. C’est vers les rochers qu’ils se tourneront pour leur dire ainsi qu’aux montagnes : " ... tombez sur nous, et cachez-nous devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l’Agneau; car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ? " (Apoc. 6.16-17).
S’être trompé, chacun le sait, c’est déjà grave; avoir refusé de vérifier si l’on s’est trompé ou si on a été trompé, c’est encore plus grave; mais en avoir entraîné d’autres dans la tromperie et par la tromperie, cela ne peut déboucher que sur une seule issue, celle dont le Bien-Aimé Sauveur a parlé : " Si un aveugle conduit un autre aveugle, ils tomberont tous les deux dans la fosse " (Mat. 15.14).
Que personne, qui pratique de telles iniquités, ne s’abuse en espérant pouvoir Lui dire en ce jour-là : " Seigneur, Seigneur, n’ai-je pas prophétisé par ton nom ? n’ai-je pas chassé des démons par ton nom ? n’ai-je pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité " (Mat. 7.22-23). (Il est très significatif que dans le Grec original le mot «iniquité» porte aussi la nuance de «frauder»... Jean leDuc).
La vieille horloge
Quand j’étais un jeune garçon, mon père revint un jour à la maison avec une antiquité. C’était une horloge en bronze ciselé sous globe en verre, représentant une scène et des personnages champêtres. Chaque visiteur avait droit à une contemplation de l’objet, accompagnée de commentaires sur cette précieuse œuvre d’art. On remontait le mécanisme avec d’infinies précautions. C’était un cérémonial quasi religieux. Pendant quinze ans cette pièce d’orfèvrerie a trôné sur la cheminée du salon, faisant bien des envieux. Je passais de longs moments à contempler cette merveille qui sonnait les heures et les demies. Elle prenait bien vingt minutes d’avance entre deux remontages, mais ça on le gardait pour nous. Vénérable pendule qui depuis si longtemps supportait le temps tout en le traversant et le marquant. Elle fut notre fierté pendant quinze ans. Quand mon père mourut, il fallut s’en séparer. Ma mère et moi, avons pris conseil d’un spécialiste pour en fixer le montant. L’homme en indiqua un prix tellement dérisoire que nous en fûmes choqués. Comment, une antiquité de bronze travaillé pour une croûte de pain ! Avec un sourire navré, l’expert prit le trésor dans ses mains, l’inclina et me fit voir l’intérieur. Ce n’était que de l’étain coulé recouvert de dorure ! L’authentique était tout en toc ! Ce n’était qu’une imitation sans valeur réelle. On a eu quand même le cœur gros de la voir partir, elle qui nous avait donné de la joie, du rêve, du bonheur même et surtout l’illusion d’une certaine richesse, d’un " plus " qui, finalement, n’était qu’un " moins " puisque mon père avait fait un marché de dupe. Cela ne serait pas arrivé si, au départ, il avait fait faire une simple expertise. Le parallèle avec le parler en langues est évident. Nous aurions pu garder la pendule et son triste secret et, en secret, continuer à admirer son clinquant, à rêvasser en écoutant avec extase ses tintements bi-horaires tout chargés d’une vraie fausse histoire. C’est ce que beaucoup font avec le parler en langues. L’expertise biblique et magnétique leur a révélé ce qu’ils pressentaient confusément, à savoir que ce n’était, au mieux, qu’une extase psychique sans rapport, ni de près ni de loin, avec l’antique authenticité apostolique. Mais ils ont de la peine à se détacher de leurs souvenirs, de leurs états d’âme, des rêves caressés, du tintement des paroles qui ont marqué leur parcours. Cette nostalgie, on peut la comprendre.
Pour en revenir à notre horloge, ce qui aurait été plus grave que d’en garder la nostalgie, ce qui déjà aurait été une façon de me mentir à moi-même, c’eût été de mentir aux autres en continuant à leur en parler comme si elle était authentique et d’aller jusqu’à essayer de leur refiler la marchandise.
Faire l'Article
C’est hélas ce que beaucoup font dans le domaine des choses sacrées. Ils organisent des réunions de recherche et d’attente et ils font l’article. La façon dont ils s’y prennent sonne aussi faux que ce qu’ils proposent. Ce qui va suivre n’est que le pâle reflet de ce que nous avons vu et de ce qui nous a été rapporté par des témoins oculaires.
Commence d’abord la séance d’échauffement où tous les déboires des non-baptisés dans l’Esprit sont passés en revue et où toute la panoplie d’efficacité et de puissance a été évoquée pour ceux qui parleront en langue. Quand l’auditoire est acquis à d’aussi brillantes perspectives (et qui ne succomberait pas au charme de ce mental training ?), on passe à la phase active. C’est alors la prière intense, émotive, l’attente de l’événement surnaturel au milieu de soupirs, de paroles et de cris confus allant presque toujours jusqu’à la vocifération. Puis vient l’imposition des mains accompagnée d’appels tonitruants et d’ordres donnés à l’Esprit pour qu’Il (ou il) tombe sur le chercheur. Ce dernier est alors pressé de prier avec l’espoir qu’il ne le fera plus en français. Quand le sujet est résistant, son conseiller le poussera jusque dans ses derniers retranchements. Il lui inculquera une courte phrase comme : " Alléluia, Jésus est vivant ! " qu’il devra répéter dix fois, vingt fois, cinquante fois, de plus en plus vite, encouragé en cela par des " encore plus vite, encore plus vite " jusqu’à ce que, n’en pouvant plus, sa langue se retourne dans sa bouche et émette des sons forcément étranges. Une clameur de victoire saluera ce " baptême dans l’Esprit ". Suivront alors félicitations, embrassades, accolades, visages rayonnants et regards larmoyants. Depuis quelques années, dans certaines communautés une nouveauté est à l’honneur; les nouveaux " baptisés de l’Esprit ", afin d’être sûrs de persévérer dans cette voie pourront suivre des COURS DE PARLER EN LANGUES ! Révoltant, diront certains; n’est-ce pas là, au nom du Saint-Esprit une façon de blasphémer contre Lui ? S’il est des frères pentecôtistes qui sont outrés par ces pratiques proprement scandaleuses, beaucoup d’autres par contre, racontent ces choses le plus naturellement du monde, donnant leur pleine adhésion à ce lavage de cerveau qu’ils ont subi et, qu’à leur tour, ils font subir à d’autres. Paul dirait de ces gens : " Ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte " (Phil. 3.19).
Dans notre région, un homme exerce le don qu'il s'est découvert, celui de conduire des jeunes enfants dans le baptême du Saint-Esprit. Avec l'accord des Assemblées de l'endroit, il visite les familles chrétiennes et enseigne aux enfants comment parler en langues.
Certains frères du Mouvement diront que cela ne se passe pas chez eux. Mais allez donc savoir. Cet ami pieux et tranquille qui se défend d’extrémisme quand il vous parle seul à seul, pourquoi se transforme-t-il en agité quand il rentre dans son cercle. Ces frères chrétiens prenaient un air navré quand je leur rapportais de tel excès. Étaient-ils sincères quand ils m’ont donné la réponse passe-partout : " Cela se passe chez les autres mais pas chez nous ". C’est chez eux pourtant que, dans la banlieue parisienne, je me suis trouvé inopinément à la réunion de prière de leur groupe de jeunes auquel j’allais m’adresser une heure plus tard. Ce que j’y ai vu et entendu défie toute description. Les lignes qui suivent sont écrites devant Dieu. J’emploie la formule quatre fois utilisée par Paul : " Je dis la vérité, je ne mens pas ". Voici la seule comparaison capable de faire comprendre de quoi j’ai été le témoin ce soir-là : Un jour je me suis arrêté sur l’aire de parc d’un grand supermarché à Bienne, occupé en partie par la ménagerie d’un cirque. Je suis arrivé à l’heure du repas des fauves. C’était effrayant de les entendre rugir. La réunion de prière à laquelle je fais allusion, c’était ça : clameurs, rugissements, vociférations, où chacun semblait vouloir crier plus fort que tous les autres ensemble, au point que je me suis trouvé en train de contre-prier intérieurement. J’étais atterré; c’est bouleversé jusqu’à l’écœurement que je suis sorti de là ( 1).
( 1) A quelques décibels près, j’ai personnellement subi deux fois encore cette navrante expérience.
Ailleurs encore, et 25 ans avant la " la bénédiction de Toronto ", là où l’on vous dit qu’on est digne et modéré et surtout pas comme chez les autres, au culte du dimanche matin, une femme fut prise d’un rire " spirituel " strident. Le pasteur, à l’en croire un modèle de modération, confirma ce " rire spirituel " en encourageant tout l’auditoire à rire : " Riez, riez dans le Saint-Esprit ". Des rires fusèrent alors de partout jusqu’à ce que toute l’assemblée se mette à rire. Tout le monde riait sauf un, ou plutôt une, qui ne devait pas être dans la ligne de l’Esprit ce matin-là. C’était mon épouse !
G.H. Lang a écrit un livre qui ne se veut pas doctrinal mais qui est extrêmement bien documenté sur la question. Nous en recommandons vivement la lecture : D’où viennent ces langues, Edition du C.C.B.P, F-19440 LIGINIAC. Il explique à l’aide d’une foule d’exemples comment ces gens, une fois rendus à la normale, semblent avoir perdu conscience de ce qui s’est passé et affirment ne pas être au courant des débordements auxquels ils ont pris part. Voici un exemple tiré des pages 75 et 83 :
" A Coonoor résidaient un homme pieux et sa femme d’un rang social élevé. C’étaient des chrétiens partout estimés. J’était heureux de la relation spirituelle que j’avais avec eux, qui n’était nullement entravée par le fait qu’ils étaient responsables dans le Mouvement. Lors de son " baptême ", il prononça seulement quelques syllabes en langues, ce qui fut suffisant pour provoquer des alléluias et des cris que nous entendions encore à plus d’un kilomètre de là. Je racontai à ce couple les faits de l’année précédente; ils ne pouvaient les contester. Leur réponse me sidéra. Ils avaient été à ces rencontres mais n’avaient jamais vu de tels actes. Leur sincérité ne peut être mise en doute; alors, comment expliquer qu’ils ignoraient tout cela ? Il semblerait qu’à Coonoor et à Londres, de puissantes forces de ténèbres aient ôté la faculté de perception à de braves personnes qui ne voyaient pas et n’entendaient pas les réalités auxquelles elles assistaient, tandis qu’elles voyaient effectivement des choses irréelles. Leur bonne foi n’est pas à mettre en cause puisqu’elles étaient inconscientes de la confusion à laquelle elles participaient. Elles étaient au contraire persuadées que ces rencontres étaient de caractère céleste. Tout cela nous porte à croire que ces expériences SONT ISSUES DE LA MÊME ORIGINE REDOUTABLE ". Quand on se laisse aller à l’engrenage de la contrefaçon douloureusement évoquée dans ce chapitre, le mauvais esprit qui la préside fini par déteindre sur ceux qui s’y livrent. Quand les cœurs s’endurcissent dans cette voie, Dieu les livre à leurs sens réprouvés au point que, dépassant les mythomanes qui racontent ce qui n’est pas, eux ne peuvent même plus raconter ce qui est.
Chapitre 7
Nous aborderons à présent la phrase tant de fois citée pour essayer de justifier le parler en langues actuel : " Celui qui parle en langue s’édifie lui-même " (1 Cor. 14.4). Ce serait donc un don pour l’édification personnelle; et comme tous ont besoin d’édification, tous devraient avoir ce don. Sortie de son contexte, c’est ce que cette demi-phrase semble vouloir dire. Mais, a-t-on le droit d’extirper les quatre mots " s’édifie lui-même " des chapitres 12, 13 et 14, et de leur donner un sens qui va à contre-courant de tout le contexte ? Quelle est l’idée maîtresse, le fil conducteur de ces trois chapitres ? Les autres, l’utilité commune, l’église. Toujours, ce qui est en vue, c’est le bien de l’autre, l’édification de l’autre. Cela revient comme un leitmotiv : l’autre, l’autre, l’autre, sous différents vocables :
- 12.7 : " ... à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune... ".
- 12.25 : " ... que les membres aient également soin les uns des autres... ".
- 14.3 : " ... celui qui prophétise au contraire les édifie, les exhorte, les console... ".
- 14.4 : " ... il édifie l’église... ".
- 14.5 : " ... pour que l église en reçoive de l’édification... ".
- 14.6 : " ... de quelle utilité vous serais-je ? ".
- 14.7 : " ... comment reconnaîtra-t-on... ".
- 14.8 : " ... qui se préparera... ".
- 14.9 : " ... comment saura-t-on... ".
- 14.12 : " ... que ce soit pour l’édification de l’église ".
- 14.16 : " ... comment celui qui écoute... dira-t-il amen... ".
- 14.16 : " ... puisqu’il ne sait pas ce que tu as dit... "
- 14.17 : " ... l’autre n’est pas édifié ".
- 14.19 : " ... afin d’instruire aussi les autres... ".
- 14.26 : " ... que tout se fasse pour l’édification ".
- 14.31 : " ... afin que tous soient instruits ".
- 14.31 : " ... afin que tous soient exhortés ".
- Tout le chapitre 13 où il est question de l’amour qui, par excellence, est un fruit pour les autres car un arbre ne porte pas du fruit pour lui-même. Mais voici qu’au beau milieu de cet altruisme général qui est le BUT de tout don de l’Esprit, surgit le plus beau spécimen d’égocentrisme qu’on puisse rencontrer : il n’édifiait plus les autres, il n’édifiait plus que lui-même, ce que Paul condamne en 1 Corinthiens 13.5 : " (l’amour) ne cherche pas son intérêt ". Que c’est petit ! Se faire signe à soi-même. Ramener à soi un charisme que Dieu donnait comme signe pour les autres. Quel enfantillage, leur dira Paul au verset 20 ! Car c’est bien sur un ton de reproche, ou comme le dit Héb. 8.8 " sous la forme d’un blâme ", que Paul leur fait comprendre que celui qui parlait en langue n’édifiait que lui-même. Il est significatif de constater que c’est dans la même phrase que Paul oppose le prophète au parleur en langue. Tandis que ce dernier n’édifiait que lui-même, " celui qui prophétisait, au contraire, parlait aux hommes, les édifiait... édifiait l’Église " (14.3-4). En disant " au contraire ", le Saint-Esprit ne sous-entend pas que le prophète ne s’édifiait pas lui-même en édifiant les autres. Il tirait aussi profit de son charisme, mais il n’édifiait pas que lui-même.
Il n’est aucun don qui ne porte en soi sa propre source d’édification. Le pasteur s’édifie aussi quand il paît le troupeau du Seigneur, mais il n’instruit pas que lui-même, il instruit les autres. Le docteur de la Parole n’édifie pas que lui seul quand il expose la doctrine, il édifie les autres. L’évangéliste tire de l’édification personnelle de son don, mais ce sont les appelés qui en bénéficient. Si l’Esprit met en opposition les résultats de la prophétie et du parler en langues dans la même phrase c’est parce que, non seulement le premier édifiait l’Église, contrairement à l’autre qui n’édifiait que lui-même, mais en plus ce dernier passait pour un barbare aux yeux des simples auditeurs (14.11). En fait, Paul dit aux Corinthiens que celui qui prophétisait atteignait le but : les autres; tandis que celui qui parlait en langue dans les conditions que nous avons vues, ratait la cible. De son côté, Pierre confirme que la seule cible possible est : " ... que chacun mette au service des autres le don qu’il a reçu " (1 Pi. 4.10).
John Stott, dans son livre en français Du baptême à la plénitude dit que " ... l’édification pour soi-même n’est pas conforme à l’enseignement du Nouveau Testament sur l’édification... Ne sommes-nous pas obligés d’admettre qu’il y avait un emploi abusif d’un don spirituel ? Que devrait-on penser d’un professeur qui se donnerait à lui-même des leçons privées ? Où d’un homme ayant un don de guérison qui ne se guérirait que lui-même ? Il est difficile de justifier l’usage à des fins personnelles d’un don expressément donné pour le bien des autres ".
En Privé
C’est de cette mauvaise interprétation qu’est née, l’idée, inconnue dans l’Écriture, que l’on pouvait parler en langues chez soi, à la maison. Mais là encore, pas un paragraphe, pas une ligne, pas un mot, pas même une allusion allant dans ce sens. Forcément, comment Dieu donnerait-Il ce don à usage privé alors qu’Il le désigne comme un signe à usage public pour une catégorie bien définie de personnes ? Exercer ce don en privé, mais c’est la négation du signe et de sa fonction. Imaginerait-on l’évangéliste Billy Graham, faisant une campagne d’évangélisation dans sa chambre à coucher, n’ayant pour tout auditoire que sa propre image se reflétant dans le miroir de sa commode ? Le verrait-on, sous prétexte d’édification personnelle, ne se prêchant le salut qu’à lui-même, et cependant faisant signe de s’avancer à des gens qui ne seraient pas là ? Il est possible qu’il en tirerait des enseignements pour lui-même, mais ce spectacle-pantomime relèverait de l’absurdité. Comprendrait-on que Paul ait écrit ses treize épîtres, signe de son apostolat, mais qu’il les ait gardées pour sa propre édification, les lisant en aparté au cours de ses nombreux voyages ? De même, faire des signes en langues en privé, c’est faire des signes à ... personne ! C’est écrire des lettres et ne jamais les poster. Verrait-on un prédicateur du plein évangile, exerçant son don de guérison tout seul à huis clos et faisant le simulacre d’imposer les mains à des malades qui ne seraient pas là ? Ne serait-ce pas la négation des paroles du Seigneur Jésus : " Voici les signes... ils imposeront les mains aux malades... ". Mais si les malades ne sont pas là, le signe est comme un pignon fou qui tourne dans le vide. Idem pour le parler en langues étrangères à l’hébreu; si CE PEUPLE des Hébreux n’est pas là pour voir le signe qui lui est spécifiquement destiné, cela ne rime à rien. Admettrait-on que dans un jeu de boules, pour le seul plaisir de les lancer, on ôte les quilles ? Sans elles, le jeu n’est plus qu’un faux-semblant.
Ainsi, parler en langues pour soi-même, sans son objet (le signe) et sans son sujet (l’incroyant), c’est comme jouer à la pétanque sans le cochonnet ou mieux encore, jouer au tennis sans balle et sans raquette. Les feux tricolores sont des signes destinés aux usagers de la route. Que penserait-on des responsables de la circulation routière, s’ils les rassemblaient dans une salle de la mairie de leur ville pour les faire fonctionner en privé ? En dehors de leurs carrefours, l’utilisation de ces signaux n’a aucun sens. Pareillement, à quoi pourrait servir le feu vert du parler en langues chez soi, entre quatre murs, hors de vue de CE PEUPLE à qui ce signe était destiné ? Car c’est bien là ce que ce signe voulait dire : que depuis la Pentecôte, le feu avait viré au vert, donnant libre passage à toutes les langues de la terre pour qu’elles se joignent, elles aussi, aux louanges destinées au Sauveur de tous les hommes.
En l’exerçant en privé, certains croient pouvoir se servir d’UNE de ses composantes tout en ignorant les autres. Mais on ne peut pas débiter un charisme en tranches pour n’en retenir qu’une partie. Une automobile est une mécanique complexe que l’on conduit tout entière ou qu’on ne conduit pas du tout. On ne peut pas faire tourner les roues et en même temps laisser la carrosserie au garage. Quand une voiture roule, c’est tout qui avance. De même, les langues ne se découpaient pas en rondelles de saucisson. Elles devaient édifier celui qui les parlait ET édifier les autres ET être un signe pour les incroyants ET être compréhensibles ou rendues telles. Elles devaient être tout cela à la fois. Le don était inséparable de sa raison d'être PERMANENTE: être pour les Juifs qui n'y croyaient pas, le signe de l'universalité de l'offre du salut.
Certains pensent avoir entrevu la possibilité d'exercer ce charisme en privé là où Paul dit que s'il n'y a pas d'interprète dans l'Église, celui qui parlait en langue devait se taire et " parler à lui-même et à Dieu " (1 Cor. 14:28). Malheureusement pour eux, l'idée de parler en langue à soi-même ne se trouve pas dans ces paroles. Pour l'y trouver il faut l'ajouter et ainsi dénaturer le texte. Paul pouvait d'autant moins l'imaginer qu'il venait juste de dire: " Les langues sont un signe...pour les incrédules " (14:22). Étant un signe vocal audible, comment aurait-on pu s'adresser verbalement aux incroyant tandis qu'on parlait silencieusement à soi-même et à Dieu?!
Quelqu'un m'a dit: Pour vous, tout se résume donc à un signe ? Bien sûr ! Et c'est la Bible qui le dit. Prenez une signalisation routière comme un poteau indicateur. On peut disserter à volonté sur ses dimensions, sa forme, sa couleur, la taille et la phosphorescence de ses lettres. Mais quelle que soit l'exactitude de ces remarques, il restera toujours vrai que son seul et ultime but est de signifier quelque chose et de le signaler. Ainsi en est-il du Parler en langues: de quelque côté que vous le regardiez, le Saint-Esprit dit que c'était un SIGNE pour ce peuple incrédule qu'était Israël.
Sur ce point comme sur les autres, on constate que les règles du jeu ne sont pas observées. Aux règles divines, le parleur en langue isolé a substitué les siennes. Le sérieux de la chose s‘évalue d’après 2 Tim. 2.5 : " ...l’athlète n’est pas couronné, s’il n’a pas combattu suivant les règles ".
Chapitre 8
Nous avons vu en introduction la sévère condamnation portée par le pentecôtisme conservateur, contre ce qu’il appelle les fausses doctrines charismatiques. Les mêmes points de sa propre doctrine, analysés selon sa méthode, ont déjà révélé sept faux pas importants :
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1. Les paroles dites en langues ne s’adressaient jamais à des hommes.
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2. Ce n’était pas un signe pour les croyants.
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3. C ‘était un signe pour les Juifs incroyants.
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4. Ce n’était pas un langage incompréhensible.
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5. L’interprétation actuelle est une mystification.
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6. Le non-parler en langues de Jésus, conforte la notion d’un signe exclusivement adressé à " ce peuple ".
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7. L’usage privé du parler en langues est inconnu de l’Écriture; ce serait la négation du signe dont il est porteur.
Procédons d’abord par déduction. A eux deux, les points 3 et 6 seraient suffisants pour prouver, selon ce qu’en dit l’Esprit, que le don a cessé depuis fort longtemps.
St-Augustin avait bien saisi le but du parler en langues. C’était pour lui, le signe fait à " ce peuple " que Dieu répandait son Esprit sur toute chair, c’est-à-dire sur tout homme, à quelque langue ou nation qu’il appartienne. " C’étaient des signes appropriés à cette époque. Ils étaient destinés à annoncer la venue du Saint-Esprit chez les humains de toutes langues, pour démontrer que l’Évangile de Dieu devait être annoncé à toutes les langues de la terre. Cette chose arriva pour annoncer quelque chose puis disparut " (Homélies sur la première épître de Jean).
C’est d’une clarté et d’une logique qui en font presque une lapalissade. L’Église primitive devenait de moins en moins juive et de plus en plus composée de gens de toutes langues, donc de plus en plus convaincue de l’universalité de l’offre du salut. Une fois la chose pleinement admise, il ne restait plus personne à convaincre que Dieu avait tant aimé " le monde ", et pas seulement Israël. L’Éternel était plus que le Dieu de ceux qui parlaient l’hébreu, Il était aussi le Dieu de ceux qui parlaient d’autres langues. Cette vérité n’étant plus remise en question dans l’Église (et même dans le monde), le charisme qui en était le signe n’avait plus sa raison d’être. Dieu l’a retiré, comme Il a retiré dans le ciel la nappe qui était apparue trois fois à Pierre, parce qu’il n’en avait plus besoin. Conserver un signe qui ne signale plus rien à personne équivaudrait à maintenir des signaux d'avertissement sur une route où les travaux seraient terminés depuis longtemps. Cela ne pourrait que semer la confusion dans l’esprit des automobilistes.
Un Peu Plus de Connaissance Biblique S.V.P.
Pour beaucoup d’inconditionnels du parler en langues, ce qui les exaspère le plus, c’est que des dons de l’Esprit, si utiles à l’Église apostolique, pourraient ne plus exister alors que l’Église existe toujours. Ils disent que si l’Église des premiers temps en avait besoin, combien plus celle qui est arrivée aux temps difficiles de la fin. Hélas pour eux, cette logique apparente ne résiste pas à un minimum de réflexion et de connaissance des Écritures.
Débattant du sujet avec un de mes bons amis, il m’a cité ces deux paroles archi-connues : Jésus-Christ est le même, hier, aujourd’hui et éternellement " (Héb. 13.8) et : " Les dons et les appels de Dieu sont sans repentance " (Rom. 11.29). A ses yeux, tout ce qui était écrit dans la Bible, ainsi que tous les dons d’autrefois étaient valables aujourd’hui. Je lui ai demandé s’il avait, selon la Parole, fait circoncire son fils et s’il offrait les sacrifices prescrits pour les fêtes de l’Éternel ? D’abord surpris par la question, il reconnut qu’il avait parlé hâtivement car, s’il est vrai que la Parole de Dieu demeure éternellement, certains de ses enseignements ne sont plus d’application dans l’actuelle dispensation. Il se reprit en disant que certainement, dans l’Ancien Testament, certaines pratiques ne nous concernaient plus, mais qu’il n’en était pas ainsi dans le Nouveau Testament; on doit le recevoir entièrement et, par dessus tout, les paroles de Jésus. Ouvrant alors ma Bible, je lui ai demandé de m’expliquer les paroles de Jésus en Matt. 10.5 où Il envoie les douze avec cet ordre précis : " N’allez pas vers les païens ", ce qui voulait dire de n’aller prêcher l’Évangile à personne d’autre qu’aux Juifs.
- Acceptez-vous cette parole du Seigneur pour vous-même aujourd’hui ? Après un moment de réflexion il répondit qu’il n’y avait jamais pensé.
- Donc, cette parole n’est plus de saison ?
- Non.
Je lui ai alors demandé si le don de l’Esprit, le plus authentique et le plus vérifiable de tous, celui d’ajouter des pages de connaissance et de prophétie inspirées, si utile pour bâtir l’Église, existait toujours ?
- Non.
- Alors, vous croyez aussi que Dieu a retiré ce don ? ( 1)
- Oui.
- A votre avis, la Bible dit-elle que ce don a cessé ?
- Non, pas à ma connaissance.
( 1) Certains pensent avoir trouvé la fin de l’inspiration de la Bible en Apoc. 22.18, mais ce verset ne concerne que " la prophétie de CE livre ". Le même interdit d’ajouter quoi que ce soit à la loi se retrouve dans le Deut. 12.33. Cependant de nombreux livres ont été rajoutés au Pentateuque. La raison de la fin de l’inspiration se trouve ailleurs, mais cela déborderait le cadre de notre étude.
- Et pourtant vous croyez qu’il a cessé ?
- Oui.
- Ainsi vous croyez que ce don de l’Esprit a cessé quoique la Bible ne dise nulle part qu’il ait cessé. Dites-moi pourquoi vous refusez de croire à la fin du don des langues alors que la Bible dit que les langues cesseront ?! (1 Cor. 13.8).
Quant à la fin de l’inspiration, le pentecôtisme partage la position doctrinale commune à tous les milieux évangéliques. Mais, on découvre, chez beaucoup d’entre eux, comme une gêne à en parler. Pourquoi ? Parce qu’il faut alors admettre que Dieu a retiré ce don. Une brèche est ainsi ouverte dans leur flanc, car si le Saint-Esprit a retiré le charisme le plus évident de tous, rien ne peut plus s’opposer à l’idée biblique que d’autres aient cessés. D’ailleurs, le même Esprit qui, le jour de la Pentecôte, a fait accompagner son baptême d’un grand souffle et de langues de feu, a fait cesser ces deux manifestations qu’on ne retrouve plus nulle part dans la suite des événements bibliques. On ne peut donc plus invoquer cet argument spécieux qui consiste à dire que si l’Église du premier siècle avait besoin de ces deux manifestations-là, à combien plus forte raison celle d’aujourd’hui; ni que si ces signes-là se sont produits autrefois, ils doivent obligatoirement se voir encore. Dieu les a retirés très tôt après les avoir donnés, et nous devons nous en accommoder. Si donc l’Église s’est très bien passée des " langes de feu " et du " grand bruit " pendant dix-neuf siècles, et continue à ne plus les voir aujourd’hui, pas plus les Églises Charismatiques que les autres, c’est qu’elle pouvait faire sans. C’est la preuve que certains dons et leurs manifestations n’étaient pas permanents.
Quand
De la déduction logique, passons aux textes. La question qui vient tout naturellement à l’esprit est : Quand les langues devaient-elles cesser ? L’idée admise dans les sphères pentecôtistes et charismatiques, c’est que la fin du don des langues serait lié à cette phrase de 1 Corinthiens 13.10 : " Quand ce qui est parfait sera venu ", ce " parfait " étant selon eux, le retour de Jésus-Christ. Or, NULLE PART DANS LA BIBLE ON NE TROUVE ÉCRIT QUE LE DON DES LANGUES CESSERA A LA VENUE DE CE QUI EST PARFAIT !!! Il suffit de lire lentement et posément la Parole de Dieu. Tout est limpide dans les versets de ce chapitre 13, souvent expliqués à rebours. Au verset 8 il est écrit :
-
1. - Les prophéties prendront fin,
-
2. - les langues cesseront, (ou ne continueront pas),
-
3. - la connaissance( 1) disparaîtra.
( 1) Pour tenter de prouver que le don de connaissance existe toujours, certains lui donnent le sens de voyance et révélation prophétique comme, par exemple, avoir connaissance d’un fait, d’une situation, d’un péché ignorés qui seraient alors révélés par une parole dite de " connaissance ". Ce mot gnosis qui se rencontre 28 fois dans le Nouveau Testament n’est jamais employé dans ce sens-là. Il est toujours compris dans le sens du " savoir intelligent ", de " science ".
- 1 Cor. 8.1 : " Pour ce qui est des viandes sacrifiées aux idoles... nous avons tous la connaissance ".
- 1 Cor. 8.7 : " Mais cette connaissance n’est pas chez tous ".
- 1 Cor. 8.10-11: " Ainsi le faible périra par ta connaissance ".
- 1 Cor. 14.6 : " De quelle utilité vous serais-je, si je venais à vous en parlant en langues, et si je ne vous parlais pas par révélation, ou par connaissance, ou par prophétie, ou par doctrine ? ".
Ce dernier verset démontre à suffisance que la connaissance c’est autre chose que la prophétie, ou la révélation, ou une quelconque voyance. C’est selon Rom. 2.17-20 (J.N.D.) " avoir la connaissance de la volonté de Dieu, discerner les choses excellentes (faire la différence des choses); c’est la vraie connaissance qui a la loi pour formule (règle) ".
C’est très clair. Sans transition, le verset 9 qui suit va nous dire ce qui, à la venue de ce qui est parfait va disparaître. Lisons bien :
-
1. - Nous connaissons en partie (don de connaissance)
-
2. - Nous prophétisons en partie (don de prophétie)
-
3. - ???
Où est passé le don des langues ? Il n’est plus là. Quelqu’un nous a écrit qu’en effet il n’y était pas, mais que c’était comme s’il y était ! Il est à craindre que certains l’introduisent mentalement dans le verset 9 pour se persuader que ce don, comme les deux autres, reste jusqu’à ce que le " parfait " soit venu. Mais voilà, la fin du parler en langues n’est pas liée comme les deux autres à la venue de ce qui est parfait. Le Saint-Esprit ne l’a jamais dit ni enseigné. Au contraire, Il enseigne comme nous l’avons souligné maintes et maintes fois, que ce don est lié à quelque chose de tout à fait différent. Il est lié au BUT pour lequel Dieu l’a donné. Et ce but a été pleinement atteint lorsqu’il a été pleinement admis dans l’Église que les " langues, tribus, peuples et nations " entraient dans la nouvelle alliance au même titre que " ce peuple ". Ce fait étant devenu tellement évident, universellement cru, accepté et surtout n’étant plus contesté par personne, ce signe n’avait plus sa raison d’être. Ces " langues de feu " se sont éteintes, non à la venue de ce qui est parfait, mais faute de leur combustible naturel : la présence de " ce peuple " et de son incrédulité à admettre le salut des autres peuples. Les étoiles, chacun le sait, ne se voient et ne sont utiles que la nuit. Elles s’éteignent à la lumière du jour. De même, les langues n’étaient utiles qu’à l’obscurantisme d’un Israël ancré dans son incrédulité quant à l’élection des gens aux langues étrangères. Le don s’est éteint tout naturellement quand toute la lumière a été faite sur la vocation des païens.
Il y a quelques mois, un des principaux leader du Charismatisme français a essayé de me piéger en me posant cette question: A quelle date le don des langues a-t-il cessé et comment s'appelait l'homme qui s'en est servi en dernier ? Un peu malicieusement je lui ai répondu: Dites-moi quand et par quel décret de loi les réverbères à gaz de nos villes ont-ils été supprimés et quel était le nom et l'âge du dernier allumeur de réverbère ? Chacun sait que l'éclairage au gaz s'est terminé naturellement avec l'apparition de l'ampoule électrique. De la même façon, les langues ont cessé simplement quand toute la lumière a été faite sur la vocations des nations, de ces peuples aux langues étrangères.
Puisque le Saint-Esprit ne lie pas la fin des langues avec la venue de ce qui est parfait, il est superflu de s’étendre pour savoir si ce " parfait " s’identifie au Seigneur Jésus et à son retour, ou s’il s’agit, comme beaucoup le pensent, de l’achèvement de la révélation écrite. Que ce soit l’un ou que ce soit l’autre, cela n’a plus aucune incidence sur notre étude. Les considérations que l’on fait habituellement entrer dans le débat comme : " alors ce qui est partiel disparaîtra ", " alors nous verrons face à face ", " alors je connaîtrai comme j’ai été connu ", etc... de la fin du chapitre 13, sont désormais sans intérêt pour la fin du don des langues car cela ne s’y rapporte pas. Puisque le Saint-Esprit a souverainement écarté les langues du verset 9, ne liant que la connaissance et la prophétie avec la venue de ce qui est parfait, qui aurait l’audace de les introduire (ce qui fausserait tout le débat) comme si Dieu le Saint-Esprit avait " oublié " de les y mettre.
Six ou Trois?
Pour ne pas laisser en suspens une contestation ultérieure nous allons, le temps d’une parenthèse, faire comme si les langues se trouvaient dans le verset 9. Nous allons démontrer que, même ainsi, " la venue de ce qui est parfait " ne peut être synonyme de retour de Christ.
Il faut signaler que Paul ne parle pas de trois choses mais de SIX :
-
- connaissance,
-
- langues,
-
- prophéties,
-
- foi,
-
- espérance,
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- amour.
L’Esprit précise que de ces six, les seules qui ne cessent pas sont les trois dernières, la foi, l’espérance et l’amour (1) qui, elles, continuent jusqu’au retour de Christ. Il est impossible de s’exprimer plus clairement. Si des six, il y en a trois qui DEMEURENT, c’est qu’il y en a trois qui ne DEMEURENT PAS. Et qui sont-elles ? C’est écrit en toute lettres : la connaissance, les langues, et les prophéties. Persister à nier la disparition précoce de ces trois-là, ce serait faire dire au Saint-Esprit : SIX CHOSES DEMEURENT jusqu’à la venue de Jésus. Pardon, dit Paul ! Des six, il n’y en a que trois, la foi, l'espérance et l'amour qui vont
( 1) L’amour étant éternel ne cessera jamais. La foi et l’espérance cesseront de demeurer quand le Seigneur viendra (2 Cor. 5.7; Rom. 8.24-25).
aller jusqu’au bout; les autres ne vont pas demeurer, elles vont s’arrêter avant. Et quand vont-elles s’arrêter ? Puisque la venue de ce parfait se situe avant le retour de Jésus, qui lui est au bout avec les trois autres, cette expression ne peut en aucune manière vouloir dire le jour de son avènement. Car, si c’est là ce que ça veut dire, il faut raturer la Parole de Dieu et la surcharger d’une rectification que certains ont déjà opérée mentalement : SIX CHOSES DEMEURENT !!! Le Saint-Esprit a dit TROIS. Il faut choisir.
Que veut dire Parfait?
Avant de clore ce chapitre nous allons répondre à une dernière objection qui permettra d’expliquer ce que veut dire : " Quand ce qui est parfait sera venu ". Certains diront que si les langues ont cessé, les dons de connaissance et de prophétie ont aussi été retirés. C’est ce que nous admettons sans peine et nous allons nous en expliquer.
Quand Paul a écrit ces lignes (v. 8), le canon des Écritures n’était pas clôturé. Presque tout le Nouveau Testament, y compris trois des quatre évangiles étaient encore à rédiger. De quoi est composée la Parole de Dieu ? De connaissance qu’elle communique et de prophéties qu’elle révèle. A l’époque où ces deux éléments constituants de la foi chrétienne n’étaient pas encore scellés dans le Nouveau Testament, il y avait, données par l’Esprit dans les réunions de la première Église, une parole spontanée de connaissance et une édification prophétique tout aussi spontanée (1 Cor. 12.8). Paul, et d’autres avec lui, nous feront faire par écrit la connaissance du Seigneur et de son enseignement, et ils nous donneront toutes les révélations prophétiques nécessaires au développement de notre vie spirituelle. Paul dira aux Ephésiens : " Voyez la connaissance que j’ai du mystère de Christ " (Eph. 3.3-4). Cette connaissance et ces prophéties, même écrites, ne sont malgré tout que partielles (Jn 21.25; 1 Cor. 13.9), mais pleinement suffisantes pour notre salut et notre édification, Dieu n’ayant pas jugé utile de nous en dire plus, ni sur son Fils ni sur l’avenir. Mais une fois toute cette connaissance et toutes ces prophéties, même partielles, consignées dans le Nouveau Testament, ces deux charismes eux aussi prenaient fin. Avec l’achèvement du canon des Écritures, " ce qui est parfait " était venu.
Les nombreux témoignages de la perfection de la Bible se résument tous dans ce merveilleux verset 96 du Psaume 119 : " Je vois des bornes à tout ce qui est parfait, mais tes commandements (la Parole) n’ont point de limite " ! Cette perfection est telle que depuis bientôt mille neuf cents ans, rien n’y a été ajouté. Il n’y a dès lors plus qu’une connaissance et des prophéties au second degré; elles ne sont que les commentaires des premières. Elles en sont une explication, une interprétation qui n’ajouteront plus jamais rien à ce qui a été écrit et dont la valeur inspirée ne peut en aucun cas leur être comparée, sinon il faudrait les ajouter à la Bible. Il peut y avoir une prophétie du genre de celle d’Agabus qui annonça une famine (Actes 11.28), mais qui n’a rien de commun avec celles dont Paul dira : " Vous êtes édifiés sur le fondement des apôtres, des prophètes, Jésus-Christ Lui-même étant la pierre angulaire " (Eph. 2.20). Il y a donc la connaissance et la prophétie des fondements auxquels personne ne peut rien ajouter. De cette " connaissance " et de ces " prophéties " des fondements, Paul avait dit qu’elles cesseraient à la venue de ce qui est parfait. La révélation parfaite étant venue, tout chrétien peut dire avec lui qu’elles ont cessé avec les dernières lignes écrites par l’auteur de l’Apocalypse.
Voici ce qu’en dit le Dr Scofield dans sa Bible avec commentaire, Page 1311 : " Le prophète du Nouveau Testament n’était pas un simple prédicateur, mais un prédicateur inspiré qui communiquait les révélations correspondant à la nouvelle dispensation (1 Cor. 14.29-30) jusqu’à ce que soit terminée la rédaction du Nouveau Testament ".
Comme le Serpent d'Airain
Le serpent d’airain fabriqué par Moïse, l’avait été sur l’ordre de Dieu et il avait servi au salut de milliers de personnes (Nom. 21.9). C’était un don divin, une puissance de Dieu pour le salut de ceux qui avaient cru à la Parole de Dieu. Le Seigneur Jésus allait l’évoquer lors de sa mémorable entrevue avec Nicodème. Il a été jusqu’à tracer un parallèle saisissant entre sa personne, son œuvre et le serpent : " Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le fils de l’homme soit élevé " (Jn 3.14). Ce serpent d’airain, les Israélites l’avaient pieusement conservé pendant des siècles. Qu’en fit le bon roi Ezechias ? " Il fit disparaître les hauts lieux, brisa les statues, abattit les idoles et mit en pièces le serpent d’airain que Moïse avait fait, car les enfants d’Israël avaient jusqu’alors brûlé des parfums devant lui... ". Ce serpent était devenu une occasion de chute pour Israël. C’était pourtant le même serpent qu’autrefois. Ce n’était pas une copie truquée, une imitation du vrai. C’était le vrai, le bon, l’original. L’usage initial qui avait été de le regarder s’était même étoffé et enrichi avec les siècles. On lui offrait des parfums. Sous le couvert de l’attachement à Dieu, il avait fini par prendre la place de Dieu et il était devenu une idole comme les autres. On peut être sûr que celui qui a dénoncé l’usage périmé du serpent n’a pas fait l’unanimité autour de lui ! Les partisans du serpent d’airain pouvaient, à l’appui de leur foi, invoquer des données historiques, bibliques, et, à n’en pas douter expérimentales. Ils pouvaient arguer que le Dieu qui l’avait commandé ne change pas parce qu’Il reste le même hier, aujourd’hui et éternellement; que ce qui s’était passé au désert pouvait encore se passer de leurs jours; que la puissance de Dieu n’avait pas changé et que surtout, pas un seul mot n’était dit concernant la fin de son action, de son usage et de son utilité.
En fait, les exercices spirituels qui gravitaient autour de cette relique étaient devenus une abomination. Pour beaucoup, les langues sont aussi une relique qu’ils portent dans leur cœur, dont ils parlent sans cesse et à laquelle ils vouent une dévotion sans borne. Ils la défendent en disant que c’est Dieu qui l’a donnée. Mais Dieu avait aussi donné le serpent d’airain, pour une occasion précise, pour un temps limité. Au-delà de ce temps, il devenait périmé comme des marchandises ou des médicaments qui ont dépassé la date limite et qui deviennent dangereux. La guérison se transforme en infection. C’est ce qui s’est passé avec le serpent d’airain; leur vie spirituelle en a été infectée. Lorsque le serpent leur a été retiré, beaucoup ont vu leur ardeur spirituelle décliner car ils n’avaient plus rien de tangible à quoi se raccrocher. J’ai aussi compris pourquoi certains se cramponnaient au parler en langues avec une sorte de frénésie. Leur vie spirituelle était si pauvre, si peu fondée sur la Bible que s’ils perdaient ça, il ne leur restait plus rien.
La Manne
Pendant leurs quarante années au désert, les Israélites recevaient six jours sur sept ce don du ciel qu’était la manne, le pain d’en-haut qui descendait sur la terre. Ce don était le signe, la preuve par anticipation que des riches moissons les attendaient en Canaan. Cela a duré quarante ans, mais dès leur entrée dans la terre promise, la manne a cessé. Le Dieu qui l’avait donnée l’a aussi retirée. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient désormais les récoltes du pays. Le don, à la fois signe et ombre des choses promises était devenu réalité et il s’arrêta. Comme la manne annonçait les moissons de Canaan, le don des langues annonçait au peuple juif la moisson des païens. Comme la manne n’a pas continué, le don des langues n’a pas non plus continué quand la moisson des païens est devenue une évidence que personne n’a plus niée ou combattue.
De l’illustration biblique, passons à la doctrine :
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I. Le jugement ( 1) qu’annonçait le parler en langues sur l’Israël incrédule (Es. 28.11-13; 1 Thess. 2.16; 1 Cor. 14.21), est dramatiquement tombé sur lui à partir de l’an 70 par la prise de Jérusalem et la dispersion mondiale du peuple juif.
( 1) Voir au chapitre 10 : Les langues de feu.
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II. L’entrée massive des peuples aux langues étrangères dans l’Église, qu’annonçait aussi le parler en langues étrangères, s’est faite parallèlement avec la mise à l’écart et le jugement d’Israël. Le signe était entièrement accompli. Aussi accompli que le grand " Tout est accompli " de la croix qui interdit tout renouvellement de ce sacrifice. Le parler en langues non plus ne se perpétue pas, selon ce qu’en a prophétisé le Saint-Esprit : " Les langues ne continueront pas " (1 Cor. 13.8).
Chapitre 9
La septuple bénédiction de l’Esprit
La Bible étant divinement inspirée, les mots qu’elle choisit sont toujours ceux qui conviennent le mieux pour faire passer les vérités qu’elle veut nous communiquer. Là où certaines expressions sont employées, nous n’avons pas la liberté de les mélanger ou d’en parler comme si elles étaient interchangeables ou synonymes. Nous allons le voir en relation avec la septuple bénédiction du Saint-Esprit.
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I. Le DON du Saint-Esprit. On lit en Actes 2.38 : " Repentez-vous et que chacun soit baptisé au nom du Seigneur Jésus pour la rémission des péchés, et vous recevrez le DON du Saint-Esprit ". L’Esprit était le DON du Père à l’Église et, cela va de soi, à chaque croyant séparément, selon la promesse réitérée de Jésus en Actes 1.8. Cette promesse a été tenue le jour de la Pentecôte. C’est un fait historique. Le Saint-Esprit a été donné comme l’héritage fut donné à Abraham et à Israël, tel un don de Dieu à son peuple. Mais quoique Dieu ait donné à Israël cet héritage tout entier et d’un seul coup, Moïse a dit : " Tout lieu que foulera la plante de votre pied sera à vous " (Deut. 11.24). Comment pouvait-il dire cela s’il leur appartenait déjà par don divin ? Parce qu’il faut faire une distinction entre l’héritage et la possession. L’héritage, c’était tout ce que Dieu donnait à Israël sans réserve; la possession c’était ce qu’ils s’appropriaient. Ainsi en est-il du Saint-Esprit; Dieu nous l’a donné et Il ne peut pas nous le donner plus, mais il y a un sens où, ayant reçu le don, il faut faire de cet héritage notre possession. Partout où il y a un donateur il doit y avoir un récipiendaire. Ainsi le don, comme dans le salut, ne devient propriété personnelle que lorsque nous le prenons. Il faut donc se l’approprier par la foi comme le dit Galates 3.2, 14 : " C’est par la foi que nous avons reçu le Saint-Esprit qui avait été promis ".
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II. Le SCEAU de l’Esprit. " Ayant cru, vous avez été scellés du sceau de la promesse " (Eph. 1.13); " ... par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption " (4.30). " Scellés " par Celui qui est le DON et le SCEAU. Il est significatif que cela soit dit aux Éphésiens. Éphèse était un port de mer animé d’un grand commerce de bois. Les négociants achetaient à Éphèse les troncs d’arbres qui étaient ensuite acheminés par flottage jusqu’à leur destination. En achetant leur lots, ils y mettaient leur cachet qui attestait qu’ils leur appartenaient jusqu’au jour de la récupération (rédemption). Ainsi ce SCEAU nous est présenté, non avec le bienfait premier de la rédemption mais avec son aspect final, la glorification de notre corps. Mais quoique ce jour ne se soit pas encore levé, chaque enfant de Dieu porte le SCEAU signalant qu’il est la propriété assurée de Dieu.
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III. L’HABITATION de l’Esprit. " Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? " (1 Cor. 3.16). Dans la chambre haute, Jésus avait dit à ses disciples, en parlant de l’Esprit : " Il est avec vous et Il sera en vous " (Jn 14.17). N’était-Il pas encore en eux ? Le Saint-Esprit était à l’œuvre dans l’Ancien Testament. Il venait sur le peuple de Dieu et prenait possession de quelques-uns pour un service spécial, mais Il n’habitait pas en eux comme dans la nouvelle alliance. Ce qui distingue la nouvelle dispensation de l’autre, c’est que le croyant a reçu l’Esprit d’adoption (Rom. 8.15) qui fait de lui son habitation intérieure et permanente. Et ceci indépendamment de son niveau spirituel et de son caractère. Il faut noter que ce passage apparaît dans la lettre à l’Église de Corinthe et nous savons dans quel état était cette Église : la qualité de la vie était médiocre, le témoignage indigent et ses membres étaient coupables d’erreurs morales et doctrinales. Paul ne les a pas encouragés à rechercher cette habitation intérieure; il la reconnaît de facto et il s’en sert pour les inviter à un type de vie chrétienne plus noble et plus digne de cette habitation. En outre, aucun avertissement ne nous est donné qui pourrait nous faire croire qu’Il puisse un jour déloger de notre vie. Nous pouvons l’attrister et le réduire au silence par nos péchés, mais nous ne pouvons pas le chasser de chez nous. Dieu s’est approprié de nous par son habitation intérieure.
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IV. Les PRÉMICES de l’Esprit. 2 Corinthiens 1.22 et Éphésiens 1.14 disent que l’Esprit de la promesse est les arrhes, ou les gages, ou les prémices de notre héritage. C’est un avant-goût de ce qui doit venir. Les espions qui furent envoyés pour explorer Canaan en firent un rapport à Moïse et ramenèrent la grappe d’Eschol. Ces raisins étaient les prémices de ce qui attendait le peuple quand il entrerait dans la terre promise. C’était une preuve et un échantillon de ce qui leur était réservé. De même, le Saint-Esprit est la preuve, l’avant-goût, l’échantillon, les arrhes de ce qui nous attend. Quelque enrichissantes qu’aient pu être nos expériences dans le Saint-Esprit, les plus bénies ne sont encore qu’un avant-goût. C’est une façon de dire que, pour le croyant, le meilleur est toujours à venir. Il est triste pour un homme que ses plus beaux jours soient derrière lui; pour nous qui croyons en Christ il n’en est jamais ainsi : tout est devant nous.
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V. L’ONCTION de l’Esprit. " Celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a OINT, c’est Dieu " (2 Cor. 1.21). L’onction indique une mise à part pour le service. Elle était pratiquée sur divers objets du culte (Ex. 30.26-29). Dans l’Ancien Testament, les sacrificateurs, les rois et les prophètes étaient oints pour le service qui leur était imparti. Chez le Seigneur Jésus, cette onction n’était pas physique, c’était celle qui venait directement du Saint-Esprit (Luc 4.18; Actes 10.38). Elle le mettait à part pour le triple ministère de Sacrificateur, Roi et de Prophète. Ses rachetés étant mis à part pour Dieu, comme rois et sacrificateurs (1 Pi. 2.5, 9) ils ont aussi reçu une onction spirituelle (2 Cor. 1.21) par la venue de l’Esprit d’adoption dans leur cœur. De cette onction il est en outre dit en 1 Jean 2.20, 27 : " L’onction que vous avez reçue de Lui demeure en vous ". Mais on peut aller enterrer le talent et l’onction qui l’accompagne. On peut fuir ses responsabilités comme Saül qui, bien qu’ayant reçu l’onction royale, tentait d’échapper à ses responsabilités en se cachant derrière les bagages. Ou pis, on peut servir Dieu dans un esprit contraire à l’onction reçue, ce qui arriva plus tard à Saül. Son service pour Dieu était entaché de telles désobéissances, que l’onction dont il était pourtant revêtu sans retour, devenait inefficace au point que Dieu dut se retirer de lui. Quelle différence quand cette onction qui demeure trouve dans le croyant un instrument obéissant et consacré ! Ce sont alors des fleuves d’eaux vives qui jaillissent en bénédiction pour les autres et pour lui-même.
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VI. La PLENITUDE de l’Esprit. " Ne vous enivrez pas de vin, c’est de la débauche. Soyez au contraire remplis de l’Esprit " (Eph. 5.18). Le Saint-Esprit étant une personne, on ne peut pas recevoir moins que sa Personne et la plénitude qu’Il représente. Il est à noter que la plénitude de l’Esprit est donnée au croyant dès le départ de sa nouvelle vie selon ce qu’en dit Jean 3.34 (J.N. Darby) : " Car Dieu ne donne pas l’Esprit par mesure ". Il est appelé à vivre à la mesure de cette plénitude. Si Dieu ne vous a pas mesuré l’Esprit, vous, ne le mesurez pas ! C’est comme si un mendiant, tout à coup héritier d’une fortune restait en guenilles. On pourrait lui dire : Maintenant que vous êtes riche, soyez-le ! Faites passer votre plein de richesses dans votre façon d’être. C’est ainsi que des hellénistes voient Ephésiens 5.18 : " Soyez, étant remplis de l’Esprit ". Autrement dit : " Ne soyez plus des princes aux allures de clochards. Soyez-le, Princes ! ". Ce sens étant, il est clair qu’on peut être chrétien sans goûter à la plénitude. Ma sécurité éternelle ne serait pas compromise, mais beaucoup dans ma vie en serait affecté. Quelqu’un demandera : Voulez-vous dire qu’il est possible pour un vrai croyant de vivre, de mourir et d’aller au ciel sans avoir jamais vécu la plénitude de l’Esprit ? Sans hésitation je réponds " oui " ! Que veut dire cette exhortation à être rempli de l’Esprit ? Simplement de laisser l’Esprit vous posséder et vous contrôler. Si un verre est rempli d’eau, l’eau prend possession du verre mais ne le contrôle pas et la comparaison s’arrête là. Mais quand le contenu c’est le Saint-Esprit, il y a une idée de contrôle de l’intérieur ajoutée à celle du remplissage. Si je ne lui cède qu’à demi, il y a des chances pour que l’autre moitié de moi-même échappe à son contrôle. Mais comment en être rempli ? Beaucoup de prédications qui sont faites dans ce sens en appellent aux émotions plutôt qu’à l’intelligence. Mais la foi doit avoir une base intellectuelle; nous devons savoir ce qui est exigé de nous et comment y faire face. Entre rempli du Saint-Esprit, cela veut dire : qu’Il prenne votre Esprit et pense au travers de lui; qu’Il prenne votre cœur et sente au travers de lui; qu’Il prenne votre conscience et juge par elle; qu’Il prenne votre volonté et qu’Il décide par elle; qu’Il prenne tout votre être et qu’Il s’en serve comme Il lui plaît. Cela peut se faire sans un soupçon d’émotion. Aucune de ces bénédictions ne prend appui sur des sentiments d’exaltation. Certains sont plus émotifs que d’autres; ces derniers sont-ils plus frustrés par rapport aux premiers ? Pas du tout : Toute les familles du monde, qu’elles soient latines, germaines, slaves ou autres peuvent, calmement, comprenant ce qui leur est demandé, ouvrir leur vie à la plénitude de l’Esprit.
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VII. Le BAPTÊME du Saint-Esprit. Chacune des opérations que nous venons de survoler vient du seul Saint-Esprit. S’Il les a différenciées, ce n’est pas pour que nous les confondions. Je suis sûr que Dieu nous pardonnera si nous appelons la bénédiction précédente " baptême " au lieu de " plénitude ", mais de grâce, mettons de l’ordre dans nos appellations. Ne collons pas l’étiquette d’un bon bourgogne même sur un excellent bordeaux. La nature de ces deux " produit de France " ne serait pas affectée mais la confusion serait intolérable. La Parole de Dieu, est-il dit en Hébreux. 4.12, est vivante et efficace; elle tranche, pénètre et partage. Chacune de ses appellations est spécifique; si donc on veut bien parler du baptême de l’Esprit, il faut lui laisser sa spécificité. Le baptême ce n’est pas le don, ni le sceau, ni l’habitation intérieure, ni les prémices, ni l’onction, ni la plénitude même s’ils sont venus au monde ensemble et sont organiquement associés. Un enfant ne vient pas au monde en pièces détachées interchangeables. Ce serait un petit monstre si on devait dire que sa tête marche, ses pieds pensent, son foie respire et ses poumons voient. Chaque chose à sa place et une place pour chaque chose, disait mon père. Dans l’œuvre complexe du Saint-Esprit, quelle est la place, le rôle et le but de ce baptême ?
Où le situer dans le Temps?
A. Voyons d’abord la place qu’il occupe dans le temps. Il n’est pas superflu de redire qu’il est mentionné dans chacun des évangiles et dans le premier chapitre des Actes toujours au futur : " Il vous baptisera... ". Mais après Actes 1, il n’est plus jamais vu autrement que dans le passé. Cette constatation paraît insignifiante au premier abord mais elle va occuper une place importante dans le débat. Faisant abstraction de mes convictions et de mes recherches antérieures sur le sujet, je me suis mis en quête de tout ce que je pouvais trouver sur ce point précis. Sans aucune exception les commentaires allaient tous dans le même sens, sauf dans les écrits pentecôtistes où cette vérité n’est jamais, au grand jamais relevée. Ce n’est pas un oubli; cela procède d’une volonté déterminée de l’ignorer. C’est le black-out total. Les milieux charismatiques, toutes tendances confondues, enseignent que le croyant doit rechercher le baptême du Saint-Esprit. Or, voici que la Bible situe ce baptême dans le passé des croyants, même des croyants infantiles comme ceux de Corinthe. Et non seulement ils avaient été baptisés dans l’Esprit, mais ils l’avaient TOUS été. S’il existe un tel baptême qu’un chrétien ne posséderait pas et devrait essayer d’obtenir, sûrement qu’il y aurait quelque Écriture pour le dire et quelques passages exhortant à le rechercher et à le recevoir, mais on n’en trouve aucun. Alors que Dieu exhorte à tout mettre en œuvre en vue :
- d’être rempli de la plénitude de l’Esprit (Eph. 5.18),
- de s’efforcer de conserver l’unité de l’Esprit (Eph. 4.3),
- de ne pas attrister l’Esprit (Eph. 4.20),
- de marcher selon l’Esprit (Gal. 5.16, 25),
- de ne pas éteindre l’Esprit (1 Thess. 5.19), jamais on ne trouve une exhortation semblable pour le baptême de l’Esprit. Aucune recherche, aucune " attente " n’est recommandée. Ce baptême est comme le mariage ou le salut, il se vit tous les jours sans plus jamais être contracté, ni recherché. A l’Église de Corinthe qui vivait bien en-dessous du niveau normal de la vie chrétienne, Paul à écrit : " Vous avez tous été baptisés dans un seul Esprit... ". Le temps employé exclut toute possibilité d’erreur quant au moment et à l’événement visé. Matthieu, Marc, Luc, Jean et Actes 1 regardent en avant; 1 Corinthiens 12.13 regarde en arrière. Où les deux se rejoignent-ils ? Sans contestation possible, à la Pentecôte.
B. Le BAPTEME DE L’ESPRIT est-il une deuxième expérience ?
Si cette doctrine est le fondement de tout le système pentecôtiste, il faut savoir que tout le monde chez eux ne voit pas la chose de la même façon. Un très cher ami pasteur, qui évolue dans la frange modérée du mouvement, m’a certifié qu’il voyait le baptême du Saint-Esprit, non comme une seconde expérience, mais comme l’entrée du croyant dans le corps de Christ. Quant au parler en langues comme signe initial, obligatoire ou évident de ce baptême, il s’élève du milieu quelques voix encore timides pour contester la chose, mais c’est encore l’exception. Quant à la " deuxième " expérience, c’est le livre des Actes qui va d’abord nous renseigner.
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A la Pentecôte. Actes 2
C’est à la Pentecôte, et non quelques semaines plus tôt en Jean 20.22, que les disciples ont fait l’expérience initiale du don de l’Esprit. Il ne pouvait pas en être autrement car le Saint-Esprit n’avait jamais été donné de pareille façon avant ce jour-là. C’est ce qui est clairement dit en Jean 7.38 et 39 : " ...des fleuves d’eau vive couleront de son sein... Jésus dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui; car l’Esprit n’était pas encore (donné) parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié ". Ce n’est donc qu’après sa glorification que Jésus a donné l’Esprit, et pas avant. A partir de cette constatation doctrinale et chronologique, il n’y a plus aucune difficulté à comprendre Jean 19.22 où, avant de monter au ciel " Jésus souffla sur eux et leur dit : Recevez le Saint-Esprit ". C’était là une promesse prophétique imminente dont voici l’accomplissement : " Il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent (le souffle) impétueux " (Actes 2.2). Il ne servirait à rien de vouloir convaincre en citant tous les meilleurs commentateurs (dont Shallis, Pache, Kuen, Campbell Morgan) qui tous vont dans ce sens. Mieux vaut se rabattre sur ce qu’en dit un pentecôtiste de taille comme Emirian dans son livre le Don du Saint-Esprit, page 89 : " Cette fois-ci, je serai en désaccord avec mes frères pentecôtistes et charismatiques et en accord avec mes frères évangéliques même si le résultat du don de l’Esprit n’a pas pour nous la même signification. Je crois avec Pache, Kuen, Blocher et d’autres que ce geste de Jésus, le soir de la résurrection, N’EST RIEN D’AUTRE QU’UN GESTE PROPHÉTIQUE DE LA GRANDE PROMESSE annoncée dans les textes cités plus haut ". Emirian précise qu’il ne s’agit pas ici de la nouvelle naissance. La Pentecôte n’était donc pas, dans la vie des disciples une deuxième expérience.
A la Maison de Corneille. Actes 10
Ce qui s’est passé en Actes 10 nous est encore beaucoup plus proche, dans ce sens que Corneille est de notre bord à tous puisqu’il était comme nous, un étranger d’entre les païens. Ce qui se passe chez lui est donc normatif de la conversion des païens. C’est à sa première expérience, celle de la conversion, que le Saint-Esprit descend sur lui et sa maison comme sur les disciples à la Pentecôte. Certes, il n’y a plus de grand souffle ni de langues de feu, mais Pierre insiste et dit que c’est la même chose (11.15). Toute la maison de Corneille entre dans le baptême de l’Esprit d’abord (v. 16) et dans le baptême d’eau ensuite (10.48).
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Les douze Disciples d'Éphèse
En Actes 19 on retrouve le même scénario mais cette fois avec des Juifs. Ils étaient environ douze en tout et ils n’étaient pas, comme certains l’ont cru, des disciples de Christ mais, comme cela est précisé, des disciples de Jean-Baptiste qui vivaient en marge de 1’Eglise d’Éphèse. Discernant une anomalie de comportement, Paul leur pose d’entrée de jeu la question : Avez-vous reçu le Saint-Esprit quand vous avez cru ? Cela montre que pour être baptisé du Saint-Esprit il suffit d’avoir cru au Seigneur Jésus. Cela rejoint Éphésiens. 1.13 qui le confirme : " Ayant cru, vous avez été scellés du Saint-Esprit de la promesse " (J.N.D.). Leur réponse montre bien qu’ils n’étaient pas des disciples de Christ : " Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit ".
Peut-on imaginer que l'on puisse passer ne serait-ce qu'une heure dans une réunion charismatique sans découvrir l'existence du Saint-Esprit ? Et l'on voudrait nous faire croire que ces douze auraient vécu toutes ces années dans l'Église apostolique, atteignant même la qualité de disciples capables d'enseigner les autres, et qu'ils n'en auraient jamais entendu parler!!
Quand on connaît l’accent qui était mis sur l’Esprit au début, il était impossible de ne pas l’avoir entendu dire. Si donc ils ne Le connaissaient pas c'est que, manifestement, ils n'étaient pas des disciples du Seigneur. Et non seulement ils ignoraient qu'il y eut un Saint-Esprit, mais ils ne connaissaient pas non plus le baptême chrétien, ce qui était également impossible s'ils eussent été des disciples du Seigneur et de sa Parole. Comment seraient-ils passé à côté d'un baptême alors administré immédiatement après la conversion comme cela se pratiquait dans le livre des Actes et dont voici un résumé ?
Actes 2:41 Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés.
Actes 8:12 Quand ils eurent cru... ils se firent baptiser.
Actes 8:37,38 L'eunuque répondit: Je crois que Jésus-Christ est le fils de DIEU...et Philippe le baptisat
Actes 9:18 Saul se convertit et est baptisé
Actes 10:47 Corneille et ceux qui entendirent... furent baptisés
Actes 16:15 Lydie ouvre son cœur et est baptisée.
Actes 16:22 Le geôlier de la ville de Philippe croit et est immédiatement baptisé,
Actes 19:5 Et enfin ces douze dont nous étudions le cas: Sur ces paroles (croire en Jésus) ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus,
Ces douze étaient des Juifs de la diaspora comme il y en avait tant, qui faisaient partie d’une colonie juive venue se fixer à Éphèse. De toute évidence ils n’avaient pas lié connaissance avec des chrétiens. Toute la lumière se fit quand Paul leur demanda de quel baptême ils avaient été baptisés. Ils répondirent : " Du baptême de Jean ". On est maintenant au clair. Ils étaient des disciples de Jean-Baptiste : c’était des Juifs émigrés en Asie Mineure. Le grand docteur de l’Église a vite saisi la situation. En quelques mots, il leur expliqua leur statut spirituel : " Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple (juif) de croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire en Jésus ". Ils croyaient en ce que Jean avait annoncé au désert, en un Messie qui allait venir. Par Paul ils vont croire en Celui qui était venu. Sur le champ re-baptisés au nom du Seigneur Jésus, Paul leur imposa les mains (pour les mêmes raisons que nous verrons au paragraphe suivant) et eux aussi reçurent le Saint-Esprit. La question de Paul tenait maintenant sa réponse : Oui, nous avons reçu le Saint-Esprit quand nous avons cru. Ici, pas plus que dans les deux occasions précédentes, le baptême de l’Esprit n’est vu comme une deuxième expérience.
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Les Samaritains. Actes 8
Il ne reste que l’épisode des Samaritains d’Actes 8. C’est le seul qui apparaisse différent des trois autres, car il s’écoule un laps de temps entre leur conversion et leur réception du Saint-Esprit. C’est ici le seul endroit de l’Ecriture qui donne à la théorie de la deuxième expérience une apparence de vérité; c’est le seul passage que le pentecôtisme puisse invoquer à l’appui de sa doctrine. L’explication, pour plus étendue qu’elle soit, n’est cependant pas compliquée, encore faut-il que la connaissance biblique suive. Suite à la persécution contre l’Eglise à Jérusalem et à la dispersion des disciples dans la Judée et la Samarie, la prédication de l’Evangile s’est étendue et des Samaritains notamment ont commencé à se convertir. Pourquoi alors n’ont-ils pas reçu le Saint-Esprit comme les autres en une seule fois après avoir cru ?
Qui étaient les Samaritains ? Nous avons déjà effleuré le sujet au chapitre 3; nous apportons maintenant des détails complémentaires. C’étaient des gens que Nébucadnetsar avait transplantés dans cette province de Palestine après l’avoir vidée de ses habitants naturels. Ces gens avaient adopté la langue et la religion des Juifs, religion qu’ils pratiquaient de façon assez peu orthodoxe. Au lieu de monter au temple à Jérusalem, ils avaient érigé le leur sur la montagne de Samarie (Jn 4.20), créant ainsi un schisme, au point que les Juifs n’avaient plus de relation avec les Samaritains (Jn 4.9). Entre eux il y avait une barrière religieuse, raciale et culturelle. Ils se haïssaient réciproquement. Quand, lors d’un voyage, le plus court chemin d’un point à l’autre passait par la Samarie, les Juifs, contrairement au Seigneur Jésus, n’hésitaient pas à rallonger la route en faisant un détour. Les Samaritains, comme bien l’on pensé, leur rendaient la monnaie de la pièce. Un soir que Jésus et ses disciples s’arrêtèrent dans un bourg des Samaritains avec l’intention d’y passer la nuit, on ne les reçut pas, parce qu’ils se dirigeaient sur Jérusalem ! (Luc 9.52-56) Le sang des disciples n’a fait qu’un tour. C’est à cette occasion qu’ils ont demandé au Seigneur : " Veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume ? ". Holà ! Ce n’est en tout cas pas eux qui leur auraient imposé les mains pour qu’ils reçoivent le Saint-Esprit; pour qu’ils grillent au feu, oui, mais pas pour autre chose. Et jamais un Samaritain ne se serait laissé mettre la main dessus par le Juif exécré. La pire insulte qu’on pouvait faire à un Juif, c’était de cracher par terre en lui disant : " Tu es un Samaritain " (Jn 8.48). Entre les deux parties la situation était on ne peut plus explosive.
Un intervalle programmé
Si donc les Samaritains avaient reçu le Saint-Esprit dans cet état d’esprit au moment où ils ont cru, le terrible fossé qui les séparait se serait prolongé dans l’Église chrétienne. Pourquoi ? Mais parce que la Pentecôte avait été un événement juif. L’Église qui était née à Jérusalem ce jour-là était faite de croyants juifs. Si les Samaritains avaient démarré leur propre groupe, leurs rivalités ancestrales se seraient aussi perpétuées. C’EUT ÉTÉ LA NÉGATION DU BAPTÊME DU SAINT-ESPRIT, duquel il est écrit : " Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit POUR FORMER UN SEUL CORPS ! Ces Samaritains devaient admettre que ce qui se passait chez eux n’était pas une " Pentecôte samaritaine " et qu’il n’y avait qu’une Pentecôte, une seule naissance de l’Église. La Pentecôte à Jérusalem était le début d’un nouvel âge, tandis que le réveil de Samarie n’était que l’entrée dans les bénédictions de cet âge et non l’inauguration de cet âge. L’épisode de Samarie était une croissance de l’Église et non une naissance. Il était capital que tous, présents à Samarie, sachent qu’il n’y avait pas deux Églises mais une seule. En ce faisant, le Saint-Esprit renversait les barrières d’amertume et abattait le mur de séparation (Eph. 2.14) dès le départ. Les apôtres Juifs, porte-paroles de Dieu, voyaient ainsi leur autorité reconnue au-delà de la culture et des frontières du judaïsme. Il était crucial que les Samaritains reconnussent ce que Jésus avait dit à la Samaritaine : " Le salut vient des Juifs " (Jn 4.22), ainsi que l’autorité et la puissance de ses apôtres dépositaires de la vérité. Il faut aussi savoir que les Samaritains n'ont pas " attendu " le Saint-Esprit mais que, au contraire, c'est le Saint-Esprit qui a attendu la venue de Pierre et de Jean de Jérusalem . Ainsi, cet intervalle entre le moment où ces Samaritains ont reçu Christ, et le moment où ils ont reçu le Saint-Esprit n’est pas fortuit. Il était voulu, car s’il était nécessaire que les Samaritains voient qu’ils dépendaient de l’autorité apostolique il était tout aussi nécessaire que les apôtres (ces mêmes apôtres qui voulaient prier pour que le feu du ciel consume les Samaritains) comprennent à leur tour que ces gens avec qui ils n’avaient que des relations tendues, entraient dans la même Église, avaient le même Christ, le même salut, le même accès à Dieu, le même Saint-Esprit, ce qui est le sens, le seul sens que Paul donne au baptême du Saint-Esprit : " Former un seul corps " (1 Cor. 12.13).
Ces réflexions sont valables pour le groupuscule isolé d’Actes 19 qui vivait en marge des chrétiens et des païens. L’imposition des mains y revêt un caractère analogue à celle des Samaritains. Par cette imposition des mains et par le parler en langues qui a suivi, ils étaient amenés à accepter qu’ils formaient un seul corps, non seulement avec les apôtres mais aussi avec ces étrangers dont ils parlaient miraculeusement les langues et dont certains faisaient partie de l'équipe de Paul.
Stuart Olyott, le pasteur de l’Église baptiste de Lausanne, explique d’une façon imagée pourquoi le baptême du Saint-Esprit ne peut pas être une seconde expérience qui suppléerait à la première. Il en est, dit-il, de la nouvelle naissance comme de la naissance physique; lorsqu’un bébé vient au monde, il y vient au complet, il ne lui manque rien. Ces tout petits pieds sont encore si petits, mais ils seront peut-être ceux d’un athlète; ces petites menottes deviendront peut-être celles d’une infirmière ou d’un grand chirurgien; ce petit cerveau dans cette petite tête encore toute fripée sera peut-être celui d’un illustre mathématicien. Serions-nous moins complets et aurions-nous moins de possibilités lorsque nous naissons d’en-haut, non de la volonté d’un homme mais de Dieu ? Notre Père céleste nous aurait-il moins bien faits que nos parents terrestres ? C’est ce que certains voudraient nous faire croire. Ils viennent voir le bébé et nous disent : " Oh, mais il lui manque les poumons, ou le foie, ou un rein. Mais ce n’est rien, venez chez nous, on va lui en greffer un ! ". Non merci. Quand Dieu nous régénère par sa Parole et son Esprit, Il ne crée pas des monstres ou des avortons. Rien ne manque au nouveau-né spirituel de la septuple bénédiction de l’Esprit et surtout pas le baptême du Saint-Esprit par lequel se forme l’unité de la famille divine (1 Cor. 12.13). " Nous avons tout pleinement en Christ " dit Paul (Col. 2.10), et nous l’avons tous dès notre nouvelle naissance, mais il va falloir le développer par tout ce que la Parole de Dieu est pour nous : lait, pain, et viande " jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’état d’hommes faits, à la mesure de la stature parfaite de Christ " (Eph. 4.13).
Le But du Baptême du Saint-Esprit
Nous n’avons pas encore abordé l’essentiel de la doctrine sur le but du baptême dans l’Esprit. C’est ce but qui va achever de nous démontrer au-delà de tout doute, qu’il ne peut s’agir d’une deuxième expérience. Nous allons nous en expliquer en suivant le même cheminement que pour le baptême d’eau, lequel est :
- annoncé dans les évangiles,
- pratiqué dans les Actes,
- expliqué dans les épîtres.
Il en va de même pour le baptême de l’Esprit. Lui aussi est annoncé sans explication dans les évangiles; il est vécu dans le livre des Actes comme l’expérience initiale du croyant; il est expliqué dans les épîtres. A vrai dire, il faut mettre épîtres au singulier car, dans le Nouveau Testament, la seule explication qui nous soit donnée de ce baptême se trouve dans 1 Corinthiens 12.13. Elle est là, seulement là et nulle part ailleurs. D’où l’importance capitale que revêt ce verset, lequel, dans mes discussions avec mes amis pentecôtistes a toujours été passé sous silence.
Les éditeurs du livre ultra-pentecôtiste récent Dossier sur le parler en langues (1988) ont réussi l’exploit d’unir trois auteurs, et non des moindres (A. Thomas-Brès, H. Horton et Donald Gee) pour faire un livre de 119 pages, format 210 x 135, sur le baptême du Saint-Esprit, sans écrire ni commenter, ne serait-ce qu’une fois, le seul verset de la Bible qui l’explique : 1 Corinthiens 12.13 ! Il est impossible d’imaginer que ces spécialistes de la cause ne connaissaient pas ce texte déterminant. Pour expliquer les choses à leur façon, ils ont sciemment escamoté l’unique explication doctrinale que le Saint-Esprit donne de son baptême. C'est aussi peu crédible que de prétendre expliquer Waterloo sans parler de Napoléon. C’est ce qui s’appelle cultiver à son plus haut niveau l’art anti-chrétien de la dissimulation et de la désinformation. Cet oubli " volontaire " nous attriste profondément parce qu’il porte atteinte à l’honnêteté exégétique. Il confirme la mauvaise foi qu’ont reconnue ceux qui ont quitté le Mouvement, parce que : " Les textes de la Bible qui contrariaient ce qu’on y enseignait, étaient systématiquement écartés ". Quand on sait que 1 Corinthiens 12.13 est la rectification de tout l’enseignement pentecôtiste sur le sujet, on comprend qu’ils lui aient déclaré la guerre du silence. Ainsi décapité, 1 Corinthiens 12.13 peut s’écrier comme Camille Desmoulin au pied de l’échafaud : " O vérité ( 1), que de crimes on commet en ton nom ! ".
( 1) Liberté.
A la page 49 du même livre, H. Horton fait un mélange astucieux d’anti-vérités et de citations en porte-à-faux enrobées de paroles évangéliques : " Si vous étudiez soigneusement les épîtres, vous viendrez nécessairement à la conclusion qu’elles furent écrites par des chrétiens qui étaient tous remplis du Saint-Esprit... ". Jusque là on peut encore le suivre, mais il poursuit : " ... et qui, par conséquent, parlaient ou avaient parlé d’autres langues ". Où a-t-il été déniché cela ! Comme si la rédaction inspirée du Nouveau Testament tenait à l’exercice du don des langues ! On est en pleine divagation. Mesuré à cette règle, Jésus n'aurait jamais pu écrire une épître et encore moins l'inspirer puisqu'il n'a jamais parlé en langues. Il n'aurait donc pas connu non plus la plénitude de l'Esprit. Mais il y a pis; il appuie ce qu’il dit par la référence de 1 Corinthiens 12.13 dont il se garde bien de donner le texte et d’en fournir l’explication, car elle est hors-cadre avec ce qu’il vient de dire. Il mise sur l’improbabilité du lecteur à interrompre sa lecture et à vérifier la référence. Est-ce honnête ?
A Voir de Plus Prés
Voyons de plus près le but du baptême du Saint-Esprit. Qu’en dit l’apôtre des nations sous l’inspiration de l’Esprit :
" Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour... " Pour quoi ?
- Pour avoir accès aux dons de l’Esprit ? Non !
- Pour accéder à une édification personnelle ? Non !
- Pour parler en langues ? Non !
- Pour avoir " plus " que les autres croyants ? Non !
- Pour avoir un témoignage plus puissant ? Non !
Alors, pour quoi ? Il suffit de lire : " ... pour que les Juifs et les Grecs forment un seul corps ". Voilà le pourquoi, le BUT : former ce corps en y introduisant ceux qui vont le constituer, c’est-à-dire des hommes et des femmes de toutes langues (Juifs et Grecs) nés de nouveau par le Saint-Esprit. Il n’est guère dans tout le Nouveau Testament de vérité exprimée plus simplement et qui soit plus facile à comprendre que celle-ci. J’ai fait tous les efforts pour essayer de le comprendre autrement sans toutefois y arriver.
Ce qui m’a grandement surpris dans tous les commentaires que j’ai pu consulter, c’est un oubli d’autant plus étonnant qu’il a une importance capitale pour la compréhension du texte. Dans les vingt premiers mots qui font l’essentiel du verset, il y en a quatre, soit un cinquième du texte, qui sont comme oubliés par les exégètes : " ... soit Juifs soit Grecs ". C’est comme si en Jean 3.16 on glissait sur un cinquième du verset comme par exemple : " Car Dieu a tant aimé le monde afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais qu’il ait la vie éternelle ", laissant de côté le " ... Il a donné son fils unique ". Il manquerait au texte une dimension qui en affaiblirait la portée. C’est ce que les commentateurs font avec 1 Corinthiens 12.13; un cinquième de la phrase semble leur échapper. Le résultat est qu’ils ont sur les langues, comme sur le baptême de l’Esprit, une vision brouillonne et incomplète parce qu’il leur manque ces " quatre longueurs ". Le " soit Juifs soit Grecs " est la distance manquante pour la juste interprétation des langues et du baptême. Ce sont là deux vérités qui s’interpénètrent mais dans un sens tout différent de celui qu’en donne le pentecôtisme. Le " soit Juifs soit Grecs " nous ramène à Jérusalem au jour où Pierre explique la convergence des langues et du baptême qu’ils viennent de recevoir, par cette citation : " Je répandrai de mon Esprit sur... les Juifs seuls ! " Non ! " Sur toute chair " veut dire sur des gens de toute condition, tant Juifs que Grecs. Le terme " Grecs " englobant tout ce qui était non-juif, le " soit Juifs, soit Grecs " nous conduit à nouveau à la vision de Pierre, laquelle avait une portée équivalente au parler en langues. Le " soit Juifs soit Grecs " nous fait saisir que le baptême dans l’Esprit, c’est plus que l’entrée du croyant dans le corps de Christ, c’est l’entrée des croyants de toute langue, Juifs et Grecs et de toute condition, esclaves ou libres. 1 Corinthiens 12.13 se lit : " Nous avons tous, Juifs et Grecs été baptisés dans un Esprit pour former un seul corps " ou mieux encore : " C’est pour former un seul corps que Juifs et Grecs nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit ".
C’est surtout cela que les Juifs ne voulaient pas croire : que les étrangers, les Grecs, les barbares, les autres langues, en un mot les païens, formaient avec eux une entité nouvelle : l’Église. Ainsi replacé dans son contexte, rien ne s’oppose à ce qu’on évoque les langues étrangères quand on parle du baptême du Saint-Esprit, pour autant que l’on sache ce qu’il est vraiment. Car le baptême de l’Esprit, c’est l’entrée des langues de toute chair dans ce grand mystère qu’est le Corps de Christ. C’est ce que dit Paul : " C’est pour former un seul corps que nous tous, GENS DE TOUTE LANGUE (soit Juifs soit Grecs), nous avons été baptisés dans un seul Esprit ". C’est ce que Paul dit ailleurs d’une façon beaucoup plus étendue : " C’est pourquoi, vous autrefois païens dans la chair... souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ. Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation, l’inimitié... il a voulu créer en lui-même AVEC LES DEUX UN SEUL HOMME NOUVEAU, en établissant la paix, et de les réconcilier avec Dieu L’UN ET l’AUTRE EN UN SEUL CORPS, par la croix, en détruisant par elle l’inimitié. Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près; car par lui les uns et les autres nous avons accès auprès du Père par un même Esprit. Ainsi donc vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors, mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu " (Eph 2.11-19). " A moi qui suis le moindre de tous les saints, cette grâce a été accordée d’annoncer ... LE MYSTÈRE caché de toute éternité en Dieu... " (3.8, 9). Quel mystère ? Écoutons la réponse de Paul en Éphésiens 3.6 puis en 1 Corinthiens 12.13 : " Ce mystère c’est que les païens forment un même corps ". Maintenant, que chacun réponde à cette question: Comment Dieu appelle-t-il l'action par laquelle le Saint-Esprit forme ce nouveau Corps désormais composé de Juifs et de non-Juifs ? La seule réponse possible est le Baptême du Saint-Esprit. " C’est pour former un seul corps que soit Juifs soit Grecs nous avons été baptisés dans un seul Esprit ". C’est ÇA le baptême du Saint-Esprit et je suis assez surpris que bon nombre de commentateurs évangéliques ne l’aient pas vu. Certes, ils visent dans la bonne direction mais ils ne sont pas au centre de la cible.
Les Dernières Paroles de Jésus
Ils sont certes dans la bonne visée et dans la cible, mais pas tout à fait dans le centre.
En Actes 1.4-8 on trouve une remarquable suite de versets qui, dans leur enchaînement logique, expliquent la même vérité avec les mêmes éléments. Ce sont les dernières paroles de Jésus sur cette terre, d’où leur importance, et elles ont trait au baptême du Saint-Esprit. Il suffit de suivre le texte dans l’ordre où il a plu à Dieu de le donner pour découvrir la pensée du Seigneur sur le sujet.
" Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis, ce que je vous ai annoncé, leur dit-il, car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours vous serez baptisés du Saint-Esprit ". Devant l’imminence et l’importance de ce grand événement, ils réagissent en Juifs. " Alors les apôtres réunis lui demandèrent : Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël ? ". Voilà leur idée de l’événement : Israël, toujours Israël et rien qu’Israël. Cette idée étant la négation de l’étendue internationale du baptême de l’Esprit, le Seigneur les tance assez vertement : " Il leur répondit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixé de sa propre autorité ". Il leur montre par là que le baptême du Saint-Esprit c’est tout autre chose que la restauration d’Israël. Dans la phrase qui suit Il leur dit que ce qui constitue l’essence même de ce baptême, c’est sa dimension multi-linguistique : " Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous et vous serez mes témoins à JÉRUSALEM, dans toute la JUDÉE, dans la SAMARIE et JUSQU’AUX EXTRÉMITÉS DU MONDE ".
Déjà on entend Pierre expliquer le baptême de l’Esprit et le parler en langues : " Je répandrai de mon Esprit sur toute chair " = Jérusalem, Judée, Samarie, extrémités du monde.
Déjà on entend Paul l’expliquer doctrinalement : " Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seulcorps, soit Juifs soit Grecs " = Jérusalem, Judée, Samarie, extrémités du monde.
Magistrale description prophétique que nous en a laissé notre Seigneur, laquelle confirme l’extraordinaire unité doctrinale de sa Parole. Ainsi donc, à quelque texte que l’on tente de faire appel, le baptême du Saint-Esprit n’est en aucun cas une deuxième expérience, non seulement parce que la Bible n’enseigne nulle part qu’il faille le rechercher, mais parce que, dans son essence, il ne peut l’être. Il a deux phases, comme le symbolisme du baptême d’eau expliqué par Paul en Romains 6 : la mort et la résurrection. Phase 1 : la mort au péché en disparaissant dans l’eau. Phase 2 : la résurrection avec Christ en nouveauté de vie en ressortant de l’eau. Il en va de même du baptême de l’Esprit :
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- phase 1 : la pluralité des langues et de ceux qui les parlent (et qui les dresse les uns contre les autres), sont immergés dans le Saint-Esprit qui les absorbe. Les différences et les privilèges meurent plongés dans ce bain de la régénération (Tite 3.5).
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- phase 2 : en sortir en nouveauté de vie pour parler un autre langage que celui de la division, mais au contraire celui de l’unité du Corps : " Nous avons tous, soit Juifs soit Grecs, soit esclaves soit libres, été baptisés dans un seul Esprit pour... pour quoi ? POUR FORMER UN SEUL CORPS ! Tel est le baptême du Saint-Esprit. Il est cela, tout cela et rien que cela. (Du fait incontestable que le Baptême nous intègre en un seul corps, il nous faut regarder le symbolisme de Romains 6 à la même lumière, c'est à dire non à un symbolisme d'un baptême d'eau mais à notre intégration initiale au corps de Christ: nous avons été introduit en Christ, nous avons été engagé en sa mort, voila la signification réelle de Romains 6. Paul ne fait aucune allusion à un baptême d'eau dans ces passages mais au Baptême de l'Esprit... Jean leDuc).
Là où des gens se convertissent aujourd’hui, l’Esprit Saint poursuit son œuvre de la même façon. Il plonge, dans son baptême intérieur et spirituel, le problème des langues (soit Juifs soit Grecs) et celui des classes (soit esclaves soit libres). Tels des matériaux aux propriétés différentes, sous l’effet de ce bain de la régénération, il se fondent et s’unissent pour former un nouvel alliage qui est l’Église. Mais, comme nous l’avons vu, maintenant qu’elle est formée de toutes ces langues, à qui Dieu peut-Il encore faire signe ? Aux Juifs d’aujourd’hui ? Mais ils n’ont plus le pouvoir de s’opposer à l’évangélisation du monde et à la formation de l’Église. Cette grande affaire est entre les mains des convertis de tous peuples, tribus, nations et langues. Le signe, s’il existait encore, ne ferait plus signe à personne. Sa cessation ayant été annoncée dès le début (1 Cor. 13.8), il n’existe plus qu’à l’état de contrefaçon comme cela a été démontré au chapitre 5.
Chapitre 10
Au chapitre du baptême de l’Esprit, il faut en ajouter un autre plus court, celui du baptême de feu qui explique un aspect ignoré du parler en langues. Les langues n’ont pas seulement été associées au baptême de l’Esprit (dans le sens où nous venons de l’étudier ( 1)) mais aussi avec le baptême de feu.
1) Nous donnons cette précision entre parenthèses, afin de parer d’avance à toute tentative ultérieure visant à déformer ce que nous avons dit sur la relation existant entre les langues et le baptême dans l’Esprit. Cela a été précisé aux pages 115-116 et est aux antipodes de la position pentecôtiste sur le sujet.
Sait-on, par exemple, que la première fois où l’on a " parlé en langues ", ce n’était pas à Jérusalem à la Pentecôte, mais à la tour de Babel ?! La diversité des langues était un JUGEMENT. Il y a dans la Bible ce qu’on appelle la loi de la première mention. Cela veut dire qu’une vérité qui y est mentionnée pour la première fois, gardera sa signification initiale jusqu’au bout. En chemin elle pourra se charger de sens, se développer, s’enrichir, mais sa valeur de départ ne s’annulera pas.
Est-il donc possible que le parler en langues portait en lui une idée de jugement ? C’est en tout cas ce qu’affirment les versets qui s’y rapportent. Le texte de base du parler en langues repris par Paul, se trouve en Esaie 28.11. Paul porté par l’Esprit le cite librement : " C’est par des hommes d’une autre langue et par des lèvres d’étrangers que je parlerai à ce peuple " (1 Cor. 14.21). La citation d’Esaie continue par une précision qui confirme que le jugement est bien contenu dans le parler en langues : " ...afin qu’en marchant ils tombent et se brisent, afin qu’ils soient enlacés et pris ". Cet enseignement de base à échappé à la totalité du mouvement de pentecôte, bien que depuis toujours on lise en Actes 2 que les langues qui sont descendues séparément sur chacun étaient de FEU. Or, dans l’Écriture, le feu est sans contredit un symbole de jugement. C’est encore Esaïe qui le dit, résumant ainsi tout l’enseignement biblique sur le sujet : " Voici l’Éternel arrive dans un feu... il convertit sa colère en un brasier, et ses menaces en flammes de feu. C’est par le feu que l’Éternel exerce ses jugements " (Es. 66.15-16). Même si certains de ses effets sont purificateurs, le sens du jugement se retrouve partout dans le feu. Cela est clairement expliqué par un texte souvent compris et cité à rebours. Jean-Baptise a dit des paroles qui sont reprises cinq fois dans le Nouveau Testament dont quatre dans les évangiles : " Lui (Jésus), vous baptisera de Saint-Esprit et de feu ". " Le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel... au milieu d'une flamme de feu pour punir d'une ruine éternelle... " (2 Thess,2:7-9). Dans le Nouveau Testament, le feu, dans son sens figuratif, se rencontre 63 fois, et toujours dans le sens du jugement.
Le Baptême de Feu
Une lecture attentive fait découvrir que Jean, Marc et Actes 1, omettent de parler du feu. Seuls Matthieu et Luc le font parce que les pharisiens, les opposants sont là, présents et cités dans le contexte. C’est en raison de leur présence et à leur adresse que le feu est mentionné. Les opposants étant absents du contexte de Marc, de Jean et d’Actes 1, le baptême de feu et le jugement sont aussi absents. C’est Jean-Baptiste lui-même qui en donne l’interprétation : " Il amassera son blé dans le grenier (c’est le baptême du Saint-Esprit) et il brûlera la paille dans le feu (c’est le baptême de feu) ". Et pour éviter toute spéculation sur le sujet, il parle trois fois de ce feu dans le texte qui s’y rapporte (Mat. 3.7-12), et il désigne ce feu comme étant " le feu qui ne s’éteint point " (versets 10 et 12), et non pas comme un quelconque enthousiasme ou revêtement de puissance.
Ce double aspect ne devrait étonner personne puisque l’évangile, qui est pourtant la Bonne Nouvelle par excellence, porte aussi en lui-même cette notion de jugement. Nous lisons en 2 Corinthiens 2.16 " que l’évangile est pour les uns une odeur de vie donnant la vie et pour les autres une odeur de mort donnant la mort " Le parler en langues étrangères était aussi confronté à deux catégories de personnes. Il sera pour les Juifs bien disposés, la révélation du grand mystère de l’entrée dans l’Église des gens aux langues étrangères pour ne plus former qu’un seul corps avec eux; mais aux autres Juifs il sera l’annonce, comme le précise Esaïe, d’un terrible jugement fait de chute, de brisement, de liens et de prison (Es. 28.13). Quelle était donc l’attitude de ces Juifs pour qu’une telle menace soit contenue dans une telle bénédiction ? Elle nous est décrite par un Juif de l’autre bord : " ...les Juifs... qui nous ont persécutés, qui ne plaisent point à Dieu et qui sont ennemis de tous les hommes, nous empêchant de parler aux païens pour qu’ils soient sauvés, en sorte qu’ils ne cessent de mettre le comble à leurs péchés. Mais la COLERE a fini par les atteindre " (1 Thess. 2.14-16). Et ce terrible baptême de feu que leur annonçaient ces langues de feu, a commencé à les atteindre nationalement lors de la prise historique de Jérusalem en l’an 70, et par la plus longue et la plus douloureuse diaspora de toute leur histoire.
Nous posons une question toute simple : Où est le signe de ce jugement dans l’actuel parler en langues et où est le peuple à qui il s’adresse ? (Il semblerait que le jugement du parler en langue actuel se trouve dans 2 Thess. 2: 8-12... Jean leDuc).
Chapitre 11
Le don des langues est comme l’évangile; il ne suffit pas de dire n’importe quoi, puis de prétendre que c’est parole d’évangile pour que ce soit vrai. L’évangile, comme le parler en langues, est soumis à des règles strictes et des points concrets. Le Saint-Esprit donne un résumé aussi remarquable que précis du vrai évangile, le seul qui sauve, en 1 Corinthiens 15.1-4 : " Je vous rappelle, frères, l’évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel (dans les termes) que je vous l’ai annoncé; autrement vous auriez cru en vain. Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ". L’évangile est le pont du salut enjambant le fleuve de la perdition. Il est construit sur un minimum de six piliers selon le plan du divin Architecte. Le vrai évangile doit reposer sur :
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1. La mort de Christ comme substitut pour nos péchés (v. 3).
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2. La résurrection de Christ pour notre justification (v. 4).
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3. L’annonce de ces deux composantes-là (v. 1).
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4. La réception de la Bonne Nouvelle (v. 1).
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5. La persévérance dans la vie et la doctrine (v. 1 et 2).
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6. Le salut et l’assurance du salut (v. 2).
Seul ce pont à six arches donnera accès à cette assurance du salut. C’est pourquoi l’Esprit prend soin de préciser : " ...si vous le retenez dans les termes où je vous l’ai annoncé, autrement vous auriez cru en vain ". Autrement dit, la rive du salut ne peut être atteinte que si les six éléments sont en place. Ne manquerait-il qu’un pilier que, même avec la foi (v. 2), tout espoir de salut serait vain. Contiendrait-il quelques bribes de vérité qu’il n’en serait pas moins un faux évangile :
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- Si l’on croit que Christ est mort mais que l’on escamote sa résurrection, la foi devient vaine parce qu’il manque un pilier et que le pont n’est plus praticable.
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- Si l’on a ces deux points essentiels mais qu’il ne sont pas prêchés (ou seulement à soi-même en privé, en vue d’une édification personnelle), personne ne peut être sauvé car Dieu dit en Romains 10.14 : " ...comment croiront-ils ce qu’ils n’ont pas entendu, et comment entendront-ils si personne ne leur prêche... ".
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- Si ces trois conditions sont réunies, mais que ceux qui entendent l’offre du salut ne la reçoivent+ pas personnellement par la foi, ils ne peuvent devenir des enfants de Dieu (Jn 1.12). Un pilier manque et le pont est inutilisable. +(Remarquons que le verbe «recevoir» est employé, et non le verbe «accepter». Recevoir est un verbe passif qui implique la soumission, tandis que «accepter» est un verbe actif qui implique un effort, une oeuvre. Cette distinction est extrêmement importante car le salut est par la grâce et non par les oeuvres. Celui qui «accepte» déclare qu'il a fait un effort, il se justifie par son choix se faisant maître de son salut et renverse la Souveraineté de Dieu, mais celui qui «reçoit» soumet sa vie au pied de la croix, il est justifié par la foi et déclare que Dieu est Souverain... Jean leDuc).
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- Si ces quatre conditions s’y trouvent, mais que cet évangile éternel ne s’inscrit pas en permanence dans la vie de tous les jours par la persévérance, la Bible dit que l’on croit en vain.
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- S’il n’est pas retenu selon l’énoncé biblique, et s’il dérive de ces termes-là, la plus grande foi du monde serait vaine et jamais la rive du salut ne serait atteinte. Un évangile ayant les cinq sixièmes de son contenu ne serait pas plus valable que s’il n’en possédait que deux ou trois sixièmes. Il serait aussi inutile que le célèbre pont d’Avignon qui s’arrête au milieu du Rhône; il a eu sa pleine utilité autrefois, mais il ne sert plus à rien d’autre aujourd’hui qu’à être mis en chanson.
Il en va de même du don des langues. Il est comme un pont à six piliers qu’on pourrait appeler le grand pont de la Pentecôte, qui a permis aux Juifs et aux non-Juifs de se rencontrer par-dessus la rivière de séparation qui les a tenus à distance les uns des autres. Mais pour avoir l’authentique pont des langues, il faudra que les six piliers y soient, et pas un de moins. Chacun sait qu’un billet de banque qui serait vrai à un sixième près, ne serait jamais qu’un faux billet. Le vrai parler en langues, celui de la Bible, devait au moins contenir ces six points :
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1. - Être une langue réelle et existante (1 Cor. 14.10; Actes 2.8).
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2. - Ne s’adresse qu’à Dieu et jamais aux hommes (1 Cor. 14.2).
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3. - Ne pas être un signe pour les croyants (1 Cor. 14.22).
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4. - Faire signe à " ce peuple " juif incrédule quant à la vocation des païens (1 Cor. 14.21).
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5. - Annoncer le feu d’un jugement à " ce peuple " (Es. 28.11-13; 1 Cor. 14.21; Actes 2.3).
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6. - Être concordant à son corollaire explicatif, l’interprétation.
Si aujourd’hui, on nous présentait un don des langues portant en lui la garantie biblique de ces six éléments, nous dirions aussi : " N’empêchez pas de parler en langues ". Mais au vingtième siècle, ce minimum de six conditions ne se trouveront jamais réunies dans aucun mouvement ou Église à la surface de la terre. Ce qu’on nous propose aujourd’hui n’a rien à voir, ni de près ni de loin avec le modèle scripturaire; ce n’en est que la grossière, la très grossière contrefaçon. Et chacun devrait savoir à quoi les contrefacteurs s’exposent. C’est la raison pour laquelle on ne verra jamais un faussaire se présenter à l’Hôtel des Monnaies pour y faire examiner ses fausses coupures. C’est pour la même raison que les parleurs en langues d’aujourd’hui ne décolèrent pas et anathématisent ceux qu’ils accusent de blasphémer contre le Saint-Esprit, simplement parce qu’ils leur fournissent les moyens bibliques et autres de soumettre leur " don " à la plus impartiale des vérifications.
Chapitre 12
Ce qui maintient le plus de gens dans la croyance en la permanence et l’actualité du don des langues, c’est moins le fruit d’une connaissance biblique que l’argument, décisif selon eux, des expériences.
Souvenons-nous de la réponse de ce pasteur confronté à la Bible : " Je ne peux pas renier une expérience ". C’est ce que m’a répondu une femme catholique à qui je présentais la Bible : " Je reviens de Lourdes, ce que j’y ai vu me suffit ". De même, et au mépris des enseignements de la Bible, des amis pentecôtisants m’ont adressé une fin de non-recevoir au nom d’"évidences" qui les satisfont. C’est ce qu’on appelle le subjectivisme ou la théologie de l’expérience, plaie de notre siècle qui, telle une lame de fond, emporte avec elle une partie du peuple de Dieu. Sans doute est-on là devant une réaction à un rationalisme desséchant et mortel. A un christianisme cérébral répond maintenant un christianisme mystique où la doctrine naît de l’expérience, des émotions, des visions, de l’exaltation, du sentiment de bien-être, etc. D. Cormier, que j’ai déjà cité, a écrit : " Nous vivons dans un monde où on ne croit plus à la vérité absolue mais en des vérités relatives, subordonnées à l’expérience humaine. On met davantage l’accent sur l’expérience que sur la doctrine ". Nous en profitons pour poser la question : Que vaut une théologie dite de l’expérience qui heurte de front la Parole de Dieu ? A qui faut-il obéir ? A ce qui se déguise en ange de lumière ou à Dieu ?
Rien n’est plus sujet à caution que le sable mouvant des expériences. Que penser de cet ami qui, irrité de se voir sans cesse ramené sur le terrain des Écritures, s’est écrié : " Mais enfin ! J’ai entendu une prophétie en langue et elle s’est réalisée dans ma vie ! ". Pour lui, le ciel avait parlé. En sommes-nous sûrs ? Car le ciel, et ça on en est sûr, a parlé dans la Bible, et cette expérience y est contredite. Entre une expérience qui dit que, par une langue, le ciel parle aux hommes, et la Bible qui précise le contraire, il faut faire un choix. A qui faut-il donner raison ? Job a résolu ce dilemme quand il a dit : " J’ai fait plier ma volonté à ta Parole " (Job 23.12).
Qu'est-ce que ça Prouve?
L’expérience se rencontre partout dans la vie, mais elle ne prouve pas grand-chose. En effet, il arrive aussi à l’horoscope de ne pas se tromper, et des milliers de gens sont prêts à en témoigner. Madame Soleil, la grande voyante française décédée récemment, savait dire des choses extraordinairement vraies parfois. Jeanne Dixon, la voyante Américaine, avait prédit l’assassinat du président John F. Kennedy, et une autre l’attentat contre le président R. Reagan. Les parois de la chapelle de Notre-Dame de la Garde à Marseille sont couvertes de plaquettes de reconnaissance attestant des exaucements de prières. Les béquilles et les prothèses suspendues dans la grotte de Lourdes accréditent la doctrine mariale de la médiation de Marie. Cela aussi, c’est de l’expérience. Le radiesthésiste qui indique le lieu d’un objet perdu à des centaines de kilomètres de là, rien qu’en passant son pendule sur une carte routière, ou qui diagnostique exactement une maladie sans ausculter le patient, cela aussi, c’est de l’expérience. Des milliers de gens de nos jours, se ruent sur les bracelets et autres bijoux magnétiques; certains attestant d’un " plus " dans leur vie, leurs relations, leur santé, leurs affaires, etc. Des multitudes ont de plus en plus recours à ces pratiques parce que la réalité des expériences les empêche de comprendre le langage biblique et de voir le côté occulte et divinatoire de ces choses.
La Bible aussi rapporte quantité d’anti-expériences et nous met en garde contre elles. Car si c’est le Saint-Esprit qui parle là où il y a tant soit peu de vérité, dans quelle catégorie faut-il classer celle d’Actes 16 où une jeune fille, douée d’un extraordinaire " don " de prophétie, se met à suivre deux hommes qu’elle n’a jamais rencontrés et, pendant trois jours, crie à qui veut l’entendre, qu’ils sont des serviteurs de Dieu et qu’ils annoncent la voie du salut ? Cela aussi c’était de l’expérience enrobée de paroles évangéliques. Mais c’était un démon qui parlait et Paul lui a fait vider les lieux. Tant que cette servante pouvait dire ces vérités, elle était dans l’erreur. Ce n’est qu’une fois délivrée de ces " expériences ", et incapable de les reproduire, qu’elle fut dans la vérité. De l’expérience ! Pharaon en avait tant qu’il en voulait. Ses magiciens changeaient l’eau en sang, faisaient proliférer les grenouilles et changeaient les bâtons en serpents. C’était du vrai, de l’authentique, mais qui se cachait derrière ? Authentique aussi l’expérience de ces femmes en Jérémie 44.16-18 : " ...quand nous offrions de l’encens à la reine du ciel... alors nous avions du pain pour nous rassasier, nous étions heureux, et nous n’éprouvions point de malheur. Et depuis que nous avons cessé d’offrir l’encens à la reine du ciel et de lui offrir des libations, nous avons manqué de tout... ". Quel rapport accablant pour la loi de Dieu ! L’expérience donnait raison à ces femmes contre la Bible ! Mais qu’est-ce qui détermine qu’une chose est selon Dieu ? Le témoignage même vécu ou l’autorité souveraine des Écritures ?
Démystification
Il est temps de démystifier certaines expériences qui ne sont autre chose que des dérapages de l’Écriture. Tel, par exemple, ce jeune chrétien dont les parents disent que, lorsqu’il descendait de sa chambre après être resté devant Dieu en langue, il était un peu comme Moïse qui redescendait de la montagne, transfiguré par la présence de Dieu. Alléchant témoignage mais qui ne cadre pas avec l’Écriture qui est mise à mal plusieurs fois :
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1. Il n’avait édifié que lui-même, contrairement au but de tout don.
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2. Son expérience-signe n’avait pas fait signe à " ce peuple ".
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3. La pratique privée des langues est inconnue dans le Nouveau Testament.
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4. Cela était perçu par des parents croyants comme signe de la spiritualité de leur fils, alors que le vrai signe était destiné aux non-croyants.
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5. Il s’était exprimé en langues inexistantes.
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6.Il n’avait tenu aucun compte de l’enseignement divin sur la cessation du don.
Cela fait déjà beaucoup de coups de pied donnés dans la Bible. Mais, le résultat, dira-t-on ? Ne sait-on pas que les religions orientales à caractère mystique en donnent autant et souvent plus ? N’est-il pas écrit en Ezéchiel 8.14 que des femmes, à la porte du temple de Jérusalem, étaient plongées dans une dévotion qui leur arrachait des larmes? Nul doute qu’elles en ressentaient un bienfait et un allégement intérieur, mais c’était une idole abominable appelée Thammuz qui les faisait accéder à cette extase.
Le Père Chiniquy ne témoigne-t-il pas que dans sa vie de prêtre, les moments les plus sublimes, il les a vécu agenouillé en adoration devant l’hostie. Il en était transporté et comme transfiguré. Après sa conversion à Jésus-Christ, cette sublimation issue de l’abominable doctrine de la transsubstantiation, lui est apparue comme une idolâtrie. Et pourtant, quelle élévation, quelle exaltation devant son Bon Dieu en mie de pain, et quel témoignage de cette expérience !
Jeunes convertis, un ami et moi, lors d’un camp biblique en Alsace, nous nous sommes mis, le temps d’un après-midi, en marge de la discipline du camp, dans le désir sincère d’évangéliser le bourg voisin. Au Nom de Jésus-Christ nous avons vécu une escapade anodine et glorieuse. Nous croyions avoir fait des exploits. Sur le chemin du retour, nous étions rayonnants et légers dans notre démarche, comme portés par des anges. Du haut de notre euphorie, nous jugions le directeur du camp, pourtant homme de Dieu et d’expérience, comme ne comprenant rien à rien. Notre béatitude était notre justification. Nous étions si sûrs de nous ! N’était-ce pas du ressenti et du vécu ? Mais cette exaltation n’a pas duré et il ne nous a pas fallu longtemps pour lui coller une autre étiquette que celle de l’extase, de la révélation ou de la spiritualité. Ce n’était qu’une surchauffe mystique émotionnelle très éphémère, qui fut bientôt suivie de vague à l’âme et d’un sentiment d’échec et de frustration.
Les états d’âme élevés n’augurent rien de bon quand c’est le serpent d’airain, même biblique, qui les inspire. Depuis quand l’intensité émotive, même religieuse, est-elle synonyme de vérité et de spiritualité ? Il sera toujours vrai que Dieu préfère l’obéissance aux sacrifices (1 Sam. 15.22). Aujourd’hui surtout, où tant d’expériences psychiques et mystiques se substituent à la simple foi obéissante et la Parole de Dieu, il faut crier avec le prophète : " A la loi et au témoignage ! " (Es. 8.20).
La Bible nous met en garde contre la tentation de vivre par la vue, à coups de miracles, de signes, de visions et d’expériences. Ceux qui s’engagent sur cette voie dangereuse, seront une proie facile pour l’Antichrist qui vient précisément avec " toutes sortes de miracles, de signes, de prodiges mensongers et avec toutes les séductions de l’iniquité ". Son esprit satanique est à l’œuvre aujourd’hui, et son chemin est bien préparé dans le cœur de ceux qui, tout en se réclamant du Christ, se placent sur son terrain de prédilection.
Diagnostic et Remède
Et dans l’immédiat, que de perturbations spirituelles ! Plusieurs m’ont dit leur désarroi. L’exercice de ce " don " n’était qu’une façade qui masquait la réalité d’une faillite spirituelle et morale quasi-totale. Leur glossolalie était une sorte de compensation à une vie d’échec. Ils restaient superficiels tout en ayant l’air de démontrer le contraire. Mais ils en avaient besoin pour se faire signe à eux-mêmes et ainsi se revaloriser à leurs propres yeux et aux yeux des autres. Ceux qui s’adonnaient le plus fréquemment à cette pratique, étaient atteints d’une affligeante instabilité dont ils souffraient en secret, sans oser le dire et sans en deviner la cause. Ils devaient toujours doubler la mise pour ne pas perdre la face devant les autres et pour se sécuriser vis-à-vis d’eux-mêmes. Ils tournaient en rond autour de leurs expériences, comme pris dans un cercle vicieux. Le sable mouvant des expériences mystiques -- pour ne les appeler que de ce nom -- les conduisait à une vie de hauts et de bas et à des sautes d’humeur imprévisibles : tantôt dans la joie, tantôt dans l’accablement. Le diagramme de leur vie était en dent de scie : assurés de leur salut aujourd’hui et en doutant le lendemain; encensant leur pasteur le mois d’avant et le dénigrant le mois d’après; changeant d’assemblée comme on change de chemise.
Le chemin qui conduit à la délivrance est le suivant: d’abord s’assurer que l’on est bien né de nouveau, que les choses anciennes sont passées et que toutes choses sont devenues nouvelles par la foi au Seigneur Jésus, seul Sauveur et seul Médiateur entre Dieu et les hommes. Ensuite, faire comme le bon roi Ezéchias qui mit en pièces le serpent d’airain que Moïse avait fait, c’est-à-dire apporter l’erreur d’appellation biblique et ses conséquences dans une pleine confession, tout en se réclamant du sang de Jésus-Christ (1 Jn 1.7, 9). Dieu, qui a pardonné à Israël son déraillement biblique, pardonnera aussi celui-là. La foi doit alors saisir le plein pardon et la pleine délivrance de ces forces psychiques et de leur influence déstabilisante. Aux pieds de Jésus, l’instable Légion, l’homme aux cris inarticulés, l’abonné des montagnes russes (Marc 5.5) qui finissait toujours par se retrouver en bas, trouve paix, repos, bon sens, et la puissance de présenter à ceux qui le voient et l’écoutent, un témoignage enfin cohérent.
Que l’Esprit Saint qui conduit dans toute la vérité et qui délivre de toute aliénation, libère aussi ceux qui sont encore retenus captifs de la très séduisante mais très dangereuse théologie de l’expérience.
Ray H. Hugues, surintendant de l’Église de Dieu pentecôtiste de Cleveland a écrit : " Toute expérience qui ne rentre pas dans le cadre de l’Écriture doit être stigmatisée comme fausse, si impressionnante qu’elle soit ". Si un tel homme sait dire de si bonnes choses, et en même temps admettre dans sa vie et dans son mouvement des " expériences impressionnantes " dont il ne peut discerner qu’elles n’entrent pas dans le cadre des Écritures, c’est que manifestement :
- ou, il n’a qu’une connaissance tronquée des Écritures qu’il invoque,
- ou il est frappé d’aveuglement partiel, ou, comme l’a avoué un ex-pentecôtiste : " Nous n’étions bibliques que quand ça nous arrangeait de l’être. Quand une vérité dérangeante nous était signalée, l’invariable attitude était de faire comme si elle n’existait pas ".
Chapitre 13
L’origine des langues actuelles
Telles qu’elles nous sont présentées dans le Nouveau Testament, et harmonisées aux rectifications de Paul aux Corinthiens, les langues étaient un don de l’Esprit et avaient un caractère miraculeux et infaillible.
Grosso modo, la résurgence moderne des langues date du début de ce siècle. Nous en avons assez longuement débattu pour saisir qu’elles n’ont pas la même origine céleste que celles des temps apostoliques. Elles n’en sont qu’une mauvaise contrefaçon très éloignée de l’original. Et qui dit contrefaçon dit fraudeur, c’est-à-dire de la parenté spirituelle de celui qui en est le père dès le commencement.